RAMEAU
conetti (1867) a fait paraître une notice biographique sur R.
Rallentando (ital.). abr. rallent. ou rail., de plus en plus lent.
Ramann, Lina, musicographe, née à Mainstockheim, près de Kitzingen, le 24 juin 1833; élève de Mme Brendel, à Leipzig, fonda en 1858, à Glûckstadt dans le Holstein, un séminaire pour des maîtresses de musique et, en 1865, avec Ida Volkmann, une école de musique, à Nuremberg. Elle a écrit : Die Musik als Gegenstand der Erziehung (1866); Allgemeine Erzieh- und Unterrichtslehre der Jugend (1865, 2e édit. 1873); Aus der Gegenwart (1868, collection d'articles pour les « Hamburger Jahreszeiten »); Liszts CJtristus (1870); une biographie très complète de Liszt, Franz Liszt als Kiinstler und Mensch (deux tomes, en trois volumes : I, 1811-1840, para en 1880; II, 1840-1847, paru en 1887; III, 1848-1886, paru en 1894); en outre, elle rédigea (et traduisit en partie) une édition allemande complète des œuvres littéraires de Liszt (Breitkopf et Hsertel, six vol.). Elle a composé quatre sonates (op. 9) et publié, en outre : Grundriss der Technik des Klavierspiels (12 cahiers).
Rameau, Jean-Philippe, le fondateur de la théorie de l'harmonie proprement dite, c.-à-d. de la théorie de la parenté des harmonies et de leur enchaînement naturel, fut en même temps un organiste distingué et un compositeur illustre; né à Dijon le 25 sept. 1683, m. à Paris le 12 sept. 1764; entra au Collège des Jésuites, à Dijon, où il ne resta que quatre ans, afin de se vouer ensuite complètement à la musique pour laquelle il manifesta de bonne heure de réelles dispositions. En 1701, son père le fit partir de Dijon pour l'Italie, à la suite d'une aventure d'amour ; mais R. ne goûta que médiocrement la musique italienne et revint quelques années après dans sa patrie, en compagnie d'une troupe italienne qui parcourait le midi de la France, et dans laquelle il s'était fait engager comme violoniste. R. était déjà alors un organiste distingué; il refusa néanmoins, en 1717, la place d'organiste de la Ste-Ghapelle, à Dijon, pour aller tenter fortune à Paris. C'est là qu'il rencontra Louis Marchand, qui le prit comme élève et le [protégea d'abord, mais qui, trop préoccupé de sa propre gloire pour supporter celle des autres, devint bientôt son adversaire. R. dut donc, bon gré mal gré, retourner en province. Il devint d'abord organiste à Lille, puis bientôt [après à Clermont, où il trouva le loisir de réjdiger ses ouvrages théoriques. Il reparut de jnouveau à Paris en 1721, publia son Traité de {l'harmonie, qui attira bientôt sur lui l'attention |générale, des sonates pour piano et des cantates, puis obtint la place d'organiste de l'église le la Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. L'Acadé-
îie examina et approuva ses premiers ouvrages en 1737; mais auparavant déjà, R. avait trouvé en la personne du fermier général La ^pelinière, à la femme duquel il donnait des [eçons, un mécène qui lui ouvrit les portes lifficilement accessibles de l'Opéra. Son pre-
mier opéra : Samson (texte de Voltaire), fut refusé par le directeur Thuret qui ne voulait pas de sujet biblique (R. le remania plus tard, sous le titre de Zoroastre). En 1733, son Hippolyte et Aride fut représenté et remporta le meilleur succès qu'une pièce nouvelle puisse avoir, c.-àd. qu'il ne rencontra pas l'assentiment général, mais suscita au contraire de nombreuses controverses (v. la liste des pamphlets qui parurent alors, dans la Biographie, etc., de Fétis). A la fin cependant, la musique si éminemment française de R. remporta un succès éclatant. Louis XV créa pour l'auteur la place de « Compositeur du cabinet >>. R. a écrit pour le théâtre, outre différents morceaux de circonstance, des opéras : Samson; Hippolyte et Aride (1733); Les Indes galantes (1735); Castor et Pollux (1737); Les Talents lyriques ou. Les fêtes d'Hébé (1739); Dardanus (1739); Les fêtes de Polymnie (1745): La princesse de Navarre, Le Temple de la Gloire, Les fêtes de l'Hymen et de l'Amour, ou Les dieux d'Egypte (1747); Zdis (1748); Pygmalion; Naïs, Platée ou Junon jalouse (1749); Zoroastre (v. plus haut); Acanthe et Cêphise (1751); La guirlande, Baphnè et jE^/é(1753); Lysis et Délia, La naissance d'Osiris ou La fête de famille (1754) ; Anacréon, Zéphire, Nélée et Mirthis, Jo, Le retour d'Astrée (1757); Les surprises de l'Amour (1759); Les Sybarites, Les Paladins (1760); Abaris ou les Boréades, Linus, Le procureur dupé (les trois derniers ne furent pas exécutés). Un