‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 365 sur 542 · PORPORA · texte numérisé non relu

PORPORA

verein », avec lequel il a fait une vive propagande en faveur de Berlioz, Liszt, Cornélius et Anton Bruckner, mais qui exécute aussi des œuvres de Bach, Palestrina, etc. Outre des articles pour des journaux musicaux,- P. a écrit : Ueber die Auffûhrung der 9. Symphonie tinter R. Wagner, et Die Bûhnenproben zu den 187 6er Festspielen ; il a aussi composé quelques lieder.

Porpora, Nigolo-Antonio, célèbre compositeur et maître de chant, né à Naples le 19 août 1686, m. dans la même ville en févr. 1766 ; élève de Gaetano Greco, du Père Gaetano de Pérouse et de Francesco Mancini, au « Conservatorio di San Lorêto », P. écrivit son premier opéra : Basilio, re d'Orienté, pour le théâtre « de' Fiorentini », à Naples, et devint maître de chapelle de l'ambassadeur de Portugal. En 1710, il recevait la commande d'écrire une Bérénice pour Rome ; Haendel l'entendit et complimenta sincèrement l'auteur. Suivirent : Flavio Anicio Olibrio (1711), Faramondo (1719), Eumene (1721 ; P. s'intitule, sur le titre de l'ouvrage, virtuose de la chambre du prince de Hesse-Darmstadt) et une série d'œuvres de musique d'église. Entre temps (1719) P. semble avoir été engagé comme maître de chant au « Conservatorio di Sant'Onofrio », pour lequel il écrivit, en 1722, un oratorio : Il martirio di Santa Eugenia. En 1723, parut de nouveau un opéra : Adelaide. En 1724, Hasse vint à Naples pour être son élève, mais passa bientôt aux mains de Scarlatti, ce que P. ne put jamais lui pardonner. En 1725, commença la période plus agitée de la vie de P. Nous le trouvons à Venise, comme maître de chant au « Conservatoire degli Incurabili », puis, bientôt après, à Vienne, où il ne prit cependant pas pied, puis de nouveau à Venise au « Conservatorio degli Incurabili ». En 1726, P. donna, dans cette ville, son Siface. En 1728, il se dirigea, par Vienne, sur Dresde, où il devint le maître de chant de la princesse électorale. Mais, l'année suivante, il se rendit à Londres, d'abord seulement en congé, puis à la tête de l'entreprise d'opéras créée par les adversaires de Haendel (v. 1L*;ndel) ; mais il séjourna, en 1731 et en 1733, à Venise, où il fit représenter Annibale et Mitridate. En 1734, il abandonna tout à fait ses fonctions de Dresde et resta encore à Londres jusqu'en 1736. Puis, en 1744, nous le trouvons directeur de 1' « Ospedaletto » (Conservatoire de jeunes filles) à Venise, mais, l'année suivante, il se rend de nouveau à Vienne pour quelques années (cf. Haydn); de 1748 à 1751, il fut maître de chapelle de la Cour, à Dresde, à côté de Hasse, lequel devint cependant premier maître de chapelle, en 1750. En 1755,, P. retourna enfin à Naples, où il succéda, en 1760, à Abos comme maître de chapelle de la cathédrale et directeur du « Conservatorio di Sant'- Onofrio ». Cette même année, son opéra: Il trionfo di Camilla (datant de 1740) fut représenté avec un nouveau texte. Le nombre total des opéras de P., dont on connaît le titre, est de quarante-six ; ils n'ont aucune particularité

PORPORINO — PORTMANN

qui puisse leur garantir une longue vie. Il en est de même de ses six oratorios. P. a écrit aussi un grand nombre de Messes et d'autres œuvres de musique d'église, ainsi que des cantates pour une voix seule avec piano, dont douze, qui sont peut-être ses meilleures œuvres, ont paru, en 1735, à Londres. Ses œuvres instrumentales gravées ne sont pas sans mérite : 6 Sinfonie da caméra pour deux violons, violoncelle et « continuo », douze sonates de violon avec basse et six fugues pour piano. Une Notice biographique sur P., due à la plume du marquis Villarosa, a paru dans les Memorie dei compositori, etc. (1840).

