RAFF
seurs, devint un des collaborateurs de la « Neue Zeitschrift fur Musik » (auparavant il avait fait des critiques pour la « Câcilia », de Dehn), et publia une brochure : Die Wagnerfrage (1854). Dès lors, il publia toujours davantage. Son opéra Konig Alfred, remanié, fut exécuté à Weimar, mais sans avoir le succès qu'il en avait espéré; cette œuvre ne franchit pas les murs de Weimar. Ce fut là le motif pour lequel R. se tourna dès lors vers la musique instrumentale pure, dans laquelle il produisit des œuvres notables, surtout dans le domaine de la musique de chambre et de la musique symphonique. En 1853. il se fiança à l'actrice Doris Genast, la suivit en 1856 à Wiesbaden, et l'épousa en 1859. Il ne quitta Wiesbaden qu'en automne 1877, lorsqu'il fut appelé à la tète du « Conservatoire Hoch », à Francfort s/M. C'est surtout pendant son séjour à Wiesbaden qu'il produisit la plupart de ses compositions de musique de chambre et pour orchestre. R. fut sans contredit un •eprésentant des tendances néo-allemandes; toutefois, il apportait en pratique quelques réserves et écrivait de la musique descriptive, sans jamais sortir du cadre des formes reçues ; ses symphonies ne sont pas aussi librement conçues que les poèmes symphoniques de Liszt, et l'orchestration en est établie comme celle des symphonies de Beethoven. Ses œuvres, dont le nombre dépasse deux cents, sont loin d'avoir toutes la même valeur ; à côté d'œuvres vraiment magistrales se trouvent des morceaux de salon légers et parfois médiocres. Les quarante-six premiers numéros des compositions de R. sont exclusivement pour piano seul (Sérénade op. l.Sonate et Fugue op. 14, impromptus, rondos, nocturnes, caprices, paraphrases, danses, etc.; op. 16, 28, 29 et 34 manquent); op. 48- 53, des lieder ; op. 55, les Friihlingsboten (pour iano). Nous rencontrons, seulement à l'op. 58, deux fantaisies pour piano et violon, et à l'op. )9 un duo pour piano et violoncelle. A partir de à, se succèdent entremêlés, des morceaux pour nano, pour orchestre, des morceaux d'ensem- )le, deslieder, etc. La société pour le monument levé à Raff,à Francfort s/M., a publié un cataogue complet de ses œuvres ( 1886). Nous ne ouvons qu'en donner un aperçu sommaire. R. écrit : onze symphonies pour orchestre : An as Vaterland, op. 96 (1863), couronnée par la Société des Amis de la musique » (cinq parties); 0 2, en ut majeur, op. 140; n° 3, hn Walde, op. 53 (la meilleure œuvre de Raff,en 1865); n° 4, en /mineur, op. 167; n° 5, en mi majeur, Lenore, 177 ; n° 6, en ré mineur, Gelebt, gestrebt ; litten, gestritten ; gestorben, umicorben, op. 9 ; n° 7, en si bémol majeur, In den Alpen, op. 1 ; n° 8, en la maj eur, Friihlingskldnge, op. 205 ; 9, en mi mineur, Im Sommer, op. 208 ; n° 10, î fa mineur, Zur Herbstzeit, op. 213; n° 11, la mineur, Ber Winter, op. 214 (posthume, vue par Erdmannsdôrfer) ; à ceci vient s'auter une Sinfonietta pour huit instruments à nt en bois et deux cors (op. 188), deux suites ur orchestre (op. 101 en ut majeur ; 194 en majeur [style hongrois]) et Suite italienne,
en mi mineur (sans numéro),- une quatrième 2hiiringersuite,en si majeur, resta manuscrite ; cinq ouvertures (op. 103, Jubelouvertûre; 117, Festouvertûre, en la majeur; 123, ouverture de concert en fa majeur ; 124, pour une fête d'étudiants à léna [pour musique d'harmonie] ; 127, sur Eine feste Burg ) ; quatre autres (pour Roméo et Juliette, Othello, Macbeth et La Tempête) sont restées manuscrites ; Feslmarsch, op. 135; Abends (rhapsodie pour orchestre, op. 163, en si bémol). Une Elégie pour orchestre est restée manuscrite ; une grande fugue pour orchestre inachevée. Pour piano et orchestre : Ode au printemps, op. 76 ; concerto en ut mineur, op. 185, et suite en mi bémol majeur, op. 200 ; pour violon et orchestre : deux concertos en si mineur, op. 161, en la mineur, op. 206, et une suite, op. 180 ; pour violoncelle : un concerto en ré mineur, op. 193 (un deuxième concerto en sol majeur reste manuscrit). Musique de chambre : huit quatuors pour instruments à archet (op. 77 en ré mineur, 90 en la majeur, 136 en mi mineur, 137 en la mineur, 138 en sol majeur, 