HILLER
qui prit tin caractère plus général et dont les concerts furent transportés au Gewandhaus. Déjà en 1771, il avait organisé une école de chant qui ne fut pas sans importance pour la formation d'un bon chœur pour les concerts. En 1789, il succéda à Doles, comme cantor de l'école St- Thomas; mais il abandonna ces fonctions en 1801, lorsqu'il sentit les atteintes de l'âge. En tant que compositeur, H. a acquis de l'importance par ses « Singspiele » (opérettes), qui. ont marqué le début d'un genre essentiellement allemand, celui du « Spieloper », qui, bien que simultanément, s'est développé indépendemment de 1' «opéra buffa » italien et de 1' « opéra comique » français. IL avait pour principe, dans ces pièces, de ne faire chanter par les gens du peuple que de simples lieder, tandis qu'il mettait dans la bouche des personnages de qualité de véritables airs ; les lieder de ses" opérettes sont devenus extraordinairement populaires. Voici les titres de ces ouvrages : Der Teufel ist Los (lre partie : Der lustige Schuster, 1765 ; 2e parlie, Die verwandelten Weiber,nQ5), Lisuart und Darioletle (1766), Lottchen am Eofe (1767), Die Liebe auf dem Lande, Der Dorfbarbier, Die Jagd, Die Musen, Der Erntekranz, der Kneg, Die Jubelochzeit, Das Grab des Mufti (ou Die beiden Geizigen) et Das gerettete Troja (1777, toutes à Leipzig). H. a aussi cultivé le lied en dehors de la scène. Il a publié les Lieder fur Kinder, de Ghr. -Félix Weisse, puis 50 geistliche fur Kinder, Choralmelodien zu Gellerts geistlichen Oden, Vierstimmige Chorarien, un Choralbuch, des cantates, etc.; d'autres œuvres sont restées manuscrites : le psaume G, une cantate de la passion, de la musique funèbre en mémoire de Hasse, etc., ainsi qu'une symphonie et des suites. La littérature musicale a été aussi enrichie par lui d'un certain nombre d'écrits, sur des sujets fort divers : Wochentliche Nachrichten und Anmerkungen, die Musik betreff'end (1766 à 1770, la plus ancienne revue musicale proprement dite ; cf. presse musicale) ; Lebensbeschreibungen berùhmter Musikgelehrten und Tonkunstler (1784, biographies de Adlung, J.-S. Bach,Benda,Fasch, Graun, Hsendel, Heinichen, Hertel, Hasse, Jomelli, Quanz, Tartini et d'autres; contient aussi une autobiographie); Nachricht von der Auffûhrung des Hœndelschen « Messias » in der Domkirche zu Berlin, 19 Mai 1786 ; Ueber Metastasio und seine Werke (1786) ; Anweisung zum musikalisch richtigen Gesang (1774) ; Anioeisung zum musikalisch zier lichen Gesang (1780) ; Anweisung zum Violinspiel (1792). Il a en outre préparé une deuxième édition de Anleitung zur musikalischen Gelahrtheit (avec annotations, 1783) de Adlung, arrangé le Stabat mater de Pergolèse pour chœur à quatre voix, et publié le Jubilate de Hsendel, le Stabat mater de Haydn, Tod Jesu de Graun, et Pilgrime auf Golgotha de Hasse. Comme pédagogue H. obtint de brillants résultats ; Gorona Schrœter a été son élève (cf. Mara). Deux Polonaises, les sœurs Podleski, l'engagèrent en 1782 à venir à Mitau
où il en imposa tellement au duc de Gourlande, que celui-ci le mit à la tête d'un orchestre et lui servit une pension annuelle. Cf. Karl Peiser, J.