RICHTER
voix d'hommes, des lieder (Schlesische Volkslieder, op. 27), des morceaux d'orgue, une symphonie et un opéra-comique : Contrebande. — 4. Ernst - Friedrich - Eduard, compositeur et théoricien des plus estimables, né à Grosschônau (Lausitz) le 24 oct. 1808, m.' à Leipzig le 9 avr. 1879 ; fils d'un maître d'école, il fit son collège à Zittau et se rendit, en 1831, à Leipzig, où il se fit inscrire comme étudiant en théologie, mais se mit à étudier la musique tout seul. A la fondation du Conservatoire, en 1843, il fut nommé maître de théorie à côté de Hauptmann; puis, après la mort de Pohlenz, il prit la direction de la « Singakademie » (1847) et devint successivement organiste de l'église St-Pierre (1851), de la « Neukirche » (1862) et peu après de l'église St-Nicolas. En 1868, R. fut appelé enfin au cantorat de l'église St-Thomas et à la direction de la musique des églises principales, comme successeur de M. Hauptmann; la même année, il fut nommé « professeur ». L'Université lui a conféré le titre honorifique de directeur de la musique universitaire. Comme compositeur, R. n'est pas précisément remarquable, mais ses motets et ses psaumes surtout sont des œuvres fort acceptables. Il a écrit aussi des Messes, un oratorio : Christus der Erloser (1849) ; le Dithyrambe, de Schiller (exécuté au Gewandhaus, en 1859, pour les fêtes Schiller); des quatuors pour instr. à archet; des morceaux d'orgue : des sonates de violon ; des sonates de piano ; etc., etc. Les Praktische Studien zur Théorie der Musik, de R., jouissent d'une considération bien méritée et sont très répandues; la première partie (publiée d'abord seule, indépendamment de tout projet plus vaste): Lehrbuch der Harmonie, parut en 1853, et fut éditée seize fois jusqu'en 1884; la troisième partie, Lehrbuch der Fuge, en 1859 (4e éd. 1880); la deuxième, Lehrbuch des einfachen und doppelten Kontrapunkts, en 1872 (5e éd., 1884). L'ouvrage complet a paru en anglais, traduit par Franklin Taylor (1864, 1874, 1878). Quant au Traité dharmonie, la partie la plus connue, il a paru en français (traduit par Sandre), en polonais, en suédois, en russe et en italien. — 5. Alfred, fils du précédent, né à Leipzig le 1« avr. 1846 ; fut, de 1872 à 1883, professeur au Conservatoire de cette ville et publia un nouveau recueil d'exercices (Aufgabenbuch) pour le Traité d'harmonie de son père (1880 ; 4e éd., 1884). Il convient de mentionner dans ce recueil la place qu'occupent les exercices dont la partie supérieure donnée (sans basse chiffrée) est chiffrée d'après le système alphabétique introduit par Gottfried Weber (cf. succession). En 1884, R. se fixa à Londres. — 6. Hans, chef d'orchestre de renom, né à Raab (Hongrie), où son père était maître de chapelle, le 4 avr. 1843; entra, après la mort de celui-ci (1853), comme enfant de chœur dans la chapelle vocale de la Cour, à Vienne, et étudia, de 1860 à 1865, le cor, le piano et la composition au Conservatoire de musique de cette ville. De 1866 à 1867, R. séjourna à Lucerne, auprès de Wagner, qui lui avait confié la co-
RIGIERI — RIEDEL
pie deslinée à l'impression de la partition des « Maîtres chanteurs ». Wagner le recommanda ensuite à Munich, comme chef des chœurs de l'Opéra, où il fat de 1868 à 1869. L'année suivante, R. conduisait les répétitions de la première de «Lohengrin », à Bruxelles ; de 1871 à 4875, il fut chef d'orchestre au Théâtre national de Pesth ; enfin, à la suite de l'énorme succès d'un concert qu'il dirigea en 1875, à Vienne, il fut appelé à remplacer Dessoff comme chef d'orchestre de l'Opéra de la Cour et comme directeur des « Concerts philharmoniques », (fonctions qu'il continue à remplir, après avoir été remplacé, une année seulement [1882-1883], par Jahn). R. devint ensuite second (1878), puis premier (1893) chef d'orchestre de la Cour. Ce fut lui qui, en 1876, dirigea les exécutions de 1' « Anneau du Niebelung », à Bayreuth, et qui, en 1877, alterna, avec Wagner lui-même, dans la direction des «Concerts Wagner», à Londres. Depuis lors, R. est resté l'un des principaux chefs d'orchestre de Bayreuth ; il dirige, en outre, chaque année, à Londres, un certain nombre de concerts qui portent son nom et fut parmi les directeurs de plusieurs festivals du Bas-Rhin. R. a dirigé pour la première fois à Paris (IXe symphonie, de Beethoven) en 1898.
