‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 364 sur 542 · UI · texte numérisé non relu

UI

Polko, Elise (née Vogel), écrivain et poète, née à Leipzig le 31 janv. 1823 sœur du voyageur africain bien connu Vogel. Douée d'une jolie voix de mezzo-soprano, elle voulait faire

Ides études de cantatrice scénique et travailla, sur le conseil de Mendelssohn, chez Garcia, à Paris ; elle monta aussi sur la scène, à Francfort s/M., mais épousa un fonctionnaire de l'administration des chemins de fer, P., et abandonna ses projets. Elle a vécu depuis lors à Minden, plus tard à Wetzlar, et maintenant à Wiesbaden. Tous ses romans, nouvelles, etc., trahissent un goût spécial pour la musique et une réelle intelligence musicale, mais appartiennent aux soi-disant lectures pour dames, c.-à-d. qu'ils sont d'un ton rêveur et doucereux. Sont spécialement consacrés à la musique : Musikalische Mdrchen (1852, trois vol. ; souvent réédité); Fauslina Hasse (roman, 1860, deux vol. ; 2° éd., 1870) ; Die Bettleroper (1864, trois vol.) ; Alte Eerren (1866, les six prédécesseurs de Bach au cantorat de St-Thomas ) ; Verklungene Akkorde (1868; 3e éd. ,1873) ; Erinnerungen an F. Mendelssohn-Bar tholdy (1868) ; Niccolo Faganini und die Geigenbauer (1876, aussi en italien) ; Vom Gesang ( 1876 ) ; Aus der Kunstlerwelt (1878); Die Klassiker der Musik ( Hœndel, Bach, Gluck, Mozart, Haydn, Beethoven ; 1880), ainsi que beaucoup d'articles pour des périodiques musicaux ou autres.

Pollarolo, 1. Garlo-Francesco, né à Brescia en 1653, m. à Venise en 1722; élève de Legrenzi, devint en 1665 chantre de la chapelle de l'église St-Marc, en 1690 organiste du second orgue et, de 1692 jusqu'à sa mort, deuxième maître de

chapelle à St-Marc. Il n'arriva pas au poste de premier maître de chapelle, parce qu'il n'avait pas assez le sens de la composition d'église. P. a été l'un des compositeurs d'opéras les plus féconds et les plus appréciés de son temps. On connaît les titres d'au moins soixantesept opéras de sa composition, presque tous représentés à Venise, de 1686 à 1721. Son fils — 2. Antonio, né à Venise en 1680, m. dans la même ville en 1750, a aussi écrit plusieurs (huit) opéras pour Venise. Il succéda, en 1723, à son père et (probablement parce qu'il écrivait aussi de la musique d'église), encore en 1740, à Lotti, comme premier maître de chapelle à St-Marc.

Polledro, Giovanni-Battista, violoniste distingué, né à Piova, près Turin, le 10 juin 1781, m. dans la même ville le 15 août 1853 ; élève de Paganini, violoniste à l'orchestre de la Cour, à Turin, en 1804 violon-solo au théâtre de Bergame, il voyagea dès 1799, et pendant longtemps, comme virtuose, et resta entre autres cinq ans à Moscou. P. fut engagé, en 1814, comme concertmeister, à Dresde, poste qu'il échangea, en 1824, contre celui de maître de chapelle de la Cour, à Turin. Les compositions de P. qui ont été publiées sont : trois concertos pour violon, plusieurs thèmes avec variations pour violon et orchestre, des trios pour instr. à archet, des duos pour violons, des études pour violon seul, une Sinfonia pastorale, une Messe et un Miserere avec orchestre.

Pollini, Frangesco, pianiste et compositeur, né à Leybach (Illyrie) en 1763, m. à Milan le 17 sept. 1846; fut, à Vienne, élève de Mozart qui lui a dédié un rondo pour violon, et travailla encore, en 1793, sous la direction de Zingarelli, à Milan. Peu après l'ouvertnre du Conservatoire de Milan (1809), P. y fut engagé comme professeur de violon. Il fut le premier qui écrivit pour piano sur trois portées (en quoi Thalberg, et Liszt surtout, l'ont imité), dans un des 32 esercizi in forma di toccata, où une partie, très chargée de passages aux deux mains, contient une mélodie dans le «médium». Les compositions de P. qui ont été gravées sont : trois sonates pour piano ; sonate, caprice et variations pour deux pianos ; introduction et rondo pour piano à quatre mains ; puis des fantaisies, rondos, caprices, toccatas, variations, etc., pour piano, une méthode de piano (deux éditions) et un Slabat mater, en italien, pour soprano et allô, avec deux violons, deux violoncelles et orgue. C'est à P. que Bellini a dédié la «Somnambule ». — 2. Bernhard (de son vrai nom Pohl), imprésario, né à Cologne le 16 déc. 1838,m. à Hambourg le 27 nov. 1897; avait débuté en 1857, à Cologne, comme chanteur d'opéras (baryton). Après de longs voyages, il était devenu l'imprésario d'une troupe italienne d'opéras, puis entrepreneur lui-même (Lemberg); il fut quelque temps directeur de l'Opéra italien à St-Pétersbourg et à Moscou, et accepta, en 1874, la direction du Théâtre municipal de Hambourg, qui a pris sous lui un grand développement. — 3. Ces are Cavalière de', compositeur italien de

POLLITZER

PONTECOULANT

talent, né vers 1855 ; depuis quelques années directeur du Conservatoire municipal de Padoue, a écrit entre autres, dans le Tealro illustrato (Milan), sur les réformes théoriques de l'auteur de ce dictionnaire et a introduit sa méthode au Conservatoire.