Porporino, v. Uberti.

Porsile, Giuseppe, compositeur de l'école napolitaine, né à Naples en 1672, m. à Vienne le 29 mai 1750 ; fut d'abord maître de chapelle de la Cour de Charles III d'Espagne (jusqu'en 1711), puis fut nommé, en 1720, compositeur (le la Cour, à Vienne. Il a écrit pour Vienne cinq opéras, neuf sérénades et douze oratorios dans un style simple et expressif. Ces ouvrages sont conservés dans la bibliothèque de la Cour, à Vienne.

Port de voix, 1. dans l'ancienne musique de clavecin, syn. d'appogiature, v. chute. — 2. (ital. portamento, de portar la voce; ail. Portament), dénomination adoptée pour le passage lié d'un son à un autre, différant du lepato en ceci que l'élévation ou l'abaissement du son s'effectue lentement et graduellement, sans aucun saut quelconque. Lorsque son emploi est trop fréquent, le p. de v. dégénère en une détestable manie; réservé pour des effets spéciaux, il peut atteindre à une très grande puissance d'expression. Le p. de v. n'est réalisable que par la voix humaine et les instr. à archet. Plus d'une méthode de chant enseigne que, pour le p. de v., la voix s'appuyant sur le premier son doit parcourir de là l'échelle tonale ou l'accord qui conduit au second son, — c'est là une erreur radicale, absolue ; l'effet du p. de v. vocal doit, au contraire, être identique à celui qu'obtient le violoniste en glissant rapidement le doigt, en montant ou en descendant, sur une corde de l'instrument : le changement de hauteur du son doit s'effectuer de façon continue et insensible, non pas par degrés. On s'abstient généralement de noter le p. de v., cependant on peut l'indiquer à l'occasion de la manière suivante («, lorsqu'il n'y a pas de nouvelle syllabe sous le second son ; b, lorsqu'il y en a une) :

fi

Porta, 1. Costanzo, remarquable contrapontiste du xvie s., né à Crémone, m. à Padoue le 26 mai L601; élève de Willaert, à Venise, fut successivement maître de chapelle du couvent «1rs Franciscains, à Padoue, et des cathédrales d'Osimo, de Ravenne et de Loreto. P. a publié: cinq li\ res de motets de cinq à huit voix (1555 à 1585), un livre de Messes de quatre à six voix

(1578), deux livres d' Introitus mïssarum à cinq voix (1566, 1588), quatre livres de madrigaux de quatre à cinq voix (1555, 1573, 1586, 1586), des hymnes à quatre voix (1602), des psaumes et des cantiques de vêpres à huit voix (1605). Un livre de Lamentations à cinq voix et un de madrigaux à quatre voix, ainsi qu'un ouvrage sur le contrepoint, sont restés manuscrits. — 2. Francesco della P., organiste et compositeur de musique d'église, né à Milan en 1590, m. dans la même ville en 1666, comme maître de chapelle de l'église St-Antoine ; a publié : Villanella a 1-3 voci (1619) ; Salmi da cappella a 4 voci non allri a 3,4, 5 voci concertati (1637) ; Motetti a 2-5 voci con lïtania... a 4 voci (1645 ; indiqué comme op. 2 ; ce n'est donc probablement pas la lre édition); Ricercari a 4 voci (Milan) ; Motetti liber 11 (Venise) ; Motetti 2-5 vocum cum una missa et psalmis 4 vel 5 vocum cura basso ad organum (1654 ; indiqué comme lib. III, op. 4). — 3. D'autres compositeurs de ce nom, de moindre importance, tels que: Hercule P. (compositeur de musique d'église, 1610-1620); Giovanni P., né à Venise vers 1690, maître de chapelle, en 1738, à Munich, m. en 1755, auteur de vingt-cinq opéras écrits pour Venise, etc. (1716-1739) ; Bernardo P., né à Rome en 1758, m. à Paris en avr. 1832 (auteur de deux opéras italiens, de quatorze opéras français et de diverses œuvres de musique de chambre, telles que trios pour instr. à archet, trios pour flûtes, quatuors pour deux flûtes et instr. à archet, et duos de violoncelles).

