GUEYMARD — GUI D AREZZO
Gueymard, 1. Louis, excellent chanteur scénique (fort ténor), né à Ghapponay (Isère) le 17 août 1822, m. à Corbeil, près Paris, en juil. 1880; élève du Conservatoire de Paris, à la sortie duquel il fut engagé à l'Opéra où il chanta de 1848 à 1868.— 2. Pauline, (née Lauters), épouse du précédent, née à Bruxelles le 1er déc. 1834; fille d'un peintre, professeur à l'Académie des Beaux- Art s de Bruxelles, elle fut élève du Conservatoire royal de cette ville et débuta en 1855 au Théâtre lyrique, à Paris. L'année suivante déjà, elle passa à l'Opéra, où elle resta nombre d'années. Elle avait une voix de mezzo-soprano généreuse et étendue qui lui permettait de chanter le rôle de Fidès, aussi bien que celui de Valentine. Mme G. avait épousé en premières noces un M. Deligne.
Guglielmi, 1. Pietro, né à Massa-Carrara en mai 1727, m. à Rome le 19 nov. 1804 ; fut d'abord élève de son père (maître de chapelle du duc de Modène), puis de Durante au Conservatoire « di san Loreto », à Naples. Les archives royales de cette ville renferment le livret d'un opéra, Chichibio, que G. doit avoir mis en musique en 1739 déjà. Il fut pendant un certain temps le compositeur scènique le plus en vogue de toute l'Italie. Après avoir débuté en 1755, à Turin, G. remporta succès après succès, sur toutes les grandes scènes de la péninsule. Cependant il partit en 1762 pour Dresde où il remplit pendant quelques années les fonctions de maître de chapelle de la cour, se rendit de là à Brunswick puis, en 1772, à Londres, pour rentrer enfin cinq ans plus tard en Italie. Cimarosa et Paisiello s'étaient créés entre temps un grand renom; mais G. parvint, grâce à un travail acharné, à maintenir sa gloire à côté de la leur. Il fut appelé, en 1793, au poste de maître de chapelle de l'église St-Pierre, de Rome, et se voua dès lors entièrement à la composition d'œuvres religieuses. Il faut noter parmi les quatre-vingt cinq opéras, dont les titres sont connus (cf. Riemann, Opern- Handbuch, art. « Guglielmi »), comme les plus importants : I due gemelli, I viaggatori, La serva innamorata, 1 fratelli Pappa Mosca, La pastorella nobile, La bella pescatrice, La Didone, Enea e Lavinio. On connaît de plus, du même auteur, des oratorios : La morte d'Abele, La Betulia liberata, La distruzzione di Gerusalemme, Debora e Sisara et Le lagrime di San Pietro; une Messe à cinq voix avec orchestre ; un psaume à huit voix ; un Miserere à cinq voix; des motets ; 6 divertissements pour piano, violon et violoncelle ; 6 quatuors pour piano, deux violons et violoncelle ; des soli pour piano, etc. — 2. Pietro-Carlo, fils du précédent, né à Naples à 1763, m. à Massa-Carrara le 28 févr. 1827, élève du Conservatoire de « S. Maria di Loreto », fut également un compositeur scènique notable (écrivit pour les scènes de Naples | et de Milan) et remplit en dernier lieu les fonci tions de maître de chapelle de la duchesse de i Massa-Carrara.
Gui d'Arezzo (Guido d'Arezzo, G. Aretinus), né vers 995. On considérait généralement la bourgade d'Arezzo, en Toscane, comme son lieu
de naissance ; mais des recherches plus récentes (Dom Germain Morin, dans la « Revue de l'Art chrétien », 1888,111) semblent prouver que G. est originaire des environs de Paris, qu'il fut élevé dans le couvent de St-Maur-des-Fossés, près Paris, (d'où le fait que ses écrits sont souvent cités sous le nom de G. de Sancto Mauro ; cf. « Vierteljahresschrift fur M.-W. » 1889, p. 490) et se rendit de là d'abord à Pomposa, près Ferrare, puis à Arezzo. G. est un des moines bénédictins les plus méritants, parmi ceux qui se sont occupés de théorie et de pratique musicales; l'étendue remarquable de ses connaissances éveilla la jalousie de ses confrères qui, le calomniant auprès de son abbé (portant également le nom de G.), l'obligèrent finalement à quitter le couvent de Pomposa. Il doit alors s'être retiré dans un autre couvent de Bénédictins, à Arezzo, d'où se répandit au loin la renommée que lui créèrent sa science et ses inventions destinées à faciliter l'enseignement du chant. En 1026 (1028?), le pape Jean XIX l'appela à Rome et le pria de> lui exposer les principes de sa nouvelle méthode. Il fut bien vite persuadé de ses avantages réels et il ne paraît pas douteux que les améliorations apportées à la notation par G. ne furent dès lors recommandées à toutes les autorités ecclésiastiques. L'abbé de Pomposa était en séjour à Rome au même moment, il se réconcilia avec G. et l'invita