‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 317 sur 542 · MUTA · texte numérisé non relu

MUTA

MYSLI\YECZEK

lal ou théâtral, l'harmonisation est plus raffinée, plus pittoresque, mais l'ensemble n'atteint que dans des cas exceptionnels la grandeur et la .sévère beauté de conception des œuvres d'un Bach. Les représentants les plus qualifiés de ces tendances modernes dans la m. d'église sont : Mozart {Requiem), Beethoven (Missa solemnis), Fr. Liszt et Fr. Kiel. Cf. la liste des principaux représentants modernes de la m. d'église catholique, dans le catologue du « Caecilienverein » (Batisbonne, 1870).

Musique scénique. La m. scénique, en tant que m. unie à la poésie et à la mimique (action) scénique, ne doit pas être considérée au point de vue étroit de la forme purement musicale. La nécessité esthétique de l'unité d'idée exige dans la structure de la m. pure (v. plus haut) la continuité de certaines subdivisions régulières, le retour des thèmes, l'unité ou tout au moins la parenté, la cohésion des tonalités (cf. formes). Cette contrainte n'existe pas pour la m. scénique et l'on pourrait discuter la question de savoir si Wagner, que l'on a coutume de faire passer pour un antiformaliste, n'est pas précisément allé trop loin en cherchant, dans ses derniers drames musicaux, à maintenir l'unité thématique dans la m. scénique. Ces tendances restèrent tout à fait étrangères à l'ancien opéra qui lui, bien au contraire, pèche contre les lois de l'unité de l'œuvre d'art ; en effet, l'opéra se subdivise en une série de morceaux qui, bien que soudés les uns aux autres, forment chacun un tout à part (scène), une petite œuvre d'art bien trop complète en soi pour pouvoir se résoudre entièrement en une unité d'ordre supérieur ; souvent même l'action dramatique se trouve enrayée par tout ce bagage musical. C'est pour cette raison que la réaction suscitée par Gluck, au siècle dernier, et par Wagner, dans le nôtre, contre l'envahissement de l'idée de l'œuvre d'art dramatique par la musique, en soi belle et pleinement satisfaisante, doit être considérée comme une nécessité absolue et conforme aux exigences du style lui-même. La question se pose seulement de savoir si les « leitmotifs » de Wagner ne sont pas, eux aussi, un formalisme récusable ; c'est là ce que, seul, le développement ultérieur de l'art peut nous apprendre. Si un tempérament moins génial, moins éminemment créateur que ne le fut Wagner parvient à produire des œuvres de mérite conçues dans les formes inaugurées par ce dernier, le jugement de l'histoire leur sera favorable ; autrement, il faudra bien reconnaître que c'est uniquement grâce à la richesse de son imagination et à la maîtrise de sa technique que Wagner parvint à éviter les dangers d'un formalisme rigide. Le premier devoir de toute m. scénique est d'accentuer la cadence naturelle des mots, jusqu'au point où elle se transforme en « chant », ce qui ne veut point dire que le récitatif soit la quintessence du chant scénique, mais bien au contraire le degré le plus inférieur de ce chant ; l'exclusion de la mélodie proprement dite (suprême degré de l'accentuation) serait un non-

sens. Quant aux raisons que Ton avance contre I'ensemble vocal dans le drame musical, elles reposent sur des théories qui sont loin d'être encore bien assises. La tâche de la m. instrumentale accompagnatrice, dans le drame lyrique, consiste à créer et à maintenir en quelque sorte une « atmosphère », à relier le chant des différents personnages, à commenter d'une façon explicite le sens de leurs paroles ; elle compose à elle seule le véritable milieu dans lequel vit le personnage chantant, elle est indispensable à la continuité de l'illusion et au maintien de l'état de tension poétique. La m. instrumentale opérant la transformation de tout bruit, de tout mouvement en une forme musicale artistique, il est absolument naturel que le personnage en scène chante au lieu de parler. C'est pour cette raison que la déclamation, accompagnée d'un commentaire musical, restera toujours une forme bâtarde; la simple récitation est un élément bien trop sec et trop commun pour se laisser rehausser par la musique, dont la puissance impressive, tout au contraire, se trouve de la sorte beaucoup affaiblie. Seules, par conséquent, les scènes muettes du drame parlé supportent d'être accompagnées de musique. Le rallet est en définitive un genre artistique plus relevé, parce que plus pur, que le mélodrame. Le ballet-pantomime est une sorte de surenchérissement de la mimique, comparable à celui de la parole par le chant. Quant à la m. descriptive, qui doit être jugée en majeure partie au même point de vue que la m. scénique, v. plus haut : m. pure et

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