MARCHE HARMONIQUE — MARCHESI
à l'ancienne • entrée » [Intrada], etc.). La m.
.si s;ms aucun doute fort ancienne. Les cortèges solennels étaienl déjà dans l'antiquité accompagnés de musique et nous n'avons aucune raison d'admettre que cette musique ne fut pas en forme de marche; la m. atteignit une forme artistique plus élevée dans la tragédie grecque, où le chœur se présentait dans un mouvement cadencé el se retirait de même, il est vrai que la musique qui accompagnait ces mouvements éiail non pas instrumentale, mais vocale. (Test avec bien peu de raison que nombre d'auteurs font remonter la marche millitaire à la guerre de Trente ans seulement. Les tambours, timbales, trompettes et flûtes suisses étaient déjà en usage au commencement du xvie s., peutêtrë même bien auparavant, lorsqu'un prince entrait dans la ville OU bien partait pour le champ de bataille (Virdung). Les timbales militaires ne sont-elles pas faites exclusivement pour marquer le pas. La m., en tant que morceau de musique, est issue sans doute des chants de soldats renforcés par les instruments. La forme de m., ainsi que nous la trouvons d'abord dans des opéras (Lully), puis comme morceau de piano (Couperin), est celle di - anciennes danses (deux reprises de huit ou seize mesures). La m. actuelle est, dans la régie, plus développée et contient un trio d'allure plus mélodique que la m. elle-même. — Les marches militaires sont ou bien des marches de parades (Pas ordinaires) ou des marches rapides (Pas redoubles) ou en tin des marclies d'attaque, d'allure entraînante (Pas de charge). Parmi les marches ayant une destination précise el spéciale (de fête, solennelle, religieuse, ces dernières presque uniquement pour les cortèges scéniques, etc.), la « Marche funèbre» (Marcia funèbre, Trauermarsdi) seule se distingue d'une façon absolument caractéristique.
Marche harmonique (ail. Sequenz), nom que l'on donne, dans la théorie de la composition, à la répétition d'un mêmemotif plus oumoinslong sur les différents degrés de la gamme ascendante ou descendante: lorsque, dans un morceau polyphonique, la m. h. se poursuit strictement dans toutes les parties, on doit nécessairement tolérer des formations harmoniques qui, dan- d'autres circonstances, seraient tout à fait mauvaises (par ex. des redoublements de sensible, de dissonance, etc.). Les théoriciens ont pendant longtemps méconnu la véritable signification de la m. h. (cf. Sechter), jusqu'au jour ou I'ïtis la découvrait, en insistant sur le fait que la m. h. est d'essence non pas harmonique mais mélodique, que, bien plus, tout développement harmonique cesse aussi longtemps que dure la m. La m. li. est aussi un moyen Fort répandu, mais dont il ne tant user qu'avec précaution. de troubler la symétrie rythmique d'une phrase, autrement dit de prolonger une de ses parti es (généralement la seconde moitié de la période!. En
effet, tant que dure ■ m. h., il est impossible
de produire \\\w impression de fin, de terminaison <\ . ce mot).
Marchesi,l. Ldigi (dit aussi Maeghesint), célèbre chanteur sopraniste (castrat), né à Milan en 1755, m. dans la même ville le 15 déc. 1829; il chanta déjà en 1773 à Munich, puis à Rome, Milan, Trévise. de nouveau à Munich, à Padoue, Florence, Naples et passait en 1780 pour le plus grand chanteur d'Italie. Il se produisit bientôt à Vienne et fut engagé en 1785, avec la Todi, et sous la direction de Sarti, pour St- Pélersbourg qu'il quitta cependant en 1788 déjà, à cause du climat. Il se rendit alors à Londres et y chanta un certain nombre d'années, se produisant de temps à autre en Italie, particulièrement à Milan. En 1800, il quitta tout à fait la scène et vécut dès lors retiré à Milan. — 2. Salvatore, chevalier de Castronk, marquis della Ra.tata, né d'une famille noble à Païenne le 15 janv. 1822, fut officier dans la garde de la noblesse napolitaine, mais en sortit déjà en 1840, à cause de ses opinions politiques. Il étudia le droit à Palerme et