‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 253 sur 542 · LABARRE — LACHNER · texte numérisé non relu

LABARRE — LACHNER

donnent, en France et en Allemagne, le la? (ou parfois le la^) tandis qu'en Angleterre ils donnent Xutk. — 2. En italien, l'article féminin ; devant une voyelle V.

Labarre, Théodore, célèbre harpiste virtuose, né à Paris le 5 mars 1805, m. le 9 mars 1870; élève de Bochsa et Nadermann, puis, au Conservatoire, de Dourlen, Fétis et Boiëldieu, se fit d'abord connaître par des tournées de concerts et vécut alternativement à Paris (où il fit représenter plusieurs opéras) et à Londres. De 1847 à 1849, il fut chef d'orchestre de l'Opéra- Gomique, à Paris, retourna ensuite à Londres, mais fut nommé, en 1851 déjà, chef de la musique particulière de Napoléon III, à Paris, et succéda, en 1867, à Prunier, comme professeur de harpe au Conservatoire. A côté de ses quatre opéras et de cinq ballets, L. écrivit surtout pour la harpe (soli ; fantaisies ; nocturnes, duos avec piano, violon, cor, hautbois ; trios avec cor et basson, etc. ,• Méthode complète pour la harpe), mais aussi toute une série de romances qui furent très appréciées.

Labatt, Léonard, chanteur scénique remarquable (fort ténor), né à Stockholm en 1838, m. à Stockholm le 7 mars 1897; élève de l'Académie de musique de sa ville natale, puis de Masset, à Paris, débuta en 1866, à Stockholm, dans le rôle de « Tamino » et fit ensuite partie du personnel de l'Opéra de la Cour, à Vienne (1868-1882).

Labialpfeifen (ail.), tuyaux à bouche; Labialstimmen, jeux à bouches.

Labisation, désignation exceptionnelle du système de « bébisation », de Hitzler. Cf. bobisations.

Labitzky, Joseph, né à Schônefeld, près Eger, le 4 juil. 1802, m. à Carlsbad le 19 août 1881; compositeur de danses très connues, dans le genre Strauss-Lanner. Il fut d'abord violoniste dans l'orchestre des bains de Marienbad, puis de Carlsbad, mais fonda dans cette dernière ville, en 1834, un orchestre avec lequel il entreprit de grandes tournées de concerts (St- Pétersbourg, Londres, etc.), et joua partout avec succès ses valses, quadrilles, etc. Son fils, August, né à Petschau le 22 oct. 1832, élève du Conservatoire de Prague, puis de David et Hauptmann, à Leipzig, lui succéda, en 1853, à la tête de l'orchestre de Carlsbad.

Lablache, Luigi, né à Naples le 4 déc. 1794,m. le 23 janv. 1858, chanteur illustre (basse), d'origine française (côté paternel), fut élève du Conservatoire « délia Pietà » et commença sa carrière comme basse-bouffe au théâtre San Carlino, à Naples, puis à Messine. Il devint ensuite basse de grand opéra et fut engagé, avec un succès toujours croissant, à Palerme, Milan, Venise, Vienne, puis atteignit l'apogée de sa gloire, lorsqu'en 1830 il arriva à Paris. L. se fit entendre dès lors, et jusqu'en 1852, à Paris, Londres et St-Pétersbourg, puis il se retira dans son domaine de Maisons-Laffite ; mais il mourut à Naples, dans la villa qu'il y possédait et où il s'était rendu pour jouir d'un climat plus doux. L. a consigné ses expériences de chanteur dans une Méthode de chant.

Labor, Josef, né à Horowitz (Bohême) le 29 juin 1842, devint aveugle dès son enfance et comme il montrait des dispositions toutes spéciales pour la musique, fut envoyé par sa mère (qui était veuve et s'imposa, dans ce but, de lourds sacrifices) au Conservatoire de Vienne où il travailla sous la direction de Sechter et de Pirkhert. Il se fit entendre pour la première fois en public, à Vienne, en 1863, et son jeu très expressif lui valut un succès tel qu'il put immédiatement entreprendre une grande tournée de concerts en Allemagne. Le roi Georges le retint à Hanovre, pendant près de deux ans, comme pianiste de la Chambre et professeur de la jeune princesse. L. se fit entendre ensuite à Bruxelles et à Londres (1865), à Leipzig (1866), puis à Paris, St-Pétersbourg et Moscou. Il vit depuis lors à Vienne. Il acheva, après 1870, ses études d'orgue et jouit d'une très grande renommée comme organiste virtuose. L. s'est en outre fait connaître comme compositeur : quintette et quatuor avec piano, pièces pour piano, lieder, puis un Pater Noster (chœur et orchestre) et un Ave Maria (canon pour deux voix de femmes), que la Chapelle de la Cour a exécutés.