-A. Hitler (1894). Son fils : — 2. Friedrich-Adam, né à Leipzig en 1768, m. à Kœnigsberg le 23 nov. 1812, fut également un excellent musicien, chanteur et violoniste ; en 1790 il était maître de chapelle du théâtre, à Schwerin, en 1796 à Altona et en 1803 à Kœnigsberg. On a de lui quatre opérettes, six quatuors pour instrà archet, ainsi que de plus petites œuvres vocales et instrumentales. — 3. Ferdinand (von), pianiste, compositeur et musicographe spirituel, né à Francfort s/M le 24 oct. 1811, m. à Cologne le 11 mai 1885; né d'une famille aisée, il fut d'abord l'élève d'Aloys Schmitt et de Vollweiler à Francfort, puis, en 1825, de Hummel à Weimar; il rendit même visite à Dehn,en 1827, à Vienne et y fut présenté à Beethoven. Après un court séjour dans la maison paternelle, il passa sept ans à Paris (1828-1835) où il entra en relations suivies avec les principaux musiciens de l'époque (Cherubini, Rossini, Chopin, Liszt, Meyerbeer, Berlioz) : il remplit quelque temps les fonctions de professeur à l'Institut de musique Choron, et se fit un nom comme pianiste, soit dans ses concerts particuliers, soit dans des soirées avec Baillot. H. était réputé comme interprète de Beethoven. La mort de son père le rappela à Francfort où il dirigea, en 1836, le « Csecilienverein » en remplacement de Schelble; il partit ensuite pour Milan et, avec l'aide de Rossini, fit donner en 1839, à la Scala, un opéra : Romilda, qui n'eut qu'un médiocre succès. Il passa l'hiver 1839-1840 à Leipzig, auprès de Mendelssohn avec lequel il était déjà depuis longtemps lié d'amitié; il termina alors un oratorio commencé à Milan : Die Zerstorung Jerusalems et le fit exécuter en 1840, au Gewandhaus. H. se rendit encore une fois en Italie, de 1840 à 1841, étudiant cette fois les maîtres de la grande période vocale, à Rome, sous la direction de Baini ; mais il revint en Allemagne en 1842, prit en 1843-1844 la direction des concerts du Gewandhaus, à la place de Mendelssohn qui passait l'hiver à Berlin, et fit représenter à Dresde les deux opéras : Iraum in der Christnacht (1845) et Konradin (1847). En 1847, H. fut appelé à Dùsseldorf, en qualité de directeur de musique de la ville, mais trois ans plus tard, il accepta à Cologne les mêmes fonctions avec, en plus, la charge d'organiser le Conservatoire. Depuis cette époque, H. a exercé simultanément les fonctions de directeur de la Société des concerts et du chœur des concerts, associations qui toutes deux prenaient part soit aux concerts du « Gûrzenich » , soit aux Festivals rhénans, et celles de directeur du Conservatoire dans lesquelles il se rendit fort utile. H. devint de la sorte la personnalité musicale la plus en vue de l'Allemagne occidentale. Il ne prit s retraite que le 1er oct. 1884. Il est intéressant de noter que H. avait dirigé, de 1851 à novembre 1852, l'Opéra italien de Paris. Excellent pianiste, chef d'orchestre et pédagogue, compositeur connaissant à fond son métier et maniant ha-
HILLMER — HIMMEL
bilement les formes musicales, H. réussit encore à se créer un nom comme feuilletoniste aimable et de bon goût. Il est juste d'ajouter cependant que, comme compositeur, H. ne se rendit entièrement maître que des petites formes; s'appuyant sur Schumann et sur Mendelssohn, il fut peut-être trop fécond et manqua parfois de sévérité vis-à-vis de lui-même, mais sut toujours captiver par une certaine grâce, une certaine délicatesse de touche, jointes à quelque pédanterie qui, parce qu'elle est voulue, ne manque pas d'esprit. Quant à sa carrière d'écrivain, il la commença par des feuilletons très attrayants qui parurent dans la « Gazette de Cologne » et qui, rassemblés en partie, ont été publiés sous les titres suivants : Die Musik und das Publikum (1864); L. van Beethoven (1871); Ausdern lonleben unsrer Zeit (1868, 2 vol. ; nouvelle suite 1871). Citons encore d'autres écrits provenant de la plume finement taillée de Hiller : Musikalisches und Personliches (1876) ; Briefe von M. Hauptmann an Spohr und andre Komponisten (1876) ; Félix Mendelssohn- Bartholdy. Briefe und Erinnerungen { 1876 ) ; Briefe an eine Ungenannte (1877): Kunstlerleben (1880); Wie horen wir Musik? (1880), Gœthes