HEYDEN
comme premier maître de chant à l'Ecole de musique de Munich, fondée en 1867 par Louis II, sous la direction de H. de Bùlow et d'après les plans de Wagner. Mais, peu après le départ de Bùlow (1869), H. se vit déjà contrecarré dans la réalisation de ses projets, en sorte qu'après de longues années de luttes, il se décida, à la mort de Wagner (1883) à abandonner son poste. Enfin, en 1887, il alla s'établir à Berlin. Cependant, en 1875, H. avait amassé un riche trésor d'expériences aux répétitions des « Nibelungen » , à Bayreuth, répétitions pour lesquelles Wagner se l'était attaché comme assistant pour la technique du chant. Ces expériences le fortifièrent dans son idée — qui était celle de Wagner aussi — que seule une école de style, préparant les jeunes chanteurs à l'interprétation des œuvres musicales dramatiques allemandes et dirigée avec un esprit de suite, pourrait affermir et amplifier les résultats obtenus avec une rapidité aussi surprenante, à Bayreuth. Le projet qu'avait formé Wagner d'envoyer déjà en 1877 un appel à tous les chanteurs de l'Allemagne, échoua contre l'écueil des difficultés financières ; mais H. considéra comme un devoir sacré de tout essayer pour la réalisation finale de cette grande pensée. C'est ainsi qu'il se mit aussitôt à la préparation d'un grand ouvrage pédagogique sur le' chant : Deutscher Gesanpsunterricht, qui a paru en 1886 en quatre parties (I. Etude du langage; II. Etude de l'émission vocale, à l'usage des voix de femmes; III. Id. à l'usage des voix d'hommes; IV. Texte [définitions, explications, etc]). La haute valeur de cet ouvrage ne tardera pas à être reconnue en Allemagne ; il présente, dans un exposé d'une très grande clarté, les idées de W'agner sur l'éducation rationnelle des chanteurs allemands, non pas d'une façon purement théorique et uniforme, mais en poursuivant les études pas à fJas, des premiers éléments d'une émission normale jusqu'aux lois qui régissent l'exécution artistique absolument parfaite. Et dans tout cela, on sent continuellement les fruits d'une grande expérience pratique de l'enseignement. De nombreux chanteurs, élèves de H., comptent parmi les plus appréciés des premières scènes allemandes. H. a publié en outre des lieder et des duos, ainsi qu'une collection de seize mélodies enfantines, faciles et appréciées pour l'étude élémentaire du chant.
Heyden (Heiden, Haiden), 1. Sebald, né à Nuremberg en 1498, fut en 1519 cantor dei l'école de l'Hôpital, et plus tard recteur de celle de St-Sébald en cette même ville ; il mourut le 9 juil. 1561. H. a écrit : Musicae, i. e. artis\ canendi libri duo (1537 : 3e éd. sous le titre : De arte canendi, etc. 1540), petit traité fort! précieux, à cause de sa clarté extraordinaire,] sur la musique proportionnelle ; il est malheureusement très rare. On cite encore un petit] traité de contenu analogue, portant le titre : Stichiosis musicae, seu rudimenta musicaei (1529) ou : « Musicae SticJiiosis », worin vomi Ursprung und Nutzen der Musik, etc., ouf
HEYMANN — HILDAGH
encore Institutiones musicae (1535); mais il est. probable, à en juger d'après les dates de publication, qu'il est identique au premier. — 2. Hans, à Nuremberg, inventa vers 1610 un instrument connu sous le nom de « Nurenbergisch Geigenwerk, sorte de combinaison du clavecin et du violon. Il décrivit son invention dans un ouvrage : Musicale instrumentum reformatum (1610).
Heymann, 1. (H.-Rheineck), Karl-August, pianiste et compositeur, né au château de Rheineck, sur le Rhin, le 24 nov. 1852, élève du Conservatoire de Cologne puis de l'Académie royale de Berlin, où il fut nommé maître de piano en 1875 ; il a publié des morceaux pour piano et des lieder (Einen Brief soll ich schreiben). — 2. Karl, excellent pianiste, né à Filehne (Posen) le 6 oct. 1854 (son père, Isaac H., était alors cantor à Filehne ; il alla plus tard à Graudenz puis à Gnesen ; il est maintenant « cantor supérieur » à Amsterdam), élève du Conservatoire de Cologne (Hiller, Gernsheim, Breunung), puis élève particulier de Kiel à Berlin, il éveillait déjà comme pianiste l'attention du monde musical et avait déjà fait paraître plusieurs pièces intéressantes pour piano, lorsqu'une surexcitation nerveuse le força à consacrer plusieurs années au rétablissement de sa santé. En 1872, H. rentra dans la vie active, d'abord comme pianiste accompagnateur de Wilhelmy, puis il accepta la place de directeur de musique à Bingen, afin de ne pas se laisser entraîner à reprendre avec trop d'ardeur la vie de virtuose. Cependant il joua peu à peu plus souvent, fut nommé pianiste de la cour du landgrave de Hesse, et reçut du reste à diverses reprises d'autres distinctions encore. De 1879 à 1880, il enseigna au Conservatoire Hoch, à Francfort s/M. ; mais il ne put s'habituer à ce genre d'activité et se voua de nouveau tout à fait à la carrière de virtuose. Malheureusement, ce ne fut pas pour longtemps ; l'affection nerveuse reparut bientôt plus intense encore que la première fois. Ses compositions (Elfenspiel, Mummenschanz , fantaisies, etc., ainsi qu'un concerto de piano) sont brillantes, mais leur valeur musicale n'en souffre point.
