MOTIF
Moszkwa, Joseph-Napoléon Ney, prince de la, fils aîné dn maréchal Ney, né à Paris le 8 mai 1808, m. àSt-Germain en Laye le 25 juil.1857: homme d'Etat français et membre de la Chambre des pairs sous Napoléon III, sénateur et général de brigade, était un musicien fort instruit et doué. Il fit exécuter en 1831, à l'Ecole de musique de Choron, une grande Messe avec orchestre, qui dénotait une connaissance approfondie du style fugué, et fut également bien accueilli à l'Opéra -Comique, avec : Le Cent- Suisse (1840) et Yvonne (1855). M. fonda en 1843 la Société de musique vocale, religieuse et classique qui se donnait pour tâche l'exécution d'œuvres vocales des xvie et xvne s., et que le prince dirigeait lui-même, dans son palais. Cette Société a publié une collection de grande valeur des œuvres exécutées par elle (Recueil des morceaux de musique ancienne exécutes, etc., 11 vol.).
Mosso (ital.), agité.
Moszkowski, Moritz, compositeur et excellent pianiste, né à Breslau le 23 août 1854, où son père, originaire de Pologne, vivait de ses rentes ; reçut les premières notions musicales à Breslau et à Dresde et continua son éducation artistique au Conservatoire Stern et surtout à celui de Kullak, à Berlin. Il enseigna ensuite, pendant quelque temps, dans ce dernier. M. organisa en 1873 son premier concert, à Berlin, et remporta un vif succès ; depuis lors, il a donné des concerts à plusieurs reprises, soit à Berlin, soit ailleurs (Paris, Varsovie), et s'est rapidement créé un nom. Après avoir vécu longtemps à Berlin, il s'est fixé, en 1897, à Paris. Comme compositeur, on ne peut refuser à M. de l'habileté et un certain raffinement, cependant il manque de réelle et profonde originalité. Les premières œuvres de M. qui se soient répandues sont ses Spanische Tânze pour piano, morceaux pleins de fraîcheur et travaillés avec soin; dans la suite, son poème sym phonique, Jeanne d'Arc, a eu du succès. Citons encore deux morceaux de concert et un scherzo pour violon et piano, trois morceaux de concert pour violoncelle et piano, deux suites d'orchestre (op. 39 et 47), Phantastischer Zug pour orchestre, un concerto de violon (op. 30), un de piano, un certain nombre de morceaux de piano, trois études de concert, une valse et une gavotte de concert, etc., puis des lieder. Son opéra, Boabdil (Berlin, 1892), n'a obtenu qu'un médiocre succès, la musique du ballet seule a réussi à conquérir les suffrages du public. Son frère, Alexandek, né à Pilica, en Pologne, Le 15 janv. 1851, vit à Berlin comme chroniqueur musical du Deutsclies Montagsblatt et rédacteur aux Berliner Wespen. Il est un humoriste de talent.
Motet (lat. motetus, mutetus, motellus, motect", <tc: ital. motetto; ail. Molette; angl. motet), nom que l'on donne depuis plusieurs siècles à certains morceaux de musique d'église polyphonique, de dimensions modestes et sans aucun accompagnement instrumental; le m. esl basé sur un texte biblique, généralement
en latin, mais souvent aussi dans une autre langue. Les compositeurs de la première période de la musique vocale accompagnée (à partir de 1G00) ont bien écrit des m. avec « continuo », ou avec accompagnement de plusieurs violons,, voire même des m. pour une voix (a vocesola)^ avec accompagnement ; mais il convient de remarquer qu'il s'agit uniquement d'exceptions,, tandis qu'en l'espèce le m. est polyphonique et non accompagné. Quant à l'étymologie du motluimème, motetus, si souvent corrompu, au xvie s. surtout, c'est Walter Odington, le premier (vers 1225), qui nous en donne la clef, en définissant le m. : brevis motus cantilenœ ; motetus serait donc un diminutif, formé à la française,, du mot motus. Ambros, au contraire, fait venir m. de «mot» (ital.mo^o).Les indications de Odington. pour la composition d'un motetus concluent à un mouvement continu en l'un des six modes (v. ce mot) de mesure, dans la partie qui caractérise justement le m. et qui porte le nom de médius: cantus (troisième partie intercalée entre le ténor et le déchant et qui, par ce fait, porteparfois le nom même de motetus). Francon de Cologne nous apprend, de plus, dans Ars cantus mensurabilis, que le motetus avait deux textes différents : l'un pour le ténor, l'autre pour l'alto et le soprano ; un autre traité, plus ancien encore, Discantus vidgaris posilio (xn* s.), fait tout particulièrement observer que lemotetus ne s'exécute pas note contre note avec leténor,mais qu'il en diffère soit parles durées, des sons, soit par les silences. Une monographie complète de ces anciennes formes musicales (organum, motetus, conductus, rondellusr etc.) manque malheureusement encore; cependant les matériaux en ont été mis à la disposition de chacun par Gerbert et de Coussemaker,. dans leurs anthologies.
Motif, nom que l'on donne, en musiquecomme en architecture, aux plus petits fragments caractéristiques d'une œuvre d'art (cf. thème et imitation). Il est question tout d'abord de m. rythmiques, c.-à-d de mélanges caractéristiques de longues et de brèves. Lorsqu'un, m. remplit une mesure composée de deux on de trois temps, de telle façon que son accentuation coïncide chaque fois avec celle de la mesure, on peut lui donner le nom de motif-mesure (ail. Taktmotiv) ; lorsqu'il ne remplit qu'un seul temps (cf. métrique), celui de motiftemps (ail. Unterteilungsmotiv ou Figurationsmotiv). Mais le m. rythmique et le mètre ne coïncident pas toujours: le m. rythmique peut être binaire, par ex., dans une mesure ternaire, etc. ; diverses interprétations du mi nécessitées par le mètre, surviennent alors, de façon à ne pas altérer le caractère delà mesure; ainsi, dans le passage suivant, de Beethoven (sonate, op. 14,2) :