PLIQUE
solument homme d'affaires, fonda aussi une fabrique de pianos et cessa finalement tout à fait de composer. Il passa les dernières années de sa vie dans une propriété, près de Paris, s'occupant à l'occasion d'agriculture. Les troubles de la Révolution de juillet ruinèrent définitivement sa santé chancelante. Les œuvres gravées de P. sont : 29 symphonies pour orchestre, 45 quatuors pour instr. à archet (12 qui, à en croire Onslow, étaient les meilleurs, n'ont pas été gravés), un septuor pour quatuor d'instr. à archet, deux cors et contrebasse, un sextuor pour instr. à archet (avec contrebasse), cinq quatuors pour instr. à archet, des trios et des duos pour instr. à archet, des trios avec piano, deux concertos pour piano et quatre pour violoncelle, des morceaux concertants pour deux violons, pour violon et alto et d'autres combinaisons, douze sonates pour piano, etc. Un grand nombre d'oeuvres, publiées sous son nom, ne sont que des arrangements des œuvres originales déjà indiquées. P. s'entendait à exploiter le public et écrivait légèrement et couramment; ce qui lui manqua, ce fut un effort personnel vers un but élevé, une idée vraiment sérieuse de l'essence de l'art. — 2. Camille, fils du précédent, né à Strasbourg le 18 déc. 1788, m. à Paris le 4 mai 1855; a écrit aussi une série d'œuvres instrumentales, dans le genre de celles de son père, mais s'est surtout fait un nom par la fabrique de pianos qui atteignit sous sa direction une grande prospérité, fabrique qu'il a dirigée un certain temps en compagnie de Kalkbrenner. L'héritier de son commerce est Auguste Wolff (raison sociale: P.-Wolff et C"). — 3. Marie-Félicité-Denise, épouse du précédent, remarquable pianiste, née à Paris le 4 sept. 1811, m. à St-Josse-ten-Noode, près Bruxelles, le 30 mars 1875. Sous son nom de jeune fille, Mlle Moke (Mooke), elle était déjà une virtuose renommée (élève de Jacques Herz, Moscheles et Kalkbrenner); mais elle fut poussée plus avant encore par le goût délicat de son mari, ainsi que par les conseils de Thalberg, de Liszt, etc. Elle fut, de 1848 à 1872, professeur de piano au Conservatoire .de Bruxelles.
Plique (lat. plica, c.-à-d. pli), l'une des figures les plus importantes de la notation neumatique ( v. neumes ), indiquait une succession ascendante ou descendante de deux sons (plica ascendens, phca descendens).Ij3L]). seule passa de la notation neumatique dans la notation proportionnelle ; elle resta en usage, avec une signification un peu différente (celle d'un doublé, à peu près), jusque dans le courant du xive s., puis disparut, après avoir repris momentanément sa signification première. La p. se rencontrait tantôt seule, tantôt à la fin d'une ligature (v. ce mot), sous la forme d'un trait (cauda) ascendant ou descendant ; elle avait une certaine importance au point de vue de la notation des derniers sons de la ligature, en ce sens que l'imperfection d'une ligature pourvue d'une p. devait toujours s'indiquer au moyen d'une figure oblique. Après la suppression de
PLUDDEMANN — POHL
la p., la note finale de la « ligature ascendante parfaite » prit la forme de l'ancienne note pourvue d'une p. de la même ligature. On peut trouver d'autres détails sur la p. dans Riemann, Studien zur Geschichle der Notenschrift (p. 126- 136 et p. 250 et suiv.).
Plûddemann , Martin, né à Golberg le 29 sept 1854, m. à Berlin le 8 oct. 1897 ; élève du Conservatoire de Leipzig, fut quelque temps chef d'orchestre à St-Gall, puis encore élève de Hey, à Munich, pour le chant. En 1887, il dirigeait la « Singakademie » de Ratibor, et il est depuis 1889 maître de chant à l'Ecole de musique de Styrie, à Graz. P. a écrit des lieder, des ballades, des choeurs et un certain nombre de brochures, défendant les principes de l'école wagnérienne.