musikalisches Leben (1883) et Erinnerungsblàtler (1884). Le nombre de ses œuvres musicales atteint 200; parmi celles-ci se trouvent six opéras : Der Advokat (Cologne, 1854), Die Katakomben (Wiesbaden, 1862), Der Déserteur (Cologne, 1865), et les trois opéras déjà mentionnés plus haut ; deux oratorios : Die Zerstorung Jerusalems (1840) et Saul (1858): des cantates : Lorelei, Nal und Damajanti, lsraels Siegesgesang, Prometheus, Rebekka (idylle biblique), Prinz Papagei (conte dramatique), Richard Lœwenherz (ballade pour soli, chœur et orchestre, 1833) ; des psaumes; des motets (Sanctus dominus, pour voix d'hommes, op." 102 : Super flumina Babylonis, Ai's der Tiefe ruf'e ich, pour une voix seule avec piano); Palmsonntagmorgen (pour voix de femmes, solo et piano); des chœurs pour voix d'hommes, voix mixtes et voix de femmes; beaucoup delieder ou de duos; des œuvres de piano ou de musique de chambre (qui sont bien Les plus répandues et sont remarquables par leur élégance et leur charme) parmi lesquelles noua citerons : un concerto {fa dièse mineur,), des sonates, des suites, une quantité de recueils de petits morceaux {Rêveries [4 cahiers], câpriers, impromptus, rondos, ghasèles, marches, valses, variations, etc.), des études, une Operette ohne Text (à quatre mains), des sonates de violon, une suite canonique pour piano et violon, une sonate de violoncelle, cinq trios et cinq quatuors avec piano, cinq quatuors pour înstr. à archet, plusieurs ouvertures, trois symphonies, etc. Les Béances sur l'histoire de la musique, avec illustrations au piano, que H. donna à Vienne, â Cologne, etc., eurent un succès considérable. L'Université de Bonn lui conféra en 1868 le titre 1)T hon. c. — 4. Paul, né à Seifersdorf, prés Liegnitz, le 16 nov. 1830; fut nommé en 1870 second organiste et en 1881
premier organiste de l'église Ste-Marie-Madeleine, à Breslau. A publié des morceaux pour piano, des lieder, etc.
Hillmer, Friedrich, né à Berlin vers 1762, m. dans la même ville le 15 mai 1847 ; entra en 1811 comme alto dans l'orchestre de la cour; et fut pensionné au bout de vingt ans. Il fit des expériences pour la construction ou le perfectionnement d'instr. à archet ou à clavier, mais ne réussit à faire approuver aucun de ces instruments ( « Alldrey » ; « Tibia » ; « Verbessertes Polychord »). Un fils de H. est maître de chant estimé, à Berlin.
Hilpert, W.-Kasim.-Friedrich, né à Nuremberg le 4 mars 1841, m. à Munich le 5 févr. 1896, l'un des violoncellistes allemands les plus connus, élève de Frédéric Grûtzmacher, au Conservatoire de Leipzig. H. fut l'un des fondateurs et resta membre pendant huit ans (1867-1875) du célèbre « Quatuor florentin » (v. Becker, 8) ; il devint ensuite violoncelle - solo de l'Opéra impérial, à Vienne, passa au même titre dans l'orchestre de la cour, à Meiningen, puis à Munich où il fut en outre nommé, en 1884, professeur de violoncelle à l'Ecole royale de musique -et violoncelle solo de la Chapelle Royale.
Hilton, John, compositeur anglais de chants religieux et profanes, devint en 1626 bachelier es musique (Cambridge) et, en 1628, organiste de l'église Ste-Marguerite, à Westminster (Londres) ; il fut enseveli le 21 mars 1657, en sorte qu'il est probablement mort le 19 ou le 20 mars. H. a publié : Ayres or fa-las for three voyces (1627, dernièrement réédité par la « Musical Antiquarian Society ») et Catch that catch can (1652; collection de catches, rondeaux et canons). On trouve des morceaux détachés du même auteur, dans les Triumphs of Oriana, dans Cathedral music de Rimbault, et dans Choice psalmes deLawe; d'autres oeuvres, manuscrites, sont encore au « British Muséum ».
