V. NOTES et SIGNES DE DURÉE
Rondeau (lat. rondellus), la forme probablement la plus ancienne d'imitation stricte, mentionnée déjà par Francon de Cologne, et définie par Walter Odington (v. ce nom) : « sùguod ■unus cantat, omnes x>er ordinem récitent » . Si l'on s'en rapporte à l'exemple que W. Odington •donne du r., les différentes voix échangeaient entre elles plusieurs fois leurs motifs, en sorte que nous avons là une sorte de contrepoint double. Le schéma du r. est, par ex. (chaque lettre représente une phrase de quatre mesures ou, d'après la terminologie des théoriciens de la musique proportionnelle, quatre perfections «dont chacune équivaut à une longue parfaite):
lre voix : a b c 2me voix : b c a 3me YOjx : c a b
d e f etc.
e f d etc.
f d e etc.
Rondellus (lat.), rondeau (v. ce mot).
Rondeiïa, v. fandango.
Rondo niai.), autrefois, en franc., rondeau, rondel, probablement identique, à l'origine, au rondeau (rondellus), c.-à-d. ronde chantée (ail. lïadel) ; toutefois il s'est passé de deux choses l'une : ou bien la forme est devenue très tôt
d'une grande liberté, ou bien, au contraire, les représentants de la musique proportionnelle lui ont imposé le style artificiel des imitations strictes. C'est cette dernière supposition qui paraît la plus plausible. Dans l'art poétique, le rondo, analogue au sonnet, se compose de treize vers (ïambiques) de quatre pieds, avec deux rimes différentes seulement ; le début est repris (refrain) après le cinquième,le huitième et le treisième vers, avec de spirituels changements de sens. Il va de soi que cette forme n'est que le développement, raffiné par les chevaliers-poètes du xne et du xme s., d'une forme primitive beaucoup plus simple. Mais l'élément caractéristique de tout rondo, rondel, rondellus ou Radel est le retour d'une idée nettement déterminée, et c'est encore ce qui importe aujourd'hui dans le rondo instrumental. Il est erroné d'établir un seul et unique schéma de r.; une seule règle mérite d'être retenue, c'est que le thème principal réapparaît plusieurs fois et que plusieurs motifs secondaires s'opposent successivement à lui. Pour plus de détails sur la forme du r., v. au mot forme. Le r. a toujours un caractère joyeux et réclame une exécution fine et spirituelle; on parle même « d'exécution en manière de r. », mais cette indication ne se justifie que si l'on comprend par là non seulement le r. mais aussi le scherzo, le capriccio, les danses, les chansons humoristiques, etc. Inexécution humoristique fait usage de sonorités tantôt ténues, tantôt épaisses et lourdes, de contrastes dynamiques rapides, de changements de mouvement fréquents, etc., tandis que l'exécution sérieuse se meut entre des limites plus restreintes.
Rong, Wilhelm-Ferdinand, musicien de la Chambre du prince Henri de Prusse et, après la mort de ce dernier, professeur de musique à Berlin. Il avait déjàenl800 près de quatre-vingts ans, et il vivait apparemment encore en 1821 (centenaire). R. a composé un grand nombre de chœurs de circonstance ( mort de la reine Louise, bataille de Belle-Alliance), des romances, des hymnes, etc.; il écrivit une Elementarlehre am Klavier (1786), des tables de modulations (48 tables, etc., 1800) ; un Theoretischprahtisches Handbuch der Tonartenkenntnis (1805) ; des jeux de société musicaux, etc.
Ronger, Florimond, v. Hervé.
Ropartz, J.-Guy, né à Quingamp (Côtes-du- Nord) le 15 juin 1864; fut élève du Conservatoire de Paris (Th. Dubois et Massenet), puis de César Frank. Il s'est voué à la composition et dirige, depuis 1894, le Conservatoire de Nancy où il organise avec grand succès des concerts symphoniques. R. a écrit pour le théâtre : Le Diable Couturier (légende bretonne, un acte), Pêcheur d'Islande (musique de scène pour le drame de Loti et Tiercelin ; Paris, 1893), Marguerite d'Ecosse (un acte) et Paysages de Bretagne (ombres chinoises) ; pour orchestre : Les Landes, Le Convoi du fermier, A Marie endormie, cinq pièces brèves, Carnaval, Marche de fête, trois airs de ballet, Dimanche breton (suite en quatre parties), Lamento, Séré-
ROQUET — ROSENMULLER
nade, une symphonie sur un choral breton ; des pièces pour chant et orchestre : Prière, la Fleur d'or, Sous bois; de la musique de chambre : un quatuor en sol mineur et une fantaisie brève en ré mineur pour instr. à archet ; de la musique religieuse; des chœurs: des pièces pour piano et pour orgue ; des mélodies pour chant et piano, etc. Un certain nombre de ces œuvres ont paru chez Baudoux et G", à Paris.
Roquet, v. Thoinan.
