MOZART
Zauberflbte (« La flûte enchantée » ; 30 sept. 1791) pour Vienne (Schikaneder) ; et enfin son dernier ouvrage, le Requiem (cf. Festschrift zu Mozartcentennarfeier, 1891, dans laquelle Joh.- Ev. Engl prouve que Mozart a laissé cette œuvre presque entièrement terminée). L'enterrement de M. fut aussi simple et aussi peu coûteux que possible ; l'immortel musicien n'eut pas seulement sa propre tombe mais fut, sans aucune cérémonie (ses quelques amis n'accompagnèrent le cercueil que jusqu'à mi-chemin), enseveli dans la fosse commune, en sorte qu'il est actuellement impossible de déterminer la place exacte où son corps repose. Cependant un monument a été élevé à sa mémoire en 1859, le jour de l'anniversaire de sa mort, dans le cimetière de St-Marc ; une superbe statue lui avait été érigée auparavant déjà, à Salzbourg ■(1841). — Nous restons confondus aujourd'hui devant le riche héritage que le maître, mort si jeune, a laissé au monde. M. possédait en maître incomparable les secrets de l'expression et de la forme musicales. Son individualité est faite de charme et de douceur intime; son humour est moins extravagant que celui de Haydn, mais la gravité parfois morose de Beethoven lui est, d'autre part, absolument étrangère. Son style résulte de la plus heureuse combinaison de verve mélodique italienne et de profondeur, de robustesse allemande. Les natures qui se rapprochent le plus de la sienne sont celles de Schubert et de Mendelssohn qui, comme lui, firent preuve d'une fécondité et d'une facilité de travail extraordinaires et, comme lui aussi, moururent à la fleur de .'âge. L'importance de M. en tant que compositeur est universelle. Dans les domaines les 3lus divers : opéra, musique symphonique, musique de chambre, musique d'église, etc., il a réalisé des progrès et créé des chefs-d'œuvre d'une beauté impérissable. L'application des idées réformatrices de Gluck (adaptées par
eur auteur à des sujets sérieux, empruntés à
'antiquité ou à la mythologie) à des scènes joyeuses, imitées des événements de la vie quotidienne, a créé des types qui seront considérés
ongtemps encore comme des modèles du genre. Un siècle entier, écoulé depuis le jour de leur Dremière apparition, n'a réussi à leur porter aucune atteinte: rien, absolument rien n'est
|eilli, ni démodé dans Don Juan, Les noces de Figaro, Cosi fan lutte, ni La flûte enchantée. Le catalogue de l'édition monumentale complète et critique des œuvres de M., publiée de 1876 à 1886, par Breitkopf et Hsertel, comporte : I. Musique d'église (séries I à IV) : quinze Messes, quatre litanies, un Dixit et un Magnificat, quatre Kyrie, un madrigal, un Veni Sancte, un Miserere, une Antienne, trois Regina cœli, un Te Deum, deux Tantum ergo, deux chants d'église allemands, neuf offertoires, un De p>ro] cundis, un air d'église, un motet avec soprano-solo, un motet à quatre voix, un graduel, deux hymnes, Grabmusik (cantate pour la passion), Davidde pénitente (cantate) et deux autres cantates pour les cérémonies francs -maçonni-
ques {Maurerfreude, et Kieine Freimaurerkantale). II. Musique scénique (série V) : Die Schûldigkeit des ersten Gebots (en partie seulement de M.), Apollo et Hyacinthus (comédie en latin, avec musique), Bastien und, Bastienne («Singspiel»), La finta semplice (opéra bouffe), Mitridate,re di Ponto (opéra), Ascanio in Alba (sérénade théâtrale), Il sogno di Scipione (id.), Lucio Silla ( opéra ), La finta giardiniera (opéra bouffe), Il re pastore (cantate dramatique), Zaïde (opéra allemand), Thamos, Kœnig in JEgypten (drame héroïque, avec musique), Idomeneo, re di Creta (ou Ilia ed Adamante, opéra), Die Entfuhrung aus dem Sérail («L'enlèvement au Sérail », « Singspiel » comique), Der Schauspieldirehtor (comédie, avec musique), Le nozze di Figaro ( « Les noces de Figaro », opéra bouffe), Don Giovanni («Don Juan », id.), Cosi fan tutte (id.), La clemenza dï Tito (opéra), Die Zauberflote (« La flûte enchantée », opéra romantique). III. Musique vocale de concert (série VI) : vingt-sept airs et un rondo pour soprano avec orchestre, un air pour alto, huit pour ténor, cinq airs et une ariette pour basse, un chant de guerre allemand, un duo pour deux sopranos, un duo comique pour soprano et basse, six trios, un quatuor. IV. Lieder, etc. (série VII) : trentequatre lieder pour une voix avec piano, un lied avec chœur et orgue, un chœur à trois voix avec orgue, un trio comique avec piano, vingt canons