Laborde, Jean-Benjamin de, né le 5 sept. 1734, élève de Dauvergne et de Rameau, chambellan de Louis XV et plus tard fermier général, guillotiné à Paris le 22 juil. 1794; auteur de plusieurs opéras-comiques, de chansons et d'ouvrages sur la musique : Choix de chansons mises en musique (4 vol., 1773) ; Essai sur la musique ancienne et moderne (1780; 3 vol.) : Mémoire sur les proportions musicales, etc. (1781, supplément au précédent) et Mémoires historiques sur Raoul de Coucy (1781).

Lacâl, Luisa, pianiste, née à Madrid le 9 sept. 1874, élève des Conservatoires de Madrid et de Barcelone ; auteur d'un Diccionario de la mûsica (en publication).

Lachner, 1. Franz, né à Rain (Haute-Bavière) le 2 avr. 1803, m. à Munich le 20 janv. 1890 ; compositeur renommé, particulièrement remarquable dans l'art du contrepoint. Il reçut de son père, qui était organiste, les première leçons de musique (1810-1815), puis entra au Gymnase de Neuburg s. le Danube, où il travailla aussi la musique (1815-1819), auprès du recteur Eisenhofer. L. abandonna le projet qu'il avait formé de faire des études scientifiques, et, comme il jouait du piano, de l'orgue et du violoncelle, et qu'il s'était déjà essayé comme compositeur dans différents domaines, il se rendit à Munich pour y enseigner la musique, tout en travaillant lui-même sous la direction du chef d'orchestre K. Ett (1820-1821). L'année suivante, il accourait à Vienne, qui était depuis longtemps l'objet de ses vœux et où il obtint le poste d'organiste de l'église protestante (jusqu'en 1834) ; il devint alors l'un des intimes de Franz Schubert, profita largement de ses relations avec S. Sechter et avec l'abbé Stadler, et reçut même des encouragements de Beethoven. L. fut nommé en 1826 second, en 1828 premier chef d'orchestre du Théâtre de « Kârntnerthor »

LACKOWITZ — LACOMBE

et conserva ce poste jusqu'au moment où, en 1884 , il accepta celui de chef d'orchestre à Mannheim. Il était en route pour cette ville lorsque , après l'exécution de sa symphonie en ré mineur, on lui proposa à Munich la place de chef d'orchestre de la Cour ; il tenait cependant à remplir les obligations qu'il avait contractées vis-à-vis de Mannheim, et n'entra en fonctions à Munich qu'en 1836. Dès lors, L. déploya une activité considérable et féconde en heureux résultats , comme chef d'orchestre de l'Opéra de la Cour, directeur des exécutions religieuses de La Chapelle de la Cour et des concerts de l'« Académie musicale », à Munich; de pins, année par année, il enrichissait la littérature musicale d'œuvres de valeur. L. conduisit aussi les Festivals musicaux de Munich (1854, 1803), Aix-la-Chapelle (1861, 1870), etc. ; mais, en 1857 déjà, le titre de «directeur général de musique » lui avait été conféré, dans le but de le retenir à Munich d'une façon durable. Le culte de Wagner, qui grandissait de plus en plus dans cette ville, n'était rien moins que sympathique à L. et le dégoûta bientôt de sa situation ; il demanda sa retraite en 1865, mais elle ne lui fut accordée d'abord que sous forme de congé, pour être acceptée trois ans plus tard seulement à titre définitif. L'Université de Munich lui conféra encore, en 1872, le titre de DT phil. lion. c. Il convient de noter parmi les compositions que L. publia, au nombre de cent quatre vingt-dix environ, en tout premier lieu : ses suites pour grand orchestre, op. 113, 115, 122, 129, 135, 150 et 170 (suite de bal), spécimens de l'art contrapontique le plus merveilleux ; puis ses huit symphonies (dont la Symphonia appassionata, op. 52, fut couronnée, en 1835, par la « Société des Amis de la musique », à Vienne) ; des opéras : Die Bûrgschaft (Budapest, 1828), Alidia (Munich, 1839), Catharina Coronaro (ibid., 1841), Benvenuto Oellini (ibid,, 1849) ; des oratorios : Moses et Die vier Mensclœnaller; Requiem, op. 146; Messe solennelle, op. 52; deux Stabat Mater, op. 154 et 168; une série d'autres Messes, puis des psaumes, des motets, etc.; cinq quatuors pour instr. à archet; plusieurs quatuors, quintettes, sextuors, avec piano: nonette pour instr. à vent; Sérénade pour quatre violoncelles ; Elégie pour cinq violoncelles; des trios ; des sonates de violon; des sonates, fugues et pièces diverses pour orgue; un très grand nombre de lieder, écrits sous l'excellente impulsion de Schubert; des chœurs avec et sans orchestre, etc. L. s'est révélé sous son meilleur jour dans ses suites d'orchestre, qui occupent une place à part dans la littérature musicale, en tant que continuation moderne,en quelque sorte, du style orchestral de Bach et Haendel. Une souveraine domination de la technique contrapontique, alliée à une réelle noblesse d'invention, leur assure à l'a venir L'estime que Les musiciens eux-mêmes ne leur accordent de nos jours que partiellement.— 2. [qnaz, frère du précédent, né à Rain le il sept. 1807, m. fi Hanovre Le -25 fêvr. 1895; élève du (Jyiimasr d'Augsbourg, entra dans la car-

