KELLNER
contrefaçons d'opéras italiens. Les sujets en sont, il est vrai, le plus souvent empruntés, suivant la mode italienne, à la mythologie et à l'histoire antique, et ce n'est qu'à titre d'exceptions que nous y trouvons des scènes populaires (parfois d'une obscénité inouïe) du temps de l'auteur (Slortebecker and Gœdje Michel ; Die Leipziger Messe ; Der Hamburger Jahrmarkt : Die Hamburger Schlachtzeit). En 1700, K. organisa, avec un orchestre excellent et les solistes les plus en vue de l'époque, une série de concerts d'hiver qui étaient pour les amateurs mi régal à la fois artistique et... culinaire, car on y servait d'exquis dîners. Trois ans plus tard. K. s'associa à Drusicke, pour l'entreprise de l'Opéra, mais ils firent de mauvaises affaires, Drusicke prit la fuite et K. fut obligé de garder la direction, à lui tout seul, jusqu'en 1706. Il passa ensuite plusieurs années à Weissenfels, mais reparut en 1700, le portefeuille garni d'opéras nouveaux : il lit alors un riche mariage (sa femme et, plus tard, sa fille furent d'excellentes cantatrices) et ne reprit ses concerts qu'en Fi 16. De 1719 à 1721, K. séjourna à la Cour de Stuttgart où il espérait obtenir un poste de maître de chapelle ; son attente étant vaine, il accepta, en 1722, celui de maître de chapelle de la Cour royale, à Copenhague, puis rentra à Hambourg, en 1728, en qualité de cantor et de chanoine de l'église Ste-Catherine. Il fut engagé, de 1729 à 1730; comme chef d'orchestre d'opéra à Moscou et à St-Pétersbourg ; vécut ensuite un certain temps à Copenhague, où sa fille était engagée et passa les dernières années de sa vie de nouveau à Hambourg. K. a écrit, en plus de ses opéras, de la musique d'église (Passions, motets, psaumes), des oratorios, des cantates, etc.,- ont été gravés: Gemûts-Ergôtzungen (1698), Divertimenti serenissimi (1713), Musxkalische Landlust (1714), Kaiserliche Friedenspost (1715), etc.
Kéler Bêla, de son vrai nom Albert von Ki un, né à Barti'eld (Hongrie) le 13 févr. UfâO.m. à Wiesbaden le 20 nov. 1882, commença d< - «'tildes de droit, puis d'économie rurale, et se voua enfin, en 1845, à la musique, qu'il travailla à Vienne, sous la direction de Sechter et de Schlesinger. Il lit partie pendantquelque temps,
C nie violoniste, de l'orchestre du Théâtre
• an der Wien », d réussit déjà à se faire connaître par ses danses et par ses marches (quelques-unes des «Danses hongroises» arrai gées pur Brahms seraient, dit-on, de K.); il dirigea ensuite, en L854, mais peu de temps, l'ancien orchestre Gungl, à Berlin, puis rentra ;'i Vienne, <>ù il prit lu direction de l'orchestre de Lanner qui venait de mourir (1855). K devint ensuite chef «le musique militaire, à Vienne (1856 â 1863), puis a Wiesbaden jusqu'au jour où, en ls; |, il \\\ valoir ses droits à la retraite.
Keller, 1. Gottfried, professeur «le piano à Londres, mais d'origine allemande, a publié: A complète method of attaining to playing a thorough-bass upon ciihr,\ organ, harpsichord m- theôrbo-lute (méthode de basse chiffrée, HQTi : plusieurs éditions), puis six sonates
pour deux flûtes et basse et six autres pour deux violons, trompettes ou hautbois, alto ou basse. — 2. Max, né à Trossberg (Bavière) en 1770, m. à Altôtting, où il était organiste, le 15 déc. 1855; publia un grand nombre de Messes, litanies, chants de l'A vent, et plusieurs recueils de morceaux d'orgue (préludes, cadences, etc.). — 3. Karl, né à Dessau le 16 oct. 1784, m. à Schafï'house le 19 juil. 1855; flûtiste détalent, fut successivement musicien de la Cour à Berlin (jusqu'en 1806), à Cassel (jusqu'en 1814), à Stuttgart (jusqu'en 1816), fit une tournée de concerts, puis fut engagé, en 1817, comme musicien de la cour et plus tard chef d'orchestre de théâtre, à Donaueschingen, où sa femme (Wilhelmine Meierhofer) était en même temps cantatrice, à l'Opéra. K. se retira à Schaffhouse en 1849, après avoir été pensionné. Il a surtout composé pour la flûte : concertos, solos, duos, variations, polonaises avec orchestre, divertissements, etc.; mais quelques-uns de ses lieder aussi sont devenus presque populaires. — 4. F...-A...-E..., l'un des mécaniciens qui cherchèrent à résoudre le problème de la notation mécanique des improvisations au piano (mélographe, etc.). Il a donné à son appareil le nom de « pupitre improvisateur» et publié une Méthode d'improvisation fondée sur les propriétés du pupitre improvisateur (1839).