Portamento (ital.), port de voix (v. ce mot).

Portar la voce, v. port de voix.

Portativ (ail.), petit orgue (v. ce mot) portatif.

Portée (ail. Liniensystem), nom que l'on donne à un ensemble de cinq lignes horizontales et parallèles, sur lesquelles et entre lesquelles on inscrit les notes. On compte ces lignes à partir d'en bas. La signification tonale des lignes et des interlignes est déterminée par une clef, placée au début de la p. C'est au Pseudo-Hucbald (v. ce nom) que l'on doit l'idée d'employer des lignes horizontales pour la notation; quant à l'usage actuel des lignes, la découverte en revient à Guy d'Arezzo (v. ce nom). Les notations de plain-chant ne font usage que d'un système de quatre lignes. La partie grave des morceaux d'orgue du xvie au xvne s. est souvent notée sur un système de plus de cinq lignes.

Porte-vent, canaux de bois qui, dans l'orgue, transportent l'air de la soufflerie dans le sommier.

Portmann, Johann-Gottlieh, chanteur de la Cour de Darmstadt et cantor au « Pœdagogium », né à Oberlichtenau, près Dresde, le 4 déc. 1739, m. à Darmstadt le 27 sept, 1798 ; a publié : Leichtes Lehrbuch der Harmonie, Kom position und Generalbasses (1789, avec proposition d'un nouveau chiffrage); Kurzer musikalisclier Unterricht fiir Anfànger und Liebhaber, etc. (1785 ; remanié et augmenté en 1802, par J.-K. Wagner) ; Die neuesten und

PORTOGALLO — POSTLUDE

wicktigsten Entdechungen in der Harmonie, Mélodie und dem doppelten Kontrapurikt (1798) ; puis la réduction pour piano de Tod Jesu, de Graun, une Musik auf das Pfingstfest et un Neues Hessen-Barmstddtisches Gesangbuch (1786).

Portogallo, y. Portugal.

Portugal, Marcos-Antonio (P. da Fonseca ; tel est, d'après le Os musicos porluguezes, de Vasconcellos, p. 44 et suiv., son vrai nom, et non pas, comme l'indique Fétis : Marco Antonio Simâo ; son nom en italien est Marc' Antonio Portogallo, et le nom abrégé, en portugais, Marcos Portugal), le plus remarquable compositeur qu'ait fourni le Portugal (auquel Vasconcellos consacre, pour cette raison, quarantesept pages de son Dictionnaire des musiciens portugais, soit un douzième du livre entier), né à Lisbonne le 24 mars 1762, m. à Rio de Janeiro le 7 févr. 1830 ; suivit un séminaire de prêtres à Lisbonne, reçut son éducation musicale d'un Italien, Borselli, travailla sous sa direction surtout des airs, canzonettas et morceaux d'église, et, sur sa recommandation, fut engagé, en 1782, comme accompagnateur, à l'Opéra de Madrid, L'ambassadeur portugais à Madrid, auquel il fut présenté, lui fournit les moyens de continuer ses études en Italie, où il se rendit en 1787. Son premier opéra : Lîeroe Cinese (Turin, 1788), eut peu de succès, mais le second, par contre : La bacchetta portentosa (Gènes, 1788), produisit un grand etfet ; le troisième : 11 molinaro (Venise, 1790) et le quatrième : L'astutto (Florence, 1790) affermirent sa renommée, en sorte que, lorsqu'il revint pour un court séjour à Lisbonne, il reçut sa nomination de maître de chapelle royal. Un succès extraordinaire était réservé au Principe di Spazzacamino (Venise, 1793). Les théâtres de Turin (un), Gênes (un), Florence (neuf), Venise (douze), Parme (un), Milan (sept), Bologne, Rome, Naples, Vérone, Plaisance et Ferrare (chacune un), donnèrent en tout vingt-neuf opéras de P., dont vingt-quatre avant 1799, époque à laquelle il revint à Lisbonne et prit son poste de maître de chapelle. Le théâtre « San Carlo », à Lisbonne, donna, de 1799 à 1810, vingt opéras (aussi italiens), en partie nouveaux, de P. Le Théâtre italien de Paris fut ouvert en 1801, sur l'ordre du consul Napoléon, par Non irritar le donne, de P. De 1801 à 1806, la Catalani chanta, sous sa direction, au théâtre « San Carlo » et suivit son enseignement. L'invasion française chassa, en 1807, la famille royale au Brésil, mais P. commença par rester et dut, l'année suivante, diriger son Demofoonte pour l'anniversaire de Napoléon (15 août) ; cependant, en 1810, le théâtre « San Carlo » ayant été fermé, il refusa diverses offres .de cours européennes, pour suivre son roi à Rio de Janeiro, où il reprit, en 1811, ses fonctions de maître de chapelle et fut nommé directeur général de musique pour l'église, le théâtre et la musique de chambre. Le Théâtre royal (Sâo Joâo), ouvert en 1813, à Rio de Janeiro, donna encore quelques nouveaux opé-

