ROSSINI
lien, samère polonaise) ; arriva de bonne heure à Vienne où il étudia le violon d'abord, sous la direction de Joseph Menzel, et vit, depuis 1851, à Venise. Il avait fréquenté d'abord l'Académie des Beaux-Arts de cette ville, mais passa définitivement à la musique et travailla le contrepoint auprès de Tonassi. R. a écrit des œuvres vocales, des morceaux de piano et de violon, deux quatuors pour instr. à archet, des symphonies, un opéra-comique, etc . — 7. Marcello, violoniste bien doué, né à Vienne le 16 oct. 1862, m. à Bellagio le 30 mai 1897; élève du Conservatoire de Leipzig, puis de Lauterbach, à Dresde, et de Massart, à Paris, se produisit avec succès dès 1877 dans différentes villes d'Allemagne et d'Autriche et, plus tard, aussi en dehors de sa patrie. R. vécut principalement à Vienne, où il était virtuose de la Chambre impériale.
Rossini, Gioacchino-Antonio, le maître dans lequel s'incorpora, en dernier lieu, le véritable opéra national italien, avec tout l'éclat de sa chaude sonorité et l'inépuisable richesse de sa mélodie ; né à Pesaro, dans la Romagne (d'où son surnom de « Cygne de Pesaro »), le 29 fév. 1792, m. à Ruelle, près Paris, le 13 nov. 1868. Son père jouait du cor, sa mère chantait ; depuis tout jeune il se développa dans cet entourage musical et il fut envoyé à Bologne, auprès d'Angelo Tesei, qui fut chargé de développer sa belle voix. En 1807. il entra comme élève de composition de l'abbé Mattei, dans les classes du «Lycée philharmonique » de Bologne; mais il interrompit ses études aussitôt qu'il eût terminé le contrepoint, car, au dire de Mattei, il en savait bien assez pour composer des opéras. Son premier début sur la scène fut La cambiale di malrimonio (1810, au théâtre « San Mosè » de Venise), un acte, qui ne fit guère parler de lui, pas plus du reste que le second : Uequivoco stravagante (Bologne, 1811); cependant ils plurent assez, en sorte que R, reçut suffisamment de commandes, et écrivit, en 1812, cinq opéras. L'année suivante, après la représentation de Tancrède, au théâtre « Fenice » de Venise, les Italiens savaient déjà que R. était leur plus grand compositeur d'opéras et leur opinion s'affermit encore, grâce à L'Italienne à Alger. Mais ce fut le Le Barbier de Séville qui, en 1816, au théâtre Argentina de Rome, établit définitivement la gloire de R. Immortel, entre toutes les œuvres du maître, le Barbier est peutêtre bien aussi la perle de l'opéra-bouffe italien. Les Romains avaient cependant accueilli avec beaucoup de méfiance l'œuvre nouvelle dont l'auteur avait, à leur avis, la trop grande audace de s'attaquer au môme libretto que Paesiello : la première fit un fiasco complet ; mais la seconde représentation que R., aigri par L'insuccès, refusa de diriger, fut un triomphe «'datant pour le maître, en l'honneur duquel s'organisa, le soir même, une retraite aux flambeaux. La même année encore suivit, à Naples, Othello, le premier ouvrage dans lequel R. renonça totalement au « récitatif », puis, à Rome, Cendrillon, et, en 1817, à Milan, La Pie vo-
leuse. De 1815 à 1823, R. fut engagé par l'ir presario théâtral Barbaja et, contre un trait ment de 12,000 lires, écrivit chaque année dei opéras nouveaux ; Barbaja assurait ainsi succès de ses entreprises nombreuses, car avait entre les mains non seulement les thé! très de Naples, mais encore la Scala de Mil; et l'Opéra italien de Vienne. Toutefois, l'accui très réservé que rencontra Semiramis {y nise), une œuvre plus vaste et d'un gen plus élevé que les précédentes, décida R. se rendre à Londres, en 1823 ; il y gagna, cinq mois seulement, en concerts, leçons par culières, etc, plus de dix mille livres sterl. 1 mois d'octobre de la même année, R. par pour Paris, où il s'établit pour longtemps prit la direction du Théâtre-Italien. Mais maestro ne possédait aucun talent d'organie tion, et, au bout de deux ans à peine, le théât avait si considérablement périclité, que le ■ comte de Larochefoucauld releva R. de s poste, de son propre consentement, et le nommer intendant général de lamusique roy; et inspecteur général de chant, sinécure qui valait vingt mille francs d'appointements. Il<j vrai que la révolution de Juillet lui fit perdj cette situation ; mais un long procès lui pern de sauver encore une pension annuelle de si mille francs. A Paris, R. ne tarda pas à de"J nir tout à fait français, et, écrivit, en 1829, Gv\ laume Tell, son œuvre capitale dans le domaij du grand opéra et, de plus, sa dernière œuvl scénique. Pendant les trente-huit années ql séparent l'an 1829 de sa mort, R. ne reprit [ plume que pour écrire son célèbre Stabat M ter (1832 ; et sous la forme connue, augmenl 1841), quelques œuvres de musique d'église des cantates. En 1836, il s'était retiré en Ital d'abord à Milan, ensuite dans une villa près Bologne ; mais il s'ennuyait et dépérissait. I. norme succès du Stabat le stimula de nouvea par contre, les troubles de 1848, l'indisposèn et il dut se réfugier à Florence. Mais il fut p du désir de revoir Paris, où il se remit bient et il vécut encore une quinzaine d'années, 6 touré de l'estime générale.