192 [n° 6, en ut mineur : Suite Aïlterer Form ; n° 7, en ré majeur : Die schone Miillerin ; n° 8, en ut majeur : Suite in Kanonform] ; un sextuor pour instr. à archet, op. 178; un octette pour insrr. à archet, op. 176; un quintette avec piano, op. 107 ; deux quatuors avec piano, op. 202 (sol majeur et ut mineur); quatre trios avec piano (op. 102, 112, 155, 158) ; cinq grandes sonates pour violon (op. 73, 78, 128, 129, 145); suite pour piano et violon (op. 210), et de même des morceaux divers (op. 58, 63 [sur des motifs d'opéras de Wagner, 3 cahiers], 67 [La Fée d'amour, avec orchestre], 85, 203 [Volher,9 cahiers]); un duo, en sol majeur, resté manuscrit ; une sonate pour violoncelle, op. 183 ; un duo pour piano et violoncelle, op. 59; deux cahiers de morceaux, id. (op. 86); deux romances pour cor et piano (op. 182); deux sonates pour piano (op. 14,168); trois sonatilles, op. 99, et sept suites (op. 69, 71, 72, 91, 162, 163, 204). Parmi les nombreux morceaux de genre pour piano, nous mentionnerons encore les morceaux à quatre mains : op. 82 (douze morceaux de salon, sans octaves), 150 (Chaconne), 159 (Humoreshen inWalzerform), 160 (Reisebilder), 174 (Aus dem lanzsalon), 181 (deuxième humoresque : Totentanz) ; puis, pour deux pianos : la Chaconne, op. 150, et la Fantaisie, op. 207 a (aussi pour piano et quatuor d'archets); enfin, pour piano à deux mains: Hommage au néo-romantisme, op. 10; Ballade, ScJterzo , Métamorpltoses, op. 74 ; Suite sans octaves, op. 75 ; Chant d'Ondine, op. 84 (« Arpeggio-tremolo- Etude»); Introduction et allegro scherzando, op. 87; Rhapsodie hongroise, op. 113; Rhapsodie espagnole, op. 120; Gavotte, Berceuse, Espiègle, op. 125 ; Tarentelle, op. 144 ; Scherzo, op. 148 ; Allegro agitato, op. 151; Variations, sur un thème original, op. 179; trente études (sans numéro d'ordre); Cavatine et la Fileuse, op. 157 ; Reisebilder, op. 160 \La Cicenerella (nouveau carnaval), op. J65 ; Polka glissante, op. 170. Le nombre des
RAIGK
RAIMONDI
paraphrases de R. est très grand : citons, entre autres : Die Oper im Salon, douze cahiers, op. 35, 36, 37, 43, 44, 61, 65. Parmi les compositions vocales de R., ce sont surtout quelques lieder de l'op. 88 {Sangesfruhling, trente numéros) qui ont obtenu du succès en Allemagne; mais R. a écrit en outre un grand nombre de lieder: op. 47-53,' 66 (Traumkônig und sein Lieb), 172 {Maria Stuart), 173, 191, 192 (Die Jâgerbraut et Die Hirtin, avec orchestre), 211 (Blondel de Nesle): sans numéros d'op. : Fruhlingslied et Stândchen; douze duos (op. 114); six trios pour voix de femme et piano (op. 184) ; dix lieder pour chœur mixte (op. 198) ; deux autres id. (op. 171) ; trente quatuors pour voix d'hommes (op. 97, 122, 195); Wachet auf (Geibel) pour chœur d'hommes, soli et orchestre (op. 80); Deutschlands Auferstehung (op. 100 ; chœur d'hommes et orchestre) ; De profundis, à huit voix, avec orchestre (op. 141); quatre antiennes à la Ste Vierge restèrent manuscrites, ainsi qu'un Kyrie, un Gloria (six voix, a cappella), un Pater noster (huit voix) et un Are Man'a (huit voix). R. publia en outre : 1m Kahn et Der Tanz (op. 171 ; chœur mixte et orchestre); Morgenlieder et Einer Enlschlafenen (id., avec solo de soprano, op. 186),- Die Tageszeiten (op. 209, pour chœurs, piano et orchestre; quatre parties) et Weltende, Gericht, neue Welt (op. 212, oratorio d'après l'Apocalypse de St-Jean) ; deux autres œuvres chorales : Die Sterne (texte de Heldt) et Dornroschen ( texte de W. Genast) restèrent manuscrites. En plus de l'opéra déjà mentionné, Konig Alfred, R. écrivit la musique pour Bernard de Weimar, de Genast (1858); des opéras-comiques : Darne Kobold (Weimar, 1870; op. 154) ; Die Eifersiichtigen (texte de Raff luimême; non représenté) et Die Parole (id.) ; un grand opéra lyrique : Benedetto Marcello (id.), et un opéra :Samson(id.).ï\. transcrivit aussi la Ghaconne en ré mineur, de Rach, pour orchestre, de même que six sonates pour violoncelle, trois suites d'orchestre et des morceaux tirés des sonates pour violon, de Rach également, et deux marches de Saul et de JepJita, de Haendel, pour piano à deux mains. — 2. Anton, v. Raaff.