à Milan, et à côté de cela travailla la musique avec zèle, spécialement le chant, auprès de P»aimondi (Palerme), de Lamperti et de Fontana (Milan); puis, exilé à cause de sa participation à la révolution de 1848, il partitpourl' Amérique. Ildébuta à -New-York, dans le rôle d'Ernani (baryton); il étudia ensuite à Londres auprès de Garcia et se fit un nom comme chanteur de concerts. Il a épousé en 1852 Mathilde Graumann (v. plus loin). Après avoir, pendant quelque temps seulement, appartenu tous deux au personnel de diverses scènes (Berlin, Bruxelles, Londres et différentes villes d'Italie), ils furent engagés, en 1854, au Conservatoire de Vienne, comme maîtres de chant. De là, ils allèrent à Paris et continuèrent à voyager ensemble lorsque, en 1865, Mme M. fut appelée au Conservatoire de Cologne, et qu'en 1869, elle rentra au Conservatoire de Vienne. Depuis l'automne 1881, ils ont de nouveau fixe leur domicile à Paris. M. est non seulement un excellent maître de chant, mais aussi un intéressant compositeur de mélodies vocales (lieder allemands, « canzonette » italiennes, romances françaises, etc.): il a publié des vocalises et une méthode de chant, et traduit en italien plusieurs opéras allemands et français (« Le Vaisseau Fantôme ». « Lohengrin », « Tannhàuser », etc.). Il a aussi écrit, comme membre du jury, un compte rendu en italien sur les instruments de musique, à l'Exposition de Vienne en 187o. — 3. Mathilde de Castrone-M. (née Graumann), épouse du précédent, née à Francfort s./ M. le 20 mars 1820. élève de Nicolai, à Vienne (1843), et de Garcia, à Paris (1845). était déjà fort estimée comme cantatrice de concerts à Paris et à Londres, lorsqu'elle épousa M. (v. plus haut). Elle s'est acquis aussi une réputation très grande comme professeur de chant et compte sans aucun doute au nombre des meilleurs professeurs de notre temps. Mme M. a publié une méthode de chant et vingt-quatre cahiers de vocalises qui sont généralement reconnus comme excellents. Elle a écrit : Erinnerunyen <i>is meinem Leben (1877).
MARCHESIXI — MARIANI
Marchesini, v. Marchesi.
Marchetti, Filippo, compositeur d'opéras très estimé en Italie, né à Bolognola (Camerino) le 24 févr. 1835 (non pas 1831); élève du « Gonservatorio San Pietro a Majella » (Naples), débuta comme compositeur scénique en 1856, au Théâtre national de Turin, avec l'opéra Gentile da Varano, qui fut suivi en 1857, à Turin et à Rome, de La démente. Malgré le succès remporté par ces premières œuvres, il n'osa pas faire représenter un nouvel opéra : II Paria, à Rome, quitta cette ville, où il s'était établi comme maître de chant, et partit pour Milan. Là, il rencontra d'abord les mêmes diflicutés, mais donna enfin en 1865, au théâtre Garcano : Romeo e Giulielta, qui eut un succès complet, bien qu'à la même époque l'opéra du même nom, de Gounod , arrivât sur la scène de la Scala. Enfin les portes de la Scala s'ouvrirent aussi pour son Ruy Blas (1869) qui fit sensation en Italie, mais ne reçut plus tard, il est vrai, qu'un accueil fort tiède, à Dresde, en 1879. Ses œuvres plus récentes : L'amore alla prova (Turin, 1873), Gustav Wasa (Milan, 1875) et Don Giovanni d'Austria (Turin, 1880) eurent peu de succès; cependant le dernier de ces opéras fut accueilli, à sa reprise (Rome, 1885) avec enthousiasme. M. est, depuis 1881, président de l'Académie Ste-Gécile, à Rome.
Marchettus de Padoue (Marchetto est le diminutif de Marco), savant musicien de la fin du xiiie et du commencement du xive s., a écrit deux traités théoriques fort intéressants: Lucidarium in arte musicae planae, et Pomerium artis musicae mensurabilis, lesquels sont tous deux reproduits dans les « Scriptores, etc., » m, de Gerbert ; ils appartiennent tous deux à une époque qui était à la recherche de moyens d'expression pour un art en pleine efflorescence et contiennent pas mal d'opinions différentes de celles exposées peu de temps après, par Jean de Mûris et d'autres théoriciens.