ras de P. Le nombre total des opéras de P. est de quarante. Plusieurs sont parvenus sur les scènes italiennes de Dresde, Vienne et Breslau, dont deux en langue allemande, soit: Der Teuf'el ist Los (Dresde, 1799; ital. Le donne cambiate) et Verwirrung durcit Aehnlichkeit ou Die beiden Bucheligen (Vienne, 1794 ; ital. La conf'usio nata dalla somiglianza) ; Londres donna un opéra {Argenide, 1806) et St-Pétersbourg trois, de P. En 1813, on confia à P., de moitié avec son frère, Simâo P., (d'où le nom erroné de Fétis), compositeur de musique d'église zélé, la direction du Conservatoire de Veracruz, qui venait d'être fondé. P. visita encore une fois, en 1815, l'Italie, mais retourna à Rio de Janeiro, où il resta, malade, lorsqu'en 1821 la Cour rentra à Lisbonne. Deux fois déjà (1811, 1817) sa vie avait été mise en danger par des attaques de paralysie ; il succomba à une troisième attaque, à Rio de Janeiro. Il faut noter encore parmi ses compositions : un certain nombre de morceaux de circonstance, d'opérettes, etc., qui furent représentés sur de petits théâtres de Lisbonne et de Rio de Janeiro, cinq grandes Messes, cinq Messes avec orgue, deux Te Deum avec orchestre, des psaumes à cinq voix, d'autres avec orchestre, des Miserere, des psaumes de matines, des séquences, etc.

Portunal, jeu d'orgue ouvert, ou plus rarement bouché, de 8' et de 4'; le corps du tuyau s'élargit vers le haut (comme celui de la « flûte pyramidale ») et le timbre offre beaucoup d'analogie avec celui de la clarinette (invention de Muller, à Breslau).

Pos., abr. pour Posaune (ail.), trombone.

Positif, 1. L'un des claviers de l'orgue, v. clavier. — 2. Petit orgue de salon, sans pédalier ou avec un pédalier rapporté. Le p. n'a dans la règle que des jeux à bouches (surtout bouchés, pour restreindre les dimensions de l'instrument), tandis que l'ancienne régale (v. ce mot) n'avait que des jeux d'anches.

Position (ail. Lage), 1. Terme technique se rapportant à la façon de doigter, dans les instr. à archet; la première position consiste à faire usage du premier doigt (index) pour produire le son immédiatement supérieur à celui que fournit la corde à vide; dans la deuxième {mezza manica) et la troisième p., le premier doigt se place un, resp. deux degrés plus haut, etc. — 2. Terme employé pour désigner la façon dont les sons d'un accord sont disposés : position

LARGE, POSITION ÉTROITE (v. ÉTROITE).

Possibile fital.), autant que possible; pianissimo p. (ppp.), presto p., etc.

Postlude (lat. postludium: ail. Nachspiel), nom que l'on donne à un morceau d'orgue destiné à être exécuté à l'issue d'un service religieux, pendant que les iidèles quittent le temple. Il va sans dire que l'organiste choisira des œuvres de caractère approprié à la cérémonie qui vient de s'achever. On désigne aussi sous le nom de p. la ritournelle finale d'une mélodie, lorsque cette ritournelle est travaillée thématiquement (ex. dans le dernier lied de « L'amour et de la vie d'une femme », de Schumann).

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