RESOLUTION
— 3. du r. d'un motif (imitation par mouvement contraire), l'un des modes d'imitation les plus intéressants, consistant en ceci que tous les intervalles du thème sont effectués en sens contraire (ascendants au lieu de descendants et vice-ver sa), en ital. per moto contrario ou al rovescio. On fait usage, à l'occasion, du r. du thème dans la fugue, dans la gigue fuguée, etc.
Repercussa (s.-ent. voœ, lat.), son répété plusieurs fois de suite, 1. dénomination de la bivirga (distropha) et de la trivirga (trislropha) dans la notation neumatique ; — 2. dans le chant grégorien, dénomination de certains sons qui, dans un même mode, reviennent fréquemment et caractérisent de la sorte ce mode (la"2 dans le 1er, le 4me et le 6memode ; /'a2 dans le 2me ; ut 3 dans le 3me, le 5me et le 8me ; ré3 dans le 7me.)
Répercussion (lat. repercussio), 1. syn. de repercussa, v. ce mot 2. — 2. Dans la fugue, passage du sujet successivement dans toutes les voix (au début du morceau, syn. d' « exposition »).
Répéter. On dit d'un jeu mixte de l'orgue qu'il « répète », lorsqu'il ne fournit pas chaque son, dans toute l'étendue du clavier, des mêmes harmoniques, mais que les harmoniques des sons aigus sont relativement plus graves que ceux des sons graves ; par ex. une fourniture (ou plein-jeu; donnant pour la touche ut l les sons ut 3 sol 3 utA sol 4 (sons 4, 6, 8 et 12 de la série harmonique), et pour la touche ut 4, non pas ut 6 sol 6 ut 7 sol 7, mais bien ut 5 sol 5 utG sol 6 (sons 2, 3, 4 et 6 de la série harmonique). Cf. MIXTES.
Repetitionsmechanik (ail.), double échappenent. Cf. Erard et piano.
Repetitionszeichen (ail.), reprise.
Répons (lat. responsorium), l'une des plus mciennes formes du chant ecclésiastique caholique, analogue à l'ancienne antienne, mais l'origine différente. Le r. est d'origine italienne, andis que le chant antiphonique a sa source n Orient. Cf. antienne et graduel.
Réponse (lat. cornes ; ail. Gefàhrte ; ital. isposta ou conséquente), v. fugue.
Reprise, nom que l'on donne au signe emloyé, en manière d'abréviation, pour indiquer
répétion d'un fragment de musique :
ou s.
ia reprise, c.-à-d. la partie du morceau qui est lacée entre deux de ces lignes, a une impor-
tance spéciale dans la sonate et la symphonie, car elle contient l'exposition des thèmes, ainsi nettement séparée (dans la notation même) de la partie de développement.
Requiem (lat.), dénomination habituelle de la « Messe des Morts » (Missa pro defunctis), d'après le début de l'introït: « Requiem asternam dona eis, domine ». La « Messe de r. » comprend les morceaux suivants, pour le chœur: lntroitus ; Kyrie ; Graduale (avec le tractus : « Absolve », et la séquence : « Dies irae ») ; Offertorium (« Domine Jesu Christe») ; Sanctus et Benediclus ; Agnus dei et communion ( « Lux œterna » ). Le Gloria et le Credo de la Messe ordinaire sont par conséquent supprimés.
Resch, v. Grapileus.
Réservoir. Il y a, dans toute soufflerie d'orgue, divers r. a air : outre que la partie supérieure du soufflet joue le rôle de réservoir, on fait usage depuis Barker, qui les inventa, de réservoirs-régulateurs. Le but de ces derniers, au nombre de trois, est de fournir de l'air à des pressions différentes, pour les tuyaux des différentes régions de l'échelle sonore ; cette échelle est divisée en trois régions : grave, moyenne, aiguë, et la pression doit être d'autant plus forte que le tuyau à faire parler est plus volumineux, autrement dit plus grave. La table supérieure de ces r. (placés, de nos jours, les uns dans les autres) reste presque immobile pendant le jeu, grâce au fonctionnement de soupapes de communication, en sorte que le r.-régulateur supprime encore le houppement, autrefois si fréquent.
