‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 262 sur 542 · LEADER — LEBRUN · texte numérisé non relu

LEADER — LEBRUN

Leader (angl.), c.-à-d. premier violon-solo (concertmeisler).

Le Bé, Guillaume, fut, en France, l'un des premiers fabricants de caractères pour l'impression de la musique. Ses premiers caractères, datant de 1540, étaient destinés à l'impression simultanée des notes et des lignes de la portée, autrement dit chaque bloc portait à la fois une note et un fragment de portée; d'autres plus récents, datant de 1555, donnaient séparément les notes et les lignes, en sorte qu'il fallait, comme dans les ouvrages de Petrucci, deux tirages successifs. L. a fabriqué aussi des caractères pour les œuvres notées en tablatures. Tous ses poinçons passèrent aux mains de Ballard (v. ce nom).

Le Beau, Luise- Adolpha, née à Rastadt le 25 avril 1850, élève de Rheinberger et de Fr. Lachner, pianiste de talent et professeur de musique apprécié, vécut successivement à Munich, Wiesbaden et Berlin. Elle a écrit des pièces pour piano, des lieder et de la musique de chambre qui dénotent un réel talent.

Lebègue, Nicolas-Antoine, né à Laon en 1630, m. à Paris, où il était organiste de la Cour, le 6 juil. 1702 ; auteur de pièces pour orgue et pour piano, ainsi que d'Airs, de deux à trois voix, avec basse chiffrée.

Lebert, Siegmund (Lévy, dit L.), né. à Ludwigsbourg (Wurtemberg) le 12 déc. 1822, m. à Stuttgart le 8 déc. 1884 ; fit ses études musicales à Prague, sous la direction de Tomaschek, Dionys Weber, Tedesko et Proksch, séjourna quelques années à Munich où il fut très apprécié comme maître de musique, puis fonda en 1856-1857, avec Faisst, Brachmann, Laiblin, Stark, Speidel, etc., le Conservatoire de Stuttgart. L. était hautement estimé comme pédagogue du piano ; il s'est rendu célèbre, en dehors de son professorat, principalement par la publication d'oeuvres destinées à l'enseignement. Il faut noter en toute première ligne, parmi celles-ci : la Grande Méthode de piano, écrite en collaboration avec L. Stark et dont l'édition originale allemande a été traduite en français, anglais, italien et russe ; mais un excès réel de pédanterie (dans les parties I et II surtout) nuit de plus en plus à la diffusion de cet ouvrage. L. a donné en outre une édition doigtée et annotée des classiques pour piano (en collaboration avec Faisst, Bulow, Ignace Lachner, Liszt), un album pour la jeunesse (avec Stark), le « Gradus ad Parnassum » de Glementi, etc. L'Université de Tubingue conféra à L. le titre de Dr phil. hon. c, le roi de Wurtemberg celui de « professeur ». — Un professeur de piano du Conservatoire de Stuttgart, Jakob-Levy, né en 1815, m. à Stuttgart le 19 oct. 1883, était un frère de L.

Lebeuf, Jean, né à Auxerre le 6 mars 1687, m. dans la même ville le 10 avr. 1760; abbé, chanoine et second chantre de la cathédrale d'Auxerre, élu membre de l'Institut de France en 1740. Ecrivain zélé, il a fait paraître entre | autres, sur la musique : Traité historique et pratique 'sur le chant ecclésiastique (1741) et

une série d'articles sur le plain-chant, dans le « Mercure de France », de 1725 à 1737. Ses grands ouvrages historiques contiennent aussi divers renseignements ayant rapport à la musique, ils ont paru sous les titres : Recueil de divers écrits pour servir d'éclaircissement à l'histoire de France (1738, 2 vol ), Dissertations sur l'histoire ecclésiastique et civile de Paris (1739-1745; 3 vol.).