Kellermann, Christian, né à Randers (Jutlande) le 27 janv. 1815, m. à Copenhague le 3 déc. 1866 ; violoniste virtuose distingué, élève de Merk, à Vienne. Il devint, en 1847, après de nombreuses tournées, de concerts, violoncellesolo de l'orchestre royal, à Copenhague ; mais, en 1864, à Mayence, qù il était en tournée de concerts, une attaque d'apoplexie le paralysa. K. n'a publié que quelques morceaux pour son instrument favori.
Kelley, Edgar-S., né à Sparta (Wisconsin)le 14 avr. 1857, élève de Clarence Eddy et, plus tard, de Krùgeret Speidel, à Stuttgart, remporta quelques succès en Amérique, grâce à ses compositions chorales et orchestrales.
Kellner, 1. David, directeur de musique de l'Eglise allemande, à Stockholm, publia : Freulicher Unterricht im Generalbass (1732; neuf éditions jusqu'en 1792," trad. en suédois par Miklins, 1782). — 2. Johann-Peter, né à Grâfenroda (Thuringe) le 24 sept. 1705, m. dans la même ville, où il était organiste, à quatre-vingts ans passés ; auteur de : Certamen musicum ("préludes, fugues et danses pour le piano, 1748- 1749) ; de Manipulus musices (morceaux d'orgue) et de quelques cahiers de chorals figurés,! qui furent publiés, tandis qu'un oratorio dul vendredi-saint, des cantates (toute une sériel annuelle), des trios d'orgue, etc. restèrent ma-l nuscrits. — 3. Johann-Christoph, fils du précé-j dent, organiste, né à Grâfenroda le 15 aoûtl 1736 ; élève de son père et de George Benda, à| Gotha, séjourna longtemps en Hollande, avant d'être nommé organiste de la Cour, à Cassel où il mourut en 1803. Ont paru de lui : sept concertos de piano, des trios, des sonates pour piano, des morceaux d'orgue, des fugues, etc.
KELLOGG -
puis un Grundriss des Generalbasses (1783; plusieurs éditions). Un opéra du même auteur, Die Schadenfreude, fut représenté à Cassel. — A. Georg-Ghristoph, écrivain et professeur à Mannheim, m. en sept. 1888, a écrit des romans historiques et diverses choses se rapportant à la musique : Ueber die Charakteristik der Tonarten (1790) ; Ideen zu einer neuen Théorie der schônen Kunste ûberhaupt und der Tonkunst insbesondere (dans le « Deutsches Magazin » d'Egger , 1800) ; puis une méthode de piano à l'usage des commençants, des morceaux d'orgue, des lieder, etc. — 5. Ernst-August, descendant de Joh.-Peter K. (v. plus haut, 2), né à Windsor le 26 janv. 1792, m. à Londres le 18 juil. 1839 ; l'un des enfants prodiges les plus précoces dont l'histoire fasse mention, joua déjà à l'âge de cinq ans, devant la cour (son père était violoniste de la reine), un concerto de piano de Hsendel. Il se développa ensuite normalement et devint aussi un excellent chanteur ; il se rendit, en 1815, en Italie, travailla à Naples, sous la direction de Grescentini, remporta de grands triomphes, autant comme pianiste que comme chanteur, à Vienne, Londres, St-Pétersbourg et Paris, puis s'établit enfin à Londres, où il fut nommé organiste de la Chapelle bavaroise. Une notice biographique sur K. a paru à Londres, en 1833 {Case of precocious musical talent, etc.).
