LAJEUNESSE — LAMBERT
tance, contenant le catalogue complet des ouvrages représentés à l'Opéra de Paris, avec des annotations de tous genres d'après les archives de l'Opéra, dont L. fut bibliothécaire à partir de 1873 ; puis Instruments Sax et fanfares civiles (1867), Traite de composition musicale (1880, en collaboration avec Bisson). De plus, il a publié une anthologie : Airs à danser, de Lully à Méhul, et une série de réductions pour piano et chants d'anciens opéras et ballets français (62 ouvrages en neuf séries: Lully [« Thésée», «Psyché», «Armide», «Alceste»], Rameau, Campra, Piccini, etc.), sous le titre collectif : Chefs-d'œuvre classiques de V opéra français.
Lajeunesse, Emma, v. Albani.
Lalande, 1. Michel-Richard (de), né à Paris le 15 déc. 1657, fils d'un tailleur, devint intendant de la musique de la Cour de Louis XV et mourut le 18 juin 1726. L. est l'auteur de soixante morceaux de musique d'église, pour chœurs et orchestre, qui furent publiés en vingt fascicules, avec grand luxe, aux frais du roi; c'est à ces œuvres que L. dut sa grande célébrité, mais il a aussi écrit la musique de Mélicerte, de Molière, et plusieurs ballets, parmi lesquels Les Eléments (en collaboration avec Destouches; pubié dans les « Chefs-d'œuvre classiques de l'opéra français », VI, 2). — 2. Henriette- Clémentine Méric-L., née à Dunkerque en 1798, m. à Paris le 7 sept. 1867; cantatrice illustre, débuta en 1814 à Nantes, et en 1822, à Paris, travailla encore sous la direction de Garcia, puis, à Milan, sous celle de Bonfichi et de Banderali, et épousa le corniste virtuose Méric. Elle remporta alors de grands succès en Italie, à Vienne et à Paris, mais ne parvint pas à gagner les faveurs du public de Londres. L. se retira de la scène vers 1835, en Espagne.
Lalo, Edouard-Victor-Antoine, né à Lille le 28 janv. 1823, m. à Paris le 22 avril 1892; reçut une instruction générale excellente, tout en travaillant, au Conservatoire de Lille (Baumann), le violon et l'harmonie. Il entra ensuite dans la classe de Habeneck, au Conservatoire de Paris, et étudia la composition auprès du pianiste Schulhoff et d'un prix de Rome de 1847, nommé Crèvecœur, puis gagna sa vie en tenant, dès leur fondation en 1855, la partie d'alto dans les séances de musique de chambre d'Armingaud- Jacquard. Mais L., qui avait déjà publié deux mélodies en 1848(dans le goût de l'époque), ne tarda pas à se faire connaître par diverses œuvres de musique de chambre déjà remarquables, mais auxquelles ne fut réservé qu'un accueil assez froid,et quelquesmélodies nouvelles. L. épousa, en 1865, une de ses élèves, Mlle Bernier de Maligny, qui, douée d'une fort belle voix de contralto, chanta fréquemment plus tard les œuvres de son mari. Deux ans plus tard, il envoyait au concours ouvert par le Théâtre-Lyrique, un ouvrage en trois actes : Fiesque (livret de Gh. Beauquier), qui, bien qu'accepté par la direction de l'Opéra et par( celle de la Monnaie, à Bruxelles, n'a pas été représenté jusqu'à présent; l'auteur dut se ré-