Leborne, 1. Aimé -Ambroise- Simon, né à Bruxelles, le 29 déc. 1797, m. à Paris le 1er avr. 1866 ; élève de Dourlen et de Cherubini, au Conservatoire de Paris, prix de Rome en 1820, alors qu'il était depuis quatre ans déjà répétiteur au Conservatoire. Il fut nommé, en 1820, titulaire d'une classe élémentaire et succéda en 1836 à Reicha, comme professeur et compositeur. L. était en outre, depuis 1834, bibliothécaire de l'Opéra et remplit, sous Napoléon III, les fonctions de bibliothécaire de la chapelle. Il était surtout renommé comme pédagogue, mais il écrivit quelques opéras comiques, entre autres, qui remportèrent un certain succès. Un traité d'harmonie de L. est resté manuscrit, par contre il publia une nouvelle édition du Traité d'harmonie de Catel. — 2. Fernand. compositeur français, élève de Massenct, au Conservatoire de Paris, et plus tard de Saint-Saëns). Il a publié : un poème pour orchestre (Suite intime, Scènes de ballet, Symphonie dramatique) ; une Symphonie-Concerto pour piano, violon et orchestre ; Aquarelles (suite), Temps de guerre (tableaux symphoniques), Fêle bretonne, Ouverture sym phonique, Marche solennelle pour orchestre; Daphnis et Chloé (drame pastoral); des poèmes chantés : L'amour de Myrto et V Amour trahi\Mudarra (drame lyrique en quatre actes); Messe solennelle; de la musique de chambre : quatuor pour instr. à archet, trio pour piano, violon et violoncelle, sonate pour piano et violon ; de nombreuses mélodies; des motets; des morceaux de piano, etc. De plus, L. fait de la critique musicale depuis une quinzaine d'années.

Lebrun, 1. Ludwig-August, hautboïste virtuose très célèbre, né à Mannheim en 1746, m. à Berlin le 16 déc. 1790 ; membre de l'orchestre de la Cour à Munich, à partir de 1767, il n'en fit pas moins, grâce aux congés qui lui étaient, largement accordés, de nombreuses tournées de concerts dans son pays et à l'étranf er. Il a publié sept concertos de hautbois, des trios pour hautbois, violon et violoncelle, des duos pour flûtes. Son épouse, Franziska (née Danzi, née à Mannheim en 1756, m. à Berlin le 14 mai 1791), sœur de Franz Danzi, fut une des cantatrices les plus remarquables de son temps (soprano aigu) et remporta des succès toujours pareils à Mannheim, Munich, Milan, Vienne, Naples, Londres et Berlin. Elle venait d'accepter un engagement dans cette dernière ville, lorsqu'elle perdit son mari; son chagrin fut si violent qu'il l'emporta à son tour quelques mois après. Leurs deux filles, Sophie (Mme Dulken, née le 20 juin 1781) et Rosine (née le 13 avr. 1785), se sont aussi fait un nom, la première

LE CARPENTIER — LEGOGQ

comme pianiste. L'autre comme cantatrice. —2. jEAN,néà Lyon Le 16 avr. 1759, corniste virtuose de talent, célèbre surtout par l'extraordinaire facilité avec laquelle il produisait les sous suraigus de L'échelle du cor : lit partie, de 1786 à 1792, de l'orchestre de l'Opéra de Paris, el passa ensuite à celui de l'Opéra de la Cour, :, Berlin. Il rentra à Paris eu 1800, mais après avoir peridanl trois années cherché envainune situation quelconque, il se suicida de désespoir en s'asphvxiant. — 3. Louis-Sébastien, né à Paris le 10 déc. 1764, m. le 27 juin 1829; ténor

La Chapelle impériale (1807), maître de chant de cette même chapelle (1810), et fit exécuter un assez grand nombre d'opéras (entre autres, m 1815, Le Rossignol, qui se maintint longtemps à la scène), un Te deum (1809), une Messe solennelle, etc. — 4. Paul-Henri-Joseph, ne à Gand le 21 avr. 1861, élève du Conservatoire de celte ville, prix de Rome (de Belgique) en 1891, auteur de la Fiancée d'Abydos et d'une symphonie, couronnée par l'Académie des Beaux-Arts de Belgique, etc.

Le Carpentier, Adolphe-Clair, né à Paris le 17 t'évr. 1809. m. dans la même ville le 14 juillet 1809: pianiste-compositeur, auteur d'une Méthode de piano, d'exercices, de fantaisies, etc.

Lechner, Leonhaud, compositeur zélé et fort bien doué du xvie s., né à Etschtal, fut un certain temps au service de la chapelle des ducs de Bavière, peut-être comme enfant de chœur. Il occupa ensuite une place de maître d'école à Nuremberg (1570), devint, en 1584, maître de chapelle du comte Eitel-Frédéric de Hohenzollern. à Bechingen, puis se rendit à Stuttgart où il fut nommé, eu 1595, maître de chapelle de la Cour el mourut le 6 sept. 1004. Les « Monatshefte fur Musik-Cesehichte » I, 179 et X, 137, ont publié un catalogue de ses (envies, comprenant des motets de quatre à six voix, des lieder allemands en manière de villanelles de deux à trois voix, d'autres lieder et des madrigaux de quatre â cinq voix, des Messes de cinq à six voix, etc.