Rore, Cipria.no de (proprement, sans doute, van R.), compositeur illustre du xvie s., né à Anvers en 1516; élève de Willaert, puis chantre de la chapelle St-Marc, à Venise, et quelque temps maître de chapelle à la Cour de Hercule II, de Ferrare. En 1557 ou 1558, il partit en congé pour Anvers , mais ne revint pas et ne réussit pas à reprendre son poste, lorsque plus tard, en 1559, il chercha à l'obtenir de nouveau. Il prit alors la place de vice-maître de chapelle de St-Marc, à Venise, fut, à la mort de Willaert, (1563), son successeur, mais alla, déjà en 1565, à Parme, comme maître de chapelle, et y mourut la même année. R. a publié deux livres de madrigaux à quatre voix (1542 et 1548 ; souvent réédités) ; éd. presque complète en 1577, en deux vol.); Madrigali cromatici, cinq livres (à cinq voix, 1542-1566 ; souvent réimprimés par divers éditeurs) ; Le vive flamme (madrigaux à quatre et cinq voix, 1565) ; Motetta (quatre à cinq voix, 1545) ; Cipriani de R. et aliorum auctorum motetta 4 voc... cum 3 lectionibus pro mortuis Josepho Zarlino auctore (1563) ; Sacrœ cantiones seu motetta (de quatre à six voix, 1573) ; un livre de Messes, de quatre à six voix (1566, connu seulement par une mention dans « Bibl. class. », de Draudius) ; un livre de psaumes (1554); une Passion selon St-Jean (1557); Fantasie e ricercaria3 voci...da cantare esonare... composti da lo eccellentissimo Adriano Willaerte Cipriano R. suo discepolo (1549). Beaucoup de recueils de Susato, de Phalèse, etc., contiennent des madrigaux et des motets de R. La bibliothèque de Munich possède trois Messes non imprimées : Vivat Félix Hercules (à cinq voix), Prœter rerum seriem (à sept voix) et la Missa a note nere (à cinq voix), mentionnée par Fétis, puis plusieurs motets et madrigaux et , dans le magnifique volume Mus. Ms.B., contenant des miniatures de Hans Mûlich, le portrait en buste de Rore (à la p. 304; reproduction photographique dans : Maldegehm, Trésor, 5e année).
Rorich, Karl, né à Nuremberg le 27 févr. 1869 ; élève de l'Ecole royale de musique de Wurzbourg et, depuis 1892, professeur à l'Ecole de musique grand-ducale, à Weimar. R. est un compositeur de talent (Màrchenouverture ; une suite: Waldleben et Weinaclttsbilder ; des chœurs ; des morceaux de piano ; des lieder, etc.).
Rosa, Carlo (Karl Rose), violoniste et imprésario, né à Hambourg le 2 mars 1842, m. à Paris le 30 avr. 1889 ; élève des conservatoires de Leipzig et de Paris, devint, en 1863, concertmeister à Hambourg et donna des concerts à
Londres (1865), puis en Amérique avec la can^ tatrice Euphrosyne Parepa (v. ce nom), qu'i épousa plus tard. Depuis lors, R. fut entrepre neur dramatique à Londres et à New-York.
Rosalie ( ail. Schusterfleck ), dénominatioi ironique que l'on donne à la répétition (mono tone ou désagréable) d'un même motif sur différents degrés. Ce système de gradation musi cale est devenu trop courant, par le fait menu de sa commodité; toutefois, il ne convient poin de le bannir entièrement, par simple espri d'opposition, car il se justifie fort bien dam certains cas.
Rose v. Rosa et Rosé.
Rose, ouverture circulaire (sorte de rosetU ajourée) pratiquée au centre de la table d'har monie du luth et des instruments de la même famille.
Rosé, Arnold-Joseph, violoniste distingué premier violon du quatuor R., dont la réputation est bien établie, né à Jassy le 24 oct. 1863 élève de Heissler, au Conservatoire de Vienne est depuis 1881 concertmeister et premier vio lon-solo dans l'orchestre de la Cour, à Vienne Il a rempli, en outre, plusieurs fois, dès 1888 les fonctions de concertmeister au Théâtre: Wagner de Bayreuth.
Roseingrave, Thomas, organiste de l'églisq St-Georges, à Londres, de 1725 à 1737, m. eij cette ville en 1750 ; avait étudié le contrepoint i Rome et publié : Voluntaries and fugues.. .A for the organ or harpsicltord.
Rosellen, Henri, pianiste et compositeur fa vori d'œuvres de salon, né à Paris le 13 oct 1811, m. dans la même ville le 18 mars 1876 élève du Conservatoire de Paris, écrivit plu: de deux cents œuvres, la plupart pour le pian< (morceaux de genre, fantaisies, etc.), mais aussi un trio concertant pour piano, violon et violonl celle, une méthode de piano et un Manuel de\ pianistes ( recueil d'exercices techniques).
Rosenhain, 1. Jakor, pianiste et compositeu distingué, né à Mannheim le 2 déc. 1813, m. il Baden-Baden le 21 mars 1894 ; élève de Jacol Schmitt, à Mannheim, et de Schnyder de WarJ tensee, à Francfort s/M., fit beaucoup de tourj nées de concerts et habita d'abord Francfort I puis, en 1849, Paris et enfin Baden-Baden. R. il composé quatre opéras: Der Besuch im lrrenl haus (exécuté à Francfort, en 1834), Liswennà (non exécuté), Le démon de la nuit (Opéra d| Paris, 1851) et Volage et jaloux ^Baden-Badenl 1863); de plus: trois symphonies; quatre trioel avec piano; trois quatuors pour instr. à archetl un concerto de piano ; des études et morceau:| pour piano et plusieurs lieder. — 2. Eduari frère du précédent, né à Mannheim le 18 iiom 1818, m. à Francfort s/M. le 6 sept. 1861 ; fuj un excellent pianiste et professeur de piano, il a publié une sérénade pour violoncelle et pial no, de même que diverses pièces pour piancffi
Rosenmùller, Johann, né en 1615, devint, eil 1648, directeur de musique de l'église St-Thomas à Leipzig, mais fut incarcéré, en 1655, pou| attentat aux mœurs ; il réussit à s'évader, s< réfugia à Hambourg et, plus tard, en Italie. I