ROME
hard R. et tous deux se produisirent avec beaucoup de succès au Capitole, à Rome. R. passa les années suivantes à Vienne et à Hambourg; en 1800, il suivit son père à Paris et chercha à s'y créer une position comme compositeur, ce qui ne lui réussit pas, du reste. Aussi l'année suivante retourna-t-il à Hambourg et y restat-il jusqu'à ce qu'il fut nommé successeur de Spohr, comme chef d'orchestre de la Cour, à Gotha. Déjà auparavant, l'université de Kiellui avait conféré le grade de Dr phil. Les compositions de R. sont aujourd'hui presque toutes oubliées, à l'exception de « La Cloche » ; il a écrit huit opéras, parmi lesquels Scipion et Die Kuinen von Paluzzi, qui parurent en réduction pour piano ; les ouvertures de ces deux ouvrages, ainsi que celle de Don Mendoza, écrite par les deux R. pour l'Opéra-Comique de Paris, parurent même en partition. Puis viennent : des œuvres pour chœurs et orchestre : Die Glocke (Schiller), Die Harmonie der Sphœren (Kosegarten), Ode (Kosegarten), et des soli de chant avec orchestre : Die Kindesmoèrderin , Die Machldes Gesanges, Monolog der Jung frau von Orléans, Der Graf von Habsburg, Sehnsucht (tons de Schiller) ; une Messe avec orchestre ; un Te Deum; un Dixit Dominus, à quatre voix, avec orchestre, couronné à Hambourg ; Psalmodie (cinq psaumes avec un Magnificat et un Alleluia.en allemand, d'après la traduction de M. Mendelssohn ; a cappella, de quatre à seize voix); un Pater noster à trois voix, avec orchestre ; des lieder à trois voix, avec accompagnement de piano ; Selmar und Selma (élégie pour deux voix, avec quatuor d'archets); plusieurs cantates pour cérémonies maçonniques. Le nombre des compositions instrumentales de R. est encore plus grand : dix symphonies (dont quatre gravées); vingt-trois concertos de violon (dont quatre gravés) ; trente-trois quatuors pour instr. à archet (vingt-cinq gravés) ; deux mouvements d'un double quatuor ; huit quintettes avec flûte et un avec clarinette ; trois sonates de violon ; un quatuor avec piano ; deux quintettes pour instr. à archet : onze rondos et caprices pour violon ; un morceau concertant pour violon et violoncelle, avec orchestre. Cf. la notice biographique sur André R., dans Rochlitz , Fur Freunde der Tonliunst, vol. I. — 2. Rernhard, fils de Anton R. (célèbre bassoniste, né à Munster le 6 mars 1742, m. dans la même ville le 14 décembre 1814), violoncelliste illustre, né à Dincklage (Oldenbourg) le 12 nov. 1767, m. à Hambourg le 13 août 1841; partagea pendant longtemps l'éducation et le sort de son cousin Andréas R. (leurs pères étaient frères : v. plus haut), puis, en 1789, il entreprit seul une tournée de concerts en Angleterre et en Espagne. Il arriva ensuite, en 1800, à Paris où il débuta avec un tel succès, qu'il fut engagé comme professeur de violoncelle au Conservatoire ; mais il abandonna cette place, en 1803, et alla de nouveau à Hambourg, d'où il fut appelé comme violoncelle-solo, en 1805, à la chapelle royale de Rerlin. Lorsque l'année 1806 mit lin à toute vie musicale à Berlin, il entreprit plu-
sieurs grandes tournées de concerts en Russie, en Suède, etc. Il rentra plus tard à Berlin, comme chef d'orchestre de la Cour (1815-1819), puis seretira dans la vie privée, à Hambourg. En 1839,. R. fit une dernière tournée de concerts, à Londres et à Paris, quoiqu'il ne lui resta plus en quelque sorte que l'ombre de son ancienne virtuosité. R. a écrit neuf concertos de violoncelle,, encore estimés aujourd'hui ; trois concertinos et une fantaisie avec orchestre ; quatre recueils de mélodies russes pour violoncelle et orchestre ; des caprices et des fantaisies sur des mélodies suédoises, espagnoles et roumaines ; des polonaises ; onze quatuors pour instr. à archet ; un trio pour violon, alto et violoncelle; un pour alto, violoncelle et contrebasse ; un duo de violoncelles ; des sonates pour violoncelle avecbasse ; un morceau concertant pour deux cors avec orchestre ; trois opéras et de la musique pour plusieurs œuvres scéniques. — 3. Cyprian,. fils d'André R. (1), violoncelliste, élève de son oncle, né à Hambourg le 28 oct. 1807, m. dans la même ville le 14 oct. 1865 (s'étant noyé, en se baignant) ; fut, après de longues tournées de concerts , violoncelliste de l'orchestre de la Cour, à St-Pétersbourg. Il publia aussi quelques morceaux de concert pour violoncelle.