à vingt voix ou plus encore. V. Musique d'orchestre (séries VIII à XI) : quarante et une symphonies, deux mouvements de symphonie, trente et un divertissements, sérénades et cassations, neuf marches, vingtcinq danses, Maureriscîie Trauermusik, Ein musihalischer Spass pour quatuor d'instr. à archet et deux cors, une sonate pour basson et violoncelle, un adagio pour deux cors de basset et basson, un autre pour deux clarinettes et trois cors de basset, un adagio pour harmonica, deux adagio et allegretto pour harmonica, flûte, hautbois, alto et violoncelle, fantaisie pour jeu de timbres, andante pour orgue de Barbarie. VI. Concertos et morceaux de concert, avec orchestre (séries XII et XVI) : six concertos pour violon, six morceaux pour violon-solo, « Concertone » pour deux violons, «Concertante» pour violon et alto, un concerto pour basson, un concerto pour flûte et harpe, deux concertos pour flûte, un andante pour flûte, quatre concertos pour cor, un concerto pour clarinette, vingt-cinq concertos pour piano, un rondo de concert pour piano, un double concerto pour deux pianos, un triple concerto pour trois pianos. VII. Musique de chambre (séries XIII à XV, XVII et XVIII) : sept quintettes pour instr. à archet (deux altos); un quintette pour un violon, deux altos, cor (violoncelle ad libit.) et violoncelle ; un quintette pour clarinette et quatuor d'instr. à archet ,• vingt-six quatuors pour instr. à archet ; Nachtmusik, pour quintette d'instr. à archet (avec contrebasse); adagio et fugue pour quatuor d'instr. à archet ; un quatuor pour hautbois et
MUANGE
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trio d'instr. à archet; un divertissement pour trio d'instr. à archet; deux duos pour violon et alto ; un duo pour deux violons ; un quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson ; deux quatuors pour piano et trio d'instr. à archet; sept trios avec piano ; un trio pour piano, clarinette et alto ; quarante-deux sonates pour violon, puis un allegro et deux thèmes variés pour piano et violon. VIII. Musique de piano (séries XIX à XXII) : a) à quatre mains : cinq sonates et un andante, avec variations: b) pour deux pianos: une fugue et une sonate ; c) à deux mains : dix-sept sonales, fantaisie et fugue, trois fantaisies, quinze thèmes avec variations, trente-cinq cadences pour des concertos de piano, plusieurs menuets, trois rondos, une suite, une fugue, deux allégros, allegro et andante, andantino, adagio, gigue. IX. Musique d'orgue (série XXIII) : dixsept sonates, en majeure partie avec deux violons et violoncelle. Le supplément (série XXIV) contient les œuvres inachevées (entre autres le Requiem) et douteuses, ainsi que les transcriptions d'œuvres d'autres compositeurs (le «Clavecin bien tempéré » de Bach, pour quatuor d'instr. à archet, etc.). Les travaux biographiques d'un Niemtschek (1798), d'unNissen (1828), d'Oulibicheff (1843), de Holmes (1845), de Goschler (éd. française, 1857),etc.,sont dépassés et absorbés par l'ouvrage qu'Otto Jahn a consacré à M., après avoir épuisé toutes les sources de renseignements (1856 à 1859, 4 vol.; 2e éd., 1867,2 vol.; 3e éd., 1891-1893, revue par Deiters; trad.angl. par Townsend), monument vraiment digne de ce favori du monde musical. D'autres auteurs cependant ont encore apporté quelques contributions de valeur sur M. ; ainsi Ludwig Nohl, (Die Zauberfiote, 1862 ; Mozarts Leben, 2e éd., 1876; trad. angl. de Mrs. Wallace, 1877 ; Mozarts Brief'e, 2e éd., 1877 ; M. nacli den Schilderungen seiner Zeitgenossen, 1880), etPohl (Mozart und Haydnin Londori). Enfin, il faut noter, comme un ouvrage de grande valeur, le Chronologisch-lhematisches Verzeichnis sdmtlicher Tonwerke W.-A. Mozarts, de von Kôchel (1862, supplément 1889). Des deux fils de Mozart, l'aîné, Karl (né en 1784) mourut comme fonctionnaire, à Milan, en 1859. Le cadet — 4. Wolfgang-Amadeus, du même nom que son père, né le 26 juii.1791, m. àCarlsbad le 30 juil. 1844, étudia le piano sous la direction de A. Streicher, Albrechtsberger et Neukomm, et vécut de nombreuses années à Lemberg, comme maître de musique et directeur du • ( :;i'cilienverein » fondé par lui. Ses œuvres (deux concertos pour piano, une sonate pour piano seul et une pour piano et violon , un quatuor pour instr. à archet, un trio avec piano, des thèmes avec variations, des polonaises, etc.) n'ont aucune valeur et ne doivent pas être confondues avec celles de son père.
