‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 284 sur 542 · MARA · texte numérisé non relu

MARA

â Florence, comme chanteur de la (Jour grandducale. L'année de sa mort est inconnue.

Mapleson, James-Henry, entrepreneur de théâtres d'opéra, élève de l'Académie royale de musique de Londres, se produisit comme chanteur, joua de l'alto à l'orchestre et commença sa carrière d'entrepreneur d'opéras (« manager »), qui devait être si fructueuse, en 1861, au « Lyceumtheatre ». Il a su toujours attirer vers sa scène des chanteurs remarquables (1862 â 1868, « Her Majesty's Théâtre » ; 1860, « Drurylane » ; 1871, associé avec Gye ; 1871 à 1877 de nouveau à Drurylane, et depuis de nouveau au « Her Majesty's »). Depuis 1879, M., après la tin de la saison de Londres, fournit aux entrepreneurs de théâtres de New- York presque tout leur personnel.

Mara, 1. Gertrud-Elisabeth (née Schmeling), très célèbre cantatrice, née à Kassel le 23 févr. 1 749, m. à Reval le 20 janv. 1833; était tille d'un pauvre musicien et perdit sa mère de bonne heure. En suite d'une chute malheureuse qu'elle lit dans son enfance, elle resta toute sa vie un peu contrefaite et faible. Elle montra de bonne heure du talent pour la musique, mais soir père en fit d'abord une petite violoniste -prodige et visita avec elle Londres et Vienne. C'est à Londres qu'on découvrit son talent de cantatrice et que son éducation fut confiée â Paradisi; l'enseignement, cependant, ne dura pas longtemps, la M. n'eut du reste pas d'autre maître et fut réellement autodidacte. En 1765, son père retourna avec elle â Casse], dans l'espérance d'obtenir pour elle un engagement à l'Opéra de la Cour, espérance qui ne se réalisa pas; par contre elle fut engagée en 1766 à Leipzig, avec un traitement de 600 tlialer, en compagnie de Corona Schrôter, pour le « Grand Concert » dirigé par J.-A. Hiller. Après s'être produite plusieurs fois à l'Opéra de la Cour de Dresde avec grand succès, elle fut engagée à vie, en 1771, à l'Opéra de la Cour de Berlin, avec 3000 thaler d'appointements. Elle épousa en 1773 le violoncelliste M.; ce choix fut peu heureux et ne rencontra absolument pas l'assentiment de Frédérie-le-Grand. En 1780 elle rompit, en s'engageant avec son mari, l'engagement de Berlin et, en passant par Vienne où elle reçut de France des recommandations pour Marie -Antoinette, elle se dirigea sur Paris. Là, la ïodi était à l'apogée de sa gloire, et il y eut une ardente rivalité entre les deux « primadonne », chacune ayant ses partisans : les Todistes et les Maratistes: il parut cependant impossible de décerner la palme à l'une d'elles, au détriment de l'autre. De 1784 à 1802, la M. vécut principalement à Londres,, chanta en 1784 et 1785 dans les grands festivals en l'honneur de H;endel (« Ha?ndel commémoration »), et aborda la scène en 1786, dans un « pasticcio » : Didone abbandonata, mais se voua cependant plus spécialement au concert. De 1788 à 1789, puis en 1791, elle visita l'Italie et cueillit des lauriers à Turin et à Venise. En 1799, elle obtint son divorce et son mari, prodigue et débauché, s'abrutit ensuite com-

MARAIS — MABGHE

plètement et mourut en 1808, à Schiedam (Hollande). La M. quitta en 1802 l'Angleterre, lorsque sa voix commença à perdre de sa force et de son égalité; elle chanta sans grand succès à Paris, et, après une longue tournée de concerts s'établit à Moscou. Elle y eut le malheur, lors du grand incendie causé par l'invasion française (1812), de perdre tout son bien et dut, figée de soixante-quatre ans, voyager de nouveau et chanter, pour pourvoir à son existence. Elle s'établit alors comme professeur de chant à Reval, fit encore en 1819 une expédition malheureuse à Londres, et mourut, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, dans une situation précaire, à Reval. Sa biographie (jusqu'en 1792) a été écrite par G. Grosheim (1823), puis fortement embellie par Rochlitz (Fur Freunde der Tonhunst, vol. i); son autobiographie a été publiée par O. v. Riesemann, dans 1' « Allgemeine Musikalische Zeitung », 1875, et une très vivante esquisse biographique, sur les données de cette dernière, par A. Niggli (188i). — 2. La. M., pseudonyme de Marie Lipsius-(v. ce nom).