Himmel, Friedrigh-Heinrigh, né à Treuenbrielzen (Brandenbourg) le 20 nov. 1765, m. à Berlin le 8 juin 1814 ; étudia d'abord la théologie, puis, avec une bourse royale, la composition chez Naumann, à Dresde. Frédéric-Guillaume II l'envoya encore poursuivre son éducation musicale en Italie, et H. y fit représenter deux opéras : Il primo navigatore (1794, à Venise) et Semiramide (1795, à Naples). En 1795, il fut nommé maître de chapelle de la cour, comme successeur de Reichardt ; il fit ensuite, de 1798 à 1800, un voyage en Russie (donna un opéra, Alessandro, à St-Pétersbourg) et en Scandinavie, se rendit en 1801 à Paris, à Londres et à Vienne, puis reprit ses fonctions à Berlin. A la suite des événements de 1806, il partit d'abord pour Pyrmont, alla ensuite à Cassel, à Vienne, et revint finalement à Berlin. Ses opéras ont joui, en leur temps, d'une grande faveur: il donna à Berlin : Vasco de Gama (1801, ital.) et les opérettes Frohsinn und Schwârmerei (1801), Fanchon (1804, son œuvre la plus connue), Die Sylphen (1806) ; à Vienne : Der Kobold (1811). Ses premières grandes compositions étaient un
HINRIGHS — HISTOIRE DE LA MUSTQUE
oratorio : Isaacco figura del redentore (1791) et une cantate La danza (1792). Quelques lieder aussi furent fort en vogue, entre autres: An Alexis et Es kann ja nicht immer so bleiben. Enfin il a écrit encore : des psaumes : un Pater noster ; des chants de vêpres ; une Messe : un concerto de piano; un quatuor pour piano, flûte, violon et violoncelle ; un sextuor pour piano, deux altos, deux cors et violoncelle ; etc.
Hinrichs, Franz, né à Halle s/Saale, vers 1820, m. à Berlin, comme conseiller supérieur de la cour royale, le 25 oct. 1892; ami et beaufrère de Robert Franz, a composé des lieder de genre analogue à ceux de Franz et écrit : R. Wagner und die neue Musik (1854, très modéré). Sa sœur — Marie H. qui avait épousé Rob. Franz, née en 1828, m. à Halle le 5 mai 1891, s'est fait connaître aussi comme compositeur de lieder.
Hinke, Gustav-Adolf , hauboïste distingué, né à Dresde le 24 août 1844, m. à Leipzig le 5 août 1893, fils de Gotlfried H. (m. en 1851) qui introduisit à Dresde le tuba-basse ; élève du Conservatoire de Dresde (hautbois : Hiebendahl), fut, à partir de 1867, premier hautbois de l'orchestre du Théâtre et du Gewandhaus, à Leipzig. Hipkins, M.-A.-J., l'un des principaux collaborateurs de Grove pour son Dictionary of Music, et, depuis 1894, conservateur de la collection d'instruments du « Royal Collège of Music », a publié divers catalogues descriptifs de valeur : celui de la collection Loan d'instruments de musique, etc., à l'Albert-Hall, à Londres (1885), puis Old keyboard instruments (1887). Il a écrit en outre : Musical instruments, historié, rare, unie (1888 ; avec 50 planches d'illustrations) ; A description and hisiory of the pianoforte, etc., (1896).
Hirn, Gustav-Adolph, physicien de mérite, né à Logelbach, près Colmar (Alsace) le 21 août 1815, m. à Colmar le 14 janv. 1890; vécut dans sa ville natale , comme directeur d'un institut météorologique. L'un de ses nombreux ouvrages de physique a trait à la musique : La musique et V acoustique (1878). H. y exprime l'opinion que le beau musical peut s'expliquer physiquement.
Hirsch, Dr Rudolf, né à Napagedl (Moravie) le 1er févr. 1816, m. à Vienne le 10 mars 1872, compositeur, poète et critique musical, a écrit entr'autres \Mozarts Schauspieldirektor (1859;, sorte de plaidoyer en faveur de Mozart.
Hirschbach, Hermann, né à Berlin le 29 févr. 1812, m. à Gohlis, près Leipzig, le 19 mai 1888; élève de Birnbach, publia à Leipzig, de 1843 à 1845, une revue musicale : Musikalisch-kritisches Repertorium, dont les jugements d'une sévérité excessive lui suscitèrent un si grand nombre d'ennemis qu'il finit par vivre absolument retiré. H. fut aussi compositeur original et fécond ; il a écrit treize quatuors pour instr. à archet (Lebensbilder, op. 1, etc.), deux quintettes (avec deux altos), deux autres quintettes (avec deux violoncelles), deux quintettes (avec clarinette et cor), un septuor, un octette, quatorze symphonies (Lebenskâmpfe ; Erinnerun-
gen an die Alpen; Fausts Spaziergang ; etc., des ouvertures (Gœtz von Berlichingen; Hamlet ; Julius Cœsar, etc.) et deux opéras (Bas Leben ein Traum et Othello). H. réclamait de toute musique qu'elle exprimât d'une façon caractéristique une idée précise et déterminée.