Kellogg, Clara-Louise, née à Sumterville (Caroline du Sud) en juil. 1842, célèbre cantatrice scénique, débuta en 1861 à New- York, dans le rôle de Gilda ( « Rigoletto » ) et, en 1867, à Londres, dans celui de Marguerite (« Faust »). Elle chanta depuis lors fréquemment à Londres et organisa, en 1874, une entreprise d'opéra anglais qui réussit à merveille ; elle chanta elle-même cent vingt-cinq fois, pendant la saison 1874-1875.
Kelly, Michael, né à Dublin vers 1764, m. à Ma r gâte le 9 oct. 1826, se nommait en réalité Michael O'Kelly, ce que les Italiens transcrivirent en Occhelli ; célèbre chanteur anglais et compositeur fécond, élève des meilleurs professeurs de chant italien, à Londres, travailla en outre à Naples (à partir de mai 1779) sous la direction d'Aprile, et s'y fit entendre, en 1781, avec grand succès. K. fut engagé ensuite, de 1784 à 1787, au Théâtre de la Cour, à Vienne, et devint l'ami de Mozart. Il rentra à Londres en 1787, y remporta de réels triomphes, soit au théâtre, soit au concert et débuta deux ans plus tard, comme compositeur de petits opéras comiques, avec False appearances etFashionable friends. K. a écrit, pendant les quarante années qui suivirent, la musique de plus de soixante ouvrages scéniques et une quantité de romances anglaises, françaises et italiennes. En 1802, K. fonda un commerce de musique, mais fit faillite en 1811, se retira au même moment de la scène et devint finalement marchand devins. K. publia ses mémoires en 1826 (Réminiscences of the Kings Théâtre, etc.; v. un extrait de cet ouvrage dans 1' « Allg. musikalische Zeitung », 1880).
KEMPTER
Kemangeh ( ou Kemantche ), ancien instr. arabe, pourvu d'une petite caisse de résonance, (noix de coco évidée et tronquée, tendue d'une peau de serpent), mais d'un pied et d'un manche également longs, et montée d'une seule corde. Cf. J. Ruhlmann, Geschichte der Bogeninstrumente (1882), p. 16 et 17.
Kemp, Joseph, né à Exeter en 1778, m. à Londres le 22 mai 1824: élève de William Jackson, fut organiste à Bristol (1802), puis à Londres (1809) et obtint en 1808 le grade de bachelier, l'année suivante celui de docteur es musique, de l'Université de Cambridge. K. fut l'un des premiers à introduire à Londres le système de l'enseignement collectif de la musique (v. Logier) ; il donna des conférences sur l'utilité de cette méthode et l'exposa dans un petit ouvrage : The new System of musical éducation. K. a écrit des anthems, des psaumes, des romances, des duos, quelques mélodrames, des Musical illustrations of the beauties of Shakespeare, des Musical illustrations également pour la « Dame du lac » de W. Scott, enfin une anthologie : The vocal magazine.
Kempis, Florentino a', organiste de Ste- Gudule, à Bruxelles, vers le milieu du xvne s., a publié à Anvers : Symphoniœ 1, 2, 3 violinorum (1644; selon Israël, « Catalogue de la bibl. de Cassel », l'auteur s'appellerait Nikolaus a K.); SympJioniœ 1-5 instrumentorum, adjunctœ 4 instr. et 2 voc. (deux livres, 1647 et 1649); un livre de Messes à huit voix et de motets avec continuo (1650).