Les ouvrages scéniques de Rossini soi La cambiale di malrimonio (1810), Lequivc stravagante (1811), Demetrio e Polibio (18; L'inganno felice (1812), Ciro inBabilonia{l8\ La scala di sela (1812), La pietra delparago (1812), Loccasione fa il ladro (1812). Il flg per azzardo (1813), Tancredi (1813), Lltalia in Algeri (1813), Aureliano in Palmir a (181 Il Turco in ltalia (1814), Elisabetta (1815: *i pies, « San Carlo »), Sigismondo (1815, Veni lorvcaldo e Dorliska (1816, Rome, « de Valle »), Il barbier e di Seviglia (1816, Roi « Argentina »), La gazetta (1816, Naples), C (1816, Naples, « del Fondo »), Génèrent ola (18 Rome, « délia Valle »), La gazza ladra (18 Milan, a Scala »), Armida (1817; Naples, « S Carlo »), Adelaide di Borgogna (1818; Ron « Argentina »), Adina o il califfo di Bagd (1818, « Lisbonne »), Mose in Egillo (1818, > les, « San Carlo »), Ricciardo e Zoraide (18
ROST — ROTTMANNER
ibid.), Ermione (1819, ibid.), Eduardo e Cristina (1819, Venise, « San Benedetto »), La donna del lago (1819, Naples, « San Carlo »), Bianca e Faliero (1820, Milan, « Scala »), Maometto II (1820, ibid.),Matilda di Ciabrano (1821, Rome, « Apollo »), Zelmira (1822, Naples « San Carlo »), Semiramide (1823, Venise, « Fenice »), Il viaggio a Reims (1825, Théâtre italien), Le siège de Corinthe (1826, Opéra, nouvelle version de « Maometto »), Moïse (1827, ibid., nouvelle version de « Mosé in Egitto »), Le comte Ory (1828, ibid), Guillaume Tell (1829, ibid.); puis des cantates dramatiques : Il pianto a"armonia <1808), Didone abbandonata (1811), Egle ed Irène (1814), Teti e Peleo (1816), lgea '(1819), Parlenope (1819), La riconoscenza (1821), Il vero omaggio (1822), L'augurio f'elice (1823), La sacra alleanza (1823), 11 bardo (1823), Il riiorno (1823), Il pianto délie Muse (1823, Londres), 1 pastori (1825, Naples), Il serto votivo <1829, Bologne). Parmi les œuvres qui n'ont pas été écrites pour la scène, il faut mentionner : le Stabat Mater; une petite Messe; Tantum ■ergo, pour trois voix d'hommes et orchestre ; Hymne à Pie IX ; Quoniam, pour baryton et orchestre ; Chant des Titans, pour quatre basses et orchestre ; trois chœurs pour voix de femmes avec piano : La Foi, V Espérance, la Charité; quelques airs et des « canzonette » (Se il vuol la molinara ; première composition de R.) ; des cantates de circonstance ; des marches militaires ; enfin des pièces vocales destinées à l'enseignement : Soirées musicales (huit ariettes et quatre duos) et Gorgheggi e solf'eggi per soprano, per rendere la voce agile. — Parmi les nombreux écrits sur la vie et les œuvres de R.,il faut mentionner spécialement : Carpani, Le Rossiniane (1824); d'Ortigue, De la guerre des dilettanti ou de la révolution opérée par M. R., dans V opéra français (1829) ; Azevedo, R., sa vie et ses œuvres (1865): Pougin, R., notes, impressions, souvenirs, co?nmenlaires (1870), et, en allemand, J. Sittard, Rossini (1882). Une biographie complète et définitive manque encore.