Hirschfeld, Rorert, musicographe, né en Moravie en 1858; fit ses études dans les gymnases de Breslau et de Vienne, puis à l'Université de Vienne, où il fréquenta en même temps les cours du Conservatoire. Il prit en 1884 le grade de Dr phil. (monographie sur Jean de Mûris) et fut nommé la même année professeur d'esthétique musicale au Conservatoire de Vienne ,• il avait du reste déjà donné des cours à partir de 1882, dans ce même établissement. Notons encore un petit ouvrage de polémique, dirigé contre Hanslick : Das kritische Verf'ahren Hanslicks (1885) ; H. y prend la défense de l'ancienne musique « a cappella» qu'il a du reste cherché à ressusciter, dans les « Soirées renaissance » organisées par ses soins.
His (ail.), si dièse.
Histoire de la musique. C'est au siècle dernier seulement que l'on conçut l'idée d'écrire une histoire générale de la musique, mais la tentative se répéta dès le début, à intervalles rapprochés, et l'on eut les ouvrages du Père Martini (Storia délia musica ; 3 vol. 1757, 1770, 1781), de Hawkins (A gênerai history of the science and practice of music ; 5 vol. 1776), de Burney (A gênerai history of Musik; 4 vol. 1776-1789). de Larorde (Essai sur la musique ancienne et moderne, 3 vol. 1780 ; superficiel) et de Forkel (Allgemeine Geschichte der Musik; 2 vol. 1788, 1801). A ce groupe ancien sont venus s'ajouter, dans notre siècle, les ouvrages d'AMrros (Geschichte der Musik ; 4 vol. 1862-1878, avec un volume d'exemples musicaux [publié par O. Kade], 1882, et un index alphabétique par W. Bâumker, 1882) et de Fétis (Histoire générale de la musique ; 5 vol. 1869-1875). Seuls parmi ceux que nous venons de citer, les deux ouvrages anglais ont été terminés ; Martini n'a pas dépassé l'histoire de la musique grecque, Fétis s'arrête au xve s., Forkel au xvie s., Ambros enfin au xvne s. Ce triste résultat s'explique du reste par l'abondance écrasante des matériaux qui s'accumulent de plus en plus devant l'historiographe, à mesure qu'il se rapproche de l'histoire contemporaine. Cependant, comme l'histoire de la musique moderne, de la musique actuellement sonore et vivante, rencontre de beaucoup l'intérêt le plus soutenu, quelques auteurs se sont bornés à en donner un aperçu plus ou moins étendu, ce sont surtout : Kiesewetter (Geschichte der europœischen abendlœndischen oder unserer heutigen Musik, 1834 ; 2e éd. 1846), Brendel (Geschichte der Musik in Italien, Deutschland und Frankreich, 2 vol. 1852 ; 7e éd. 1888), Marcillac (Histoire de la musique et des musiciens, etc., 1 vol. 1879; très superficiel) et Langhans (Geschichte der Musik des X Y III. und XIX. Jahrhunderts, 2 vol. 1882-1886 ; formant la suite de l'ouvrage d'Ambros). Un troisième groupe d'ouvrages
HISTOIRE DE LA MUSIQUE — HOBREGHT
d'histoire générale de la musique, écrits de seconde main, et ne reposant pas, comme les ouvrages savants cités plus haut, sur des recherches personnelles, comprend entre autres les traités de Busby (1819), Reissmann (1863) et, en l nun;ai s. II. La voix (1885; ouvrage de vulgarisation/élégamment écrit, mais de médiocre valeur). Enfin, parmi les innombrables «manuels» d'h. de la musique, nous noterons seulement ceux de Dommers (Handbuch der Musihgeschichte, 1867; 2e éd. 1877; recommandable comme excellente source de renseignements, car les résultats des recherches modernes y sont consignés avec conscience et utilisés avec tact; malheureusement il s'arrête à la mort de Beethoven), de H.