ACCENT
Académie était, à Athènes, le nom d'une promenade dans laquelle Platon avait coutume de réunir ses disciples et de faire ses cours; le même nom devint plus tard celui de l'école de Platon et fut repris en 1470 par une société de savants qui s'était l'on née à la cour de Laurent de Médicis, à Florence, et s'appelait « A. platonienne». Dès lors de nombreuses sociétés de savants cl d'artistes ont pris le nom d'A. La plupart des A. européennes sont des institutions d'Etat, telles, par ex., celles de Paris et de Berlin qui sont formées d'un nombre fixe de membres effectifs, L'A. de France se subdivise en A. française, A. des inscriptions et belleslettres, A. des sciences, A. des beaux-arts, A. des sciences morales et politiques. L'A. des beaux-arts est richement dotée; elle a chaque année un certain nombre de prix importants à décerner et la science musicale est redevable à ces concours de maint encouragement. L'A. des beaux-arts, de Berlin, est aussi une institution de l'Etat, mais indépendante de l'A. des sciences, el avant sous son patronage l'Ecole de composition musicale (Ah. Meisterschule), l'Ecole royale de musique (Kgl. Hochschule f. Musik) et l'Ecole de musique religieuse. Cf. Conservatoire. L'A. royale de Bruxelles possède, elle aussi, une section des beauxarts; à Boston, il existe depuis 1780 une A. des sciences et des beaux-arts. — Nous entendons souvent, de nos jours, par A. un établissement d'instruction supérieure, soit université, soit école supérieure d'une branche spéciale. C'esl parmi ces dernières que les écoles de musique, c-à-d. les conservatoires prétendent pouvoir prendre rang, quoique peu d'entre elles portent le nom d'A. (Royal Academy of Music à Londres, Ah. Institut f. Kirchenmusïk à Breslau, etc.). Cf. Lycée. — Diverses entreprises musicales ou théâtrales mil aussi pris le nom d'A., ainsi Y Academy ofancient Music (1710-1792) à Londres, n'était qu'une société de concerts ayant pour but l'exécution d'œuvres anciennes ; l'A. (nationale, impériale, royale, suivant le gouvernement au pouvoir) de musique â Paris, n'est autre chose que le Grand-Opéra fondé en 1669 et qui, par L'intermédiaire d'une école de chant dramatique (1784), engendra le Conservatoire actuel; Y Academy of music de New- York n'est même que l'Opéra, servant le plus souvent de salle de concerts. On sait que l'Opéra italien qui florissail â Londres, au temps de ilaendel, portait le nom d'Academy. En Italie, accademia est un nom commun servant à désigner toute espèce de concert ou d'audition musicale.
A cappella (ihil.), en Btyle de chapelle, c.-à-d. pour VOIX seules, sans ;i.ic:in accompagnement instrumental.
Accademia degli Arcadi, cf. Arcadiens.
Accarezzevole (ilal.), flatteur, syn. de lusingando.
Accelerando (ilal.), en pressant, en accélérant, peu â peu (pag tOUt â coup) plus vile.
Accent, 1. Renforcemenl donnant une importuner spéciale à certains sons ou accords. La
théorie traditionnelle de la métrique et de la rythmique donne le nom d'accent (a. grammatical ou métrique, régulier, positif) au renforcement des notes essentielles d'une phrase ou d'un motif, lorsque ces notes tombent sur la partie forte du temps ou de la mesure. Cependant, comme il ne s'agit pas d'un renforcement anormal, mais bien du résultat logique des continuelles variations dynamiques (crescendo et diminuendo) qui sont à la base de l'expression musicale, son assimilation aux accents ne saurait qu'amener des malentendus. A. signifie plutôt, en réalité, le renforcement accidentel qui contrarie le cours logique des développements dynamiques, le renverse parfois totalement, et que le compositeur note lui-même, au moyen de signes spéciaux (sf.,>-, \). L'un des a. les plus fréquents et les plus importants est 1' a. initial, sur la première note d'une phrase ou d'un motif : il a l'avantage de faire ressortir clairement la structure thématique, mais son emploi trop fréquent deviendrait à la longue importun. Certaines formules rythmiques, et tout particulièrement les anticipations syncopées de sons dont la valeur harmonique n'apparaît que sur le temps fort suivant, exigent une accentuation (a. rythmique) ; de même les harmonies compliquées, les fortes dissonances, les notes moclulatoires (a. harmonique) ; de même encore les sommets de la mélodie, lorsqu'ils ne sont pas déjà renforcés par le fait de la place qu'ils occupent dans la mesure (a. mélodique). Par contre, le contraste dynamique de figures qui ne se peuvent ramener à une unité simple, tel qu'il se présente le plus fréquemment dans, les œuvres orchestrales , émanation directe de l'imagination créatrice, ne peut être soumis à aucune classification, à aucune règle. On obtient une sorte d'à. négatif par le yiano subito,} employé comme conclusion d'un crescendo,^ moyen dont Beethoven rechercha avec prédilection les puissants effets. — 2. Ornemena inusité de nos jours (ital. accento), autrefois indiqué par des signes spéciaux et correspondant à peu près à notre port de voix. L'a. était nota de diverses manières et consistait en une seconde diatonique, supérieure ou inférieure, précédant la note pourvue de l'a. :
Exécution :
Dans un mouvement rapide, avec des noteslj brèves, la note écrite perd la moitié de sa va- j leur; elle en perd moins de la moitié, lorsqu'ellll est plus longue. Walther (1732) signale enconf^ l'existence d'un double a. (accento dopjriok dont l'usage consiste à raccourcir la première note, pour prendre la seconde d'avance par uni
AGGENTUS — ACOUSTIQUE
sorte de portamento, c'est alors absolument le port de voix :
Exécution :
Le signe » » est cependant assez rare, tandis qu'on se sert des signes précédents tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, et qu'on emploie indifféremment les termes a., chute, port de voix. Cf. Aspiration. — 3. On a cru voir, ù diverses reprises, dans les a. et surtout dans les a. de la langue hébraïque, des signes musicaux, et l'on a cherché à les déchiffrer (v. Anton). Il est presque indubitable que l'accentuation des psaumes fut une sorte de notation musicale, mais uniquement dans le genre des neumes (qui sont apparemment issus, eux aussi, des accents grecs), c.-à-d. une indication approximative des rapports des sons entre eux, un moyen offert au musicien de se remémorer telle ou telle mélodie que la tradition orale lui a transmise. Il est aisé de voir que les trois a. grecs, suivant le sens littéral de leurs noms, fournissent les éléments de la notation en neumes ( ' oœytonon — élévation de la voix — virga'; ' barytonon = abaissement de la voix — jacens, punctus . — ; ^ ou ^ perispomenon, =■ oscillation de la voix, crochet = plica). Cf. Neumes. — 4. A. agoc/ique, v. Agogique. — 5. Partie du rituel catholique, v. Accentus.