Marais, Marin, célèbre virtuose de la gambe, né à Paris le 31 mars 1656, m. dans la même ville le 15 août 1728; élève de Hottemann et de Sainte-Colombe, et, pour la composition, de Lully, il entra en 1685, comme violon-solo, dans la musique de la chambre royale et resta à ce poste jusqu'au jour où il prit sa retraite, en 1725. Outre les opéras : Alcide, Ariane et Bacci tus, Alcione, et Sémélé, qui ont été gravés, M. a écrit surtout des morceaux pour gambe (cinq recueils, avec continue-),- ainsi qu'un volume de trios pour flûtes, violons ou & pardessus de violes ». M. employait sept cordes au lieu de six sur la gambe, et introduisit aussi pour cet instrument des cordes filées (trois). — Des dix-neuf enfants de M., lesquels furent presque tous musiciens, le plus remarquable fut Roland, qui succéda à son père en 1725, comme gambesolo; il a aussi publié deux recueils de morceaux pour gambe, avec basse chiffrée, ainsi qu'une Nouvelle méthode de musique pour servir d'introduction aux acteurs modernes (1711).

Marbeck, John, v. Merbecke.

Marcato (ital.), marqué, en dehors, accentué.

Marcello, Benedetto, compositeur remarquable et poète de talent, né d'une famille noble à Venise le 1er août (ou, d'après Busi et Chilesotti, le 24 juil.) 1686, m. à Bescia le 24 juil. 1739; élève de Gasparini et de Lotti, il étudia en outre le droit et remplit diverses fonctions. Il fut d'abord avocat, puis pendant quatorze ans membre du Conseil des Quarante et en 1730 proviseur à Pola dont le mauvais climat ruina sa santé ; il ne put plus se rétablir, malgré l'excellent climat de Brescia, où il fut envoyé en 1738, comme chambellan. L'œuvre principale de Marcello est la musique de la paraphrase italienne des cinquante premiers psaumes, par Girolamo-Ascanio Giusliniani : Estro poelico-armonico (1724-1727, 8 vol.; de une à quatre voix, avec basse chiffrée pour orgue ou piano, quelques-uns avec violoncelle

obligé ou deux violes; traduction anglaise 1757; nouvelles éd. ital. par Pompeati [sans date] et Valle [1803] ; un choix en allemand, 1865 [douze psaumes, instrumentés par Grûneisen et Lindpaintner]; un autre avec texte français et italien, environ à la même époque [Paris, Flaxland] ; l'édition complète la plus récente [réduction pour piano, par Mirecki] a paru chez Carli, à Paris [sans date]). M. a publié en outre : Concerti a 5 stromenti (1701); des sonates pour piano: Sonate a cinque e flauto solo col basso continuo (1712); Canzoni madrir/alesche ed arieper caméra a 2, a 3, a 4 voci (1717). La musique d'une pastorale Calisto in Orsa, d'un opéra La f'ede riconosciuta (Dorinda) et de l'« intreccio » Arianna, n'a pas été gravée, mais le texte de ces ouvrages, de M.lui-mème, a été imprimé et publié. Nous avons enfin, de M., un ouvrage littéraire : H tealro alla moda, o sia metodo sicuro e facile per ben comporre ed eseguire le opère italiane in musica (sans date [1720?]; édité plusieurs fois; piquante satire sur l'art de « fabriquer » un opéra), puis en manuscrits : une mordante critique d'un recueil de madrigaux d'Antonio Lotti (Lettera familiare, etc.), anonyme mais attribuée à M., et une leoria musicale ordinate alla moderna pratica.. On a conservé aussi les manuscrits de plusieurs cantates, d'un oratorio : Gioas, de plusieurs Messes, Lamentations, Salve, d'un TaMum ergo canonique à six voix et d'un oratorio allégorique : Il trionfo délia poesia e délia musica net celebrarsi la morte, la esaltazione e la coronazione di Maria (personnages : la Poésie, la Musique, un soprano, piano, ténor et basse). M. a publié en plus de tout ceci des poésies, des sonnets, des libretti d'opéras, etc., qui, en partie du moins, ont été mis en musique par d'autres compositeurs. Sacchi (1789), Boïto (1881, dans les « Great Musicians ») et Busi (1884) ont écrit la biographie de M.

Marchand, Louis, organiste célèbre de son temps, né à Lyon le 2 févr. 1669, m. à Paris le 17 févr. 1732; était déjà organiste en 1684 à la cathédrale de Nevers et passa pins tard à Auxerre.il devint, en 1697, organiste de l'Eglise des Jésuites à Paris et, dans la suite, en même temps dans plusieurs églises parisiennes, et enfin à la Chapelle du Château de Versailles. Il se compromit de telle manière, en 1717, qu'il fut banni de sa patrie; on sait que, cette même année, il accepta, à Dresde, de se mesurer, dans une sorte de joute musicale, avec J.-S. Bach, mais en sortit de pitoyable façon. Il rentra plus tard à Paris, fut très recherché comme maître de musique et largement payé; il n'en mourut pas moins dans la situation la plus précaire. On a de lui trois recueils de morceaux de piano et un de morceaux d'orgue, œuvres de valeur réelle.

Marche (ital., Marcia; ail. Marsch), musique dont le but est de régler l'allure d'une grande quantité d'hommes en marche; c'est en ce sens que la ni. est apparentée à la danse, et qu'elle est devenue pour ainsi dire elle-même une sorte de danse (qu'on songe à noire « polonaise » ou

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