Ricieri, Giovanni-Antonio, le maître du P. Martini, né à Venise le 12 mai 1679, m. à Bologne en 1746; devint, en 1701, sopraniste à St- Pétrone, à Bologne, et membre de l'Académie philharmonique (en 1704, Mœstro compositore). dont il fut exclu, du reste, en 1716, à cause de ses critiques mordantes des œuvres de ses collègues. Il fut, de 1722 à 1726, maître de la chapelle d'un noble polonais, entra en 1732, pour peu de temps, comme novice chez les Franciscains, et se retira de nouveau à Bologne, après avoir séjourné dans différents endroits. R. a écrit plusieurs oratorios : La Nascita de Gesu (1713), La tenlazione d 'incredulita (1714), II cuore umano ( 1716), Il sacrifizio d'Isacco (1738). Une fugue à cinq voix, de R. également, se trouve comme modèle dans le Saggio di contrappunto, de Martini.
Ricordi, Giovanni, le fondateur de la maison d'éditions musicales la plus importante de l'Italie et l'une des plus considérables du monde {Stabilmento R., c.-à-d « Etablissement R.»), né à Milan en 1785. m. dans la même ville le 15 mars 1853. R. ne fut, en premier lieu, qu'un pauvre copiste et commença sa fortune par l'achat d'une partition de Luigi Mosca : «I pretendenti delusi », dont il vendit fort cher les copies. L'héritier de la maison fut son fils Tito R., né à Milan le 29 oct. 1811, m. dans la même ville le 7 sept. 1888. Ce dernier transmit à son tour la direction de l'établissement, quelques années avant sa mort, à son tils Giulo (né le 19 déc. 1840), connu comme compositeur sous le pseudonyme de Burgmein. Un second fils, Enrico, mourut à Milan le 20 févr. 1887. Le catalogue de la maison R. compte plus de cinquante mille numéros, parmi lesquels les éditions originales des opéras de Rossini, Generali, Bellini, Doni- /'•tii. Verdi, etc.
Riedel, 1. Karl, le fondateur et le directeu très méritant du «Riedelscher Verein », né Cronenberg, près d'Elberfeld, le 6 oct. 1827, fil d'un pharmacien, m. à Leipzig le 3 juin 1888 après avoir suivi l'école industrielle de Hagei il fit un apprentissage de teinturerie des soie^ à Crefeld, et travailla comme ouvrier teinturiie à Zurich , mais il changea brusquement d carrière, en 1848, et se rendit à Leipzig, pou se vouer complètement à la musique, d'abor sous la direction de Charles Wilhelm, puis a Conservatoire. Grâce à une volonté de fer, devint bientôt une des personnalités musicale | les plus en vue de Leipzig, particulièremei après la fondation, en 1854, d'une société chc raie pour l'exécution des anciennes œuvn sacrées. Après avoir commencé comme modes quatuor d'hommes, cette association devint 1 pidement un des chœurs mixtes les plus rema quables du monde entier et put, en 1855 déj exécuter la « Messe en si mineur », de Racl avec un complet succès. R. devint, après mort de Brendel, président de la « Société g. nérale allemande de musique » ; il fonda ) section de Leipzig, qui exécute, dans des aud tions gratuites, des nouveautés intéressante (musique de chambre, lieder, chœurs), et fi aussi président de 1' « Association Wagnériei ne », à Leipzig. Parmi les publications de R.,c ne trouve que peu d'oeuvres originales, ma par contre une série d'excellentes éditions d'œvres anciennes, parmi lesquelles : Die siebt Worte, de Schutz ; Geistliche Melodien, de «J W. Franck ; Preussisclte Festlieder, de Eccan Weinachtslieder, de Praetorius, etc. Il a réu en outre, des fragments des quatre Passioi] de Schutz en une seule « Passion » et pub divers recueils : Altbœhmische Hussiten w Weinachtslieder et Zioœlf alldeulsche Liedt R. reçut du duc d'Altenbourg le titre de « pr fesseur » et fut créé, à l'occasion des fêtes Luther, DT honoris causa par l'Université Leipzig ; en 1884, il fut nommé par le roi ^ Saxe «maître de chapelle royal».— 2. Herman compositeur de lieder, né à Burg, près de Ma debourg,le 2 janv. 1847; élève du Conservatoij de Vienne, actuellement chef d'orchestre de Cour, à Brunswick. R. est surtout connu p ses compositions de lieder du Trompette Sâckingen, de Scheffel. — 3. Fùrchtegoij Ernst-August, né à Chemnitz le 22 mai 1 fréquenta le séminaire d'Annaberg puis, 1876 à 1878,1e Conservatoire de Leipzig, devi en 1877, maître de musique à l'Asile des ave gles, puis (jusqu'en 1888), directeur de la i ciété de chant mixte « Quartett», à Leipzig. 1 1888, R. fut appelé comme maître au séminai de Plauen, mais il devint, en 1890 déjà, can directeur de musique et maître de chant l'Ecole secondaire ; en outre, il dirige, depi 18881a « Société de musique » de Plauen. Cornu compositeur, R. s'est fait connaître pardiven œuvres vocales : une cantate, Winfried (< 16); Der Sachsen Festtagssang (op. 17); c chœurs, des lieder ; puis, par des morceaux piano destinés à l'enseignement : douze sor
RIEDT —
'fines (op. 12 et op. 18) pouvant servir de second piano à l'op. 36 de Clementi et à l'op. 55 de Kuhlau; etc.