soudre à publier son œuvre, pour la faire connaître, et se contenter de l'exécution de fragments, au concert. Il surmonta le découragement que lui avait causé, au premier abord, ce mécompte, et créa toute une série d'œuvres de plus en plus intéressantes et personnelles : un second opéra, Le roi d'Y s (le chef-d'œuvre de L., joué pour la première fois à l'Opéra-Comique, le 7 mai 1888, mais dont l'ouverture et divers fragments avaient été déjà exécutés aupavant [1876 et suiv.]) ; un ballet, Namouna (Opéra, 6 mars 1882), dont on a extrait plus • tard trois suites d'orchestre fort captivantes; une pantomime, Néron (1891, inédite); un troisième opéra, La Jacquerie (laissé inachevé par L., fut terminé par A. Coquard et donné à Monte-Carlo, le 8 mars 1895); de la musique symphonique : Divertissement, Allegro symphonique, Rapsodie norvégienne (écrite primitivement pour violon et orchestre, sous le titre: Fantaisie norvégienne) et Symphonie en sol mineur, pour orchestre ; trois concertos de violon (Ier, op. 20, dédié à Sarasate; II0, op. 21, Symphonie espagnole: IIIe, Concerto russe); une Romance-sérénade pour violon et orchestre ; un concerto de violoncelle ; un concerto de piano, en ut min. ; de la musique de chambre: un quatuor pour instr. à archet (paru en deux versions : op. 19 [1859] et op. 45 [1888]) ; trois trios avec piano; une sonate pour piano et violon ; une autre pour piano et violoncelle; plusieurs morceaux caractéristiques pour piano et violon, piano et violoncelle et pour trio; enfin, de la musique vocale : une trentaine de mélodies (publiées par Hamelle, Hartmann, Schott, etc.), et trois chœurs religieux, avec orgue ou piano. Cf. les notices sur L., dans : Hugues Imbert, Nouveaux profils de musiciens (1892) ; Georges Servières, La musique française moderne (1897).
La Mara, v. Lipsius.
Lambert, 1. Michel, né à Vivonne (Poitou), en 1610, célèbre professeur de chant, à Paris, beau-père de Lully, fut nommé en 1650 maître de musique de la chambre de Louis XIV, et mourut a Paris, en 1696 ; a publié un recueil d'Airs et brunettes (1666; 2e éd. 1689). Un autre recueil : Airs et dialogues (de une à cinq voix, 1698), parut après sa mort et l'on trouve des œuvres détachées, surchargées toujours d'ornements très divers, dans plusieurs anthologies publiées à Paris, ainsi qu'en manuscrits. — 2. Jean-Henri, né à Mulhouse (Alsace) le 29 août 1728, m. à Berlin, où il était devenu conseiller supérieur à la direction des travaux publics et membre de l'Académie, le 25 sept. 1777; a publié dans les comptes rendus des séances de l'Académie, des études précieuses sur l'acoustique : Sur quelques instruments acoustiques (1763; éd. ail. par Huth, 1796); Sur la vitesse du son (1768); Remarques sur le tempérament en musique (1774; éd. ail. par Marpurg, dans les « Historisch-kritische Beitràge, vol. V); Observations sur les sons de flïites (1775). — 3. Lucien, pianiste et compositeur, né à Paris en 1859; son père, qui était égale-
LA.MBILLOTTE — LA.MPERTI
ii i« ut pianiste et compositeur, lui donna les premières leçons de musique, et, tout jeune encore, il put entreprendre une tournée de concerts en Amérique et dans une partie de l'Europe. Il travailla ensuite la composition avec J. Massenet et Th. Dubois, et donna successivement: Proniéthêe enchaîné (scène lyrique, pris de l'Institut), Sire Olaf (musique de scène pour un drame d'A. Alexandre, 1889), Brocélyande (opéra en quatre actes, Rouen, 1893; l'ouverture a fait le tour des salles de concerts), Le Spahi (drame lyrique, d'après P. Loti; Paris, 1897), puis Andante et Fantaisie tzigane pour* piano et orchestre, Légende roumaine pour orchestre, et diverses mélodies pour chant et piano.
