‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 307 sur 542 · MOSEL · texte numérisé non relu

MOSEL

MOSONYI

des leçons de piano. Il y fut accueilli dans les cercles les plus distingués ; Beethoven s'intéressa à lui et, déjà en 1814, la transcription pour piano de « Fidelio » lui fut confiée. Ce fut à ce moment que s'éleva entre M. et Meyerbeer, -qui séjournait alors également à Vienne, un conflit artistique qui cependant ne troubla en rien leurs relations personnelles. M. entreprit ■en 1820 sa première tournée de concerts à Munich, Dresde et Leipzig, puis il se rendit la même année à Paris, où il fit sensation, et s'établit, en 1821, à Londres, où il devint bientôt le maître le plus recherché ; en même temps que .son autorité comme compositeur augmentait rapidement. Des voyages réitérés sur le continent y entretinrent le souvenir de sa virtuosité, ■et,lorsque Mendelssohn fonda le Conservatoire •de Leipzig (1843), il s'assura la collaboration •de M. En 1846, M. transporta son domicile à Leipzig et contribua par sa présence au développement de la renommée de l'institution, à laquelle il voua jusqu'à sa mort tout son talent pédagogique. Les compositions de M. (142 nos •d'op.) sont de genres très divers ; à côté d'un grand nombre de morceaux brillants de virtuosité et de morceaux de salon légers, il a écrit •des œuvres d'une importance durable et d'une •couleur originale. Ce qui caractérise ces dernières, c'est un ceitain pathos, que l'on ne doit pas tout à fait qualifier d'affecté, une certaine « grandezza » dont l'auteur se défait rarement. Son harmonie est intéressante et son rythme nettement marqué. Des sept concertos qu'il a •écrits pour piano (op. 45, 56, 58, 87, 90, 93, le dernier sans n° d'op.), deux seulement : le 3e {sol min.) et le 7e (concerto pathétique) sont encore estimés de nos jours; mais ses œuvres de musique de chambre (sextuor pour piano, violon, flûte, deux cors et violoncelle, op. 35; septuor pour piano, quatuor d'instr. à archet, •clarinette et cor, op. 88 ; trio, op 84; duos pour piano et divers instruments ; variations, rondos, etc., pour différentes combinaisons instrumentales) sont presque totalement oubliées ; par •contre, le grand duo pour deux pianos ( Hommage à Hœndel) op. 92, la Sonate mélancolique, op. 49 (pour piano à deux mains), ainsi que la ■Sonate caractéristique, op. 27, et les Allegri di bravura, op. 51, ne manquent pas, aujourd'hui -encore, de produire leur effet. D'excellentes collections d'études de M. sont répandues partout, ce sont les vingt-quatre études, op. 70, et les Charakteristische Sludien, op. 95. M. a traduit •en anglais la biographie de Beethoven de Sclïindler, et y a fait de nombreuses additions, rlhe life of Beethoven. 1841, 2 vol.). On trouvera d'autres détails sur la vie de M., ainsi qu'un catalogue complet de ses œuvres, dans : Aus M,' Leben. Nach Brief'en und Tagebûchern herausgegeben von seiner Frau (1872, 2 vol.; publiés par sa femme). Cf. aussi : F. Moscheles, Briefe von M. Mendelssohn - Bartltoldy an lgnaz und Charlotte Moscheles (1888).

Mosel, Ignaz -Franz (Edler von), musicographe de mérite, né à Vienne le 1er avr. 1772, m. dans la même ville le 8 avr. 1844 ; auteur de

plusieurs opéras, ouvertures , hymnes, psaumes, etc. M. dirigea en 1816 le premier concert delà «Société des Amis de la musique », fut nommé conseiller aulique et anobli. En 1820, il fut appelé au poste de second directeur des théâtres de la Cour et remplit ensuite, de 1829 jusqu'à sa mort, les fonctions de conservateur de la Bibliothèque de la Cour. M. a écrit : Versuch einer Aesthetik des dramatischen Tonsatzes (1813) ; Ueber das Leben und die Werke des Antonio Salieri (1827) ; Ueber die Originalpartitur des Requiems vom W.-A.

Mozart (1829) ; Geschichte der HofbibliotJiek (1835) et Die Tonkunst in Wien wàhrend der letzten fûnf Dezennien (1818, dans 1' «Allgemeine Musikalische Zeitung », de Vienne ; tirage à part en 1840).

Mosewius, Johann-Theodor, né à Kœnigsberg le 25 septembre 1788, m. à Schaffhouse le 15 sept. 1858, au cours d'un voyage de vacances ; étudia le droit, mais embrassa peu après la carrière musicale. Il fut d'abord chanteur scénique à Kœnigsberg et à Breslau, mais devint, plus tard, dans cette dernière ville, second professeur de musique de l'Université (1827), bientôt après directeur del'« Institut académique de musique d'église», et, enfin, en 1832, directeur de musique de l'Université. Le mérite de M. consiste principalement dans la fondation de la « Singakademie » de Breslau (1825) et dans l'effet bienfaisant de cette institution sur le développement musical de cette ville. Son influence ne fut pas seulement vivifiante, elle s'empara de tous les esprits ouverts pour les conduire dans la bonne voie. Dans aucune localité d'Allemagne, les classiques de toutes les périodes d'art, Bach et Hœndel, Mozart et Beethoven, n'ont été aussi cultivés à cette époque, ni honorés d'exécutions aussi excellentes que sous la direction de M., à Breslau. M. a écrit : J.-S. Bach in seinen Kirchenkantatenund Cl 't or algesàngen (1845) etJ.-S.Bachs Matthciuspassion (1852).-

Mosonyi (Michael Brandt, surnommé M.), compositeur national hongrois, né à Wieselburg le 4 sept. 1814, m. à Budapest le 31 oct. 1870; publia ses premières compositions (des lieder) sous son véritable nom de Brandt, fit exécuter une symphonie à Pesth, et écrivit, pour la consécration de la basilique de Graz, un offertoire et un graduel. Ce fut en 1860 seulement qu'il commença à publier des compositions nationales, sous le pseudonyme M., soit d'abord des morceaux pour piano (Etudes pour le perfectionnement de la musique hongroise; Monde d'enfants), puis des œuvres orchestrales (une symphonie funèbre en mémoire du comte E. Szechenyi ; une ouverture sur l'air national Szozat : un poème symphonique : Triomphe et deuil de Honved) et deux opéras {La belle llka, donné à Pesth en 1861, et Almos, non représenté). Liszt voulait faire représenter à Weimar (1857) un opéra allemand de M., mais il exigea quelques changements du compositeur qui, sur ces entrefaites , jeta sa partition au feu.

MOSZKWA

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