Leclair, 1. Jean-Marie, illustre compositeur pour le violon, né à Paris le 23 nov. 1687, assassiné dans la même ville le22oct. 1764 : était primitivement danseur et occupa un poste de maître de ballel à Turin, mais travailla en même temps le violon avec une énergie et un succès tel que Somis, rendu attentif à son talent, le prit comme élève. L. arriva à Paris eu 1789, mais o'obtinl (prune modeste place deripiéniste à l'Opéra; il entra bien en 1731 dans l'orchestre royal, cependant, comme il ne parvenait pas â Be faire attribuer La première place parmi Les seconds violons, il se retira au l.oui de peu de temps. Dès lors, L. se voua à L'enseignemenl el à La composition : on ignore

Les motifs qui ont pu amener son assassinat.

On connaît de Lui Les œuvres suivantes : quarante-huil sonates pour violon avec basse chiffrée (op. 1. 2, 5, 9), des duos pour deux

violons (op. 3, 12) ; six trios pour deux violons et basse chiffrée (op. 4) ; trios faciles id. (op. 0, 8); Concerti grossi pour trois violons, alto, violoncelle et basse d'orgue (op. 7, 10) ; un opéra : Glaucus et Scylla (op. 11, exécuté en 1747) ,• des ouvertures et des sonates-trios pour deux violons et basse (op. 13) ; enfin, une sonate de violon posthume (op. 14). Ferd. David a remis au jour deux sonates de L., dans sa « Hohe Schule des Violinspiels », et sept autres dans le recueil préparatoire au même ouvrage. Un frère cadet de L. — 2. Antoine-Rémi, également violoniste, a publié en 1739 (non pas 1760) douze sonates pour violon, de sa composition.

Leclercq, Louis, v. Celler.

Lecocq, 1. Alexandre-Charles, né à Paris le 3 juin 1832, élève de Bazin (harmonie), Halévy (composition) et Benoist (orgue) au Conservatoire de Paris, se voua, à partir de 1854, à l'enseignement de la musique. Ses premiers débuts de compositeur datent de 1857, alors que, concurremment avec Bizet, il remporta dans un concours, ouvert par Offenbach, un prix pour la composition d'une opérette : Le docteur Miracle. L'accueil fut froid, mais plus froid encore celui qui fut réservé, deux ans plus tard, à la deuxième opérette de l'auteur : Huis-Clos. Les ouvrages qui suivirent ne remportèrent également que des succès médiocres et peu durables : Le baiser à la porte (1864), Liline et Valentin (1864), Les Ondines de Champagne (1805), Le Myosotis (1800), Le cabaret de Ramponneau (1867) et un opéra-comique : L'Amour et son carquois 0868). Ce n'est qu'à partir de Fleur de thé (avr. 1868), une .opérette qui atteignit en très peu de temps sa centième représentation et remporta des succès à l'étranger, que L. devint l'un des compositeurs favoris du grand public ; il se distingue du reste avantageusement, dans le genre de l'opérette d'Ofïenbach et de Hervé, par un plus grand souci de correction de la facture musicale. Les ouvrages qui suivirent ce premier grand succès sont : un opéra-comique, Les jumeaux de Bergarne (1868) ; un vaudeville, Le carnaval d'un merle blanc (1868) ; des opérettes ; Gandolf'o (1869), Deux portières pour un cordon, Le Rajah de Mysore, Le beau Dunois (1870), Le testament de M. de Crac (1871), Le barbier de Trouville, Sauvons la caisse (1872), Les 100 vierges, La fille de Madame Angot, Girofle- Girofla (1874), Les prés de St-Gervais, Le pompon (1875), La petite mariée (1870), Kosiki, La Marjolaine (1877), Le petit duc (1878), Camargo, La petite demoiselle (1879), Le grand Casimir, La jolie Persane (1880), Le marquis de Windsor, JanotË (1881), La Roussotte, Le jour et la nuit, Let cœur et la main (1882), La princesse des Ca-\ naries (1883), L'oiseau bleu (1884), P/w/^sl (1880), Les grenadiers de Monte-Cornette (1887),| Ali-Baba (1887), La volière (1888), et L'EgypX tienne (1890). En plus de ses œuvres scéniques, L. a publié : Les Fantoccini (ballet-pan tomime pour piano), Les miettes (24 morceaux caractéristiques) et une Gavotte pour piano

LE GOUPPEY

LEFEBURE-WÉLY

toute une série de morceaux pour chant et piano (Mélodies, Chansons, Aubade, etc) ; des chants religieux pour voix de femmes: La chapelle au couvent (1885) et une réduction pour piano de « Castor et Pollux » de Rameau (1877).