Kempter, 1. Karl, né à Limbach, près Burgau (Bavière) le 17 janv. 1819, m. à Augsbourg, où il était maître de chapelle du dôme, le 11 mars 1871 ; auteur de Messes, graduels, oratorios (Johannes der Tàufer; Maria; Die Hirten von Bethlehem; Die Offenbarung) et publia en outre un livre de chant ecclésiastique : Der Landchor régent. — 2. Lothar, né à Lauingen (Bavière) le 5 févr. 1844; fils d'un maître de musique de séminaire, Frédéric K., reçut dès sa plus tendre enfance des leçons de musique et continua, tout en suivant les cours du gymnase et de l'Université de Munich, à se familiariser avec la technique de divers instruments. Enfin, en automne 1868, il dit adieu à la jurisprudence et entra à l'Ecole royale de musique que dirigeait H. de Biilow. De 1869 à 1871, il remplit en même temps les fonctions de répétiteur des chœurs et des chanteurs au Théâtre de la Cour, et fut engagé successivement à Magdebourg (1871) et à Strasbourg en A. (1872), comme chef des chœurs et directeur de musique de théâtre. En oct. 1875, K. obtint le poste de premier chef d'orchestre du Théâtre municipal de Zurich, qu'il occupe encore aujourd'hui avec succès. Il conduisit, en outre, de 1879 à 1895, les concerts populaires de la « Tonhalle » et professe, depuis 1885, l'harmonie et la composition au Conservatoire de la même ville. K. a remporté des succès de compositeur, principalement avec des chœurs pour voix d'hommes « a cappella » et avec ace. d'orchestre (MurtenscJdacht-Kantate, couronnée), des morceaux d'orchestre, des lie-
KENN — KESSLER
der et un opéra : Bas Fest der Jugend. Il a réduit, en outre, d'une laçon très habile et aussi artistique que possible, l'orchestre énorme de la Tétralogie, de Wagner, pour un orchestre de théâtre de proportions ordinaires.
Kenn, J , corniste virtuose distingué, d'origine allemande, arriva à Paris en 1782, devint l'année suivante deuxième cor à l'Opéra, entra en 1791 dans la musique de la Garde nationale et fut nommé, en 1795 (avec Domnich et Duvernoy), professeur de cor au Conservatoire qui venait d'être réorganisé. Mais il fut congédié en 1802, lors de la réduction du nombre des professeurs. Ce fut Dauprat qui, en 1806, lui succéda à l'Opéra. Fétis considère K. comme l'un des plus remarquables cornistes (-basses) qui aient jamais existé. K. a publié des duos et des trios pour cors, ainsi que des duos pour cor et clarinette.
Kent, James, né à Winchester le 13 mars 1700, m. dans la même ville le 6 mai 1776; enfant de chœur de « Chapel royal », sous la direction de Croft, à Londres, devint organiste à Cambridge puis, en 1737, à Winchester. Il prit sa retraite en 1774. K. était déjà très âgé, lorsqu'il publia douze anthems; un Morning service, un Evening service et huit autres anthems parurent après sa mort. Il collabora à la publication de Catliedral music, de Boyce.
Kent-Horn, instrument identique au bugle à clefs, introduit dans la musique militaire anglaise par le duc de Kent.
Kepler, Johannes, célèbre astronome, né à Weil (Wurtemberg) le 27 déc. 1571, m. à Batisbonne le 15 nov. 1630; traite longuement de la musique, en philosophe, dans les livres III et V de ses Harmonices mundi libri V(1619).
Kéraulophone (gr. cor-flùte), jeu d'orgue anglais de 8', dont les tuyaux à bouche et de perce large donnent une sonorité pleine, mais légèrement voilée; demi-jeu (dessus). Le tuyau, ouvert, est perforé latéralement près de son extrémité supérieure. Cf. hornpipe.
Kerle, Jacob \rAN,contrapontiste néerlandais contemporain d'Orlandus Lassus dont il était l'aîné, né à Ypros, fut maître de chapelle et chanoine à Cambrai, entra ensuite au service du cardinal Otto von Truchsess, prince -évêque d'Augsbourg, séjourna à Rome en compagnie de Bon maître et rentra avec lui à Augsbourg (1562-1575). Il est très douteux que K. ait été, comme on l'admet généralement, au service de l'empereur Rodolphe II. K. doit être décédé vers 1583. Les œuvres que l'on a conservées de lui sont 1rs suivantes : Sex missœ (de quatre à cinq voix. L562) : Sex miss<r 1 et 5 vocum et Te Deum 11576),* Quatuor missœ (plus un Te Deum. L583) ; un livre de motets de cinq à six VOIX (1571, paru aussi sous le titre : iSelectœ quœdam caution es) ; Moduli sacri (de cinq à six voix, plus un (Jantio contra Turcas. 1572); Motettia 2, t eô voci et Te Deum laudamus ,' C, roci ( 1573); Mutetœ r> et 6 voc. (plus quelques hymnes, 1575); Sacrœ cantiones (motets de cinq à six voix, plus quelques hymnes, 1575); •m livre de madrigaux à quatre voix (1570) ; le
chap. I de Trionfo d'amore, de Pétrarque (mis en musique, à cinq voix, 1510) ; «Prières en faveur d'une bonne issue du Concile de Trente » (1569) ; chants de louanges en l'honneur du seigneur Melchior Lincken (à six voix, 1574). Deux Messes manuscrites de K. se trouvent à la Bibl. de Munich.
