‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 183 sur 542 · GUI LM A NT · texte numérisé non relu

GUI LM A NT

Cistersiens de Châlis, en Bourgogne, de Caroli loci), musicographe de la fin du xne s., dont on a conservé un traité sur le plain-chant {De cantu ecclesiastico) et une théorie du déchant ( Discantus ascendit duas voces ). Ces deux essais ont été publiéspar de Coussemaker, le premier dans les « Scriptores » (II, 163), le second dans l'« Histoire de l'harmonie au moyen âge (p. 225).

Guida (ital.), sujet (de la fugue).

Guidetti, Giovanni, né à Bologne en 1532, m. à Rome le 30 nov. 1592 ; élève de Palestrina, à Rome, devint en 1575 chantre de la Chapelle pontificale et bénéficier. Il était occupé avec Palestrina, sur l'instigation de Grégoire XIII, à préparer une nouvelle édition du graduel et de l'antiphonaire, lorsque celle de Leichtenstein parut à Venise (1580). G. donna alors à ses recherches une autre direction, et publia, sur la base des expériences acquises : Directorium chori ad usum sacro-sanctae basilicae Vaticanae (1582) ; Cantus ecclesiasticus passionis Domini nostri Jesu-Christi secundumMathaeum, Marcum, Mucam et Johannem (1586) ; Cantus ecclesiasticus officii majoris hebdomadae ( 1587) ; et Praefatwnes in cantu firme- (1588).

Guilmant, Alexandre, organiste et compositeur, né à Boulogne-sur-Mer le 12 mars 1837, fut d'abord élève de son père (Jean-Baptiste G., né en 1793, m. à Boulogne en mai 1890, après y avoir été organiste pendant cinquante ans) puis de Carulli (pour l'harmonie). Il obtint à l'âge de seize ans la place d'organiste de l'église St-Joseph, dans sa ville natale, et fut nommé, quatre ans plus tard, maître de chapelle de St- Nicolas (où son père était organiste), professeur de solfège à l'Ecole communale et directeur d'une société de musique. Mais, pendant un séjour qu il fit à Paris, il eut l'occasion d'entendre le célèbre organiste belge Jacques Lemmens ; il se rendit aussitôt à Bruxelles et y devint, au Conservatoire, l'élève préféré du maître qu'il avait élu. Une Méditation (op. 20,. la maj.), qu'il avait écrite pour l'inauguration des orgues de Saint-Sulpice, à Paris (1862), avait déjà attiré sur lui l'attention du monde musical, en sorte qu'en 1871 il fut nommé sans difficulté successeur de Chauvet, au poste d'organiste de la Trinité. Dès lors, la réputation de G. ne fit que grandir ; les concerts qu'il donna au Trocadéro, pendant l'Exposition de 1878, et qu'il continua annuellement avee le concours de l'orchestre et des chœurs, les diverses tournées de concerts qu'il fît en Angleterre, en Italie, en Russie (Riga) et en Amérique, répandirent son nom dans les milieux les plus divers. Les compositions de G. sont intéressantes au point de vue spécial de l'orgue ; l'auteur a su tirer de l'orgue moderne des effets de sonorité charmants et absolument nouveaux. Ses oeuvres principales sont : une symphonie pour orgue et orchestre, plusieurs autres morceaux pour orgue | et orchestre, cinq sonates, une quantité de morceaux de concert, des fantaisies, des transcriptions, des recueils de pièces brèves, etc.; de plus, J on peut noter une œuvre chorale -.Belsazar, etc.

GUIRAUD — GUMPERT

Guiraud, Ernest, né à la Nouvelle-Orléans le 23 juin 1837, m. à Paris le 6 mai 1892, fut élève de son père (Jean-Baptiste G., prix de Rome de 1827, professeur de musique à la Nouvelle-Orléans), puis vint en Europe à l'âge de quinze ans et entra au Conservatoire de Paris, dans les classes de Marmontel (piano), Barbereau (harmonie) et Halévv (composition). Sa cantate, Bajazet et le joueur de flûte, lui valut à son tour le premier grand prix de Rome, en 1859. Après son retour d'Italie, G. se voua plus spécialement à la scène et donna toute une série d'opéras-comiques : Sylvie (1864, Opéra-Comique), En prison (1869, Théâtre lyrique) et Le kobold (1870, Opéra-Comique). La guerre franco-allemande interrompit ses travaux, il s'engagea dans un corps de volontaires, mais se remit à la composition aussitôt après la fin de la guerre. G. donna alors : Madame Turlupin (1872, Opéra- Comique); un ballet, Gretna Green (1873, Opéra); Piccolino (1876, Opéra-Comique); et La (jalante aventure (1882, Opéra-Comique). En 1876, G. avait été nommé professeur d'harmonie au Conservatoire, il succéda quatre ans plus tard à V. Massé comme titulaire d'une classe de composition. On a de lui, en plus de ses ouvrages scéniques : une suite pour orchestre, une ouverture de concert et quelques œuvres de moindres dimensions, des mélodies, etc., enfin un Traité pratique d'instrumentation.