-A.Kœstlin (Musikgeschichte im r,nriss,3* éd. 1884); puis, pour comparer des idées opposées, ceux de Mein ardus (Die deutsche Tonkunst, 1888; conservateur enraciné) et de R. Pohl (Die Hohenzûge der musikalischen Enlwickelung, 1888; progressiste radical» : entin, comme complément à ceux qui précèdent, le Katechismus der Musikgeschichte (1888-1889) de H. Riemann. Les Anglais aussi «.ut leurs manuels d'h. de la musique, imités plus ou moins de l'allemand; la littérature musicale française ne possède malheureusement encore aucun ouvrage de ce genre. Le principe moderne de la division du travail, de la concentration des efforts sur une sphère restreinte, a été appliqué récemment, sur une très grande échelle, à l'étude de l'histoire musicale. Les biographes surtout, en concentrant toute leur attention sur une personnalité remarquable, parviennent à donner une image à la fois exacte et vivante d'une phase de l'histoire musicale qui, si courte soit-elle, sera toujours intéressante; notons particulièrement ici les noms de Baïxi (Palestrina), Wixterfeld (J. Gabrieli), Spitta (Bach), Chrysander (Hœndel). Pohl (Haydn), 0. Jahn (Mozart), ïhayer (Beethoven), M. -M. von Weber et J.ehns (Weber), L. ItAMANN (Liszt), Niecks (Chopin), Ad. Ji i.i.ikn (Berlioz), Glasenapp (Wagner), etc. Tous ces ouvrages donnent non seulement la biographie d'un maître pris isolément, mais le tableau «le toute une époque, un véritable morceau d'histoire musicale. D'autres spécialistes ont choisi une période plus ou moins étendue, comme sujet de leurs recherches : de Cousse- \i\kik. le moyen âge; Westphal et Gevaert, L'antiquité : etc. D'autres enfin poursuivent L'étude historique d'un genre spécial ou d'une branche spéciale de l'art musical, ce sont : Arteaga (l'opéra). Gerbert (la musique d'église), Kiesewetter (Schiksale and Beschaffenheit des weUlichen Gesangs ira Mittelalter, 1841), Wa- Bielewski (Getchichte der lnstrumentalmusikirA XVI. Jahrh.; Die Violine and ihre Meister), Chouquel ( Histoire de la Musique dramatique en France^ 1878), Lavoix( Histoire de l'instrumentation, etc., 1880), Brenet (Histoire de la symphonie à orchestre, 1882), etc.. etc. Il B'en faut encore de beaucoup, cela va Bans dire, que 1<' domaine infiniment vaste de l'h. de La musique n'ait été totalemenl exploré
jusqu'à ce jour ; mais les musicographes detous pays y travaillent avec ardeur. Des publications périodiques recueillent du reste continuellement de précieux matériaux pour l'h. de la musique, ce sont entre autres : Monatshef'te fur Musikgeschichte (fondés en 1869 et rédigéspar Rob. Eitner) ; Vierteljahresschrift fur Musihwissenschaf't (paraissant depuis 1885, chezr Breitkopf et Haertel et fondés par Guido Adlerr Ph. Spitta etFr. Chrysander) ; Kirchenmusika- UscheJahresbûcher (rédigéspar Fr.-X. Haberl,. issus en 1886 du « Oœcilienkalender »); Rivista musicale italiana (revue trimestrielle, paraissant depuis 1894,|chez les frères Bocca, à Turin):.
(Voir p. 362 et suiv. un tableau synchronique de l'histoire de la musique, et, pour les détails,, soit les divers articles du dictionnaire, soit les ouvrages historiques cités plus haut.)
Hitzler, Daniel, né à Haidenheim (Wurtemberg) en 1576, prévôt et conseiller ecclésiastique à Stuttgart, m. le 4 sept. 1635, a écrit : Newe Musica oder Sing Kunst (1628). Il défend dans cet ouvrage la bébisation (la, be, ce, etc.) contre la bocédisation et son partisan, Calvisius ; cf. borisations. H. a aussi publié un recueil de- chorals figurés (1634).