rière musicale comme violoniste de l'orchestre du théâtre «Isarthor », à Munich. Il alla ensuite à Vienne, où son frère aîné l'appelait comme violoniste, et y devint répétiteur, puis, en 1825, second chef d'orchestre au Théâtre de «Kârntnerthor ». En 1831, L. fut nommé directeur de musique de la Cour, à Stuttgart, puis il succéda, en 1836, à son frère cadet comme organiste de l'Eglise évangélique de Vienne et devint successivement : second chef d'orchestre à Munich (à côté de son frère aîné, 1842), premier chef au Théâtre de Hambourg (1853), chef d'orchestre de la Cour, à Stockholm (1858) et finalement premier chef à Francfort s/M. (1861). Il prit sa retraite en 1875. Ignace L. aussi est un excellent musicien et a publié une quantité d'oeuvres de tous genres, parmi lesquelles plusieurs opéras: Der Geisterthurm (Stuttgart, 1837), Die Regenbrûder (ibid., 1839), Loreley (Munich, 1846). — 3. Vingenz, né à Rain le 19 juil. 1811, m. à Carlsruhe le 22 janv. 1893, le troisième ou quatrième des frères (l'aîné : Theodor, né en 1798, m. le 22 mai 1877, demi-frère des trois autres, fut organiste, puis répétiteur de l'Opéra, à Munich), fréquenta en même temps qu'Ignace le Gymnase d'Augsbourg et fut ensuite quelque temps précepteur à Posen. Il rejoignit plus tard ses frères, à Vienne, succéda à Franz en 1834, dans les fonctions d'organiste de l'Eglise évangélique, et deux ans plus tard dans celles de chef d'orchestre de la Cour, à Mannheim. Il ne quitta plus cette ville, à part deux courts séjours à Londres (1842) et à Francfort (1848), jusqu'au moment où, en 1873, il prit sa retraite, après avoir déployé une très grande activité, tant comme professeur que comme directeur. Il vécut ensuite à Carlsruhe, où il professa encore, à partir de 1884, au Conservatoire. Quelques-unes de ses œuvres .furent primées dans des concours (ouverture, quatuor avec piano, lied) ; ses ouvertures : Turandot, Demetrius, etc., et ses quatuors pour voix d'hommes jouissent d'une certaine faveur, en Allemagne. — Deux sœurs de cette même famille, Thekla et Christiane, furent pendant plusieurs années organistes, l'une à Augsbourg, l'autre à Rain même.

Lackowitz, Wilhelm, né à Trebbin, .près Rerlin, le 13 janv. 1837; entra au Séminaire d'instituteurs de Berlin, tout en prenant des leçons de musique de son père (qui était musicien de ville,), L. Erk, Th. Kullak (à l'Académie Kullak) et Dehn. 11 fut d'abord, pendant quelques années, maître d'école, mais accepta, en 1877, la rédaction de la Deutsche Musikerzeitung (jusqu'en 1897). L. a publié en outre : Berùhmte Menschen (2° éd. sous le titre de Musikalisclte tSkizzenblœtter) , et, comme il s'occupe beaucoup de botanique, une «Flore de Berlin» (4° éd., 1880).