à rentrer dans son couvent, mais G. semble n'en avoir rien fait, car il ressort des notices de différents annalistes de l'époque qu'il devint en 1029 prieur du couvent de Camaldules, à Avellano, où il mourut le 17 mai 1050 (?). Le plus grand mérite de G., mérite dont l'importance indiscutable n'a que peu d'équivalents dans l'histoire musicale, est d'avoir inventé l'emploi, encore en usage de nos jours, des lignes horizontales qui forment notre portée. Il va sans dire toutefois que G. n'inventa pas d'un coup ni de toutes pièces notre système actuel de notation ; il en trouva les éléments tout préparés et laissa aux générations suivantes un travail encore considérable. L'usage d'une ou même de deux lignes horizontales et parallèles (In ligne du fa et celle de Yut) remonte à la fin du xe s., l'époque de la naissance de G ; mais l'incertitude que laissaient encore lesneumes (v. ce mot), pour l'indication de la hauteur relative des sons, ne disparut réellement qu'avec l'introduction des quatre lignes, par G. Ce dernier conserva la ligne rouge pour le fa, la ligne jaune pour Yut, mais en intercala une troisième, noire, pour le la ; les sons intermédiaires étaient placés dans les interlignes. De plus, suivant l'étendue du chant qu'il avait à noter, G. ajoutait à ce système une quatrième ligne, tantôt en haut, tantôt en bas ( rouge, jaune) :
ut
1) — (mi)—
ut (la)-
(la! fa
fa (ré)-
fa
ut-
ut-
Outre les lignes rouge et jaune, on trouve aussi
(,ll DE CHALIS
l'espace rouge (3) pour le fa supérieur quand iiant s'élève un dessus du système (1), et l'espar.> jaune (4) pour Y ut inférieur, quand le chant descend au dessous du système 2). Après avoir, pendant longtemps, cherché à attribuer à G. toutes les inventions imaginables, celle du piano, celle de la musique même, on se plaît de nos jours à les lui enlever les unes après les autres. L'amélioration, exposée plus haut, delà notation lui revient dans tous les cas; mais il convient d'ajouter que G. n'a pas trouvé la note proportionnelle (v. ce mot) ei qu'il plaça simplement sur son système de lignes parallèles, ou bien des lettres (dont l'usage remonte très loin) comme dans ses traités, ou bien des neumes. Quant à l'invention de la solmieation (v. ce mot), on s'accorde généralement à la lui retirer aussi ; cependant un fait est certain, d'après la lettre qu'il écrivit au moine Michel, c'est que G. se servait des vers mnémoniques : «ut queant Iaxis, etc. » pour expliquer les rapports réciproques des sons (intervalles) d'une mélodie quelconque. De plus, nous n'avons aucune raison pour douter qu'il en lit usage également pour l'échelle transposée partant de fa (avec un bémol) ; et, en admettant que G. n'ait pas inventé lui-même le système de la transposition (muances), il est de toute évidence que l'auteur de ce système aurait acquis une réputation aussi grande que celle de G. Jean Cotton, qui ne vécut guère qu'un demi-siècle après G., attribue déjà à ce dernier l'invention des muances et de la « main harmonique » (v. ce mot). Par contre, il est absolument certain que G. ne songea point à remplacer la dénomination alphabétique des sons par les syllabes ut, ré, mi, etc. Ce dernier pas ne fut que le résultat de l'accoutumance générale aux muances. Les écrits de G. sont les suivants : Micrologus de disciplina artîs musïcœ,n\ec une lettre à l'évèque d'Arezzo, précédant la préface (publiée en trad. allemande par Raym. Schlecht
Bdonatshefte fur M.-G. » V, 135] et par HermesdorfT) ; Regulae de ignoto cantu (prologue à l'antiphonaire noté avec le système de quatre lignes de G.); Epistola Michàeli Monacho de ignoto cantu directa. Ces trois traités "nt été t,,us trois transcrits par Gerbert, dans les i Scriptores » II, 2-50. D'autres ouvrages sont sans doute apocryphes, mais de très peu
stérieurs à G., ce sont : Musicae Guidonis régulas rhythmicœ; Tractatus correctorius
Utorum errorum, qui fiunt in cantu Gregoriano; enfin Qxomodo de arilhmetica procedit musica (ces trois derniers également dans les
criptores» de Gerbert). Parmi les monographies qui ..nt paru sur G., on peut citer celles d'Angeloni, de Ristori, de Kiesewetter, et plus récemment «I.- M. Falchi, Studi su Guido Monaco (1882; travail remarquable) et de J.-A. Lans, DerKongress von Arezzo (1882); cf. en outre l'essai déjà mentionné de Don Germain Morin (1888). Un monument de Salvini a été élevé a <;.. dans la ville d'Arezzo, et inauguré le .' sept L882.
Gui de Châlis (Guido, abbé ducouventdes