Roland, texte de Quinault,est resté inachevé. La plupart des opéras de R. furent gravés en partition réduite (voix, basse et violon, ritournelles complètes). En nouvelle édition (chez Breitkopf et Haertel), parurent seulement : Castor et Pollux, Dardanus, Les talents lynques et Les Indes galantes. A cela viennent s'ajouter encore une série de cantates et quelques motets, dont aucun ne paraît avoir été gravé. Pour le piano, R. écrivit : Premier livre des pièces de clavecin (1706; à cette époque-là, R. se trouvait probablement à Paris); Pièces de clavecin avec une mêtliode pour la mécanique des doigts (sans d.; contenant des observations pédagogiques précieuses) ; Pièces de clavecin avec une table pour les agréments (1731); Nouvelles suites de pièces de clavecin avec des remarques sur les différents genres de musique et Pièces de clavecin en concerts (1741 [1752], avec accompagnement de violon (flûte) et de viole (2d violon). Farrenc a fait paraître en entier les Pièces de 1731 et les Nouvelles suites, dans le Trésor des pianistes; quelques morceaux de musique pour piano se trouvent dans Alte Klaviermusih, de Pauer. L'auteur du présent dictionnaire a rédigé une édition complète des œuvres pour piano de R. (chez SteingWiber). Delsart a publié, dans les Archives du chant, de nombreux fragments de ses opéras. Enfin une édition complète des œuvres de R.,avec nombreuses notes historiques, techniques et bibliographiques, est actuellement en cours de publication, sous la direction de C. Saint-Saëns (A. Durand et fils). — La pensée géniale qui est à la base du sys-
RAMOS DE PAREJA — RAPPOLDI
tème théorique de Rameau, consiste à ramener tous les accords possibles à un nombre limité d'accords fondamentaux, tout d'abord sous la forme de théorie du renversement des accords; R., le premier, affirme que, au point de vue harmonique, mi sol ut, p. ex., est exactement la même chose que ut mi sol. La basse fondamentale de R. est tout autre chose que la basse chiffrée, avec laquelle il importe de ne point la confondre; il s'agit d'une partie fictive (non exécutée), formée par la série des fondamentales des accords dont la phrase harmonique présente en réalité souvent les renversements. Cette partie de basse fictive n'avait d'autre but que de rendre plus immédiatement saisissables les rapports harmoniques des accords successifs. Quant aux successeurs de R., ils empruntèrent au maître français uniquement son système de construction des accords par 'tierces, qui était le noyau de toute sa théorie, mais omirent complètement d'utiliser les germes que cette théorie contient pour l'explication des accords dissonants comme dérivés des accords consonants (fa, la, ut, ré •■= accord de fa majeur avec la sixte; ré; si, ré, fa, fragment de l'accord sol, si, ré, fa, etc.). L'auteur de ce dictionnaire, Hugo Riemann, a repris le système de R., mais en a déduit les lois d'un nouveau chiffrage et d'une nouvelle terminologie (cf. clef harmonique). Les ouvrages théoriques de R. sont : Traité dliarmonie réduite à ses principes naturels (1722; éd. angl par Jones, sans date, et par French, s. d. [1737, 1752]); Nouveau système de musique théorique (1726) ; Plan abrégé d'une méthode nouvelle d accompagnement (1730); Dissertation sur les différentes méthodes d'accompagnement (1732); Génération harmonique (1737); Démonstration du principe de l'harmonie (1750); Nouvelles réflexions sur la démonstration, etc. (1752); Observation sur notre instinct pour la musique (1754) ; Code de musique pratique (1760). Trois autres ouvrages restèrent manuscrits; à ces différents travaux viennent encore s'ajouter quelques articles publiés dans des revues : Mémoires de Trévoux (1736 et 1762; Mercure de France, 1752); plusieurs écrits polémiques contre les encyclopédistes (v. d'Alembert) et une brochure contre Euler, sur l'identité des octaves (1753). Pour plus amples détails sur R. v. : du Charger, Réflexions sur divers ouvrages de M. R. (1761); Nisard, Monographie de J.-P. R. (1867), et A. Pougin, R., sa vie et ses œuvres (1876). En 1880, la ville de Dijon érigea un monument à la mémoire de Rameau.
Ramos de Pareja, Rartolomeo (Ramis), théoricien espagnol, né à Baeza (Andalousie), en 1440; lit des conférences sur la musique, à Salamanque, et se fixa en 1480 à Bologne où il vivait encore en 1521. R. a publié, en langue espagnole, un ouvrage théorique non encore retrouvé jusqu'à ce jour, et à Bologne un ouvrage en latin : De musica tractatus (1482).