— 2. Jules, chef d'orchestre, né à Tournai le 16 août 1852; élève de Dubois et de Leenders, poulie violon, fut d'abord chef d'orchestre de théâtre à Calais, Angers, G and, Limoges etc. Il fut ensuite, de 1890 à 1896, directeur des « Concerts classiques » de Marseille, où il lit connaître quantité d'oeuvres nouvelles et, de 1896 à 1897, chef d'orchestre du Théâtre des Arts, à Piouen. En outre, L. dirige depuis 1885, avec grand succès, les concerts symphoniques de Spa (Belgique). Il a écrit de petites pièces pour orchestre, des valses, des scènes de ballet, des mélodies, etc.

— Sa femme, Dyna (L.) -Beumer, fille d'un professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles, est une cantatrice des plus remarquables.

Le Couppey, Félix, né à Paris le 14 avr. 1811, m. dans la même ville le 5 juil. 1887, élève de Dourlen au Conservatoire, fut nommé, en 1828 déjà, répétiteur d'une classe préparatoire d'harmonie et, en 1837, titulaire de cette même classe. II succéda en 1843 à Dourlen, comme professeur d'harmonie puis, en 1848, remplaça Henri Herz qui était en tournée de concerts et fut nommé peu après professeur d'une nouvelle classe de piano pour les femmes. Les œuvres de L. sont écrites principalement en vue de l'enseignement, ce sont : A B C du piano, méthode pour les commençants, des recueils d'études (op. 17, L'alphabet; op. 24, Le progrès ; op. 20, L'agilité ; op. 21, Le style; op. 25, La difficulté; classés ici par ordre de difficulté)^ une Ecole du mécanisme du piano, L'art du piano (50 études avec annotations) et un petit écrit : De l'enseignement du piano ; conseils aux jeunes professeurs (1865).

Ledebur, Karl, baron de, né à Schildesche, près Bielefeld, le 20 avr. 1806, était officier de cavalerie à Berlin, mais prit sa retraite, en 1852, à la suite d'une chute de cheval, et se voua dès lors surtout à des études musicales. L. a publié un dictionnaire biographique local, rédigé avec le plus grand soin ; Tonhûnstlerlexikon Berlins von den âltesten Zeiten bis auf die Gegenwart (1860-1861).

Ledent, Félix-Etienne, né à. Liège le 20nov, 1816, lit ses études musicales avec Daussoigne, Lambert, Conrardy et Jalheau, au Conservatoire de sa ville natale, et obtint le premier prix de piano (1832) puis le second prix de Rome (1843). L. est, depuis 1838, professeur de piano au Conservatoire de Liège ; il a publié aussi quelques compositions.

Leduc, Alphonse, maison d'éditions musicales, fondée en 1841, à Paris. Alphonse L. succéda à son père en 1868,- il mourut en juin 1892 et fut remplacé à la tête de la maison par sa veuve, Mme Alph. L. (née Ravina). La maison L. s'occupe spécialement de la publication d'ouvrages destinés à l'enseignement de la musique, mais elle a édité en outre un grand nombre

d'œuvres de jeunes musiciens français et russes. Nous noterons seulement, dans son catalogue, deux publications paraissant par fascicules : L'orgue moderne (fasc. trimestriel, sous la direction deWidor et Guilmant, pour la propagation des œuvres des jeunes) et les Maîtres musiciens de la Renaissance française (collection rédigée par M. H. Expert, en cours de publication). Quant au périodique, L' Art musical, fondé en 1860, sa publication fut interrompue pendant un an, à la suite du décès d'Alph. L., puis cessa définitivement en 1895, par fusion avec le « Guide musical ».