Lambillotte, Louis, né à Gharleroi (Hainaut) le 27 mars L797, m. à Vaugirard, près Paris, le 27 févr. 1855; compositeur de musique d'église et musicographe de renom, fut d'abord organiste à Gharleroi, puis à Dinant, et devint en 1822£ maître de chapelle de l'Institution des jésuites, à St-Acheul. Il se mit alors, avec une réelle passion, à l'étude des langues mortes, et après être entré lui-même, en 1825, dans l'ordre des jésuites, vécut dans les divers couvents de l'ordre, en dernier lieu à Vaugirard. Ses œuvres musicales comprennent : quatre grandes Messes, dont une dans le 5e ton d'église (lydien), des motets, des hymnes à la Vierge, des cantiques à deux voix; en outre, il publia une anthologie de musique d'orgue, fugues, etc.: le Musée des organistes (1842-1844; 2 vol.). Quant à ses écrits, de beaucoup plus importants, ce sont : Antiphonaire de Saint Grégoire (1851, f'acsimile de l'antiphonaire de St-Gall, cod. 390, noté en neumes, avec des notes historiques et critiques très développées); Quelques mots sur la restauration du chant liturgique (1885, posthume); Esthétique, théorie et pratique du chant grégorien, restauré d'après tes doctrines des anciens et les sources primitives (1855, posthume). L'éditeur des deux derniers ouvrages, le P. Dufour, a publié aussi le Graduale et le Vespérale, d'après les réformes de L., en notation chorale, avec transcription en notation moderne (1856). Cf. Pothier.
Lamentabile, lamentoso (ital), plaintif, triste, douloureux.
Lamento (ital.), plainte.
Lamoureux, I 'hm; les, violoniste et chef d'orchestre de mérite, né à Bordeaux le 28 sept. 1834; tit ses premières études musicales dans sa \ ille natale, où il entra, a l'âge de douze ans déjà, dans l'orchestre du Grand-Théâtre. Admis en 1850 au Conservatoire de Paris, dans la classe de Girard (violon), et dans celle de Leborne (contrepoint et fugue), il obtint quatre ans plus tard son premier prix de violon et ne tarda pas à faire partie de l'orchestre du Gymnase, puis de l'Opéra, tout en continuant du reste a travailler la composition, sous la direction de I lhauvet. Il créa ensuite une association de musique de chambre (avec Colonne, Adam el Rignault), puis ton. la en 1878,1a « Société de l'Harmonie sacrée, (premières exécutions, à
Paris, des grandes œuvres de Bach et Hœndel) et fut aussitôt considéré comme l'un des chefs d'orchestre les plus remarquables de Paris. En 1875, L. fut appelé à diriger les concerts du jubilé Boiëldieu, à Rouen; l'année suivante, il remplaça Deldevez, qui avait demandé un congé, puis en 1878, lui succéda comme premier chef d'orchestre de l'Opéra. Il n'y resta pas longtemps, mais remplit une seconde fois, plus tard, ces mêmes fonctions (sous la direction Ritt et Gailhard); il avait été, auparavant, premier chef à l'Opéra-Comique et, de 1872 à 1878, second chef de la Société des Goncerts. Enfin, en 1881, L. créa les «Nouveaux Goncerts» (Goncerts L.) qui établirent définitivement sa réputation, et devinrent, en même temps que le centre du wagnérisme en France, l'une des institutions musicales les plus importantes de Paris. En 1897, ils fusionnèrent avec l'institution des « Concerts de l'Opéra ». Ge fut encore L. qui organisa et dirigea la mémorable représentation de Lohengrin, à l'Eden-Théâtre, le 3 mai 1887.
Lampadarius, 1. Johannes, compositeur ecclésiastique et théoricien musical byzantin, au xive s , fut chantre de la chapelle de l'église Ste-Sophie, à Gonstantinople. L'ouvrage qu'il a écrit sur la musique d'église grecque, est intitulé ': TsxvoXoyix tvç y.ov<rr/;/iç tz%vviç (Bibl. de Vienne). — 2. Petrus, né à Tripolitza, dans l'île de Morée (d'où son surnom de « Péloponésien»), vers 1730, écrivit également de la musique pour l'église d'Orient ; son frère, Grégorius L., réforma, de concert avec Ghrysanthe de Madyte (v. ce nom) la notation liturgique néo-grecque et publia, à Paris, une édition des Triodits (chant de carême) d'après Pierre L., en nouvelle notation (1821).