Rome, Ecole de R,, dénomination adoptée pour la série de maîtres et d'élèves dont la chaîne se prolonge de Claude Goudimel (v. ce nom) jusque dans notre siècle. Cette école était caractérisée, à l'époque de sa fondation, par la soumission de l'art contrapontique à la beauté de l'effet sonore et à la vérité de l'expression. Plus tard, après que la réforme palestinienne du style polyphonique eut été dépassée encore par la révolution radicale des Florentins, l'école de R. apparut au contraire comme le refuge des saines traditions, comme la gardienne du style classique (stilo osservato), du style a cappella par opposition à la monodie et au chant d'église concertant (cf. Palestrina). Une autre caractéristique de l'école de R., dès le xvirr3 s., consiste dans l'habitude, empruntée aux Vénitiens (v. Garrieli), d'écrire pour huit ou un plus grand nombre de voix. — Grand prix de R., nom que l'on donne au grand prix que l'Institut de France décerne annuellement à l'un des élèves des classes de composition du Conservatoire de Paris, et qui consiste en une pension, servie pendant quatre années consécutives. Le concours, en loge, a lieu chaque année au mois de juillet, après une épreuve préparatoire ; le jugement est proclamé en novembre et le lauréat est solennellement couronné, après l'exécution de sa cantate. Mais le lauréat doit se soumettre à certaines obligations : le séjour obligatoire à Rome, l'envoi d'un certain nombre de compositions, témoignant de son zèle (envois de Rome), etc. La plupart des compositeurs français notables de ce siècle, ont été lauréats de l'Institut : Hérold, 1812 ; Benoist, 1815 ; Halévv, 1819; Leborne, 1820; Berlioz, 1830; A. Thomas, 1832: Elwart, 1834; Gounod, 1839; Bazin, 1840 ; Massé, 1843; Gastinel, 1845 ; Bizet, 1857; Paladilhe, 1860; Massenet, 1863, etc., etc.
RONGHETTI-MONTEVITI — ROPARTZ
Le second prix de R. consiste en une médaille d'or. Enfin, on donne ce même nom de Prix de H. au premier prix de composition musicale décerné, tous les deux ans (depuis 1840), parle Conservatoire de Bruxelles; toutefois le lauréat peut disposer plus librement de son temps et n'est point obligé de prolonger son séjour dans la Ville éternelle. Lauréats notables: Soubre Lèvent, Samuel, Geyaert, Lemmens, Al. Stadtfeld, Ed. Lassen, P. Benoit, Radoux, Huberti, Edg. Tinel, etc., etc.
Ronchetti-Monteviti, STEFANO,né à Asti le 18 -sept. 1814, m. à Casale-Monferrato en oct. 1882; arriva tout jeune à Milan où il fit son éducation musicale, devint professeur de composition en 1850 et, après la mort de Mazzucato (1877), directeur du Conservatoire de Milan. Comme compositeur scénique, R. ne fit qu'un essai malheureux (Pergolesi, 1857, à Milan); par contre, ses •compositions religieuses et ses petites œuvres vocales (trois cantates d'après Ossian; un hymne national [1849], etc.), sont fort estimées.
Ronconi, Domenico, ténor et maître de chant renommé, né à Lendinara di Pollesine (Lombardie) le 11 juil. 1772, m. à Milan le 13 avr. 1839; chanta à Venise, à St-Pétersbourg (1801- 1805), et sur les meilleures scènes d'Italie, fut, ■en 1809 directeur de l'Opéra italien à Vienne, •chanta à Paris en 1810, puis en Italie de nouveau et, de 1819 à 1829, à Munich où il fut en même temps professeur de chant des jeunes princesses. En 1829, R. fonda à Milan une école •de chant : il a publié quelques œuvres vocales destinées à l'enseignement. — Son fils, Georgio, né à Milan en 1810, fut un baryton très fêté.
Ronde (ail. ganze Taknote ; ital. et angl. .Semibreve), & , le plus long des signes de durée usuels, équivalant normalement à deux blanches, ou quatre noires, ou huit croches, etc.