Lacombe, 1. Louis Trouillon-L. (non pas « Brouillon »), compositeur, né à Bourges le 26 nov. 1818, m. à St-Vaast-la-Hougue le 30 sept. 1884; devint, en 1829 déjà, élève de Zimmermann, au Conservatoire de Paris, et obtint deux ans plus tard le premier prix de piano 11 quitta le Conservatoire en 1832, puis entreprit

LACOME — L^NDLER

avec sa sœur, Féltcie L., et accompagné de ses parents, un voyage artistique à travers la France, la Belgique et l'Allemagne ; il arriva à Vienne en 1834 et s'y arrêta pendant huit mois, pour travailler encore le piano, sous la direction de Gzerny, et la théorie sous celle de Sechter et de Seyfried. Rentré à Paris en 1839, L. se voua de plus en plus exclusivement à la composition. Il publia d'abord, en fait d'œuvres importantes, un quintette pour piano, violon, hautbois, violoncelle et basson (op. 26), un trio (ré mineur) et des pièces pour piano seul; puis vinrent des symphonies dramatiques (avec soli •et chœurs) : Manfred (1847) et Arva, ou les Hongrois (1850), un second trio (la min.), une grande étude d'octaves pour piano (très connue), diverses pièces de piano, une quantité de mélodies, des chœurs a cappella et avec orgue (Agnus et Kyrie, pour trois voix, égales), une Epopée lyrique de dimensions gigantesques, un opéra - comique en un acte : La Madone {Théâtre-Lyrique, 1860), un grand opéra en quatre actes : Winkelried (Genève, 1892), un autre opéra-comique en deux actes : Le Tonnelier (non encore représenté), la musique de L'Amour, de Niboyet, etc. Mais l'ouvrage le plus connu de L. est une sorte de mélodrame avec chœurs, Sapho, couronné à l'Exposition universelle de 1878 et exécuté, à plusieurs reprises, aux concerts du Ghâtelet et du Conservatoire. L. atteint parfois une certaine grandeur (Winkelried) ou se risque dans d'audacieuses recherches de caractéristique {Manfred), mais son talent est plutôt lyrique et gracieux. Sa seconde femme ( 1869 ), Andrée, née Favel, était fort bonne cantatrice et a publié une Méthode de chant. Cf. Gallet, Conférence sur L. et son œuvre (1891). — 2. Paul, compositeur, né à Carcassonne le 11 juil. 1837, travailla la musique dans sa ville natale, sous la direction d'un ancien élève du Conservatoire de Paris, nommé Tesseyres. Il a réussi à se faire un nom comme compositeur de musique instrumentale, surtout : deux sonates de violon, trio, pièces pour piano , ouverture sym phonique, trois symphonies (la première en si bémol maj., et la troisième en la maj., ont été couronnées), divertissement pour piano et orchestre { également couronné ) , Sérénade , Scène au camp et Suite pastorale pour orchestre , Sérénade pour flûte, hautbois et orchestre d'archets, suite pour piano et orchestre, etc.; mais il a aussi écrit une Messe, un Requiem, des mélodies. L. a publié en tout plus de soixante œuvres, une foule d'autres sont encore manuscrites ; il reçut, en 1889,1e prix Chartier(pour la musique de chambre).

Lacome ( d'Estalenx ) , Paul- Je an- Jacques, compositeur, né à Houga (Gers) le 4 mars 1838, fit ses études musicales dans son pays natal, et vint à Paris lorsqu'une opérette de sa composition, fut primée dans un concours ouvert par la direction des Bouffes - Parisiens. L'exécution, sur laquelle il avait compté n'eut pas lieu, par suite d'un changement de direction, mais L. n'en resta pas moins à Paris, où il vit, depuis

lors, comme compositeur et critique musical. Il a fait représenter toute une série d'opérettes et de saynètes et s'est fait connaître, en outre, par des compositions pourinstr. à vent, un trio avec piano, des valses et autres pièces pour piano, des mélodies, enfin des psaumes pour une ou plusieurs voix, avec orgue ou piano.

Lacrimosa, premier mot de la huitième strophe dans la séquence de la Messe des morts (y. requiem), d'où le nom d'un morceau spécial (généralement doux et plaintif) dans les requiem de grandes dimensions.