Plutarque, écrivain grec, né à Ghéronée (Béotie), en l'an 50 après J.-G., m. dans la même ville en l'an 120; écrivit, outre ses célèbres biographies parallèles de généraux et de chefs grecs et romains, un certain nombre d'études détachées que l'on réunit à d'autres, non authentiques, sous le nom de Moralia; parmi ces écrits, il en est un : De Musica que R. Westphal (v. ce nom) a publié à part, en 1865, avec une traduction allemande et un commentaire très habile.
Pneumatique, c.-à-d. la force du vent (gr. ttvzv/uloc), joue un grand rôle dans la facture moderne de l'orgue, non seulement pour faire parler les tuyaux, mais encore pour mettre en jeu le mécanisme. La première application de ce procédé est connue sous le nom de levier pneumatique, ingénieux système inventé vers 1832, par l'organier anglais Barker, pour faciliter le jeu des instruments de grandes dimensions; de petits soufflets cunéiformes reçoivent l'air comprimé de la laie, aussitôt que l'on abaisse la touche correspondant à chacun d'eux, et leur table supérieure, en s'élevant, met en mouvement tout le mécanisme qui ouvre les tuyaux. Il va sans dire que chaque touche aura, dans ce système, son levier spécial; tout effort est ainsi supprimé pour l'organiste. On a, en outre, adapté récemment le système p. pour le tirage des registres, ou surtout des pédales d'appel et du crescendo (v. ce mot). — Un autre système p. a tubes, tout différent du précédent, a été adapté pour la première fois, par E. Reubke (v. ce nom), à l'orgue de la « Stadthalle » de Grefeld ; supprimant tout le mécanisme intermédiaire, ce système, appliqué depuis à un grand nombre d'instruments, est combiné de façon à ce que l'enfoncement de la touche ou le tirage du registre ouvre directement la soupape correspondante, au moyen de l'air comprimé. Enfin, on a tenté, à diverses reprises, de combiner le levier pneumatique et l'électricité, une première fois, en 1868, à l'orgue de St- Augustin, à Paris, plus tard, avec d'importants perfectionnements, à l'orgue de l'église réformée, à Lyon (1884) ; ce dernier système élegtro-p., inventé par Schmœle et Mois, à Philadelphie, a été appliqué, depuis lors, à un certain nombre d'instruments.
Pochette (angl. kit), petit violon, accordé en ut3 soft ré4, dont les anciens maîtres de danse faisaient usage dans leurs leçons.
Poco (ital), un peu; p. largo,- p. forte (pf), etc.; mais aussi «peu», c.-à-d. pas beaucoup forte); p. a p., peu à peu; un pochettino, fort peu.
Pœlchau, Georg, né à Grémon, en Livonie, le 5 juil. 1773, m. à Berlin le 12 août 1836; vécut longtemps à Hambourg, où il acquit la succession de Ph.-E. Bach et le reste de l'ancienne bibliothèque d'opéras de Hambourg (entre autres une série d'opéras de Reinh. Keiser), mais transporta son domicile, en 1813, à Berlin. Il devint, en 1833, bibliothécaire de la « Singakademie ». Sa riche bibliothèque musicale fut achetée, après sa mort, en grande partie par la Bibliothèque royale de Berlin et le reste par la « Singakademie ».
Pœnitz, Franz, né à Bischofswerda (Prusse orientale), le 17 août 1850; étudia d'abord le violon auprès de son oncle, Heinrich P., à Berlin, puis la harpe auprès de Louis Grimm et débuta déjà en 1857, comme soliste, aux concerts de Bilse. L'année suivante, il devint membre de l'orchestre Kroll, puis après une tournée de concerts couronnée de succès, il fut nommé, en 1866, harpiste de l'Orchestre royal et, en 1891, virtuose de la chambre. P. a publié des compositions pour harpe, un quatuor pour instr. à archet, un opéra : Rleopatra, une symphonietta pour violon, violoncelle et harmonium, etc.