Hobrecht (Obrecht, Obreht, Obertus, Hobertus), Jakob, l'un des plus grands contrapontistes néerlandais, contemporain de Josquin, né à Utrecht vers 1430, devint en 1465maître de chapelle de la cathédrale de sa ville natale, succéda en 1492 à Jacques Barbireau en qualité de maître de chapelle de Notre-Dame d'Anvers, prit sa retraite, avec les avantages d'une chapellenie, en 1504, et mourut environ deux ans plus tard. On a conservé de ce maître un très grand nombre de Messes, de motets et de chansons ; Petrucci a imprimé de lui un volume de Messes : Misse Obreht (1503 ; contenant les Messes : Je ne demande ; Grecorum ; Fortuna desparata ; Malheur me bat ; Salve diva parens) et le premier livre des Missœ diversorum renferme une Messe de H. : Si dedero. En outre, les Missœ XIII de Graphreus (1539) contiennent les Messes : Ave regina cœlorum et Petrus Apostolus, de H. D'autres Messes encore, du même auteur, sont conservées en manuscrits dans les archives de la Chapelle pontificale, à Borne, et le manuscrit n° 3154 de la Bibliothèque royale de Munich renferme, en plus de deux Messes citées plus haut (Si dedero et Je ne demande), deux Messes connues par ce seul manuscrit : Scœn lief et Beata viscera. On trouve des motets de H. dans les livres in et iv (1503 et 1505) de ïOdhecaton de Petrucci, dans le livre i des motets à cinq voix (1505) de Petrucci, et dans le Liber selectarum cantionum (1520) deK. Peutinger; une Passion à quatre voix, dans les Seleclœ harmonies (1538) de G. Rhaw ; des hymnes à quatre voix,, dans le Liber primus sacrorum Jtumnorum (1542) du même; des chansons dans Odhecaton,. Canti B et Canti G de Petrucci ; quelques morceaux détachés, dans Glarean et S. Heyden. Cf. le premier « Kyrie » de la Messe Ave regina, de H., au mot proportionnelle.
HOGHBERG — HOFFMANN
Hochberg, Hans-Heinrich XIV. Bolko, comte de H., baron de Furstenstein (connu comme compositeur, sous le pseudonyme H. Franz), né au château de Furstenstein le 23 janv. 1843, auteur de plusieurs opéras : Claudine vonVilla bella (1864), Der Wâhricolf ou die Falkensteiner (1876), de symphonies, etc. Il entretint pendant de longues années, à Dresde, un quatuor d'instr. à archet (« Hochberg'sches Streichquartett »), fonda en 1876 les festivals musicaux de Silésie (chefs d'orchestre : Deppe, Dr Muck) et fut nommé, après la mort de von Hulsen (1886), intendant général des théâtres royaux de Prusse.
Hodges, Edward, né à Bristol, le 20 juil. 1796, m. à Glifton le 1er sept. 1867 ; devint en 1819 organiste à Bristol, en 1825, Dr es musique de l'Université de Cambridge, en 1838 organiste à Toronto, en 1839 organiste de la chapelle St-John de New- York et, en 1846, titulaire du nouvel orgue de l'église de la Trinité. H. dut abandonner ce poste en 1859, pour cause de maladie, et rentra en Angleterre en 1863. Il avait contribué pour une large part au développement de la vie musicale, à New-York. H. a écrit : An essai/ on the cultivation of church music (1841) ; il a collaboré pendant longtemps au « Quarterly musical Magazine » et au « Musical World », et composé des services, des anthems, etc. — Sa fille, Faustina-Hasse H., est organiste de deux églises, à Philadelphie, et s'est fait connaître aussi comme compositeur ; son fils, John-Sebastian-Bach H., recteur de l'église St-Paul à Baltimore, est également un organiste de talent.
Hœck-Lechner, Frieda, née à Rastatt (Bade) le 5 avr. 1860, élève de Mme Schrœder-Hanfstaengl, se voua d'abord à la scène et débuta à Detmold, à la fin de 1883, dans le rôle de Gabrielle (Nachtlager von Granada). Elle renonça à la scène lors de son mariage (1884), mais acquit rapidement une excellente renommée, comme cantatrice de concert.
Hoelzel,l. Karl, compositeur favori de lieder, né à Linz le 8 avr. 1808, m. à Budapest, où il était maître de chant, le 14 janv. 1883. — 2. Gustav, chanteur et compositeur de lieder très estimé, né à Budapest le 2 sept. 1813, m. à Vienne, où il avait été engagé comme bassebouffe et où il resta après avoir pris sa retraite (1869), le 3 mars 1883.
Hœlzl, Franz-Severin, né à Malaczka (Hongrie) le 14 mars 1808, m. à Cinq-Eglises, où il était devenu maître de chapelle du dôme, le 18 août 1884 ; élève de J.-Chr. Kessler et de Seyfried, à Vienne, a composé beaucoup de musique d'église et un oratorio, Noah.