Pollitzer, Adolf, né à Pest en 1832 ; élève de Bôhm (violon,) et Preyer (composition), à Vienne, remporta, en 1846, le premier prix de la classe de violon, et, après une tournée de concerts en Europe, continua encore ses études, sous la direction d'Alard, à Paris. En 1851, il s'établit à Londres, comme premier violon-solo au théâtre de « Her Majesty », et, plus tard, à la Nouvelle société philharmonique, puis devint maître de violon à la « London Academy of music». Son concerto pour violon et ses morceaux de concert sont restés manuscrits.

Polonaise (ail. Polonâse ; ital. polacca) danse polonaise à 3/4, d'un mouvement modéré {andante un peu accéléré), ayant en somme plus d'analogie avec une marche (promenade) qu'avec une danse et semblable en ceci à l'ancienne Entrée, dont la p. occupe du reste aujourd'hui la place. Les plus anciennes p. que nous connaissions sont, non pas des danses chantées, mais des morceaux de musique instrumentale pure, en sorte que l'on peut considérer comme fondée la supposition d'après laquelle la p. n'aurait pas son origine dans une danse populaire des Polonais, mais dans une cérémonie de l'avènement au trône de Henri III d'Anjou, à Cracovie (1574), cérémonie consistant en un défilé de la noblesse polonaise (cf. le Bictionary de Grove). Les caractères essentiels de la p. sont : début fortement accentué sur le temps fort de la mesure, rythme contraint à l'accompagne-

ment : p y LJL^ (CL boléro), enfin terminaison sur le troisième temps: f f f p T T^-

Polska, danse chantée suédoise, dont la Neckens P. est l'exemple le plus connu :

(*le ré dièse au lieu

de ré naturel est

: une innovation en

contradiction avec le caractère national de la mélodie).

Poly— (gr. « beaucoup »), préfixe dont on fait un usage . assez fréquent : polyphone, à un grand nombre de voix; polyphonie, ensemble dont les différentes voix sont traitées mélodiquement de façon indépendante (opposé de homophonie), style contrapontique ou concertant.

Polyhymnie ( grec), nom de la Muse du chant.

Pommer, v. bomhart.

Pomposo (ital.), superbe, avec pompe; Viola pom}>usa (invention de J.-S. Bach, intermédiaire entre l'alto et le violoncelle), v. viola.

Ponchard, 1. Louis-Antoine-Eléonore, célèbre chanteur (ténor), né à Paris le 31 août 1787, m. dans la même ville le 6 janv. 1866;

fils du maître de chapelle de St-Eustache, Antoine P. (né en 1758, m. en 1827, compositeur d'une série d'excellentes œuvres religieuses, Messes, etc.), fut élève de Garât, au Conservatoire. Il débuta, en 1812, à l'Opéra - Comique, dans le «Tableau parlant », de Grétry, et appartint à cette scène jusqu'en 1837. En 1819, il fut nommé professeur de chant au Conservatoire. P. fut le tout premier chanteur de théâtre qui obtint la croix de la Légion d'honneur. — Sa femme, Marie-Sophie (Callault-), née à Paris le 30 mai 1792, m. dans la même ville le 19 sept. 1873 ; fut aussi, de 1818 à 1836, l'un des membres estimés du personnel de l'Opéra-Comique. — 2. Félix-André, peut-être un frère du précédent, né en 1793, m. à Nantes en juil. 1886; fut de même un maître de chant estimé. — 3. Charles, fils du premier, né à Paris le 17 nov. 1824, m. dans la même ville en mai 1891; fut d'abord comédien, mais passa à l'Opéra et fut, en dernier lieu, titulaire de la classe d'opéracomique, au Conservatoire de Paris.

Ponchielli, Amilgare, après Verdi le compositeur d'opéras moderne le plus en vogue d'Italie, né à Paderno Fasolare, près Crémone, le 1er sept. 1834: élève du Conservatoire de Milan, débuta comme compositeur scénique, en 1856, avec I promessi sposi, à Crémone (remanié pour Milan, 1872), et donna ensuite avec un succès croissant : La Savojarda (1861; remanié sous le titre de Lina, Milan, 1877), Roderico (1864), Bertrand de Born (non représ.), La Stella del monte (1867), Le due gemelle (1873, ballet), Clarina (1873, ballet),' // parlatore eterno (1873, farce [Scherzo] ), I Lituani (1874 ; remanié sous le titre de : Alduna, Milan, 1884), Gioconda (1876), Il figliuol prodigo (1880) et Marion Belorme (1885). Parmi ses œuvres les plus connues, on compte encore 1' « Hymne à Garibaldi » (1882). P. devint, en 1881, maître de chapelle du dôme de Bergame. Gioconda a seule trouvé le chemin de l'étranger.