Résolution (ail. Auflosung), dénomination technique de l'enchaînement d'un accord dissonant avec l'accord qui le suit immédiatement (cf. dissonance). Il convient de distinguer: 1. les r. de retard, consistant en ceci que le ou les sons formant dissonance, autrement dit n'appartenant pas à l'harmonie naturelle dans le sens de laquelle l'accord doit être interprété (v. harmonie), se résolvent sur des sons faisant partie de cette harmonie :
Il s'agit aussi d'une sorte de r. de retard, lorsque, dans un accord pouvant donner lieu à des interprétations diverses, un ou plusieurs sons marchent de telle façon que l'interprétation primitive de l'accord doit faire place à une autre interprétation, ex. :
Il est certain qu'en ut majeur, on interprétera l'accord desep- ~^~1 tième ut, mi, sol, si, comme un accor<J d'ut majeur avec adjonction d'un son dissonant:
si ; toutefois la r. de cet accord sur celui de mi mineur est bien une r. de retard, car ut, mi, sol, si peut tout aussi bien s'expliquer
RESONANZBODEN
comme un accord de mi mineur avec adjonction du son dissonant : ut. Il y a dans ce cas et dans les autres de même genre, non pas une marche réelle, mais un simple changement de signification qui se révèle fort important, pour la modulation surtout. — 2. Les r. par progression, se produisant lorsque l'on passe d'une harmonie, dont la consonnance est troublée par un élément étranger, à une autre harmonie dans le sens de laquelle le premier accord ne pouvait être interprété ; cette même sorte de r. existe encore, avec les dissonances par retard, lorsque la marche des voix est bien, d'une part, celle que nécessite la suppression de la dissonance avec le maintien de la même harmonie, mais que, d'autre part, plusieurs voix marchent de telle façon que le nouvel accord doit être interprété dans* le sens d'une nouvelle harmonie :
ifc-i
si
Dans l'ex. I, la dissonance de l'accord d'ut majeur avec septième majeure se résout sur l'accord de fa majeur; dans l'ex. II, le retard fa (quarte) se résout bien sur le mi (tierce), mais les autres voix marchent en même temps vers les notes de l'accord de la majeur avec septième. Mais on distingue encore entre la progression NATURELLE de la PROGRESSION « TROM- PEUSE », la première comprenant les r. attendues, normales, des dissonances, la seconde les r. inattendues ou anormales. Sont considérées comme progressions naturelles, les r. de retard, par ex., lorsque la r. se fait sur la consonnance de l'harmonie dans le sens de laquelle l'accord dissonant était interprété, ou encore une foule de r. par progression telles que celles de l'ex. I. Sont considérées, par contre, comme progressions « trompeuses », particulièrement les r. dans lesquelles l'accord consonnant attendu comme conclusion est remplacé soit par un accord dissonant s'interprétant dans le sens de l'harmonie attendue (r. dont la valeur conclusive seule est troublée ; cf. cadence rompue), soit aussi par un accord consonnant ou dissonant autre que l'accord attendu. La r. est dite retardée, lorsque le son que la r. naturelle de la dissonance devrait fournir, n'apparaît qu'après l'intercalation d'un autre son de l'accord. Cf. aux mots tonalité et modulation ce qui a trait à la signification des suites d'accords consonnants.
Resonanzboden (ail.), v. table d'harmonie.
Respiration. L'art de la r. est, soit dans le chant, soit dans le jeu des instr. à vent, d'une importance capitale. P^ur l'un comme pour l'autre, l'aspiration profonde est tout indiquée, lorsqu'un silence suffisant le permet, car elle supprime la nécessité de petites aspirations (demi-respiration) fréquentes. Il est en outre