Kerll (Kerl, Kherl, Cherle), Johann -Kas- PAR,né à Gaimersheim, près Ingolstadt, en 1628, m. à Munich le 13 févr. 1693 ; l'un des premiers maîtres de l'orgue réellement remarquables, fut d'abord l'élève de Valentini, maître de chapelle de la Cour de Vienne, mais fut envoyé ensuite en Italie, par l'empereur Ferdinand III et travailla à Rome, sous la direction de Carissimi et de Frescobaldi (probablement en même temps que Froberger). Il remplit les fonctions de maître de chapelle de la Cour (et finalement celles de conseiller effectif du prince-électeur), à Munich, de 1656 à 1673, mais abandonna cette situation à la suite des intrigues qu'ourdirent contre lui les chantres de la chapelle, tous Italiens; on prétend qu'il fut ensuite organiste de la cathédrale St-Etienne, à Vienne (?), mais il mourut à Munich. On n'a conservé de ses œuvres d'orgue que : Modulatio organica super magnificat octo tonis (préludes, interludes et postludes, 1686), mais on a de lui des sonates et des suites pour clavecin et un trio pour violon et basse de viole manuscrits. Ses œuvres vocales nous sont parvenues en plus grand nombre : Sacrœ cantiones (à quatre voix, avec basse d'orgue, 1669); deux livres de Messes (1669, de deux à cinq voix, et 1669, de quatre à six voix; entre autres un Requiem à la mémoire de l'empereur Léopold Ier) ; plusieurs Messes ou fragments de Messes manuscrits, parmi lesquels une Missa nigra, écrite tout entière en notes noires (petites durées, à partir de la semiminime, et hémioles), et que K. doit avoir composée pour se venger des chantres de la chapelle, lors de son départ de Munich, car ceux-ci furent incapables de la chanter. Enfin, la Bibl. de Munich renferme un Requiem à cinq voix, qui n'a pas été imprimé, mais qui, composé en 1669, avait été relevé la même année par le copiste du manuscrit en question.
Kes, Willem, chef d'orchestre de talent, né à Dordrecht le 16 févr. 1846, élève de Nothdurft, Tyssens et Ferd. Bôhm, dans sa ville natale, puis, à partir de 1871, de David, à Leipzig, de Wieniawski (avec une subvention du roi de Hollande) à Bruxelles et, enfin, de Joachim, à Berlin ; violoniste de mérite, K. fut nommé, en 1876, concertmeister de l'orchestre du Parc et de la société «Félix meritis», à Amsterdam. Il devint ensuite directeur delà «Société Mozart», à Dordrecht, et, en 1883, chef d'orchestre des concerts de « Parkschouwburg » d'Amsterdam, vécut de nouveau quelque temps à Dordrecht et dirigea, avec un succès considérable, les concerts et 1' «Ecole d'orchestre » du « Concertgebouw », à Amsterdam. Il est, depuis 1895, chef d'orchestre des concerts symphomques de Glascow.
Kessler, 1. Ferdinand, né à Francfort s/M.