Pohl, 1. Karl-Ferdinand, né à Darmstadt le 6 sept. 1819, ville où son père était musicien de la Gour, m. à Vienne le 28 août 1887; alla en 1841 à Vienne, où S. Sechter devint son maître. De 1849 à 1855, il fut organiste à Vienne, puis vécut, de 1863 à 1866, à Londres où il a fait des recherches approfondies sur le séjour de Mozart et de Haydn dans cette ville; en 1866, il il devint archiviste et bibliothécaire de la « Société des amis de la musique », à Vienne. P. a publié le résultat de ses recherches à Londres dans un ouvrage : Mozart und Haydn in London (1867; deux vol.); comme suite à ceci (Otto Jahn lui-même l'engagea à cette publication), il entreprit une biographie complète de Haydn, dont il n'a malheureusement terminé que deux tomes (1875, 1882). La suite en a été reprise par E. von Mandyczewski. sur les données laissées par P. Il faut noter parmi les autres écrits du même auteur : Zur Geschichte der Glasharmonika (1862; le père de Pohl était un virtuose sur cet instrument) et Die Gesetlschaft der Musihfreunde.... und ihr Konservatorium (1871, une esquisse historique de valeur). — 2. Richard, né à Leipzig le 12 sept. 1826, m. à Baden-Baden le 17 déc. 1896; étudia les sciences naturelles au polytechnicum de Garlsruhe, puis la philosophie et la musique à Gôttingue et à Leipzig; après avoir enseigné quelque temps à Graz, il élut domicile en 1852 à Dresde et en 1854 à Weimar, où il entra en relations suivies avec Liszt, publia avec F. Brendel, de 1856 à 1860, les Anregungen fur Kunst und Wis-
POHLE — POLIDORK
senschafi et prit part à la rédaction de la « Neue Zeitschrift fur Musik »; après le départ de Liszt de Weimar, il se retira à Baden-Baden (1864) où il a dirigé le Badeblatt. P. fut un zélé partisan de l'école musicale néo-allemande et, comme tel, il a écrit de nombreuses brochures et divers articles, dans des journaux spéciaux (autrefois sous le pseudonyme de Hoplit). Les écrits de P. sont : Akustische Briefe fur Musiker und Musikfreunde (1853), Baireuther Erinnerungen (1877), Autobiograpltiscltes (1881), Richard Wagner (1883, dans la collection de Waldersee), Richard Wagner, Studien und Kritiken (1883), Franz Liszt (1883), Hektor Berlioz, Studien und Erinnerungen (1884), Die HÔhenziige der musikalischen Entwickelung (1888); il a encore traduit en allemand les œuvres littéraires complètes de Berlioz (4 vol., 1864; 2e éd. en préparation). P. fut poète aussi (comédie : Musikalische Leiden [1856], Poésies* [1859; 2e éd., 1883]); il a écrit des vers destinés à enchaîner les morceaux du Manfred, de Schumann, et du Prométhée, de Liszt. Luimême a composé de jolis lieder (op. 1, la ballade : Nordlicht ; op. 2, les ballades : Màdchen und Sturm; op. 4, 5, 6, 10, 12 [chant de Mignon], ainsi qu'un mélodrame : Die Wallfahrt nach Kevelaar, un Abendlied (rêverie pour orchestre d'instr. à archet), Wiegenlied (nocturne pour piano et violon), In der Nacht (quatre voix d'hommes avec piano) et deux morceaux de salon pour violoncelle et piano. — Sa femme, Johanna (Eyth), née à Carlsruhe en 1824, m. à Baden-Baden le 25 nov. 1870, était une remarquable harpiste et fut engagée à Weimar, et plus tard à Garlsruhe.
Pohle, Dr Christ. -Friedr., maître de musique et critique musical à Leipzig, né en 1800, m. à Leipzig le 14 oct. 1871.
Pohlenz, Christian -August, né à Salgast (Basse-Lusace), le 3 juil. 1790, m. à Leipzig le 10 mars 1843; devint organiste de l'église St-Thomas à Leipzig et, en 1827, directeur des concerts du « Gewandhaus », jusqu'à la nomination de Mendelssohn (1835) après laquelle il conserva cependant la direction de la « Singakademie ». Il prit en 1842, par intérim, les fonctions de cantor à l'école St-Thomas. A la fondation du Conservatoire par Mendelssohn, P. fut chargé de l'enseignement du chant, mais il mourut avant son entrée en fonctions. Parmi les lieder de P., quelques-uns sont devenus très populaires en Allemagne, surtout : Auf, Matrosen, die Anker gelichtet; on trouve des chœurs pour voix d'hommes, de sa composition, dans la collection Orjriieus.