Randegger. Alberto, maître de chant et compositeur, né à Trieste le 13 avr. 1832; élève de Lafon,pourle piano, et de Luigi Ricci, pour
la composition ; écrivit d'abord deux ballets et, en collaboration avec deux jeunes compositeurs, un opéra : Il lazzarone qu'il fit exécuter à Trieste. R. remplit ensuite, durant plusieurs années, les fonctions de chef d'orchestre de différents théâtres d'Italie ; il lit représenter, en 1854, son grand opéra ; Bianca Capello, à Brescia, se fixa bientôt après à Londres, comme professeur de chant, et y acquit une grande renommée. En 1868, il devint professeur de chant à la « Royal Academy of Music » et fut en même temps le directeur de l'Opéra italien ; en 1881, il dirigea le festival de musique deNorwich. Outre les ouvrages déjà indiqués pour le théâtre, R. écrivit un opéra comique : The rival beauties (Londres, 1864), une cantate dramatique: Fridolin (Birmingham, 1873), deux scènes pour soprano et orchestre : Medea (Gewandhaus, 1869) et Saffo (Londres, 1875), le psaume cl pour solo de soprano, chœur, orchestre et orgue (Boston, Festival de musique, 1872), un anthem funèbre en souvenir du prince consort Albert, beaucoup d'autres œuvres vocales et, enfin, une méthode de chant.
Randhartinger, Benedict, né à Ruprechtshofen (Basse-Autriche) le 27 juil. 1802, m. à Vienne le 22 déc. 1893; condisciple de Schubert auprès de Salieri, s'occupa simultanément de musique et de droit, et fut pendant dix ans secrétaire du comte Szechenyi . Il entra, en 1832, comme ténor, dans la Chapelle de la Cour, à Vienne, devint vice-maître de chapelle en 1844 et succéda en 1862, à Assmayer, comme maître de chapelle de la Cour; il prit sa retraite en 1866. R. a écrit un grand nombre d'œuvres de musique vocale et instrumentale, parmi lesquelles un opéra : Kbnig Enzio, vingt Messes, soixante motets, plusieurs centaines de lieder et de chœurs, des symphonies et des quatuors pour instr. à archet. Un assez grand nombre d'œuvres furent gravées, entre autres un cahier de chants nationaux grecs, et une liturgie grecque.
Ranket, v. rackett.
Ranz (des vaches), mélodie populaire suisse qui, à l'origine, fut chantée ou jouée sur un chalumeau par les bergers des Alpes, mais qui revêtit avec le temps un aspect fort différent dans les différents cantons. L'une des caractéristiques du r. consiste en fragments mélodiques formés par le simple développement d'un seul accord, procédé grâce auquel l'écho de la mélodie, dans la montagne, ne nuit pas à l'effet harmonieux. Le plus connu et le plus caractérisque des r. est celui de la Gruyère.
Raoul de Coucy, v. Coucy.
Rappoldi, Eduard, excellent violoniste, né à Vienne, 1»' 21 févr. 1839, élève de L. Jansa M F. Bôhm (violon), ainsi que de S. Sechter (théorie), au Conservatoire de Vienne, fut, <T 1854 à 1861, membre de l'orchestre de la Cour de Vienne, de 1861 à 1866 concertmeister à Rotterdam, de 1866 à 1870 chef d'orchestre à Liibeck, Stettin et Prague, de 1871 à 1877 professeur à l'Académie royale de musique à Berlin. Depuis lors, R. est concertmeister de la
RAPPORTS DES SONS
RATZENBKRGER
Cour, à Dresde (ainsi que, jusqu'en 1893, premier maître de violon au Conservatoire). R. a publié de la musique de chambre. — 2. Laura- R.-Kahrer, femme du précédent, née à Mistelbach, près Vienne, le 14 janv. 1853; pianiste distinguée, élève du Conservatoire de Vienne et de Liszt.