Accentus, une partie de la liturgie catholique, le contraire de concentus. Les anciens traités de chant liturgique comprennent sous le nom de concentus tout ce que le chœur exécute c.-à-d. les hymnes, psaumes, répons, alléluias, séquences etc., sous celui d'à., au contraire, la collecte, l'épître, l'évangile, les prières qui sont chantées, ou plutôt récitées par le prêtre ou l'un des diacres. L'a. se chante presque continuellement sur une même note et ne fait qu'indiquer la ponctuation du texte, par des cadences ascendantes (interrogation) ou descendantes (point).
Acciacatura (ital.) 1. Cf. Pincé, étouffé. — 2. Le mot a. est employé aujourd'hui comme synonyme d'appogiature, surtout lorsque la petite note est brève.
Accident, signe d'altération (v. ce mot) que l'on rencontre passagèrement devant une note, dans le courant d'une composition musicale.
Accolade, signe dont on se sert pour réunir plusieurs portées, dans les œuvres pour piano ou orgue, dans les partitions, etc.
Accompagnato (ital.), « accompagné », terme technique servant à désigner le récitatif à accompagnement continu, par opposition au recitativo secco dans lequel les harmonies ne sont que sommairement indiquées. Cf. Accompagnateur.
Accompagnateur, exécutant, plus spécialement pianiste, qui accompagne un chanteur ou un instrumentiste ; anciennement, claveciniste
ou organiste réalisant à vue la basse chiffrée d'un récitatif ou de quelque autre morceau.
Accompagnement (ital. accompagnamento, ail. Begleitung), désigne la partie instrumentale subordonnée au chant ou à l'instrument solo, par ex., clans les morceaux de concert, la partie d'orchestre, dans les mélodies pour chant, la partie de piano.
Accord (du latin chorda, corde). 1. Sonorité composée résultant de la simultanéité de plusieurs sons de hauteur différente; on divise les a. en deux groupes principaux : les a. consonants et les a. dissonants. Cf. Majeur, Mineur, Consonance. Dissonance. — 2. A. à l'ouvert, a. produit, sur les anciens instruments polycordes tels que la gambe, par des cordes à vide. — 3. Du xve au xvne s., signifiait un groupe d'instruments de la même famille, mais de dimensions différentes (en allem. aussi Stimmwerk), par ex. un quatuor de flûtes, de cromornes ou de trombones ; les instruments étaient autrefois construits dans des formats différents et généralement au nombre de quatre, chacun d'eux correspondant à l'un des registres de la voix humaine (soprano, alto, ténor, basse). Cf. Instrumentale.
Accordéon, le plus petit des instruments de la famille de l'orgue, c.-à-d. un instr. à vent possédant un clavier et une soufflerie; inventé en 1829 par Damian, à Vienne (Autriche), et issu en quelque sorte du tscheng chinois et de l'armonica à bouche. On construit des a. de diverses grandeurs ; les plus grands et les meilleurs, habilement maniés, ne sont pas tout à fait dépourvus de valeur artistique. Des anches libres (comme celles de l'harmonium) sont disposées sur les faces extrêmes d'un double soufflet fortement plissé, de telle sorte que les unes répondent lorsqu'on ouvre le soufflet, les autres lorsqu'on le ferme. Les petits a. n'ont qu'une échelle de sons diatonique pour la main droite, et, pour la gauche, une ou deux notes de basse qui rendent toute modulation libre impossible ; les grands, par contre, tels qu'ils furent introduits dans le commerce par Wheatstone (mélophonc, concertina), ont pour chaque main une série d'octaves chromatiques.
Accordo, Cf. Lyre.
Accordoir, la clef dont on se sert pour mettre au diapason les cordes de piano et, dans la facture d'orgues, l'instrument de métal (conique d'un côté, en entonnoir de l'autre) au moyen duquel on accorde les jeux à bouche métalliques. Pour les jeux à anches, on a un a. spécial en forme de lisse.
Accrescendo (ital.) syn. de crescendo.
Achard,LÉON, illustre chanteur (ténor lyrique), né à Lyon le 16 févr. 1831, élève de Bordogni au Conservatoire de Paris, débuta en 1854 au Théâtre lyrique, fit partie de 185G à 1802 de la troupe du Grand-Théâtre de Lyon, de 1862 à 1871 de celle de l'Opéra-Gomique, à Paris, et entra en 1871, après un nouveau temps d'études à Milan, à l'Opéra de Paris.
Acoustique (grec), au sens propre du mot, la science des phénomènes sonores, c.-à-d. la théo-