Rost,l. Nicolas, était, vers 1580, à la Cour du Palatinat de Heidelberg, et devint plus tard pasteur à Cosmenz,dans le cercle d'Altenbourg, 1 il a publié : 30 geistliche und weltliche deut- 1 sclte Lieder von 4-6 Stimmen (1583); 30 newe \liebliche Galliarden (à quatre voix, 1594), et Cantiones selectissimœ (1614, motets de six à Ihuit voix), et écrit aussi la musique pour un ! drame de la Passion, à onze voix. — 2. Friedrich- Wilhelm-Ehrenfried, né à Bautzen le 11 avr. 1768, fut. recteur à Plauen et, plus tard, 'recteur de l'école St-Thomas, à Leipzig, où il | mourut le 12 févr. 1835 ; il publia : De insigni \utilitale ex artis musicœ studio in puerorum yeducatione redundante (1800); Oratio ad re- [novandam Sethi Calvisii memoriam (1805); YDe necessitudine quœ litterarum studiis cum \arte musica intercedit (1817 ; discours pour l'installation de Schicht), et Was hat die Leip- \ziger Thomasschule fur die Reformation gethan ? (1817, avec une biographie de Rhaw).
Rota, Rotula (ail. Radel), ancienne dénomination d'une forme équivalente au canon.
Roth, Philipp, violoncelliste, né à Tamowitz le 25 oct. 1853, m. à Berlin le 9 juin 1898: élève de Wilh. Millier, puis de 1876 à 1878, de Rob. Hausmann, à l'Académie royale de Berlin, d'où il entreprit plusieurs tournées de concerts. R. a publié une méthode de violoncelle et un guide pour la littérature du violoncelle; en 1890, il fonda, à Berlin, la « Freie musikalische Vereinigung » pour laquelle il créa, quatre ans plus tard, un organe spécial : Berliner Signale (bi-mensuel). — 2. Bertrand, pianiste, né à Degersheim (St-Gall) le 12 févr. 1855, élève du Conservatoire de Leipzig et de Liszt, devint professeur de piano au Conservatoire du Dr Hoch, à Francfort s/M., puis fonda avec Schwarz et Fleisch le « Conservatoire Raff », passa en 1885 au Conservatoire de Dresde et ouvrit enfin, en 1890, une « Ecole de piano », à Dresde.
Rotta ( ail. Rotte), instr. à cordes pincées (avec le doigt ou au moyen d'un plectre), des débuts du moyen âge. Otfried (868) mentionne déjà la r. (Ev. V, 23, 397), et Notker (1000) explique que : « Daz psalterium, saltirsanch, heizet nu in diutscun rotta ». Il n'est point impossible qu'à l'origine les termes de r. et de chrotta (v. ce mot) aient désigné un seul et même instrument; un instrument, reproduit par Gerbert (De cantu, etc., III), sous le nom de Chitara teutonica, porte la caractéristique ducrouth (chrotta), rétrier. Cf. Wewertem, Zicei veraltete Musikinstrumente (dans les « Monatshefte fur M.-G. », 1881).
Rotter, Ludwig, organiste et compositeur, né à Vienne le 6 sept. 1810, m. dans la même ville le 5 avr. 1895 ; remplit plusieurs emplois d'organiste, à Vienne, et succéda, en 1867, à Sechter, comme premier organiste de la Cour, avec le titre de « K.-K. Vicekapellmeister ». R. est l'auteur d'un grand nombre d'œuvres d'église (offertoires, graduels, Messes, Te Deum, Requiem) et d'une méthode de basse chiffrée.
Rottmanner, Eduard, compositeur de musique d'église, né à Munich le 2 sept. 1809, élève deEtt (composition), et de Lôhle (chant), fut engagé de bonne heure comme ténor dans la ( 'Impelle de la Cour, et organiste de la « Congrégation des bourgeois », puis devint, en 1839, organiste du dôme, à Speier, où il mourut le 4 mai 1843. Ses œuvres principales, soigneusement conservées dans la bibliothèque de la Chapelle de la Cour, et souvent encore exécutées aujourd'hui, sont : deux Messes à quatre voix, avec orgue (non gravées, instrumentées par EU); une Messe à six voix; deux grands cantiques de vêpres, en si bémol et en ré; un Requiem ; une litanie; un premier Stabat à ([mitre voix, et un autre avec orgue et instruments à archet; un Salve regina; un Magnificat: un Ave Maria à quatre voix, avec instr. à archet, orgue et deux cors, ad lib.: des hymnes : Aima redemptoris maier, Yeni sancte sjnritus ; plusieurs motets ; enfin, des chants nationaux de la Grèce moderne (gravés), etc.