Ladegast, Friedrich, né à Kermsdorf, près Geringswalde , le 30 août 1818, illustre facteur d'orgues, fils d'un menuisier, fit son apprentissage chez son frère aîné, Ghristlieb (né le 3 déc. 1813), qui avait alors, à Geringswalde, des ateliers pour la construction des orgues. Il travailla ensuite dans divers ateliers, puis s'établit à son compte, en 1846, à Weissenfels. La reconstruction du grand orgue du dôme de Mersebourg (1855) fut un de ses premiers travaux importants et contribua pour beaucoup à sa renommée; L. a construit avec son fils Oscar, né le 26 sept. 1856, plus de cent cinquante orgues, entre autres celui de l'église St-Nicolas, à Leipzig, (construit de 1859 à 1862, quatre claviers et 85 jeux).

Ladurner, Ignaz-Anton-Franz-Xaver, né à Aldein (Tyrol) le 1er août 1766, m. à Nancy le 4 mars 1839 ; fils d'un organiste, fut élevé au couvent de Benediktbeurn. succéda à son père comme organiste, mais céda au bout de peu de temps sa place à un frère cadet, et partit pour Munich. Il continua alors ses études musicales et fit la connaissance d'une comtesse Hainhausen, avec laquelle il se retira dans un domaine près de Bar-le-Duc. En 1788, L. arriva à Paris et conquit dans cette ville une très haute situation, tant comme pianiste que comme pédagogue (Auber fut son élève). Il se retira définitivement en 1836, dans une villa, à Massy, L. a publié douze sonates pour piano à deux mains et une à quatre mains, neuf sonates de violon, des divertissements, des variations, etc. ; il fit, de plus, représenter deux ouvrages, à l'Opéra- Comique.

Laendler (ail.), ancienne dénomination de la valse lente, telle qu'elle était en usage, à l'origine, dans le Pays au-dessus de l'Ens (Autriche), appelé aussi « Landel ». Elle était d'une allure lente, à pas égaux (à 3/4) :

rrr

Le 1. est devenu aujourd'hui une danse caractéristique, c.-à-d. l'un des nombreux types caractéristiques (au point de vue du rythme, de la mélodie et du mouvement) de musique instrumentale; v. les 1. de Beethoven, Schubert,Heller, Jensen, etc. La mélodie du 1. se meut surtout en croches égales et continues (cf. par ex. la valse du « Freischûtz », de Weber). La tyrolienne (v. ce mot) n'est pas autre chose qu'une imitation française du 1.

LAFAGE — LAJARTE

Lafage, Juste-Adrien-Lenoirde, musicographe de mérite, né à Paris le 28 mars 1801. m. à l'asile d'aliénés de Charenton, près Paris, le 8 mars 1862; élève de Perne et de Choron, se voua d'abord à l'enseignement du chant, puis, après avoir obtenu une allocation du gouvernement, se rendit en Italie (1828 à 1829) et y étudia, sous la direction de Baïni, le style fugué des maîtres anciens. Il fut nommé, à son retour, maître de chapelle de l'église St-Etienne du Mont, à Paris, mais fit un nouveau voyage en Italie, en 1833, et débuta dans la carrière de musicographe par l'achèvement et la publication du Manuel complet de musique vocale et instrumentale (1836-1838 ; 6 vol. en trois parties) que son maître, Choron (m. en 1834), avait laissé à l'état d'esquisse. L. fit encore d'autres voyages de recherches en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, mais il se livra à un travail si excessif qu'il en perdit la raison. Ses principaux ouvrages sont : Séméiologie musicale ( 1837; traité élémentaire de musique, d'après les principes de Choron : paru la même année, abrégé, sous le litre : Principes élémentaires de musique) ; De la chanson considérée sous le rapport musical (1840) ; Histoire générale de la musique et de la danse (1844, 2 vol.) ; Miscellanées musicales (1844, notices biographiques sur Haydn, Tritto, Bellini, etc.); des notices biographiques sur Stanislao Mattei (1839), Zingarelli (s. date), Choron (1844), Bocquillon-Wilhem (1844), Baïni (1844), Donizetti, etc. ; des rapports détaillés sur les orgues, construites par Cavaillé-Coll, pour St-Denis (1845) et St-Eustache (1845); Quinze visites musicales à l'Exposition universelle de 1855; Extrait du catalogue critique et raisonné d'unepetite biblotJiè< /ue musicale ; De l'unité tonique et de la fixation d'un diapason universel (1859) ; Nicolai Capuani presbyteri compendium musicale; Essais de diphtérogr aphte musicale (1863); puis il convient de mentionner aussi : De la reproduction des livres de plainchant romain (1853) ; Lettre écrite à l'occasion d'un mémoire pour servir à la restauration du chant romain en France, par l'abbé Céleste Alix (1853); Cours complet de plain - chant (1855 à 1856, 2 vol.); Nouveau traité de plainchant (1859); Prise à partie de M. l'abbé Tesson dans la question des nouveaux livres de plainchant romain; Routine pour accompagner le plain-cltant. En 1859, L. fonda encore un périodique : Le plain-chant. Ses manuscrits passèrt'iit, après sa mort, aux mains de Coussemaker. Quanl aux compositions de L., elles sont pour la plupart (si on fait exception de quelques thèmes variés, fantaisies, duos pour flûte et piano, romances) destinées à l'église et portent des titres imités du xvi" s. : Adriani de L motetorum liber 1 (1832-1835; liber II, 1837); Psalmi vespertini quaternis vocibus cum organo{\X\~n. etc. Enfin, L.a publié un Ordinaire de l'office divin arrangé en harmonie sur le plain-chant (1832-1885).

