ROMANUS
Alessandro. — Carlo-Joseffo,
percevoir à travers l'atmosphère brumeuse que composent ces éléments imprécis, les côtés sombres d'une telle époque. Tout r. participe plus ou moins à ce manque de clarté,' à cette sorte de désordre. Le r. est un abaissement conscient au-dessous du niveau de la pure activité intellectuelle et de la forme logiquement ordonnée ; il laisse libre cours à l'imagination, à la puissance élémentaire de création, non contenue par la discipline des lois conventionnelles. C'est pourquoi justement les romantiques font apport à l'art d'éléments nouveaux, l'enrichissent et approfondissent ses moyens d'expression. Est romantique, à ce point de vue, tout artiste qui, faisant abstraction des formes d'art admises et des lois établies, crée librement de son propre fonds; est classiciste, celui qui. recherchant les lois qu'imposa à l'art une période antérieure, les applique et les perfectionne d'une façon consciente; classique, par contre, celui dont les œuvres opposent une résistance absolue aux attaques du temps. On comprend aujourd'hui sous le nom de romantiques (musiciens) plus particulièrement les compositeurs qui, venus après Beethoven, ne se bornèrent pas à marcher sur ses traces, mais édifièrent sur les bases qu'il leur fournissait un art plus riche encore en moyens d'expression (Weber, Schubert, Spohr, Marschner, Schumann); et l'on distingue encore de ceux-ci (sans justification bien apparente, du reste), d'autres compositeurs, dits néo-romantiques : Berlioz, Liszt, Wagner. Liszt est absolument élève de Schubert, et Wagner a ses racines profondes en Weber; quant à Berlioz, par l'époque même à laquelle il manifesta son génie créateur, il appartient au groupe des anciens romantiques. La seule caractéristique du néo-romantisme resterait donc la dislocation de la forme symphonique, dans le domaine instrumental, et celle de la forme de l'air, dans l'opéra.
Romanus, Lettres de R. ou lettres romaniennes {litterœ significativœ), nom que l'on donne aux lettres latines ou grecques (m, c, i, par ex.) et aux abréviations de mots (ten., sep., moll, par ex.) que l'on trouve assez fréquemment en tête d'anciennes notations neumatiques, mais dont la signification n'est pas encore bien clairement établie. Romanus, qui porta à St-Gall l'antiphonaire grégorien, passe pour avoir, le premier, fait usage de ces lettres.
Cf. VOCAL et NOTKER.
Romberg, 1. Andreas-Jakob, violoniste et compositeur, né à Wechta, près Munster, le 27 avr. 1767, m. à Gotha le 10 nov. 1821 ; fils du célèbre clarinettiste et directeur de musique Gerhard-Henricii R. (né à Munster le 8 août 1745, m. dans la même ville le 14 nov. 1810), entreprit déjà comme jeune homme, avec son mu sin Bernard R., une tournée de concerts en Hollande et en France, vint à Paris en 1784 el y remporta un succès tel qu'il fut engagé comme violoniste des « Concerts spirituels », pour la saison. De 1790 à 1793, il fit partie, avec son cousin, de l'orchestre du prince-électeur, è Bonn; mais il vovagea de nouveau avec Bern-