Guitare (autrefois#mïerne; ail. Guitarre\'\\2\. chitarra; esp. guitarr a), insïr. à cordes pincées, appartenant à la famille du luth, mais de dimensions moindres et, de nos jours, de forme différentes de celle du luth. La g. joue en Italie le rôle d'instrument accompagnateur de la mandoline, celle-ci joue la mélodie et la g. l'accompagnement. Virdung (1511) donne le nom de Quintern à un instrument qui correspond entièrement au luth, mais est plus petit que ce dernier et n'a que cinq cordes. Prsetorius (1618) par contre attribue à la Quinterna ou Chiterna une table de résonnance presque plane (kaum zween oder drey Finger hoch) et quatre ou cinq cordes. Il faut conclure de tout ceci que l'histoire de la g. n'est autre, au début, que celle du luth; elle fut importée en Espagne par les Maures, passa de là dans l'Italie méridionale où commencèrent à se former diverses variantes de l'instrument primitif (v. bandola). La g. se répandit assez rapidement dans tous les pays, sauf en Allemagne où elle semble n'avoir guère été goûtée, car elle réapparut à la fin du siècle dernier, comme quelque chose d'absolument nouveau. L'accord actuel de la g. est analogue à celui de tous les instruments de l'ancienne famille des luths : mix la1 re1 sol2 si2 mi6, mais la notation, en clef de sol, se fait à l'octave aiguë du son réel. Enfin, on peut, en changeant de place le capotasto (v. ce mot) ou barre, hausser simultanément toutes les cordes d'un demi-ton. Pour plus de détails sur l'emploi de la g., voir le « Traité d'instrumentation » de Berlioz.

Guitare-violoncelle, v. arpeggione.

Gumbert, Ferdinand, né à Berlin le 22 avr.

1818, m. dans la même ville, où il était maître de chant, le 6 avr. 1896. Elève du Gymnase du « Graues Kloster », dans sa ville natale, il reçut des leçons de musique d'E. Fischer et de Glsepius ; il devait entrer dans le commerce de librairie, mais prit en 1839 la décision de se vouer à la scène. G. fut d'abord engagé comme amateur à Sondershausen, puis, de 1840 à 1842, à Cologne, où il chanta les rôles de baryton. Cependant il renonça au théâtre, sur les conseils de Kreutzer, et se voua dès lors exclusivement à la composition et à l'enseignement du chant. Son nom est devenu très populaire en Allemagne, grâce aux lieder qu'il publia par centaines. Il a donné en outre toute une série de pièces théâtrales populaires, avec musique : Die schone Schusterin, Die Kunst geliebt zu werden, Der kleine Zeigenhirt, Bis der rechte kommt, Karolina, etc. G. a aussi traduit en allemand les libretti de plusieurs opéras français, et collaboré à diverses revues musicales. On a de lui un ouvrage intitulé : Musik. Gelesenes und Gesammeltes (1860).