Marchisio, nom de deux cantatrices (sœurs), Garlotta (soprano, née à Turin le 6 déc. 1836) et Barbara (alto, née dans la même ville le 12 déc. 1834) ; toutes deux débutèrent à Venise, en 1851, et chantèrent ensuite avec un succès croissant à Florence, Milan, Naples, Rome, Parme. Paris (1859-1860, au Théâtre Italien), Londres, Berlin, St-Pétersbourg, etc. Garlotta, qui avait épousé le chanteur viennois E. Kuhn, mourut à Turin, le 28 juin 1872. Barbara s'est également mariée et a renoncé à la scène.
Marcia (ilal.), marche (v. ce mot) ; ?narciale, en manière de marche, ne pas confondre avec martiale (v. ce mot).
Maréchal, Hexri, compositeur, né à Paris le 22 janv. 1842; se sentit attiré d'abord vers la poésie, mais travailla ensuite le solfège avec A. Ghevé (1859) et E. Batiste (1861), le piano avec Ghollet et rharmonie avec B. Laurent. Puis, sur les conseils d'A. de Castillon, sa famille le confia à Victor Massé dans la classe duquel il entra, lorsque plus tard, en 1866, celui-ci fut nommé professeur au Conservatoire : quatre
ans plus tard, M. obtint le premier grand pris de Rome (cantate : Le jugement de Dieu), après avoir suivi aussi les cours de Benoist (orgue) et de Ghauvet (contrepoint, fugue). Il débuta, à son retour de Rome, par un poème sacré intitulé La Nativité (1875), mais se voua ensuite plus particulièrement à la scène pour laquelle il écrivit successivement : Les Amoureux de Catherine (1876, Opéra-Comique), La taverne des Trabans (1876, prix Monbinne; 1891, Opéra-Comique, L'Etoile (1881, un acte), Déidamie (1893), Calendal (1894, Rouen), Piru/Sîn (1895). Entre temps, M. composa la musique de scène de plusieurs ouvrages : L'Ami Fritz-, Les Rantzau, Smilis, Crime et châtiment, puis il manifesta son activité dans d'autres domaines, en donnant : Les vivants et les morts (quatre voix et orchestre, 1886); Le miracle de Nain (drame sacré, 1887) ; Esquisses vénitiennes (pièces pour orchestre, 1894) ; des scènes chorales ; des motets ; des mélodies et enfin trois préludes d'orchestre, extraits de Daphnis et Chloé (opéra en trois actes).
Marenco , Romualdo, compositeur italien d'opéras et de ballets, né à Novi-Ligure le 1er mars 1841 ; nommé directeur de la musique de ballets à la Scala de Milan, en 1873, avait débuté en 1869, à Gènes et à Milan, par des ballets (plus de vingt, jusqu'à ce jour) ; mais il a aussi donné plusieurs opéras : Lorenzino de' Medici (Lodi, 1874), 1. Moncada (Milan, 1880) et Le diable au corps (opérette : Paris, 1884).
Marenzio, Luca, compositeur remarquable, né à Goccaglio, près Brescia, vers 1550 ou 1560 ; devint en 1584 maître de chapelle du cardinald'Este, puis pendant plusieurs années, et avec un traitement de 1000 Scudi, de la Cour de SigismondIIIde Pologne. Il remplit ensuite, à partir de 1595 environ, les fonctions d'organiste de la Chapelle pontificale, à Rome, où il mourut déjà le 22 août 1599, d'un chagrin d'amour, dit-on, parce que des obstacles insurmontables s'opposaient à son union avec une parente du cardinal Aldobrandini qu'il aimait follement. M. est certainement le représentant le plus remarquable des compositeurs de madrigaux ; mais il ne se borna pas à ce seul genre. Ses contemporains l'appellent il piu dolce cif/no (le plus doux des cygnes), divino compositore, etc. La facture de M. se rapproche de la tonalité moderne, c.-à-d. que, selon la terminologie de ses contemporains, elle est chromatique et introduit, sans hésiter, le dièse ou le bémol accidentel, pour obtenir une modulation plus facile et plus nettement accusée. Les œuvres imprimées de M. sont : neuf livres de madrigaux à cinq voix (Venise. Gardano, 1580-1589; plusieurs fois réédités: édition complète in 4° par Pierre Phalèse, 1593): six livres de madrigaux à six voix chez Gardano (1582-1591; éd. compl. par Phalèse, 1610) : un livre de madrigaux de quatre à six voix (1588); un de madrigaux à quatre voix (1592, réédité en 1608) : un de Madriç/oH s}>irituali à cinq voix (1584); deux de motets à