Lee, les frères Sébastian, né à Hambourg le 24 déc. 1805, m. dans la même ville le 4 janv. 1887, et Louis, né à Hambourg le 19 oct, 1819, violoncellistes distingués, élèves de J.-N. Prell. Le premier fut, de 1837 à 1868, violoncelle-solo de l'orchestre de l'Opéra, à Paris; il vécut ensuite à Hambourg et publia des fantaisies, des variations, des rondos, des duos pour violoncelle, ainsi qu'une méthode de violoncelle très répandue. Quant à Louis L., il se fit entendre à l'âge de douze ans déjà, en Allemagne et à Copenhague, fut ensuite violoncelliste au théâtre de Hambourg, vécut plusieurs années à Paris, puis revint à Hambourg. Il organisa alors des séances de musique de chambre avec Hafner, plus tard encore avec Boie, fut pendant nombre d'années violoncelle-solo de la Société philharmonique et, jusqu'en 1884, professeur au Conservatoire. Un certain nombre d'œuvres de sa composition ont été éditées : quatuor (op. 10) et trio (op. 5) avec piano, sonate (op. 9) et sonatine (op. 15) de violoncelle, sonate (op. 4) et sonatine (op. 13) de violon, pièces pour piano et violoncelle et pour piano seul ; d'autres sont restées manuscrites, mais ont été exécutées : des symphonies (dont une sous la direction de Spohr, à Cassel, deux quatuors pour instr. à archet, la musique de la Pucelle d'Orléans et de Guillaume-Tell de Schiller. — Un troisième frère, Maurice, né à Hambourg en févr. 1821, vécut à Londres, en qualité de pianiste-compositeur, et y mourut le 23 juin 1895.

Lefébure, Louis-François-Henri, né à Paris le 18 févr. 1754, m. en 1840; fonctionnaire français, en dernier lieu sous-préfet à Verdun puis, à partir de 1814, retiré à Paris, auteur de : Nouveau solfège (1780), ouvrage dans lequel il présente une nouvelle méthode de solmisation introduite par Gossec, à F « Ecole royale de chant » ; Revues, erreurs et méprises de différents auteurs célèbres en matière musicale (1789); et de plusieurs cantates et oratorios.

Lefébure-Wély, Louis-James-Alfred, né à Paris le 13 nov. 1817, m. dans la même ville le 31 déc. 1869; fils de l'organiste de l'église St-Roch, Antoine L. (auteur de sonates pour piano, pour violon, d'une Messe, d'un Te deum, etc. ; m. en 1831), travailla d'abord la musique avec son père qu'il suppléait déjà à l'âge de huit ans, dans ses fonctions d'organiste, et auquel il succéda en 1831. Peu après sa nomination, L. entra au Conservatoire, dans les classes de Benoist (orgue), Zimmermann (pia-

LEFEBVRE — LEGRENZI

no), Berton (harmonie), Halévy (composition), et obtint plusieurs récompenses. En outre, L. prenait des leçons particulières d'Adam, pour la composition, et de Séjan, organiste de Saint- Sulpice, pour l'orgue. En 1847, L. échangea l'orgue de St-Roch contre le splendide instrument de Gavaillé-Goll, à la Madeleine, mais il l'abandonna déjà l'année suivante, pour se vouer tout entier à la composition. Il n'accepta plus que la succession de Séjan, en 1863, à l'église St-Sulpice. L. qui n'est plus guère connu que par ses nombreux arrangements ou ses compositions pour harmonium (instrument dont il jouait fort bien) et par des morceaux de salon, pour piano (Les cloches du Monastère, etc.), n'en fut pas moins un musicien de réel talent et un improvisateur remarquable sur l'orgue. Comme compositeur, il a abordé presque tous les domaines : un opéra, Les recruteurs (1861); une cantate, Après la victoire (1863); deux Messes avec orgue et une avec orchestre; trois symphonies ; enfin, en plus de ses morceaux de salon, trois recueils d'études de piano qui ont bien quelque valeur.

Lefebvre, 1. Jacques (Le Febvre, Jagobus Faber), né à Etaples, près Amiens (d'où son nom de Stapulensis) vers 1435 ou 1455, m. à Nérac, où il était précepteur des princes au service des rois de Navarre, en 1537 ; auteur de Elementa musicalia (1496; 2me éd. 1510, avec l' en-tête : Musica libris IV démons trata ; avec le même titre encore dans un grand ouvrage de mathématiques de L., en 1514, puis dans un autre, en 1528, ce dernier contenant en outre : Quaestiuncula prcevia in musicarn specula-

I ira m Roetii ; enfin, en 1552, sous le titre: De musica quatuor libris demonslrata). — 2. < '.h miles-Edouard, né à Paris le 19 juin 1843, lils du peintre du même nom, fit d'abord des études de droit puis entra au Conservatoire de Taris et obtint, en 1870, le grand prix de Rome. A [nés avoir voyagé quelques années, L. se fixa à Paris où il se voua à la composition et fut nommé, en 1895, professeur de la classe d'ensemble instrumental, au Conservatoire. Ses principales œuvres sont : Judith (opéra de concert, L879), Melka (légende fantastique), Eloa (œuvre chorale, d'après le poème d'A. de Vigny), une symphonie en rè maj., Dalila (scèoes orchestrales), de la musique de chambre, des psaumes, enfin plusieurs opéras : Zaïre (1887), Le trésor (un acte), Djelma (3 actes, opéra, mai 1894).