KETTEN — KIEL
en jany. 1793, m. dans la même ville le 28 oct. 1856; violoniste et maître de musique capable, élève de son père, qui était contrebassiste, et de Vollweiler pour la théorie. Il se fit surtout un nom comme professeur d'harmonie (Wûllner est son élève) et publia des sonates, des rondos de piano, etc. D'autres œuvres, de grandes dimensions, sont restées manuscrites. — 2. Friedrich, nommé pasteur, en 1819, à Werdohle (Sauerland), a publié en notation chiffrée, avec Natorp, le recueil de chorals de Rinck (1829, 1836) ; de plus, il a publié : Der musikalische Gottesdienst (1832), Kurze und fassliche Andeutungen einiger Mœngel des Kirchengesangs (1832) et Bas Gesangbuch von seinermusikalischen Seite aus beirachlet (1838). — 3. Joseph-Giîristoph (de son vrai nom Kœtzler), né à Augsbourg le 26 août 1800, m. à Vienne le 14 janv. 1872 ; élevé à Prague (1803- 1807), Feldsberg (1807-1811), Nicolsburg (1811- 1816) et Vienne (1816-1820), ne reçut, en somme, que de sept à dix ans, des leçons de piano (de l'organiste Bilek, à Feldsberg) et fut pour le reste entièrement autodidacte ; il n'en devint pas moins excellent pianiste et pédagogue du piano. Il fut, de 1820 à 1826, maître de musique chez le comte Potocki, à Lemberg et à Landshut, puis vécut successivement à Vienne (jusqu'en 1829), Varsovie (1829-1830), Breslau (1830- 1835), Lemberg (1835-1855, abstraction faite d'un séjour au château de Grâtz et d'un voyage à Garlsruhe) et, enfin, de nouveau à Vienne, à partir de 1855. Les études de K. (op. 20 [1825], 51, 100) ont une valeur durable ; Kalkbrenner et Moscheles les ont incorporées dans leurs méthodes de piano. Elles nécessitent un développement technique déjà fort respectable (plus difficiles que l'« Ecole du virtuose » de Gzerny), et, musicalement, tiennent le milieu entre Hummel et Chopin. Les autres œuvres de K. furent plus éphémères : des nocturnes, des thèmes variés, des préludes, bagatelles, etc. ; il en est cependant qui mériteraient de n'être pas tout à fait oubliées (op, 29, 30, 38, et aussi 104 [Blûthen und Knospen)). Gf. la communication de Fr. Pyllemann, d'après des notes autobiographiques de K., dans 1' « Allg. musikalische Zeitung », 1872.
Ketten, Henri, pianiste-compositeur, né à Baja (Hongrie) le 25 mars 1848, m. à Paris le 1er avr. 1883 ; fit de nombreuses tournées de concerts et composa de la musique de salon distinguée. Son frère , Léopold , fut d'abord chanteur scénique et professe le chant, depuis nombre d'années au Conservatoire de Genève, où il dirige en outre une société de chant mixte ; il a publié quelques mélodies fort habilement écrites pour la voix.
Kettenus, Aloys, né à Verviers le 22 févr. 1823, m. à Londres le 3 oct. 1896,* élève du Conservatoire de Liège , fut nommé, en 1845, concertmeister à Mannheim et vit, depuis 1855, en Angleterre. K. est l'auteur d'un opéra, Stella, de plusieurs morceaux pour le violon, etc.
Ketterer, Eugène, pianiste et compositeur
favori de morceaux de salon, né à Rouen en 1831, m. à Paris le 17 déc. 1870.
Keurvels, Edward -H.-J., né à Anvers en 1853, élève de P. Benoît, remplit en premier lieu les fonctions de répétiteur au Théâtre royal d'Anvers, et dirige depuis 1882 l'orchestre du Théâtre national flamand ( « National vlaamsche Schouwburg»),dans le répertoire duquel il réussit à introduire, en 1890,1e drame lyrique (opéra avecparlé),entre autres : «Pacificatie van Gent» et «Charlotte Corday»,de P. Benoit; «Stella ».de Wselput; «Fidelio», de Beethoven, etc. K. lui-même a beaucoup écrit pour la scène (des opéras: Parisina, Rolla,Hamlet; plusieurs petits opéras comiques), puis des cantates, une Messe avec orgue, des ballades, des mélodies, etc.
Kewitsch, Theodor, né à Posilge (Prusse occidentale) le 3 févr. 1834, fit partie de la musique du 21e régiment d'infanterie, puis devint successivement maître d'école et organiste à Wabcz, Schwetz et Graudenz, maître de musique au séminaire de Berent (1866), maître supérieur ( 1873 ) , administrateur directorial (1884-1885) et se retira avec une pension, en 1887. Il vit depuis lors à Berlin, où il fut, de 1891 à 1892, rédacteur du Musikhorps et rédige actuellement la Hannoversche Musikerzeitung ; il collabore en outre à plusieurs autres revues. K. fut pendant nombre d'années président de 1' «Association Ste-Cécile » du diocèse de Gulm; il a écrit de la musique d'église, etc.