Lampadius, Wilhelm-Adolf, ecclésiastique protestant, né en 1812, mort à Leipzig le 7 avr. 1892, auteur de la biographie bien connue de Mendelssohn (v. ce nom).
Lamperen, Michel van, né à Bruxelles le 26 déc. 1826, nommé en 1859 bibliothécaire du Conservatoire de Bruxelles, publie, depuis 1870, un catalogue complet de la Bibl. du Conservatoire. Il a fait paraître, en outre, quelques œuvres de musique religieuse.
Lampert, Ernst, né à Gotha le 3 juil. 1818, m. dans la même ville où il était devenu chef d'orchestre de la Cour, le 17 juin 1879; élève de Hummel à Weimar, de Spohr et de Hauptmann à Cassel, a publié un grand nombre d'œuvres instrumentales et vocales et fait représenter plusieurs opéras, à Gotha et à Gobourg.
Lamperti, FRANCEsco,né à Savonele 11 mars 1813, m. à Corne le 1er mai 1892 ; illustre professeur de chant, élève du Conservatoire de Milan, créa sa réputation comme directeur (avec Masini) du « Teatro filodrammatico », à Lodi, puis fut nommé, en 1850, professeur de chant au Conservatoire de Milan, où il remporta de grands succès pédagogiques. Il se retira cependant en 1875, et ne donna plus dès lors que des leçons particulières. Notons parmi ses nombreux élèves, devenus célèbres : Mmes Cru-
LAMPUGNANI — LANGER
velli, Artôt, La Grange, Albani. L. a publié, chez Ricordi, à Milan, une méthode de chant et plusieurs recueils d'études, d'exercices de trille, etc. — Ne pas confondre avec lui M.-G.- B. Lamperti qui a publié aussi des ouvrages didactiques pour le chant.
Lampugnani, Giovanni-Battista, compositeur scénique italien, né à Milan en 1706, m. vers 1772 ; a écrit pour Milan, Londres (1744- 1755), etc. -un grand nombre d'opéras, appartenant pour la plupart au genre sérieux, dans le style de Hasse et pourvus de récitatifs particulièrement expressifs.
Landgraf, J.-F. Bernhardt, clarinettiste distingué, né à Dielsdorf (Weimar) le 25juin 1816, m. à Leipzig le 25 janv. 1885; fut, à partir de 1840, premier clarinettiste de l'orchestre du Gewandhaus.
Landi, Steffano, chantre (castrat) de la Chapelle pontificale, vers 1630, avait été auparavant maître de chapelle à Padoue. L. fut un compositeur consciencieux de musique d'église et publia : des madrigaux à quatre voix (1619), des madrigaux à cinq voix (1625), Poésie diverse in musica (1628), Missa in benedictione nuptiarum (1628), huit livres d'airs d'une à deux voix (1627-1639), psaumes à quatre voix (1629), un drame musical : Sant' Alessio (1634), une pastorale: La morte d'Orfeo (1639), et un livre de Messes de quatre à cinq voix (a cappella).
Landino, Frangesgo, connu sous le nom de « Francesco Cieco » (l'aveugle), ou de « Francesco degli Organi », organiste et compositeur des plus illustres, né à Florence vers 1325, m. •dans la même ville en 1390. On n'a conservé de lui que quelques « canzone » à deux et à trois voix, que Fétis a retrouvées à la Bibl. nationale, à Paris, et dont l'une a été communiquée par lui, dans sa « Revue musicale » (1827). A.-G. Ritter a donné dans sa « Geschichte des Orgelspiels » (1884, p. 3) une appréciation fort juste •des mérites de L.