Poniatowski, Joseph-Michael-Xavier-Francis-John, prince de Monte-Rotondo, neveu du prince P., tombé à la bataille de Leipzig, né à Rome le 20 févr. 1816, m. à Chislehurst (il avait suivi Napoléon III en captivité) le 3 juil. 1873 ; il a écrit pour les scènes italiennes un certain nombre d'opéras : Giovanni da Procida (Florence, 1838), Bon Besiderio, Ruy-Blas, Bonifazio. I Lambertazzi, Malek Adel, Esmer aida, La sposa d Abido ; quatre autres pour Paris : Pierre de Médicis ( 1860), Au travers du mur, L'aventurier et La Contessina, et enfin, pour Londres, Gelmina (1872).

Pontécoulant, Louis-Adolphe-Le Doulget, marquis de, né à Paris en 1794, m. à Bois-Colombes, près Paris, le 20 févr. 1882; musicologue, fit la campagne de Russie, en 1812, et les Cent Jours (1815), émigra en Amérique à la restauration des Bourbons et prit part, là-bas, au soulèvement de Pernambouc (Brésil), où il fut condamné à mort. Après avoir pu se sauver, il revint à Paris où il fit alors de sérieuses études scientifiques et trouva, en 1825, une

PONTICELLO

place au ministère. Il prit, en 1830, une part active à la révolution belge et fut blessé. A partir de 1831, il s'adonna exclusivement à ses travaux scientifiques qui, d'abord, ne visèrent nullement la musique (par ex. l'astronomie). Ce ne fut qu'en 1837 qu'il tourna son attention vers l'histoire de la musique et vers la facture instrumentale ; il a été, depuis lors, collaborateur de divers journaux musicaux («Gazette musicale » de Paris, « France musicale », «L'art musical»), et a publié : Essai sur la facture musicale, considérée dans ses rapports avec l'art, ï industrie et le commerce (1857 ; 2e éd. augm., sous le titre Organographie ; essai, etc., 1861, deux parties); Douze jours à Londres. Voyage d'un mélomane à travers l'Exposition universelle ( 1862 ) ; Musée instrumental du Conservatoire de musique ; histoires et anecdotes (1864) ; La musique à V Exposition universelle de 1867 (1868) et Les phénomènes de la musique (1868).

Ponticello (ital.), chevalet (des instr. à archet). Sut ponticello, abr, en s. pont, (au chevalet), indication technique d'après laquelle l'instrumentiste doit frotter la corde (au moyen de l'archet) tout près du chevalet, ce qui produit une sonorité métallique, à la fois vigoureuse et précise. L'indication opposée est sut taslo.

Pontoglio, Cipria.no, né à Grumellodel Piano le 25 déc. 1831, m. à Milan le 23 févr. 1892; élève de Antoine Cagnoni, vécut comme directeur d'une Ecole de musique à Milan et écrivit, avec un joli succès, cinq opéras (Edoardo Sluart, Milan 1887), ainsi qu'un ballet.

Popper, David, remarquable violoncelliste, né à Prague le 9 déc. 1843 ; élève de Goltermann, au Conservatoire de cette ville, a fait, dès 1863, des tournées de concerts en Europe et passe pour l'un des plus grands violoncellistes actuels. De 1868 à 1873, P. fut premier violoncelliste à l'Opéra de la Cour, à Vienne, et épousa, en 1872, Sophie Menter (v. ce nom ; divorcés en 1886). Depuis 1873, il vit sans engagement tantôt à Londres, tantôt à Paris, St- Pétersbourg, Vienne, Berlin, etc. P. a écrit quelques morceaux de salon et concertos pour son instrument, que les violoncellistes apprécient comme étant bien écrits pour l'instrument.

Populaire. Chanson p., nom que l'on donne à une chanson dont les auteurs (poète et musicien), issus du peuple, ne sont plus connus, ou encore à un chant que des circonstances spéciales ont rendu p., ou enfin à un chant dont l'harmonie et la mélodie sont de compréhension aisée et par conséquent d'allure p.

Porges, Heinrigh, né à Prague le 25 nov. 1837; élève de Célestin Mùller (piano), Rummel (harmonie) et Zwonar (contrepoint), devint, en 1863, l'un des rédacteurs de la « Neue Zeitschrift fur Musik » et, en 1867, à Munich, de la « Sùddeutsche Presse ». Il a été aussi quelque temps maître à l'Ecole royale de musique et a reçu le titre de directeur royal de musique, en 1871. Partisan zélé de Wagner, qu'il défendit dans les journaux musicaux de tendance progressiste, il fonda, en 1886, le « Porgesscher Gesang-

Page 1