Gumpeltzhaimer, Adam, né à Trostberg (Bavière) en 1559, cantor à Augsbourg à partir de 1581, m. à Augsbourg en 1625, fut à la fois excellent compositeur et théoricien. Nous avons de G. un ouvrage théorique, consistant en une simple refonte de la traduction faite par Rid de l'ouvrage de H. Faber; son tilre a, dans les diverses éditions, de légères variantes, en sorte que certains bibliographes (Fétis) ont pu croire à l'existence d'un ouvrage original de G., à côté de la revision de celui de Faber. L'identité absolue des deux traités supposés a été prouvée par R. Eitner (« Monatshefte fur M.-G », 1870 et 1873). La première édition, de 1591, a pour titre : Compendium musicœ, pro illius artis tironibus a M. Heinrico Fabro latine conscriptum et a Christophoro Rid in vernaculum sermonem conversum nunc praeceptis et exemplis auctum studio et opéra Adami Gumpeltzhaimeri T. [Trossbergensis] (1591 et dès lors fréquemment). On a conservé parmi les compositions de G. : Erster et plus tard Zweiter Teil des Luslgœrtleins teutsch und lateinischer Lieder von 3 Stimmen (1591 et 1611, plusieurs rééditions); Erster (zweiter) Teil des Wurtzgœrtlein 4 stimmiger geistticher Lieder (1594 [1619] et 1619) ; Psalmus Locto vocum (1604) ; Sacri concentus octonis vocibus modulandi cum duplici basso in organorum usum (1614 et 1619 ; deux parties) ; 10 geistliche Lieder mit 4 Stimmen (1617); 2 Geistliche Lieder mit 4 Stimmen; 5 geistliche Lieder mit 4 Stimmen von der Himmelfahrt Jesu-Christi ; Newe teutsche geistliche Lieder mit 3 und 4 Stimmen (1591 et 1592). Le Florilegium Portense de Bodenschatz renferme en outre un certain nombre de motets de G.

Gumpert, Friedrich -Adolf, corniste virtuose, né à Lichtenau (Thuringe) le 27 avr. 1841 ; étudia son instrument à Iéna, chez le « Stadtmusicus » Hammann, et fut ensuite corniste à Nauheim, à St-Gall, et, après avoir fait à Eisenach son service militaire (1862-1864), à

GUMPRECHT — GURRLTCH

Halle s/S. C'est de cette dernière ville que Reioeckelefit venir, en 1864, comme premier cor de l'orchestre dn Gewandhaus, à Leipzig. G. a publié une méthode de cor (Praktische Hornschule ) qui eut un grand retentissement ; puis une foule de transcriptions pour cor: une Solobuch (contenant les passages les plus importants pour le cor, des symphonies, opéras, etc.) ; des études d'orchestre pour clarinette, hautbois, basson, trompette, violoncelle; des quatuors pour quatre cors (deux recueils) et des études de cor.

Gumprecht, Otto, né à Erfurt le 4 avr. 1823, étudia le droit à Breslau, Halle et Berlin, et prit son doctorat en droit. Mais, en 1849 déjà, il se chargea du feuilleton musical de la « Nationalzeitung » et compta bientôt parmi les meilleurs critiques musicaux de l'Allemagne. Toute une série de ses articles furent réunis en volumes, ce sont: Musikalische Charakterbildcr (1869): S eue musikalische Charakterbilder (1876); Richard Wagner und dessen Biïhnenfestspiel « Der Ring des Xiebelungen » (1873 ) ; Unsere klassische Meister (2 vol. 1883, 1885) ; Neuere Meister (2 vol. 1883), les deux derniers étant des amplifications des « Charakterbilder ». G., qui est aveugle depuis un certain nombre d'années, vit aujourd'hui à Meraune.

Gungl, 1. Joseph, né à Zsambek (Hongrie) le 1er déc. 1810, m. à Weimar où il passa les dernières années de sa vie, le 31 janv. 1889 ; fut d'abord hauboïste, puis maître de musique du 4e régiment d'artillerie autrichien et entreprit avec une chapelle militaire de grandes tournées il. concerts dans lesquels il exécutait plus particulièrement des danses et des marches de sa composition. En 1843, G. fonda à Berlin un corps df musique avec lequel il se rendit entre antres en Amérique (1849); il reçut en 1850 le litre (!•' i directeur royal de musique», accepta en 1858 le poste de chef de musique du 23e régiment d'infanterie, à Brùnn, vécut à partir de 18t'»'i à Munich, puis se retira en 1876 à Francfort s M., et plus tard encore à Weimar. Les danses «le <i. jouissent, de même que celles des Strauss, d'une popularité de bon aloi. — 2. Virginia, fille du précédent, cantatrice scénique de talent, débuta en 1871 à l'Opéra de la cour, à Berlin el chante depuis lors à Francfort s M. 8. Johann, né à Zsambek le 5 mars 1828, m. à lv.s (Hongrie) le 23 dov. 1883, compositeur de danses également populaire, donna des concerts à St-Pétersbourg, à Berlin, etc., puis se retira en 1802, à Fiintkirrlien, en Hongrie.