Rapports des sons. Les rapports d'élévation des sons peuvent être déterminés mathématiquement, au moyen de la fixation préalable du nombre relatif des vibrations ou de la longueur relative des cordes qui produisent les différents sons. Le quotient des longueurs d'ondes sonores ou celui des vibrations est l'expression mathématique exacte du rapport de parenté de deux sons, par ex. : ut : mi en tant que 4 : 5 (cf. quintes et tierges) est une tierce majeure [pure], par contre ut : mi en tant que 64 : 81 le rapport des deux sons extrêmes d'une série de quatre quintes ([2 : 3] 4, abstraction faite des sauts d'octaves). Le tableau suivant des valeurs les plus importantes qui se puissent déterminer dans l'intérieur d'une octave, prend le son ut"2 comme point de départ et détermine d'après •celui-ci les valeurs acoustiques des autres sons. Ces valeurs peuvent s'exprimer de différentes manières qui, dans ce tableau, sont disposées les unes à côté des autres : 1. d'après le degré de parenté (chaque son est désigné comme le produit d'un certain nombre de marches de quinte, de tierce et d'octave [Q, T, O] à partir de ut"2 ; cf. intervalle) ; 2. en fractions ordinaires qui indiquent le rapport de longueur des cordes, ut = 1 étant pris comme point de comparaison (ex. sol = " ut) ; 3. en fractions décimales qui indiquent le nombre relatif des vibrations ; 4. enfin, en logarithmes {v.ce mot) dits logarithmes acoustiques à base 10 puis à hase 2, qui transforment les proportions en différences et permettent de voir au premier coup d'œil lequel de deux intervalles est le plus grand ou le plus petit. Ce n'est, en effet, que par un calcul spécial que l'on peut prouver lequel des. intervalles 16 : 15 et 2187 : 2048 est le plus grand ; les logarithmes, par contre, indiquent directement les différences de hauteur des sons. En outre, le tableau suivant indique (également en logarithmes à base 2) les valeurs exactes du système de 53 degrés (cf. tempérament) ; et enfin, pour les partisans du svstème tonal chromatique, encore toutes
les valeurs en logarithmes à base */ 2, qui donnent pour les douze degrés, placés à distance e demi-tons, des nombres entiers (l,00000 — V12 'octave). Les chiffres gras sont ceux qui corespondent à l'échelle tempérée de douze derés, dont les valeurs se révèlent ainsi moyenes excellentes. Quant aux traits horizontaux ur ou sous les noms des notes, ils permettent e saisir rapidement le rapport harmonique ui existe soit entre le son en question et uf2, soit entre les sons considérés dans leurs raports réciproques. ( Voir le tableau, p. 664 et uiv.)
Rastral (du lat, rastrum, harpe), petit outil, très simple, servant à tracer simultanément les cinq lignes d'une portée.
Rasoumowski, ANDRÉ-CYRiLLovrTCH,comte et, à partir de 1815, prince ambassadeur russe à Vienne, épousa, en 1788, la sœur de la princesse Karl Lichnowski, comtesse de Thurn. Il entretint, de 1808 à 1816, le célèbre quatuor d'instruments à archet qui porte son nom et dans lequel il jouait le second violon (premier violon : Schuppanzigh, alto : Weiss, violoncelle : Lincke). Ce quatuor joua enepre longtemps après la retraite du comte R., sous le nom de « Schuppanzighsquartett » et avec Sina comme second violon. On sait que Beethoven dédia à R. les Irois quatuors de l'op. 59.
Rastrelli, Vincenzo, excellent maître de chant mais compositeur médiocre, né à Fano en 1760, m. à Dresde le 20 mars 1839; compositeur de la chapelle de la Cour, avait été l'élève du P. Mattei, à Bologne. Il laissa beaucoup de musique d'église et d'oeuvres vocales qui sont conservées à Dresde. — 2. Joseph, fils du précédent, né à Dresde le 13 avr. 1799, m. dans la même ville le 14 nov. 1842; accompagna son père, en 1814, dans un voyage qu'il fit en Italie, et devint l'élève de Mattei. En 1829, il fut nommé second chef à l'Opéra de la Cour, à Dresde et, en 1830, premier chef d'orchestre. Il fit exécuter à Ancône, Milan et Dresde des opéras de sa composition : Salvator Rosa (1832( et écrivit aussi une quantité de Messes (une à huit voix), de motets, de cantiques de vêpres, etc.
Ratez, Emile - Pierre, né à Besançon le 5 nov. 1851, élève de l'Ecole de musique de cette ville (P. Demol) et, de 1872 à 1881, du Conservatoire de Paris (Bazin, Massenet). Il entra comme altiste dans l'orchestre de l'Opéra- Comique, devint directeur des chœurs chez Colonne, et, en 1891, directeur de la succursale du Conservatoire national, à Lille. En plus de ses opéras : Ruse oV Amour (1886, Besançon) et Lydwric (1895), R. a publié trois trios avec piano, des morceaux pour piano et violon, pour cor et piano, hautbois et piano, ainsi qu'une sonate pour violoncelle et un quatuor avec piano.
Rathgeber, Valentin, moine bénédictin à Banz (Franconie), né en 1690, m. après 1744; composa un grand nombre de Messes, de psaumes, hymnes, litanies, offertoires, antiennes, etc., ainsi que de la musique instrumentale : Chelys sonora, constans 24 concertationibus (1728) et Musihalischer Zeitvertreib auf dem Klavier (1743).
Ràtselkanon (ail., canon énigmatique) , v.