Muance (ail. Mutation), nom que l'on donnait, dans l'ancienne théorie de la solmisation (v. ce mot), au passage d'un hexacorde dans l'autre. Les rangées verticales et placées entre crochets, dans le tableau suivant, sont les
hexacordes (les anciennes lettres de la notation alphabétique sont remplacées par celles dont l'usage est courant de nos jours) :
sol
fa
la
mi
sol
re
fa
ut
mi
re
ut
ru
la
sol
sol
fa
fa
mi
la
mi
re
sol
re
ut
fa
ut -jT
mi J7
la
sol
re
sol
ta
ut
fa
mi
mi
re
re
ut
ut
Les hexacordes désignés au moyen d'un |j portaient le nom d'hexacorda dura (avec si naturel, h), ceux qui le sont au moyen d'un j? le nom d'hexacorda mollia (avec si bémol, b), les autres le nom d'hexacorda naturalia (ne renfermant ni si naturel, ni si bémol). Les rangées horizontales du même tableau donnent les noms composés de solmisation, de Gamma ut
à e la, qui furent en usage en Italie, en Espagne, etc., jusqu'à la tin du siècle dernier. En France, d'autres dénominations, proposées par L. Bourgeois, devinrent usuelles à partir du xvie s ; ce système commence au grave par F, correspondant à ut, et se reproduit identique pour chaque octave :
ut
re
mi
fa
sol
la
fa
sol
la
ut
re
mi
ut
re
mi
sol
la
Ces dénominations se conservèrent même un certain temps après l'adoption du si (cf. eobi-
SATIONS).
Muck, Garl, né à Darmstadt le 22 oct. 1859, fit des études de philosophie à Heidelberg et à Leipzig, prit son doctorat, puis se voua entièrement à la musique. Après avoir suivi pendant trois ans les cours du Conservatoire de Leipzig, il devint successivement chef d'orchestre à Zurich, Salzbourg (1881), Brùnn (1882), Graz (directeur de la « Société de musique de Styrie », 1884) et Prague (Théâtre allemand, 1886). En 1892, M. se délia d'un engagement que lui avait offert Pollini, à Hambourg, pour accepter
MUDIE -
l'un des postes de chef d'orchestre de la Cour, à l'Opéra royal de Berlin.
Mudie, Thomas -Molleson, compositeur anglais, né à Ghelsea le 30 nov. 1809, m. à Londres le 24 juil. 1876; élève de Brotch à 1' « Academy of music », professeur, de 1832 à 1844, au même établissement. De 1844 à 1863, il fut maître de musique à Edimbourg et séjourna depuis lors à Londres. M. a publié de nombreux morceaux de piano, des duos, des fantaisies sur des airs écossais, une collection de chants religieux, beaucoup de romances, etc.; en outre, on a exécuté de lui, à la « Society of British musicians », trois symphonies, un quintette avec piano et un trio, qui, selon l'avis de Macfarren, sont très remarquables.
Mue, transformation de la voix d'enfant en voix d'homme, se produisant à l'époque de la puberté et provenant d'une augmentation notable du volume des cordes vocales. Le jeune garçon ne doit en aucun cas chanter pendant la période de la mue, qui dure parfois toute une année.
Muffat, 1. Georg, compositeur remarquable du xvne s., né probablement en Allemagne, mais issu d'une famille anglaise émigrée au xvie s., m. à Passau le 23 févr. 1704; étudia pendant six ans, à Paris, le style Lully, fut ensuite organiste de la cathédrale de Strasbourg, jusqu'en 1675, et vécut quelque temps à Vienne. Il doit avoir été déjà quelques années avant 1682 organiste de la Chapelle épiscopale de Salzbourg, car le séjour qu'il fit à Rome ne lui fut possible que grâce à une allocation de son maître, qui le rappella à Salzbourg le 18 oct. 1682. Lorsque ce dernier mourut, en 1687 (3 mai), M. chercha sans doute à entrer au service de l'évèque de Passau; il ne fut d'abord qu'organiste et n'obtint probablement qu'en 1695 le poste de maître de chapelle et d'intendant des pages. M. a publié : Armonico tributo (1682, sonates pour plusieurs instruments), Suavioris karmoniae instrumentais hi/porchematicae florilegium (1695, 1698; deux parties, contenant 50 et 62 danses pour quatre ou huit violons, avec « continuo »), Apparatus musico-organisticus (1690, contenant douze toccatas, une chaconne et une passacaglia), enfin douze concertos pour instr. à archet (1701). — 2. August- Gottlieb, fils du précédent, né le 17 avr. 1683, m. à Vienne le 10 déc. 1770; élève de J.-J. Fux, nommé organiste de la Cour impériale, à Vienne en 1717, fut pensionné en 1764. Il a publié : 72 Motet! en oder Fugen samt 12 Tokkaten (pour orgue, 1726) et Componimenti musicali (pour piano, 1727; avec un traité des ornements).
Mùhldœrfer, Wilhelm-Karl, né à Graz le 6 mars 1837; fut jusqu'en 1881 second chef d'orchestre au Théâtre municipal de Leipzig, et depuis lors chef d'orchestre au Théâtre de Cologne; il a composé plusieurs opéras (Ky filialiser, Der Kommandant von Kœnigstein, Prinzessin Rebenblûte, Der GotdmacJter von Strassburg [Hambourg, 1886], Jolanthe [Cologne, 1890]), puis la musique pour de nombreuses comédies, des ouvertures, un ballet