Landolfi (Landulphus), Carlo-Ferdinando, luthier renommé, établi à Milan aux environs de 1750 à 1760. Ses violons et, plus encore, ses violoncelles, sont très estimés. L. a imité avec beaucoup d'adresse les instruments de Joseph Guarneri.
Lang, 1. (L.-Kôstlin), Joséphine, auteur de lieder remarquables, née à Munich le 14 mars 1815, m. a Tubingue le 2 déc. 1880; fille du musicien de la Cour, Théobald L., et de la célèbre cantatrice Regina Higelberger-L. (pour laquelle P. Winter écrivit le rôle de Myrrha, dans « Das unterbrochene Opferfest »), fut élève •de sa mère puis de Mme Berlinghof- Wagner et, pour la théorie, de Mendelssohn (1831) qui l'estimait beaucoup. Après avoir enseigné le chant et le piano, et chanté elle-même dans la Chapelle de la Cour, à Munich, elle épousa, en 1842, Chr.-Reinhold Kôstlin (connu comme poète, sous le nom de K. Reinhold), qui était professeur de droit à l'Université de Tubingue. Mais celui-ci mourut en 1856 déjà, et L. dut recommencer à enseigner la musique. Un grand
nombre de lieder et de pièces pour piano, de sa composition, ont été édités ; beaucoup d'autres sont restés manuscrits. Son fils, H.-A. Kôstlin, a écrit sa biographie (dans «Sammlung musikalischer Vortrâge », 1881). — 2. Benjamin-J., né à Salem (Massachussets) le 28 déc. 1839 ; pianiste de talent, fit ses études en Allemagne, puis se rendit à Boston, où il contribua beaucoup à l'amélioration du goût musical. Il est, depuis vingt-cinq ans, organiste de « Handel and Haydn Society», en même temps que directeur de « Cecilia Society » (chœur mixte), et de « Apollo Club » (chœur d'hommes).
Langbecker, Emmanuel-Christian-Gottlieb, né à Berlin le 31 août 1792, m. dans la même ville, où il remplissait les fonctions de secrétaire du prince Waldemar de Prusse, le 24 oct. 1843; fit des recherches consciencieuses sur l'origine et le développement du choral protestant, et écrivit : Das deutsch-evangelisclie Kirchenlied (1830) ; Johann Criigers... Choralmelodien (1835); Gesangblàtter aus dem XVI Jalirhundert (1838): Paut Gerhardts Leben und Lieder (1841).
Langdon, Richard, m. à Armagh en sept.
1803, bachelier es musique (Oxford, 1761), organiste à Exeter, à Bristol et finalement à Armagh, a publié une anthologie, Divine harmony (1774, 2 vol ; psaumes et anthems), puis douze glees, deux recueils de mélodies (songs), et quelques chansons de sa composition.