Heyne(HAYNE,AYNE, c'est-à-dire «Heinrich ») van Ghizeghem, généralement nommé seulement H., chanteur de la chapelle de la cour de Charles - le - Téméraire de Bourgogne, vers 1468, contrapontiste néerlandais dont quelques motets ont paru dans le Odkecaton, de Petrucci.
Hiebsch, Joseph, né à Tyssa (Bohême) le 7 oct. 1854, m. à Carlsbad en mai 1897 ; devint, en 1866, enfant de chœur de la Chapelle royale de Dresde, entra en 1869 au séminaire de Leitmeritz, fit ensuite des études de violon sous la direction de Dont, à Vienne et professait depuis lors la musique à l'Institut pédagogique impérial et royal de Vienne. Il a écrit : Leitfaden fur den elementaren Violinunterriclu (1880; éd. augmentée en 1884), une collection de duos pour le violon (douze cahiers),
Methodik des Gesangsunterric/its (1882 [1893]), Methodik des Violinunterriclds (1887; une « méthode comparée » de violon comme la « méthode comparée » de piano, de Riemann), Allgemeine Musiklehre (1890) et Lehrbuch der Harmonie (1893).
Hientzsch, Jofiann-Gottfried, né à Mokrehna, près Torgau, le 6 août 1787, m. à Berlin le 1er juil. 1856 ; fit ses études générales à Leipzig, et enseigna plusieurs années en Suisse, pour s'assimiler la méthode de Pestalozzi. Il devint, en 1817, maître de musique au Séminaire de Neuzelle, en 1822 directeur de celui de Breslau, en 1833 maître à Potsdam et fut enfin, de 1852 à 1854, directeur de l'Institut des aveugles à Berlin. H. a publié des recueils de chants d'église à l'usage des écoles, il rédigea de 1828 à 1837 YEutonia, journal pédagogique de musique, et commença encore en 1856 la publication d'un nouveau journal de musique : Das musikalische Deutschland, dont sa mort arrêta la publication dès le troisième numéro. Il a écrit en outre : Einige Worte zur Veranlassung eines grossen jâhrlichen Musikf estes in Schlesien (1825) ; Ueber den Musihunterricht, besonders im Gesang, auf Gymnasïen und Universitâten (1827) ; enfin Methodische Anleitung %u einem moglichst naturund kunstgemàssen Unterricht im Singen fur Lehrer und Schiller (lre partie, 1836).
Hiéronyme de Moravie, théoricien de la musique proportionnelle (dominicain, en 1260, au couvent de la rue St-Jacques, à Paris) ; son traité De musica a été reproduit par Coussemaker (« Scriptores », I).
Hignard, Jean-Louis-Aristide, né à Nantes le 22 mai 1822 ; devint, en 1845, élève de Halévy, au Conservatoire de Paris, et remporta en 1850 le deuxième prix de Rome. C'est en 1851 que fut représenté, à Nantes, son premier opéra, Le visionnaire ; vinrent ensuite, et avec succès, au Théâtre lyrique de Paris : Colin-Maillard (1853); Les compagnons de Marjolaine (1855) ; L'auberge des Ardennes (1860) ; et, aux Bouffes-Parisiens : Monsieur de Chimpanzé (1858) ; Le nouveau Pourceaugnac (1860) et Les musiciens de l'orchestre (1861). Tous ces ouvrages appartiennent au genre de l'opéracomique. Une tragédie lyrique : Hamlet (H. donne, dans une préface à la partition, l'explication de cet essai d'un genre nouveau) était depuis longtemps terminée (elle a été analysée par E. Garnier, en 1868), mais ne fut donnée qu'en 1888, à Nantes. Parmi les autres œuvres, il convient de citer des Valses concertantes et des Valses romantiques, pour piano (à quatre mains), des lieder, des chœurs pour voix d'hommes, pour voix de femmes, etc.
Hildach, 1. Eugen, né à Wittemberge, sur l'Elbe, le 20 nov. 1849, était destiné aux travaux du bâtiment et suivit l'Ecole d'architecture de Holzminden ; ce ne fut qu'à l'âge de vingt-quatre ans qu'il lui fut possible de faire ses études de chant. Il était élève de Mmo El. Dreyschock à Berlin, et fit alors la connaissance de celle qui devint peu après sa femme : — 2. Anna, née