PLEYEL
me maximum ; les p.-j. de cette sorte doivent même, eux aussi, répéter à l'aigu, c.-à-d. qu'ils fournissent, pour les octaves aiguës, des harmoniques relativement plus bas que ceux des octaves graves (un p.-j. à trois rangs donne généralement pour la touche utx, les sons ut3 sol3 w/4, par contre il donne pour ut3, non pas ut* sol* utG, mais utA solA ut*, etc.). On construit aussi des p.-j. qui ont moins de tuyaux sur marche dans la région la plus grave et dans la plus aiguë que dans la région moyenne. On ne peut faire usage du p.-j. que lorsque beaucoup d'autres jeux parlent déjà ; il convient même d'ajouter que, donnant généralement (du moins dans la région grave) comme son le plus grave la double octave du son fondamental , il présuppose l'emploi de jeux d'octave et de quinte. La légende d'après laquelle le p.-j. aurait été le plus ancienjeu de l'orgue est depuis longtemps réfutée; par contre, il est très probable que, dans le courant du xne et du xme s. encore, les orgues n'avaient pas différents registres et que tous les tuyaux qui correspondaient à une même touche parlaient toujours simultanément. Pleyel, 1. Ignaz-Joseph, compositeur très fécond qui eut un temps de grande vogue, né à Ruppersthal, près Vienne, le 1er juin 1757, m. dans son domaine, près de Paris, le 14 nov. 1831; vingt-quatrième enfant d'un pauvre maître d'école, il perdit sa mère à sa naissance. Celle-ci était d'une famille très noble (mais déshéritée à cause de sa mésalliance), d'où il est peut-être résulté que P. trouva de bonne heure des protecteurs qui lui firent donner une excellente éducation musicale. Jusqu'à sa quinzième année, P. eut Wanhal comme maitre, à Vienne ; mais le comte Erdody s'occupa ensuite du jeune homme et le mit, pendant cinq ans, en pension chez Haydn, qui lui enseigna la musique contre une rétribution annuelle de cent louis d'or. En 1777, le comte prit le jeune P. comme maître de chapelle, mais lui fournit, selon son désir, les moyens nécessaires à un voyage d'études en Italie, où il resta quatre années et entra en relations avec les plus remarquables compositeurs, chanteurs, etc. italiens; en 1781, il revint, mais pour repartir bientôt pour Rome. Dès lors, P. ne retourna plus à Vienne, mais prit, en 1783, la place de maître de chapelle suppléant à la cathédrale de Strasbourg, et devint premier maître de chapelle en 1789, place qu'il perdit du reste à la Révolution ( qui supprimait, comme on le sait, la religion). En 1792, la société des « Professional Concerts » le fit venir à Londres, pour y diriger quelques nouvelles symphonies, avec l'espoir de faire concurrence à celles de Haydn (dans les «Salomon Concerts » ); P. fit son possible et le succès fut satisfaisant (cf. Haydn). En 1795, P., dont les œuvres, parues en grande quantité dans la période de 1783 à 1798, étaient la marchandise la plus débitée du marché musical et nattaient absolument le goût de la foule, se fixa à Paris, où il fonda un commerce de musique, dans lequel il vendait ses propres compositions. Il devint peu à peu ab-