Laffert, Oskar, né a Breslau le 25 janv. 1850 m. à Dresde Le 17 mai 1889; fut d'abord l'acteur de pianos el marchand demusique,àCarlgruhe,

puis, à partir de 1884, directeur de la fabrique de pianos « Apollo », à Dresde. L. a déployé aussi une certaine activité comme écrivain musical.

Lafont, Charles-Philippe, violoniste distingué, né à Paris en déc. 1781, m. le 14 août 1839; neveu et élève de Berthaume, puis élève de Kreutzer, de Bode et, pour l'harmonie, de Berton, entreprit déjà dans son enfance des tournées de concerts et mena la vie errante de virtuose jusqu'au jour où il fut appelé à St- Pétersbourg, comme virtuose de la Chambre impériale, à la place de Bode qui rentrait en France. En 1815, Louis XVIII lui octroya le même poste à Paris, mais L. ne tarda pas à se remettre en route, et ce fut au cours d'une de ses nombreuses tournées de concerts qu'il mourut, d'un accident de diligence, entre Bagnères-de-Bigorre et Tarbes. L. a écrit sept concertos de violon, un grand nombre de fantaisies, rondos, variations, etc., avec accompagnement d'orchestre ou encore de quatuor d'instr. à archet, de piano, de harpe, etc., puis environ deux cents romances et deux petits opéras (donnés à St-Pétersbourg et à Paris).

Lage (ail.), position (v. ce mot).

Lagrimoso (ital.), larmoyant, d'un ton plaintif.

La Harpe, Jean-François de, né à Paris le 20 nov. 1739, m. dans la même ville le 11 févr. 1803 ; poète et critique, l'un des antagonistes de Gluck dont il a fréquemment attaqué la musique, dans le Journal de politique et de littérature (1777).

Lahee, Henry, né à Chelsea en avr. 1826, fut organiste à Brompton, de, 1847 à 1874, et compte parmi les compositeurs anglais les plus distingués de musique vocale : glees, madrigaux, cantates (The sleeping beauty).

Lahire, Philippe de, professeur de mathématiques à l'Université de Paris, né à Paris en 1640, m. dans la même ville le 21 avr. 1719; a écrit, entre autres : Explication des différences de sons de la corde tendue sur la trompette marine et Expériences sur le son (dans les annales de l'Académie des Sciences).

Lais (angl. Lays ; ail. Leiche), nom que l'on donnait au moyen âge à des airs ou des chansons d'allure populaire, analogues aux séquences. Cf. à ce sujet l'étude de Ferd. Wolff : Ueber die L., Sequenzen und Leiche (Heidelberg, 1841).

Lajarte, Théodore- Edouard Dufaure de, né à Bordeaux le 10 juil. 1826, m. à Paris le 20 juin 1890; élève de Leborne, au Conservatoire de Paris, donna plusieurs petits opéras et opérettes au Théâtre Lyrique et ailleurs, composa des marches et des danses pour musiquej militaire et quelques chœurs avec accompagnement de musique militaire, mais mérite avant! tout d'être mentionné ici comme musicographe.! En plus de ses contributions à diverses revues! musicales et de ses feuilletons et chroniques! musicales dans plusieurs quotidiens, L.a écrit:! Bibliothèque musicale du Théâtre de l'Opéra\ (1876 et suiv.; 2 vol), ouvrage de haute impor-

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