Gunn, John, né à Edimbourg vers 1765,maître «ie musique à Londres (1790-1796) et plus tard à Edimbourg, a publié : 10 scotch airs arranged a$ trias for flûte, violin and violoncello (1798, avec un essai sur les instr. à archet); The art <>j i>i<>,pn<j the german flule on new principles (1794) ; Essay theoretical ondpracticalon the application ofharmony, thoroughbauand modulation to the violoncello (1801); An historical inquiry respecting ttie performanct on theharpin thehighlands of Scotland (18CT

Gùnther-Bachmann, Karoline, cantatrice et actrice de grand talent, née à Dusseldorf le 13 févr. 1816, m. à Leipzig le 17 janv. 1874 ; fille du basse-bouffe et comique Giinther, qui occupa une place en vue à Brunswick, fut élevée en quelque sorte sur la scène et fit partie, de 1834 jusqu'à sa mort, du personnel du théâtre de Leipzig. Elle remplit dans sa jeunesse les rôles de soubrette et fut aussi très aimée comme comédienne, puis, à partir de 1859, ceux de duègne. Elle avait épousé en 1844 le Dr jur. Bachmann.

Gunz, Gustav, né à Gaunersdorf (Basse- Autriche) le 26 janv. 1831, m. à Francfort s/ M. le 11 déc. 1894, étudia la médecine et prit le grade de docteur, puis devint élève de chant d'Ed. Hollub, à Vienne, de Fr. Delsarte et de Jenny Lind. Il fit partie, de 1864 à 1888, en qualité de ténor, du personnel de l'Opéra de Hanovre,, et dirigea, après sa retraite, les classes de chant du Conservatoire Hoch, à Francfort s/M.

Gura, Eugen, né à Pressera, près Saatz (Bohême) le 8 nov. 1842, fréquenta successivement les cours de l'Ecole polytechnique et de l'Académie, à Vienne, ceux de l'Ecole de peinture d'Anschùtz et du Conservatoire de Munich. Après d'heureux débuts dans le rôle du comte Liebenau (« Waffenschmied »), en 1865, G. fut engagé au théâtre de la cour, à Munich. Il chanta ensuite -à Breslau (1867-1870). Leipzig (1870- 1876), Hambourg ( 1876-1883 ) et de nouveau Munich (1883-1894). G. a maintenant abandonné la scène, mais s'est aussi révélé comme un chanteur de concert (baryton) d'une rare intelligence. — Son fils s'est aussi fait connaître comme chanteur, sous le pseudonyme d' Andrew.

Gurickx, Camille, né à Bruxelles le 28 déc. 1849, élève d'Aug. Dupont, pianiste distingué, fut d'abord professeur de piano au Conservatoire de Mons, puis succéda à son maître, en 1890, comme professeur des classes de jeunes filles, au Conservatoire royal de Bruxelles.

Gurlitt, Cornélius, né à Altona le 10 févr. 1820, élève de Reinecke (père), puis de Weyser à Copenhague, fut nommé, en 1864, organiste de la cathédrale d' Altona et vit encore dans cette ville. Il remplit les fonctions de directeur de musique de l'armée, pendant la campagne du Schleswig-Holstein. G. a publié des œuvres symphoniques, de la musique de chambre (un quatuor pour instr. à archet, trois sonates de violon, une de violoncelle, deux sonatines pour violoncelle, des sonates pour piano à 2 et à 4 mains, etc.), une quantité de morceaux de piano destinés à l'enseignement, des lieder, etc. ; il a écrit, en outre, deux opérettes : Die romische Mauer et Rafaël Sanzio, et un opéra en 4 actes : Scheick Hassan. La musique de G., écrite avec une très grande facilité, manque de profondeur. En 1874, G. a reçu le titre de « directeur royal de musique ».

Gùrrlich, Joseph-Augustin, né àMiinsterberg (Silésie) en 1761, m. à Berlin le 27 juin 1817; fut nommé successivement organiste de l'église catholique Ste-Hedwige, à Berlin (1781), contrebassiste dans l'orchestre de la cour (1790), se-

GUSLA

HABERB1ER

cond chef à l'Opéra (1811) et chef d'orchestre de la cour (1816). G. a écrit des opéras, des ballets, de la musique pour divers drames, un oratorio: Lïobedienzadi Gionata,des variations et divers morceaux pour piano, des lieder, etc.