Hoffmann, 1. Eucharius, né à Heldbourg en Franconie, cantor et plus tard « conrector » à Stralsund, a publié : Doctrina de tonis seu modis musicis, etc. (1582); Musicœ prœcepta ad usumjuventutis (1584), etc. ; puis quelques compositions : Deutsche Sprûche aus den Psalmen Davids mit vier Stimmen (1577) et Geistliche Epithalamia (1577). — 2. Ernst- Theodor-Amadeus (de son vrai nom Wilhelm
H.), né à Koenigsberg le 24 janv. 1776, m. à Berlin le 25 juin 1822 ; le poète fantaisiste bien connu, aimait passionnément la musique et fut même longtemps musicien de profession. Il aATait étudié le droit et devint en 1801 assesseur à Posen ; mais l'année suivante déjà, à la suite de la publication de caricatures renfermant des allusions trop directes, il fut envoyé à Plozk, en qualité de conseiller de justice, puis, en 1803, fut encore transféré à Varsovie. Lorsqu'en 1806 la guerre l'eut privé de son gagne-pain, H. se mit à donner des leçons de musique et obtint même, en 1809, le poste de chef d'orchestre au théâtre de Bamberg. Malheureusement le théâtre dut fermer ses portes ; H. se vit de nouveau réduit à courir le cachet et se mit à écrire des articles fantaisistes pour 1' « Allgemeine Musikalische Zeitung », sous le nom de « Kapellmeister Johannes Kreisler » (On sait que cette figure caractéristique — le portrait de H. par lui-même — qui joue également le rôle principal dans Kater Murr, inspira à Schumann son op. 16 [« Kreisleriana »]). En même temps, de 1813 à 1814, H. dirigea l'orchestre de la troupe dramatique Sekonda, à Leipzig et à Dresde. En 1816 enfin, il fut de nouveau nommé conseiller à la cour d'appel, à Berlin. H. était un homme exceptionnellement doué pour tout, à la fois juriste distingué, dessinateur habile, compositeur original et poète de génie. Il donna ses œuvres dans les diverses villes où il séjourna, à Posen: Scherz, List und Rache (de Gœthe, 1801); à Plozk : Der Renégat (1803) et Faustine (1804) ; à Varsovie : Lustige Musihanten (deBrentano, 1805) puis deux opéras, Der Kanonicus von Mailand (1805) et Schœrpe und Blume (texte de H. lui-même, 1805) ; à Bamberg : Der Trank der Unsterblichkeit (1808), Das Gespenst (1809), Aurora (1811) et un mélodrame, Diana (1809); à Berlin : Undine (d'après Fouqué, 1816), dont la partition fut détruite , de même que les projets de décors dessinés par H. lui-même, dans l'incendie de l'Opéra de Berlin, et enfin la musique de Kreuz an der Ostsee, de Werner. D'autres œuvres encore sont restées manuscrites : un opéra, Julius Sabinus (le 1er acte seul terminé) ; un ballet, Harlekin ; une Messe ; un Miserere ; une symphonie ; une ouverture ; plusieurs autres œuvres vocales ; des sonates pour piano et un quintette pour harpe et quatuor d'instr. à archet. Les ouvrages littéraires de H., et plus particulièrement Phantasiestûcke in Callots Manier (1814) et Kater Murr (1821 à 1822), renferment une foule d'aperçus ingénieux sur la musique. Cf. Hitzig, Hoffmanns Leben und Nachlass (1823), Funk, Aus dem Leben zvoeier Dichter (H. et Fr.-G. Wetzel, 1836), et Bochlitz, Fur Freunde der Tonhunst (n). — 3. Heinrich-August (H. von Fallersleren), né à Fallersleben (Hanovre) le 2 avr. 1798, m. au château de Korvei le 29 janv. 1874 ; poète et philologue connu, devint en 1823 bibliothécaire, en 1830 professeur extraordinaire et en 1835 professeur ordinaire de langue allemande, à l'Université de Breslau. Il fut
HISTOIRE DE LA. MUSIQUE
« ce ce
ci a- a»
~ ci p.
— ci ""
d TO '03
d Ce d
Sh S
ce a
o ce
o CD
o "S CD
es ^
a " ed
H -ci
d ïï -s d
-ce
eo u CD
es —
Sa
S rtH
o "ce
ce o
oj ►-*
o ° ry3
Cil -eo ,£