‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 326 sur 542 · NORMAND · texte numérisé non relu

NORMAND

Conservatoire. — Son iils Emile, né à Paris le 2 avr. 1821, m. dans la même ville le 18 août 1880, fut aussi un excellent violoncelliste.

Normand, v. Nisard.

Normann, Ludwig, né à Stockholm le 28 oct. 1831, m. dans la même ville le 28 mars 1885 : élève de Lindblad et, de 1848 à 1852, du Conservatoire de Leipzig. Il devint, en 1857, maître de composition à l'Académie royale de Stockholm, en 1859, directeur de la « Nouvelle Société philharmonique », en 1861, maître de chapelle à l'Opéra de cette ville, et fut, de 1879 à 1884, directeur des « Concerts symphoniques ». Il épousa en 1864 la violoniste Wilhelmine Neruda (v.ce nom). Citons parmi ses compositions: des morceaux de piano à deux et à quatre mains, une sonate pour violon, un trio et un quatuor avec piano, etc.

Noskowski, Sigismund, né à Varsovie le 2 mai 1846, fut d'abord maître de musique dans un institut d'aveugles et inventa une notation musicale pour les aveugles ; il étudia encore auprès de Kiel et devint, en 1876, directeur de la musique de la ville de Constance. Il est actuellement professeur au Conservatoire de Varsovie et directeur de la Société de musique de cette ville. N. s'est fait apprécier aussi comme un compositeur de talent (quatuors pour instr. à archet; une ouverture : Bas Meerauge ; des symphonies; une musique de ballet op. 42; des chœurs; des morceaux de piano, etc.).

Nota (lat. et ital.), note. N. romana, v. neumes ; n. quadrata, quadriquarta, v. notation carrée ; n. cattiva, note tombant sur la partie faible, non accentuée, de la mesure, note faible ; n. cambiata, appogiature.

Notation, c.-à-d. représentation graphique des sons. Le système de n. le plus ancien est probablement celui de la n. alphabétique (v. lettres) ; les anciens Grecs en possédaient déjà un très développé (v. [musique] grecque). Quant aux neumes (v. ce mot) employés au moyen âge pour la n. des chants rituels catholiques, ils n'étaient en somme qu'une sorte de sténographie ou mieux encore de tachygraphie musicale. Notre n. occidentale actuelle est issue de la combinaison d'une n. alphabétique des débuts du moyen âge, improprement dite grégorienne (cf. Grégoire), avec la n. neumatique, combinaison qui se fit graduellement à partir des xie et xne s. Guy d'Arezzo (v. ce nom), entre autres, qui imagina l'emploi actuel des lignes de la portée, contribua, pour une large part, à la formation de cette n. ; mais l'usage d'une ou deux lignes horizontales pourvues de clefs {fa et ut) remonte encore plus haut que Guy d'Arezzo. L'adoption de signes de durée transforma, au xir8 s., la n. carrée en n. proportionnelle (v. ce mot). Le xive s. à son tour vit apparaître les indications de mesure (v. ce mot), le xvne s., entin, la barre de mesure, qui délivra la n. des règles compliquées de la théorie proportionnelle. La n. moderne était de la sorte entièrement établie, mais d'autres systèmes se maintinrent simultanément et jus-

- NOÏKER

que dans le courant du xvme s. pour l'orgue et le luth, sous le nom de tablatures (v. ce mot). L'auteur de ce dictionnaire, Hugo Riemann, a donné un aperçu général de l'histoire de notre n. dans Studienzur Geschichteder Notenschrift (1878) et Notenschrift und Notendruck (Leipzig, Rœder, 1897) ; la simple lecture du premier de ces ouvrages suffit à démontrer le manqueabsolu d'originalité de Y Histoire de la notation musicale (1881), de E. David et M. Lussy.

