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ROUGET DE L ISLE

ROUSSIER

Rouget de l'Isle, Claude-Joseph, l'auteur de la Marseillaise, né à Lons-le-Saunier le 10 mai 1760, m. à Choisy-le-Roi, près Paris, le 27 juin 1836 ; était ingénieur militaire à Strasbourg, lorsque, en 1792, il improvisa paroles et musique du chant patriotique qui devait le rendre célèbre. Ce fut son ami, Ign. Pleyel, qui nota le « Chant de l'armée du Rhin », dont l'entraînante mélodie, chantée plus tard par les troupes marseillaises appelées à Paris, reçut de là le nom de Marseillaise, consacré désormais par l'usage. Plus tard, R. alla à Paris et composa aussi : Hymne dithyrambique sur la conjuration de Robespierre et la révolution du 9 thermidor (1794) ; Chant des vengeances (1798); Chant dû combat (1800, pour l'armée d'Egypte); vingt-cinq romances pour une voix, avec piano et violon obligé; enfin, cinquante Chants français. Il écrivit, en outre, le texte 'd'un opéra-comique : Jacquot ou l'école des mères (composé par Délia Maria, 1798), et d'un grand opéra : Macbeth (musique de Chélard, 1827). Cf. Amédée Méreaux, Yariétés littéraires et musicales, p. 41; et surtout J. Tiersot, R. de l'Isle, son œuvre et sa vie (1894; prix Kastner-Boursault).

Roulade (ail. Laufer), passage rapide de virtuosité vocale.

Rousseau, 1. Jean, violoniste, à Paris, dans le dernier quart du xvne s. ; publia deux recueils de morceaux pour la viole, avec des exercices et des indications pour différents modes d'accorder la viole ; un Traité de la viole, qui contient une dissertation curieuse sur l'histoire de la viole (1687, chez Ballard), et une Méthode claire, certaine et facile pour apprendre à chanter la musique sur les tons naturels et transposés (1678, et dès lors, plusieurs fois; avec des indications pour l'exécution des fioritures.)— 2. Jean-Jacques, le célèbre philosophe et littérateur suisse, né à Genève le 28 juin 1712, m. à Ermenonville, près Paris, le 3 juil. 1778 ; ne fut pas musicien de profession et ne posséda que d'imparfaites connaissances techniques, mais voua, déjà comme jeune homme, un intérêt particulier à la musique, et se fit connaître dans la suite, aussi bien comme compositeur que comme musicographe. Dans la dispute des bouffonistes et des antibouffonistes, il fut, avec Grimm (v. ce nom), un des premiers, des plus zélés et des plus tenaces partisans des Italiens; il écrivit, à ce sujet : Lettre à M. Grimm, au sujet des remarques ajoutées à sa lettre sur «.Omphale* (1752), Lettre sur la musique française (1753), Lettre d'un symphoniste de l'Académie royale de musique à ses camarades de l'orchestre (1753). Son essai de remplacer notre système de notation par une notation chiffrée (il eut pour précurseur Souhaitty et pour successeur Natorp), ne conduisit à aucun résultat positif; il exposa son projet en 1742, à l'Académie, et le publia dans sa Dissertation sur la musique moderne (1743). Mais les travaux musicaux les plus importants de Rousseau sont la rédaction des articles de musique pour l'Encyclopédie de Diderot, d'Alembert, etc. et un Dictionnaire de musique (1767), plusieurs

fois réédité, dont une partie est la reproduction, revue et augmentée, des articles spéciaux de 1' « Encyclopédie ». Tous les écrits musicaux de R., se trouvent du reste réunis dans l'édition complète de ses œuvres (première édition, 1782 et suiv.). Comme compositeur, R. remporta un réel succès avec Le Devin du village (Opéra, 1752) ; cet ouvrage est en somme le premier petit opéra-comique français, il se maintint pendant soixante ans sur les scènes françaises. R. eut également la main heureuse avec son mélodrame (genre dont il est l'inventeur) : Pygmalion (1773) ; par contre, un ballet, Les Muses galant es, échoua complètement et ne fut pas gravé. Des fragments d'un opéra : Daphnis et Chloè, parurent après sa mort (1780), de même six nouveaux airs pour le « Devin du village » (1780), et un volume de romances : Les consolations des misères de ma vie (1781). Cf. la monographie très complète de Albert Jansen : J.-J. Rousseau als Musiker (1884), puis Ad. Adam, Souvenirs d'un musicien (1857), et l'article de A. Pougin (en partie d'après Jansen), dans la Rivista mus. ital. (II, fasc. 2, p. 227). — 3. Samuel-Alexandre, compositeur, né à Neuvemaison (Aisne) le 11 juin 1853; entra au Conservatoire de Paris où il obtint successivement le premier prix d'orgue (1877 ; classe de C. Franck), et le grand prix de Rome (1878). Cette même année, le prix Crescent lui fut décerné pour un opéra-comique : Dianorah (Opéra-Comique, déc. 1879), puis le I Conservatoire exécuta plusieurs de ses envois, de Rome : Sabinus (1880), Kaddir (1881), La\ Florentine (1882). R. est actuellement maître de chapelle de Ste-Clotilde et chef des chœurs à la Société des concerts du Conservatoire, mais il voue la majeure partie de son temps à la composition ; il a écrit: une Messe de Pâques (chœurs, soli et orchestre), un Libéra me Do-\ mine,xm quantité de motets pour soli et chœurs,! des chœurs profanes, trois recueils de pièces I pour orgue, deux recueils pour harmonium, desl morceaux de piano à deux et à quatre mains, I des pièces pour piano et violon, d'autres pour! petit orchestre, des mélodies, enfin deux drames J lyriques : Merowig (prix de la ville de Paris, en 1892; Grand-Théâtre, déc. 1893), et La Cloche du Rhin (Opéra, mai 1898), œuvres gravées pour la plupart (éditeurs : Leduc, Lebeau, Chou dens, Lemoine, Peregally et Paruy, Armand Colin).