Key (angl., clef), terme auquel les Anglais ont attribué les significations les plus diverses, telles que « touche » (du piano, de l'orgue, etc.), « clef» (des instr. à vent en bois), « lettre » (fixant l'étendue de la portée), «armure», «tonalité». Key -note signifie tonique ; keyboard, clavier, et, dans les anciens instr. à archet (violes), la guitare, etc., touche pourvue de tons.
Kiel, Friedrich, l'un des compositeurs modernes les plus remarquables, né à Puderbach, près Siegen, le 7 oct. 1821, m. à Berlin le 14 sept. 1885 ; reçut les premières leçons de musique de son père, le maître d'école du village, mais travailla aussi par lui-même le piano et la composition, en sorte que, de 1832 à 1834, il écrivit déjà plusieurs recueils de danses et de thèmes variés. Le prince Charles de Wittgenstein-Berleberg s'occupa alors de l'enfant si bien doué et lui donna lui-même des leçons de violon (1835). Au bout d'une année, K. jouait déjà un concerto de Viotti et prenait part aux exécutions de l'orchestre du prince. Ses premières compositions de grandes dimensions consistent en deux thèmes variés pour violon et orchestre. Il prit ensuite des leçons de théorie auprès de Caspar Kummer, à Cobourg (1838- 1839), et devint, l'année suivante, concertmeister de l'orchestre de la Cour et maître de m usique desjeunes princes, à Berleberg. De 1837 à 1842, un nombre très respectable d'œuvres diverses virent le jour : deux ouvertures (si mineur, ut majeur), des variations et fantaisies pour piano, violon, hautbois avec orchestre, une cantate, quatre sonates pour le piano, des pièces pour
KIEXE — KIESEWETTER
piano, deslieder et des chœurs. K. obtint à ce moment, sur la recommandation du prince, et après avoir soumis des compositions à Frédéric-Guillaume IV, une subvention du monarque qui lui permit de se livrer pendant deux ans et demi (1842-1844), sous la direction de S.-W. Dehn, aux exercices contrapontiques les plus sévères. K. conserva dès lors son domicile à Berlin et, en 1850, se présenta au public avec ses premières œuvres gravées : quinze canons, op. 1, et six fugues, op. 2. La réputation de K. s'accrut rapidement, surtout après l'exécution (8 iV-vr. 1802), par la « société chorale Stern », de son premier Requiem (op. 20, écrit de 1859 à 1860, retravaillé et réédité en 1878); un autre Requiem du même auteur (op. 80, la bémol maj.) parut peu de temps avant sa mort. Ce fut la même société chorale qui donna aussi, pour la première fois, les deux autres grands ouvrages de K.: la Missa solemnis (21 mars 1876; composée en 1865) et l'oratorio Christus (4 avr. 1874; composé en 1871-1872 et exécuté six fois jusqu'en 1878,). Bien que ces quatre grandes œuvres ne dénotent pas une originalité artistique réelle, que le compositeur, au contraire, s'y rattache souvent, inconsciemment peut-être, à Bach et à Beethoven, nous ne pouvons renoncer à leur attribuer une place importante dans la littérature musicale moderne, tant est grande la maîtrise de la facture, jointe à un esprit critique toujours en éveil et à un instinct esthétique d'une délicatesse étonnante. En 1805 déjà, K. avait été élu membre effectif de l'Académie des Beaux-Arts, à Berlin; l'année suivante, il accepta le poste de professeur de composition au Conservatoire Stern et contribua pour une large pari à la renommée del'établissement. Après avoir reçu, en 1868, le titre de « professeur », K. fut nommé, le 1er janv. 1870, professeur de composition à l'Académie royale de musique qui venait d'être fondée, et membre du sénat de l'Académie. Il a formé, à partir du moment où il quitta les cours de Dehn, un grand nombre d'élèves remarquables, mais il n'enseigna le piano que jusqu'au jour de son entrée au Conservatoire Stern. Le nombre des compositions publiées de K. atteint un peu plus de quatre-vingts; il convient d'ajouter tout d'abord aux œuvres mentionnées plus haut : un Stabat Mater (op. 25; 1862), le Psaume CXXX (op. 29, 1863; tous deux pour voix de femmes, soli et orchestre), un Te Deum (op. 46 ; 1866) et deux chœurs pour voix mixtes et orchestre (op. 83). Quant à la musique instrumentale de K., elle est aussi tout à fait digne de mention 'et comprend de nombreuses pièces (rappelant ici et Là Chopin) pour piano à deux mains (à noter surtout : variations op. 17 et 62, trois gigues, op. 36 et des morceaux divers op. 55, 59, 71,79) et à quatre mains, un concerto de piano (op. 30), quatre marches pour orchestre (op. 61), quatre sonates pour violon, une pour violoncelle (op. 52), une pour alto (op. 67), sept trios (op. 3, 22, 24,83, 34, 65; Le dernier opus contenant deux trios), trois quatuors ave,- piano (op. £3, &4,5G), deux quintettes (op. 75, 76), deux quatuors
pour instr. à arch. (op. 53) et deux séries de valses pour quatuor d'instr. à archet (op. 73 et 78). Cf. les études de Bungert («Neue Zeitschrift f. M.», 1875), Saran («Allg. musikalische Zeitung », 1862) et Gumprecht ( « Westermann's Monatschefte », 1886), sur K. et sur ses œuvres.