Notation carrée (ail. Choralnote), nom que l'on donne au système de notation du chant grégorien qui, par opposition à celui de la musique proportionnelle, n'indiquait pas la durée,, mais seulement l'élévation des sons. Toutes lesnotes de la musica plana {cantus planus^plam chant), ainsi que fut dénommé plus tard léchant grégorien privé du rythme, sont noires et carrées « , d'où leur nom de nota quadrata ou quadriquarta. L'unique cas exceptionnel se rencontre dans certaines figures seulement.

telles que

'# ou ♦ ! .Quelle que soit l'analogie de leurs formes, ces signes n'ont rien de commun avec les valeurs proportionnelles de la longue, de la brève et de la semi-brève. La musique proportionnelle apparue dans le courant du xiie s. se servit simplement des signesde la n. c. en leur attribuant une valeur rythmique précise ; c'est la raison pour laquelle la n. c. en arrive momentanément à abandonner les signes B{ et n,pour ne plus faire usage que de ■ . La n. c. n'est rien autre qu'une notation neumatique placée sur un système de lignes: (v. neumes,) et dans laquelle la hauteur relative des sons est exprimée d'une façon plus exacte,, grâce à l'accentuation du plein du signe primitif : r| correspond à l'ancienne « virga », ■ et + au « point ». Mais c'est surtout, dans certains signes composés, la ligure dite figura obliqua qui trahit l'origine de la n. c: cetteligure est un simple trait oblique, assez épaissi et dont les deux extrémités indiquent chacune une note, ex. : m ^**. On donnait à ces signes» composés le nom de ligatures (v. ce mot); celles-ci passèrent aussi dans le système de notation proportionnelle.

Note (du lat. nota, signe), signe conventionnel destiné à représenter un son musical. Le mot « nota» dans le sens de n. se rencontre déjà chez Fabius Quintilien (n° s. apr. J.-C.) ; Boèce (vers 500) s'en sert pour désigner la notation grecque, mais ce même terme passa plus tard à la notation neumatique (nota romana), puis,, après l'invention des lignes, à la notation carrée et à la notation proportionnelle (v. lesarticles spéciaux). La n. a pour but d'exprimer plus particulièrement deux choses : la hauteur et la durée du son. Cf. au sujet de la hauteur des sons l'art, la ; quant aux côtés historiques de la question, v. lettres et neumes et aussi quelques renseignements sur les signes de durée à tablature et signes de durée.

Notker [Balbulus, c.-à-d. « le Bègue»], moine du couvent de St-Gall canonisé, né en 840, m.

XOTOGRAPHE — NOVELLO

le 6 avr. 912 ; l'un des plus anciens et des plus remarquables compositeurs de séquences, auquel on doit entie autres le Media vita in morte sumus. On trouve des détails sur lui, ainsi que la reproduction partielle de ses séquences, dans Dïe Sàngerschule von St-Gallen, de Schubiger (1858). Selon la tradition, N. serait aussi l'auteur de plusieurs petits traités en allemand sur la musique, que l'on a voulu attribuer, d'autre part, à un moine de St-Gall, Notker Labeo. Ce dernier vécut une centaine d'années après N., et rien ne prouve qu'il se soit jamais occupé de musique. Quant à l'étude philologique de ces traités, elle ne conduit à aucune donnée certaine sur leur origine, car les manuscrits conservés ne sont pas des autographes. Quatre de ces traités : De octo tonis, De tetrachordis, De octo modis , De mensura fislularum orf/anicarum , ont été reproduits par Gerbert («Script. » I) ; un cinquième (sur la subdivision du monocorde ) a été reproduit , avec le premier et le dernier des traités susnommés, par l'auteur de ce dictionnaire, dans ses Siudien zur Geschichte der Notenschrift. L'explication des lettres romaniennes par N. (Explanatio quid singulœ iitterœ in super scriptione significent cantilenœ), fréquemment reproduit (aussi par Gerbert, toc. cit.) n'est que d'une valeur très douteuse ; N. lui - même semble n'avoir plus eu aucune connaissance de la valeur de ces signes. Cf. Eckardus, In vita S. Notkeri-Balbul i.

Notographe (mélographe), v. Sghmeil.