Langer, 1. Otto, né à Graudenz en 1815, m. le 13 fév. 1879; se voua à la carrière pédagogique, mais fut en même temps chroniqueur musical de la « Vossische Zeitung », rédacteur (1846-1858) de la « Neue Berliner Musikzeitung» et maître de chant dans plusieurs écoles berlinoises. Il mourut à Cassel, où il s'était retiré, avec le titre de « professeur émérite». L. a publié plusieurs ouvrages de pédagogie musicale, parmi lesquels : Die Musik als Unlerrichtsgegenstand in Schulen (1841). — 2. Samuel de, organiste et compositeur, né à Rotterdam le 22 févr. 1840; reçut ies premières leçons de musique de son père (né à Rotterdam le 9 juin 1811, organiste de l'église St-Laurens, et professeur à l'école de musique de cette ville, m. le 15 mai 1884) et compléta ensuite son éducation, sous la direction d'A. Winterberger (Vienne), Damcke et Mikuli (Lemberg). L. est un organiste virtuose de tout premier rang; il donna, en 1858 et 1859, une série de concerts en Galicie, séjourna quatre ans à Lemberg, puis devint, en 1863, organiste et professeur à l'école de musique de la « Maatschappij tôt bevordering van Toonkunst», à Rotterdam. Il se rendit de là assez fréquemment en Suisse, puis à Leipzig, à Vienne, à Paris, etc., pour y donner des concerts, et se fixa même à Bâle de 1874 à
1876, comme professeur à l'Ecole de musique. Après un court séjour à Paris, il accepta, en
1877, un poste au Conservatoire de Cologne, où il devint aussi directeur du « Chœur d'hommes de Cologne » et des chœurs du Gùrzenich ; mais, en 1885, il rentra dans sa patrie, comme directeur de la « Société d'oratorios » et de quelques
LANGER — LANGHANS
autres sociétés chorales, à La Haye. Enfin, en 1893, L. s'est rendu à Stuttgart, où le poste de professeur d'orgue et de composition, et de directeur suppléant lui était offert au Conservatoire. Il convient de noter surtout, parmi les œuvres de L. : cinq sonates d'orgue (op. 5, 8, 14, 28, 50); puis un concerto de piano; deux quatuors, un trio et un quintette pour instr. à archet ; une sonate de violon ; des chœurs pour voix d'hommes, etc. Une symphonie de sa composition a été exécutée, en 1879, à Cologne; un oratorio, M oses, en 1889, à La Haye. Son frère — 3. Daniel de, né à Rotterdam le 11 juil. 1841 ; élève de Ganz et de Servais (violoncelle), ainsi que de Verhulst et de Damcke (composition), professa de 1860 à 1803, à l'Ecole de musique de Lemberg, puis travailla encore le piano, à Paris, sous la direction de Mme Dubois, et perfectionna son talent d'organiste. Il devint alors organiste de la paroisse évangélique libre de Montrouge et directeur de la société chorale allemande (Liedertafel). En 1870 (pendant la guerre), L. partit pour Amsterdam et y fut nommé professeur à l'Ecole de musique, puis au Conservatoire dont il devint plus tard directeur. De plus, il fut ensuite secrétaire de la « Maatschappij toi bevordering van Toonkunst », remplaça longtemps Cœnen à la tète de « l'Amstels Mannenkoor » et dirigea plusieurs sociétés chorales à Leydeelà Amsterdam. Il fit sensation entre autres, soit en Hollande, soit à l'étranger (Londres, 1888; Allemagne, 1892, etc.), avec une association chorale, a cappella, qu'il avait fondée pour exécuter d'ancienne musique néerlandaise. L. fut aussi, durant de longues années, chroniqueur musical des i Niews van den Tag». Enfin, en 1895, il a accepté le poste de directeur du Conservatoire de Rotterdam. Il a écrit deux symphonies (ut et ré maj.), plusieurs cantates, un opéra (De val van Kuilenburg), une ouverture ( Willem van Holland), la musique d'Hernani, une Messe a cappella, un Requiem, le Psaume XXII (soli, chœur et piano), un concerto de violoncelle, des mélodies, etc. Daniel de L. est le premier qui, après C. Fuchs, ait osé adapter à l'orchestre i Amsterdam, concerts de 1886 et 1887) les principes du phrasé, tels que H. Riemann