Riedt, Friedrich- Wilhelm, flûtiste et théoricien, né à Berlin le 24 janv. 1712, m. dans la même ville le 5 janv. 1784: élève de Graun, fut successivement musicien de la Chambre de Frédéric-le-Grand (1741), puis directeur de la « Société musicale », à Berlin (1750). Il a composé des concertos, des soli, des trios pour flûte et écrit un Versuch ûber die musikalischen Intervalle (1753), de même que plusieurs •articles de théorie, de critique et de polémique, ■dans les « Beitrâge » de Marpurg (vol. I à III).
Riehl, Wilhelm-Heinrich, né à Biebrich s. Rhin le 6 mai 1823, m. à Munich le 16 nov.1897 ; fut nommé, en 1854, professeur de sciences sociales à l'Université de Munich, puis, en 1865, directeur général du Musée national et conservateur des monuments artistiques delà Bavière. En plus d'ouvrages sur l'histoire des civilisations, fort intéressants pour la plupart, quoique édifiés sur des données parfois précaires (Na- ■turgeschichte des Volks ; Kulturhistorische Novellen; Kulturstudien aus drei Jahrhun- ■derten, etc.)., R. a publié : Musikalische Charaklerkœpfe (1853-1861, 2 vol.; 6e éd., 1879); Hausmusik (1856, 1877, 2 parties; lieder de R. lui-même). Il a donné pendant nombre d'années un cours d'histoire de la musique àl' «Ecole royale de musique » de Munich.
Riem, Friedrich- Wilhelm, organiste et compositeur, né à Kœlleda (Thuringe) le 17 févr. 1779, m. à Brème le 20 avr. 1857 ; élève de J.-A. Hiller, à Leipzig, devint, en 1807, organiste de la nouvelle église réformée, puis, en 1814, organiste de la Cathédrale de Brème et directeur de la « Singakademie ». Il a écrit un grand nombre d'oeuvres de musique de chambre : des quatuors et des quintettes pour instr. a archet, des sonates de violon, des pièces pour piano, etc. Parmi ses compositions d'orgue, deux livraisons parurent chez Kôrner, à Erfurt.
Riemann, 1. Jakob, musicien de la Cour de "Cassel, au commencement du siècle passé, a publié des suites pour basse de viole et continuo, six sonates de violon avec continuo et des sonates-trios pour violon, gambe et continuo. — 2. August, né à Blankenhain (Thuringe) le 12 août 1772, m. à Weimar en août 1826; fut, à partir de 1790, premier violon dans la chapelle de la Cour à Weimar, puis devint répétiteur à l'Opéra, en 1806, et directeur de musique de la Cour, en 1818. Ses compositions pour violon sont restées manuscrites. — 3. Hugo, auteur de ce dictionnaire, né à Grossmehlra, près Sondershausen, le 18 juil. 1849; apprit les pre- I miers principes de la musique auprès de son père |qui était agronome de profession, mais grand imateur de musique, et dont des lieder, des [chœurs, un opéra, etc. furent exécutés à Sonlershausen (ce ne fut que l'opposition inflexi- )le de ses parents qui l'empêcha de donner un léveloppement artistique à son vigoureux talent musical; il mourut à Sondershausen le 6 tout 1896). R. reçut les premières leçons de