Nottebohm, Martin- G ustav, musicographe de mérite, né à Lùdenscheid, en Westphalie, le 12 nov. 1817, m. à Graz le 31 oct. 1882, au retour d'une cure de bains ; fut, de 1838 à 1839, où il servait comme volontaire dans le bataillon de fusiliers de la garde, à Berlin, élève de L. Berger et Dehn, puis alla en 1840 à Leipzig et y continua ses études, auprès de Mendelssohn et de Schumann. En 1846, il se fixa à Vienne, suivit encore un cours de contrepoint de S. Sechter et fut, depuis lors, maître de musique en cette ville, sans poste officiel. N. s'est occupé spécialement de recherches sur Beethoven et a révélé nombre de choses très intéressantes. Ses ouvrages sont : Ein Skizzenbuch von Beetltoven (1865) ; Thematisches Verzeichnis der im Druck erschienenen Werke von Beethoven (1868) ; Beethoveniana (1872, 2° vol., 1877, d'après des articles posthumes) ; Beethovens Studien(leT vol. : Beethovens Unterricht bei Haydn, Albrechts berger, Salieri. Nach den Originalmanuskripten, 1873) ; Thematisches Verzeichnis der im Druck erschienenen Werke Franz Schuberts (1874) ; Neue Beethoveniana (dans le « MusikalischesWochenblatt », 1875 etsuiv.); Mozartiana (1880) ; Ein Skizzenbuch von Beethoven aus dem Jahr 1803 (1880). Comme compositeur, N. a publié un quatuor avec piano, plusieurs trios, et des morceaux pour piano seul (en tout, dix-sept op.).

Notturno, v. nocturne.

Noufflard, Georges, musicographe distingué, né en 1846, m. à Lugano en avr. 1897 ; auteur

de : R. Wagner d'après lui-même (2 vol.), Lohengrin à Florence, Hector Berlioz et le mouvement contemporain, La Symphonie fantastique a" H. Berlioz, etc.

Nourrit, Adolphe, excellent chanteur scénique (ténor), né à Paris le 3 mars 1802, fils d'un ténor de l'Opéra, Louis N. (né à Montpellier, le 4 août 1780, m. à Brunoy, près Paris, le 23 sept. 1831), avait été destiné à la carrière commerciale par son père qui, malgré ses respectables capacités de chanteur, avait peu d'amour propre et remplissait, à côté de sa carrière artistique, les fonctions de gérant d'un bijoutier; mais N. étudia le chant en secret et obtint enfin, grâce à l'intervention de Garcia, l'autorisation de se vouer au théâtre. Il débuta en 1821, à l'Opéra, dans le rôle de Pylade de 1' « Iphigénie en Tauride » de Gluck, et s'attira immédiatement la faveur du public à cause de sa ressemblance frappante avec son père, tant au physique que par sa personnalité artistique. Lorsqu'en 1825, son père prit sa retraite, N. le remplaça comme fort ténor et fut longtemps l'idole du public et le favori des compositeurs. Il remplissait en même temps les fonctions de professeur de chant au Conservatoire. Parmi les rôles écrits pour lui et créés par lui, citons ceux de : Masaniello de la « Muette de Portici», Arnold de « Guillaume-Tell », Robert de « Robert-le-Diable », Eleazar de « La Juive », Raoul des « Huguenots ». L'engagement de Duprez qu'on voulut lui coordonner le décida à prendre sa retraite (1837); instable dés lors et mécontent de son sort, il donna des représentations en Belgique, dans le midi de la France, en Italie, mais sa mélancolie augmenta, malgré l'accueil enthousiaste qu'il reçut partout et, le 8 mars 1839, il se jeta de sa fenêtre, à Naples, après une représentation de la « Norma ». N. n'était pas seulement un excellent chanteur, il était d'une manière générale fort bien doué ; il a écrit entre autres quelques ballets célèbres pour la Taglioni et Fanny Elssler (La Sylphide, La Tempête, Le Diable boiteux, etc.). — Le frère de N., Auguste (né à Paris en 1808, m. à L'Isle Adam le 11 juil. 1853) fut aussi un excellent ténor et fut momentanément directeur de théâtre à La Haye, à Amsterdam et à Bruxelles.

Novellette, désignation, employée probablement pour la première fois par Schumann (op. 21), de morceaux pour piano reposant sur un grand nombre de thèmes, mais de forme très libre. Peut-être Schumann a-t-il choisi ce titre nouveau, parce que l'œuvre en question contient des combinaisons harmoniques et rythmiques particulièrement neuves et audacieuses. Ce même titre a été fréquemment employé depuis lors; il n'a, de même que celui de « romance » ou de « ballade », aucune signification spéciale, mais sert à désigner surtout des morceaux de grandes dimensions basés sur de petits thèmes succédant rapidement les uns aux autres.

Novello, Vincent, fondateur de l'importante maison d'édition de Londres, N., Ewer and C°.

Page 1