Roussier, Pierre-Joseph, abbé, né à Marseille en 1716, m. à Ecouis (Normandie), où il était chanoine, vers 1790; publia : Sentiments d'un harmonipldle sur différents ouvrages de musique (1756, contient des propositions pour une nouvelle notation de la basse chiffrée) ; Traité des accords et de leur succession (1767, d'après Rameau); Observations sur diffè rents points de l 'harmonie (1765) ; Mémoire sur i la musique des anciens (1770) ; L'harmonie pratique ou exemples pour le traité des accords (1775) ; Notes et observations sur le mémoire du P. Amiot, concernant la musique des Chinois (1779) ; Mémoire sur la nouvelle

ROVELLI -

harpe de M. Cousineau (1782) ; Mémoire sur le clavecin chromatique (1782); Lettre sur l' acception des mots : basse fondamentale (dans le « Journal encyclopédique », 1783). R. est l'auteur d'une partie du 3e vol. de l'Essai sur la musique, de Laborde.

Rovelli, Pietro, violoniste, né à Bergame le 6 févr. 1793, m. dans la même ville le 8 sept, 1838 ; élève de Rod. Kreuzer,et, à son tour, maître de Molique, auteur d'excellentes études, que Singer a rééditées. R. fut, de 1817 à 1819, concertmeister à Munich.

Rovetta, Giovanni, compositeur, élève de Monteverde , en sa qualité de chantre (basse) à l'église de St-Marc, à Venise, devint, plus tard, prêtre à l'église San Fantino, à Venise également, succéda, en 1627 à Grandi, comme second, en 1644 à Monteverde, comme premier maître de chapelle de St-Marc, m. en août 1668 (son successeur fut Cavalli). R. écrivit un opéra : Ercole in Lidia (Venise, 1645) ; un second : Argiope, fut terminé par Leardini (exécuté en 1649). En outre, on a gravé de lui :Salmi concertati per vespri a 5 e 6 voci ed altri con 2 violini e Motetti a 2 eS voci con alcuni canzoni per sonar e a 3 et 4 voci (1626) ; Madrigah concertati a 2, 3, 4 ed uno a 6 voci e 2 violini, con un dialogo nel fine ed una cantata a voce sola (1627); Motetti concertati a 3, 4 e 6 voci con la litania délia B. V. ed una messa concertata e voci pari (1635); Madrigali concertati a 2, 3 ed altri a 5,6 e 8 voci con due versi ed una cantata a 4 voci (1640); Salmi a 1,2, 3 e 4 voci con una messa, a 3 voci concertati con due violini ed altri stromenti (1642); Salmi a 5 e 6 voci con 2 violini ; Moietti concertati a 2 e 3 voci con violini se piace ; Salmi a 8 voci (1644) ; Madrigali concertati a 2, 3 e 4 voci (1645); Motetti concertati a 2 e 3 voci con litanie a 4 voci (1647) ; Salmi per i vespri e compieta a 8 voci (1662).

Roze, Nicolas, abbé, né à Bourg-Neuf, près Chàlons, le 17 janv. 1745, m. à St-Mandé, près Paris, le 30 sept. 1819; vint en 1769 à Paris et. fut nommé, en 1775, maître de chapelle de l'église des Innocents. Mais, dès 1779, il se voua exclusivement à l'enseignement de l'harmonie et de la basse chiffrée, puis succéda, en 1807, à Langlé, comme bibliothécaire du Conservatoire. On a publié de lui quelques morceaux de musique d'église et une Méthode de plain-chant.

Rozkosny, Joseph-Richard , pianiste et compositeur, né à Prague le 21 sept. 1833 ; élève de Jiraneck et de ïomaczek, entra à l'Institut technique, après avoir fait son gymnase, et travailla aussi avec zèle à l'Académie de peinure. En 1855, il fit une tournée de concerts en Autriche et en Roumanie, puis se fixa tout à ait à Prague, où il fit représenter plusieurs opéras de sa composition : Nikolaus ( 1870 ), . St-Johannis Stromschnelle, Zâvis von Falkentein,Der Wilddieb,Popelka (1885) et Rûbezahl 1889). R. a écrit, en outre, des Messes, des ouvertures, des morceaux de piano, des lieder, les chœurs, etc.

Rubato (ital., dérobé), indication désignant, lans des passages particulièrement expressifs

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