Lefèvre, Jkan-X lvier, clarinettiste distingué, oé à Lausanne le 6 mars 1763, m. à Paris le 9 dov. L829; élève de Michel Yost, à Paris, fit partie pendant de longues années de l'orchestre de l'Opéra, tut en outre, de 1795 à 1825, professeur de clarinette au I îonservatoire et, à partir de 1807, membre de lu chapelle impériale puis (après la Restauration) royale. L. est l'auteur de l:' méthode de clarinette du Conservatoire (1808, trad. aussi eu allemand); il a écrit de plus drs concertos, des morceaux concertants, «1rs duos, drs sonates, etc. p.uirsou instrument.

II perfectionna du reste le mécanisme de la

clarinette, par l'adjonction de la sixième clef mais ne voulut jamais entendre parler d'une augmentation plus grande du nombre des clefs.

Legatissimo (ital.), très lié. v. toucher.

Legato (ligato ; abr. leg., ital. lié), se dit d'une exécution dans laquelle les différents sons se succèdent sans aucune interruption quelconque, d'où le substantif le L Le l. vocal existe lorsque, sans interrompre l'expiration , on change le degré de tension des cordes vocales, de telle façon que le premier son se transforme réellement en un autre son suivant immédiatement; la chose se passe d'une manière analogue dans le jeu des instr. à vent, en ce sens que, sans interrompre le souffle, on se borne à changer le doigté ou la tension des lèvres. Sur les instr. à archet, le l. s'obtient de deux façons : 1° lorsque les sons se jouent sur une même corde, l'archet ne quitte pas la corde pendant que le doigté change ,• 2° lorsque les sons se jouent sur différentes cordes, l'archet glisse rapidement d'une corde sur l'autre. Enfin, sur les instr. à clavier, le L s'exécute en ne laissant remonter la touche qui correspond au premier son que pendant que l'on abaisse celle à laquelle répond le second ; ainsi, dans le piano, les cordes du premier son restent libres (sans étpuffoir) et vibrent par conséquent jusqu'au moment exact où les cordes du second sont frappées à leur tour, et, dans l'orgue (et les instruments de même genre : harmonium, positif, régale), la soupape qui conduit le vent au treillis reste ouverte jusqu'au moment où l'enfoncement d'une seconde touche ouvre une autre soupape. Cf. archet et toucher.

Leggiero (ou aussi leggiadro, ital.), léger, élégant, gracieux. Dans le jeu du piano, dénomination de toucher intermédiaire entre le legato et le staccato, se distinguant du premier en ceci que le doigt, au lieu d'appuyer sur la touche, se contente de la frapper. Le L diffère du mezzolegato (v. ce mot) par le fait que l'élément principal en est non pas l'attaque de la touche, mais la façon élastique dont le doigt se relève.

Legouix, Isidore-Edouard, né à Paris le 1er avr. 1834, élève du Conservatoire de Paris, auteur de toute une série d'opérettes comiques et la plupart en un acte, mais dont l'allure est trop distinguée pour convenir aux goûts de la masse.

Legrenzi, Giovanni, illustre compositeur, né à Clusone, près Bergame, vers 1625, m. à Venise le 26 mai 1690 ; était organiste de l'église Ste- Marie-Majeure, à Bergame, lorsqu'il fut appelé aux fonctions de directeur du Conservatoire « dei Mendicanti », à Venise. Il devint en outre, en 1685, maître de chapelle de l'église St-Marc. L. augmenta notablement l'effectif de l'orchestre de St-Marc et le porta à trente- quatre instrumentistes (8 violons, 11 petites violes [violette],2iènors de viole* 3 gambes et contrebasses de viole, 4théorbes,2 cornets, 1 basson, 3 trombones). Il a écrit dix-sept opéras (la plupart pour Venise) qui, surtout au point de vue de l'accompagne-

Page 1