Gusla, instr. à archet très répandu en Serbie. Le dos est voûté, la table de résonnance formée par une peau, et l'instr. n'est tendu que d'une seule corde de crin tordu.

Gusli (Gussel), instr. russe à cordes pincées, sorte de cithare. Cf. Faminzin.

Gutmann, Adolf, né à Heidelberg le 12 janv. 1819, m. à la Spezia le 27 oct. 1882 ; pianiste et compositeur des plus féconds, élève et ami de Chopin.

Gyrowetz, Adalbert, né à Budweis (Bohême) le 19 févr. 1763, m. à Vienne le 19 mars 1850; vint à Vienne en qualité de secrétaire du comte Funfkirchen, et y fit exécuter ses symphonies avec grand succès. Il travailla cependant encore à Naples, sous la direction de Sala, se rendit à Paris, après s'être arrêté sur son passage à Milan, puis fit un séjour de trois ans à Londres, où il donna un opéra de sa composition : Semiramide (1792). Enfin, il rentra à Vienne, après une absence de sept années consécutives. G. parlait couramment six langues,

il possédait en outre des connaissances juridiques étendues, en sorte qu'il remplit pendant quelques années les fonctions de secrétaire de légation impériale, auprès de différentes cours allemandes. Enfin, en 1804, il fut nommé maître de chapelle de la cour et chef d'orchestre de l'Opéra, à Vienne, et conserva ce poste jusqu'en 1831. G. survécut malheureusement à ses œuvres; en 1843, ses amis durent organiser à son bénéfice une exécution de sa cantate, Die Dorfschule. Sa fécondité dépasse même celle de Haydn, il n'a pas écrit moins de trente opéras et petits opéras comiques (Singspiele), quarante ballets, dix-neuf Messes, soixante symphonies, soixante et quelques quatuors et deux quintettes pour instr. à archet, trente morceaux pour piano, violon et violoncelle, quarante sonates pour piano, et une quantité de sérénades, ouvertures, marches, danses, nocturnes, cantates, chœurs pour voix mixtes et pour voix d'hommes, lieder, etc. Ceux de ses opéras qui réussirent le mieux sont les suivants : Agnes Sorel, Der Augenarzt (1811, à Vienne), Die Prûfung; le deuxième s'est maintenu le plus longtemps au répertoire. G. a écrit son autobiographie : Biographie des Adalbert G. (1848).

H est le nom du deuxième son de l'échelle fondamentale (v. ce mot) des Allemands. Il correspond au si des Français, des Italiens, etc. L'explication du fait singulier que ce ne soit pas B, mais H qui prenne la place entre A et G comme son naturel, interrompant ainsi la série des premières lettres de l'alphabet, a déjà été donnée au mot B.

Habeneck, François- Antoine, né à Mézières (Ardennes), le 1er juin (ou le 23 janv., d'après « l'Histoire de la Société des concerts » d'Elwart) 1781, m. à Paris le 8 févr. 1849; son père, natif de Mannheim, mais qui était entré au service de la France comme musicien de régiment, lui enseigna le violon. H. composa de bonne heure des œuvres assez importantes, sans avoir reçu aucune instruction théorique ; il avait déjà vingt ans passés lorsqu'il entra au Conservatoire de Paris, dans la classe de Baillot, et remporta en 1804 le premier prix de violon. H. entra d'abord à l'orchestre de l'Opéra- Comique, mais il obtint bientôt une place de premier violon à l'Opéra, et avança au rang de violon-solo, lorsque Kreutzer prit la direction. De 1806 jusqu'à la fermeture momentanée du Conservatoire (1815), H. dirigea presque seul les concerts du Conservatoire; enfin, lors de la réorganisation de la « Société des Concerts du