les a établis. — 4. Gustav, né à Berlin le 13 août 181 '.' i, auteur de morceaux de salon très répandus. Langer, 1. Hermann, né à Hôckendorf, près Tharandt, le 6 juil. 1819, m. à Dresde le 8 sept. 1889; lit à Leipzig des études de philosophie et de musique et y devint, en 1843, directeur de musique de l'Université et organiste. Il dirigea aussi, pendant un certain temps, les concerts de i L'Euterpe» et plusieurs sociétés chorales: (• Mannergesangverein >»; «Leipziger Gau-Sàngerbnnd»; • Zôllner-Bund »). A l'Université, L. l'ut à la trie de l'excellente société chorale d'hommes • Paulus» et, comme lector publicus, lit des .ours sur la liturgie protestante, l'harmonie, etc. ; il occupait ainsi une situation hautement estimée, dans le monde musical leipzicoi8 II reçut, en 1869, Le titre <lr Jpphil. hon. c. et, en 1882 (lors du i',<)e anniversaire de fonda-
tion du « Paulus »), celui de « professeur ». Enfin, en 1887, L. fut appelé à Dresde, comme inspecteur des orgues du royaume. L. a publié un Repertorium fur den Mânnergesang, rédigé la Musikalische Garlenlaube et écrit une méthode élémentaire de chant : Der erste Unterricht im Gesang (1876-1877; trois cours). — 2. Viktor, né à Budapest le 14 oct. 1842; élève de R. Volkmann puis du Conservatoire de Leipzig, déploya ensuite, dans sa patrie, une très grande activité, comme directeur, professeur, compositeur (parfois sous le pseudonyme Aladar Tisza) et rédacteur d'un périodique musical en langue hongroise. — 3. Ferdinand, compositeur scénique, né à Leimen, près Heidelberg, le 21 janv. 1839 ; fils d'un maître d'école, parvint, sans avoir travaillé avec aucun maître de renom, à obtenir une place de violoncelliste au théâtre de la Cour, à Mannheim,, dont il est actuellement second chef d'orchestre. L. a obtenu, avec ses opéras, de jolis succès qui cependant sont restés presque entièrement locaux ; il a écrit : Die gefàhrliche Nachbarschaf't (1868), Dornroschen (1873), Aschenbrodel (1878), Murillo (1888), et Der Pfeifer von Hardt (Stuttgart, 1894).
Langert, Joh.-August-Ad., né à Cobourg le 26 nov. 1836, fut successivement chef d'orchestre des théâtres de Cobourg, Mannheim (1865),. Bâle (1867), ïrieste (1868), puis vécut, sans poste fixe, à Cobourg, à Paris et à Berlin. Il accepta, en 1872, un poste de professeur au Conservatoire de Genève, mais devint, l'année suivante déjà, chef d'orchestre à Gotha. L. a écrit plusieurs opéras : Die Jungfrau von Orléans (1861), Des Seing ers Fluch (1863), Die Fabier (1866, tous trois pour le théâtre de Cobourg), Dornroschen (Leipzig, 1871), et Jean Cavalier (Cobourg, 1880 et, sous le titre : Die Kamisarden, ibid. 1887).
Langhans, Fr.-Wilhelm, violoniste et musicographe, né à Hambourg le 21 sept. 1832, m. à Berlin le 9 juin 1892; élève du « Johanneum» de Hambourg, entra en 1849 dans les classes de David (violon) et de Richter (composition), au Conservatoire de Leipzig, puis travailla encore à Paris, sous la direction d'Alard. Il fut successivement membre de l'orchestre du Gewandhaus, à Leipzig (1852-1856), concertmeister à Dusseldorf (1857-1860), professeur privé et exécutant à Hambourg (1860), Paris (1863) et Heidelberg (1869) où il prit le grade de DT phiL Enfin, à partir de 1871, L. vécut à Berlin et devint trois ans plus tard professeur d'histoire de la musique à l'Académie Kullak, puis, enH 1881, au Conservatoire X. Scharwenka qui ve-H nait d'être ouvert. L. a publié quelques compositions : un allegro de concert pour violon e1| orchestre, des études et une sonate de violon d'autres sont restées manuscrites : un quatuoi pour instr. à archet, (couronné en 1864, à Floj rence), une symphonie, l'ouverture de Spartaï eus, des mélodies (Parerga) et des soli poui| violon; mais l'activité littéraire' de L. est beaucoup plus importante. On a de lui : De musikalische Urteil (1872; 2e éd. 1886), Di\