Raick, Dieudonné, né à Liège en 1702, m. le 30 nov. 1764, comme vicaire du chœur de Notre Dame, à Anvers; a publié six suites et trois sonates pour piano.
Raif, Oscar, né à La Haye le 31 juil. 1847 ; élève de Tausig, est depuis 1875 professeur de piano à l'Académie royale de musique de Rerlin. Auteur d'un concerto de piano (gravé) et de plusieurs œuvres de moindres dimensions.
Raillard, F., abbé, né à Montormentier, près de Langres, en 1804; théologien érudit et physicien, à Paris, a publié : Explication des Neu- ?nes ou anciens signes de notation (1852); Le Chant Grégorien restauré (1861); Mémoire sur la restauration du citant grégorien (1862), de même que deux communications sur la présence des quarts de ton dans le chant grégorien.
Raimondi, I.Igxazio, né en 1733, m. en 1802:
violoniste, et momentanément directeur de concerts à Amsterdam (1762 à 1780), où il fit exécuter sa symphonie : Aventures de Télémaque. Il a publié trois trios pour violon, alto et violoncelle; trois concertos pour violon, et six quatuors pour instr. à archet. — 2. Pietro, compositeur d'une extraordinaire fécondité et maître en l'art du contrepoint, né à Rome le 20 déc. 1786, m. dans la même ville le 30 oct. 1853, comme maître de chapelle de l'église St- Pierre. Très jeune encore, il fut élève de La Rarbara et de Tritto, au Conservatoire « Délia Pieta », à Naples, et lit exécuter son premier opéra à Gênes, en 1807 : La bizzarria d'amore. Il menait la vie ordinaire d'un compositeur italien d'opéras, c.-à-d. qu'il séjournait toujours dans la ville qui lui demandait un nouvel opéra (Gênes, Florence, Rome, Milan, Naples, Messine, etc.). De 1824 à 1833, R. fut directeur des théâtres royaux de Naples, et, dès 1825, en même temps professeur de contrepoint au Conservatoire royal; de 1832 à 1850, il fut professeur de contrepoint au Conservatoire de Palerme, puis, en 1852 (le 12 déc), il succéda à Rasili, à St- Pierre de Rome. R. ne composa pas moins de soixante-deux opéras, vingt-deux ballets, huit oratorios, quatre Messes avec orchestre, deux Messes pour double chœur a cappella ,-deux Requiem, avec orchestre, pour huit et seize voix; un livre complet de psaumes de quatre à huit voix, en style palestinien; un Credo à seize voix et un grand nombre d'autres morceaux de musique sacrée. Une spécialité remarquable de R., dans laquelle il se montre un maître du contrepoint qui à côté des combinaisons les plus hardies du seizième siècle, peut encore revendiquer l'honneur de l'originalité, consistait en des œuvres pour un très grand nombre de voix réelles, œuvres pouvant se décomposer en plusieurs morceaux, exécutés par un nombre restreint de voix, et dont chacun formait à lui seul un tout complet. Les principaux morceaux, gravés, dans ce genre, sont : quatre fugues à quatre voix qui peuvent être exécutées ensemble, en quadruple fugue à seize voix, et six fugues à six voix, qui peuvent être transformées en une sextuple fugue à vingt-quatre voix; de même les vingt-quatre fugues de quatre à huit voix, parues chez Ricordi, à Milan, contiennent deux exemples de pareilles combinaisons. La fugue la plus extraordinaire de R., comme nombre de voix, est une fugue à soixante-quatre voix, pour seize chœurs à quatre voix. Mais le couronnement des essais de R., dans ce genre, fut la composition de trois drames bibliques : Potifar, Giuseppe et Giacobbe, qui furent joués successivement au théâtre « Argenlina » à Rome, le 7 août 1852, et qui, le lendemain, furent exécutés simultanément. Il va de soi qu'on ne peut exiger d'une pareille combinaison ni beaucoup de vie dramatique, ni un effet très puissant; e tout cas, c'est là un véritable tour de force ne conserva pas pour lui les secrets de son art; il publia plusieurs ouvrages théoriques, dan* lesquels il s'occupe tout particulièrement ces combinaisons contrapontiques. Filippo Cic
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RALLENTANDO