Conservatoire », il en prit définitivement la direction et c'est à lui que ces concerts doivent leur réputation universelle. Le plus grand mérite de H. est sans contredit, d'avoir, le premier, par des exécutions modèles, mis en honneur, à Paris, la musique symphonique de Beethoven. De 1821 à 1824, il accepta les fonctions de directeur de l'Opéra; il fut nommé ensuite professeur de violon et inspecteur général au Conservatoire, puis enfin, à la retraite de Kreutzer, chef d'orchestre de l'Opéra, poste qu'il occupa jusqu'en L846. H. fut aussi bon pédagogue que chef d'orchestre; parmi ses élèves il eut, entre autres, Alard et Léonard. Il n'a publié que peu de compositions : deux concertos de violon, trois duos concertants pour deux violons, un thème varié pour quatuor d'instr. à archet et un autre pour orchestre, un nocturne pour deux violons sur des motifs de la « Pie voleuse », trois caprices pour violonsolo avec basse, une polonaise pour violon et orchestre, et une fantaisie pour piano et violon.

Haberbier, Ernst, excellent pianiste, né à Kœnigsberg le 5 oct, 1813, m. à Bergen (Norvège), au piano pendant un concert, le 12 mars 1869; il se rendit, en 1832, à St-Pétersbourg où il eut un grand succès, soit comme virtuose,

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soit comme maître (il fut entre autres professeur de la grande princesse Alexandra). En 1850, H. entreprit de grandes tournées de concerts et fit sensation surtout par son habileté à répartir ans deui mains des passages d'agilité compliqués; il rentra deux ans plus tard en Russie, et vécut dés lors tantôt à St-Pétersbourg, tantôt à Moscou. Parmi ses compositions, il convient de noter surtout ses Etudes- Poésies.

Haberl, Fran/.-Xaver, né à Oberellenbach < liasse-Bavière) le 12 avril 1840; son père, qui était maître d'école, le fit entrer au séminaire épiscopal de garçons, à Passau, puis, en 1862, il fut ordonné prêtre. De 1862 à 1867, H. fut maître de chapelle du dôme et préfet de musique du séminaire de Passau, de 1867 à 1870 organiste de l'église S. Maria dell' Anima, à Rome, de 1871 à 1882 maître de chapelle du dôme et inspecteur de la prébende de la cathédrale de Ratisbonne. En 1875, il avait fondé dans cette ville une « Ecole de musique religieuse » qui y attire des élèves de toutes les parties du monde. H. est l'un des meilleurs connaisseurs actuels de la musique d'église catholique et de son histoire; il a su employer ses différents séjours en Italie, à des recherches littéraires et bibliographiques sérieuses et étendues. Il a publié : Anweisung zum harmonischen Kirchengesang (1864), Magister choralis (traité théorique et pratique pour l'étude et l'exécution du chant choral romain authentique, 9 éditions depuis 1865, ainsi que des traductions en italien, en français, en anglais et en espagnol), Lieder - Rosenkranz (1866), Càcilienkalender (1876-1885, a continué à paraître annuellement, sous une forme plus étendue, sous le titre : Ki rrhenmusikalisches Jnhrbuch, et contient de précieuses études sur l'histoire musicale), Bertalottis Solfeggien (1880), Officium hebdomadœ sanctœ (1887, en allemand), Psalterium vespertinum (1888) ; il a aussi écrit dans la « Vierteljahresschrift fur Musikwissenschaft » (séparément aussi sous le titre Bausteine [I et III sur Musikgeschichte) : Wilhelm Dufay (1885), et Die rbmische Schola cantorum und die pâpstlichen Kapellsdnger bis zur Mitte des l<i. Jahrhunderts (1887), et dans les « Monatshefte fur Musikgeschichte » (séparément aussi bous le litre Bausteine, etc. Il) : Bibliographischer und thematischer Musikkatalog des pâpstlichen Kdpellarchivsim Vatikan zuRom (1HKX). A la mort du maître de chapelle de la cathédrale, Schrem, II. entreprit de continuer la .publication de l'anthologie connue sous le titre >\r Musica divina, et, depuis la mort de Witl (1888), il rédige le périodique Musica sacra. En collaboration avec l'organiste du Dôme, Eianisch, il a écrit un accompagnement ie pour VOrdinarium Mîssœ, Gradale et Vespérale (H. est membre delà commission pontificale pour la révision authentique des livres de chorals officiels). En 1879, il a fondé un iPalestrina-Venin . et rédigé, «1. puis le vol. ix l édition des œuvres de Palestrina (chez Breitkopt' et Haertel), commencée en 1862 par Th de Wit». J.-X. Rauch, I<Y. Espagne et Fr. Com-

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