Poi (îlal.), ensuite, puis; Scfterzo da capo e p. la coda = répéter le scherzo et passer ensuite (en sautant le trio) à la coda.
Point, signe dont on fait usage, de nos jours, de diverses manières : — 1. au-dessus ou audessous de la noie, comme indication du staccato ; — '2. à droite de la note, comme indication de prolongement de la note de la moitié de sa
valeur, ex.
ou
J. = J A etc.;
un second point, à la suite du premier, prolonge encore la note de la moitié de la valeur du premier point, ex. : '.. = ! J J^ . Mais
avant l'adoption de la barre de mesure (vers 1600), le p. pouvait avoir plusieurs significations différentes : lorsqu'il y avait mesure parfaite (mensura perfecta), il était ou bien « p. de perfection » (punctum perfectionis), si la note pourvue du p. était désignée comme ternaire ( ex. la brève dans le tempus perfectum), ou bien « p. de division » (punctum divisionis, divisio modi), s'il séparait des notes de courte durée, de façon à ce qu'elles ne puissent être considérées, dans leur totalité, comme formant une perfection. Dans les deux cas, le p. remplissait alors le même rôle que notre barre de mesure qui est notoirement issue soi t du punctum perfectionis, soit du punctum divisionis. Lorsqu'il y avait mesure imparfaite [mensura imperfecta), le p. avait, en tant que « p. d'addition » (punctum additionis)\e sens qu'il revêt exclusivement de nos jours.
Poise, Jean- Alexandre-Ferdinand, né à Nîmes le 3 juin 1828, m. à Paris le 13 mai 1892; élève du Conservatoire de Paris, écrivit douze opéras-comiques et opérettes pour Paris (Joli Gilles, lSS^iL'arnour mouillé, etc.), ainsi qu'un oratorio : Cécilie (Dijon, 1888).
Poisot, Charles-Emile, né à Dijon le 7 juil. 1822; pianiste-compositeur et écrivain musical, élève de Senart, L. Adam, Stamaty, Thalberg, Leborne, et, au Conservatoire (1844), de Halévy. Il est l'un des fondateurs de la « Société des compositeurs » de Paris et, depuis 1868, directeur du Conservatoire de Dijon créé par lui, en même temps qu'une grande société de concerts. Il a écrit plusieurs petits opéras, puis des œuvres de musique de chambre, des morceaux de musique d'église, une cantate : Jeanne d'Arc, etc., ainsi que des article^ historiques pour des journaux spéciaux et des traités d'harmonie et de contrepoint.
Poiszl, Johann-Nepomuk, Freiherr von, né à Haukenzell (Bavière) le 15 févr. 1783, m. à Munich le 17 août 1865; était en cette dernière ville intendant de musique de la Cour royale et chambellan. Auteur d'une série (quatorze) d'opéras, en partie sérieux, en partie comiques (1806 à 1843, à Munich) et d'un oratorio : Der Erntetag, du Psaume XCV pour soli et chœur, de deux Miserere, d'un Stabat Mater (à huit voix), etc.
Polacca (ital.), c.-à-d. polonaise.
Polidork, Federigo, depuis 1874 maître d'esthétique et d'histoire de la musique au Conservatoire de Naples (« Real Gollegio di S. Pietro a Majella »), né à Naples le 22 oct. 1845, reçut pour le piano et le chant l'enseignement de son père (Giuseppe P., professeur de chant au Conservatoire) et, pour la théorie, celui de Lillo et de Claudio Conti. P. s'est fait connaître à Naples, comme un excellent historien et esthéticien, par une série d'intéressantes conférences dans les sociétés de musique Cesi et Bellini, ainsi que dans 1' « Associazione di mutuo soccorso fra gli