Kiene, v. bigot.
Kienle, Ambrosius, né dans les environs de Siegmarigen le 8 mai 1852, entra en 1873 dans l'ordre de St-Benoît, au couvent de Beuron (Hohenzollern) et s'occupa tout particulièrement du choral grégorien. Il a publié, en plus de ses nombreux articles dans les revues spéciales, une Choralschule (1890), Kleines kirchenmusikalisches Handbuch (1892) et une traduction allemande (1881) des Mélodies grégoriennes de dom Pothier.
Kienzl, Wilhelm, né à Waitzenkirchen (Haute-Autriche) le 17 janv. 1857, travailla la musique (piano : Ignace Uhl et Mortier de Fontaine; composition : DrW. Mayer [W.-A. Bémy]) en même temps qu'il fréquentait les cours du Gymnase de Graz, fit ensuite des études universitaires à Graz (1874), Prague (1875), Leipzig (1876) et Vienne (1877) où il fut promu Dr phil. Sa dissertation, Die musikalisdie Deklamalion, parut en 1880. En 1879, K. s'était rendu à Bayreuth, auprès de Wagner; il fit l'année suivante des conférences sur la musique, à Munich, puis fut nommé chef d'orchestre de théâtre à Amsterdam. 11 passa ensuite au théâtre de Crefeld, accepta en 1886 le poste de directeur du « Steiermàrkischer Musikverein », à Graz, devint trois ans plus tard chef d'orchestre au Théâtre municipal de Hambourg, puis, en 1894, au Théâtre de la Cour, à Munich. En plus de ses articles dans diverses revues musicales (réunis en 1886, sous le titre de Miscellen), K. n'a fourni qu'une revision très superficielle de la Musikgeschichte, de Brendel. Ses œuvres musicales, quoique de plus de valeur, sont d'une facture un peu relâchée : musique de chambre, pièces pour piano, lieder, et plusieurs opéras (paroles et musique) : Urvasi (Dresde, 1886), Heilmar der Narr (Munich, 1892), Der Evangelimann (Berlin, 1895). K. a, en outre, mis au point l'opéra posthume, Turandot, d'Ad. Jensen.
Kiesewetter, Baphael-Georg (anobli plus tard : Edler von Wiesenbrunn), musicographe de renom, né à Holleschau (Moravie) le 29 août 1773, m. àBaden, près Vienne, le 1er janv. 1850; élevé en vue de la carrière de fonctionnaire, devint en réalité employé au ministère impérial de la guerre et changea, de par ses fonctions mêmes, très fréquemment de domicile, jusqu'à ce qu'il reçut, en 1845, sa pension, avec le titre de conseiller de la Cour impériale. Dès son enfance, K. aima ardemment la musique ; il entreprit de collectionner les ouvrages anciens sur la musique et fut conduit ainsi, petit à petit, à faire des recherches historiques. Il travailla encore, en 1803, la basse chiffrée et le contrepoint, sous la direction d'Albrechtsberger et de Hartmann, et devint une autorité dans le. domaine de l'histoire musicale. Ses mé-