‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 418 sur 542 · SALA · texte numérisé non relu

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drait point conclure que ces poèmes formassent la partie essentielle et supérieure de son œuvre. Maître absolu de la technique de son art, S. ne renonce pas à l'emploi des ressources modernes, mais il cultive avec soin et avec amour les formes classiques pures. S. est membre de l'Institut (successeur de Reber) depuis 1881 ,• il a été fait chevalier (1868), officier (1884), puis commandeur (1894) de la Légion d'honneur. Le catalogue des œuvres éditées de S. comprend des œuvres scéniques : Le Timbre d'argent (opéra en quatre actes ; Théâtre lyrique, 1877), La Princesse jaune (un acte; Opéra-Comique, 1872) ; Samson et Baiila (opéra en trois actes; Weimar, 2 déc. 1877), Etienne Marcel (opéra en quatre actes ; Lyon, 1879), Henry VIII ( opéra en cinq actes ; Opéra, 1888 ), Proserpine ( opéra en quatre actes ; Opéra-Comique ; 1887), Ascanio (opéra en cinq actes ; Opéra, 1890), Phryne (opéra-comique en deux actes; Opéra-Comique, 1893), Javotle (ballet; Lyon et Bruxelles, 1896), puis une restauration du Malade imaginaire (musique de Charpentier, pour l'ouvrage de Molière : 1892), des chœurs et intermèdes pour YAntigone, de Sophocle (1893) et une partie de Frédégonde, l'opéra laissé inachevé par Guiraud (Opéra, 1895) ; de la musique vocale, avec orchestre : Messe (soli, chœur, orchestre et orgue, op. 4), Oratorio de Noël (soli, chœur et orchestre ; op. 12), Les Noces de Prométhée (cantate, id. ; op. 19), Nuit persane (op. 26 bis; id.), Psaume XVIII (id.; op. 42), Le Déluge (poème biblique, id. ; op. 45), Messe de Requiem (id. ; op. 54), La Lyre et la Harpe (ode de Victor Hugo, id. ; op. 57), La Fiancée du Timbalier (ballade de Victor Hugo, pour solo et orchestre ; op. 82), Pallas-Athéne (hymne pour soprano et orchestre; op. 98); delà musique symphonique : trois symphonies (mi bémol, op. 2; la min., op. •jô; ut mineur, avec piano et orgue, op. 78), Le Rouet d'OmpJiale (poème symphonique, op. 31), Phaèton (id., op. 39), Danse macabre, (id., op. 40), La Jeunesse d'Hercule (id.,ou. 50), deux suites pour orchestre (op. 49; op. 60, Suite algérienne), une Marche héroïque (op. 34), des pièces diverses, etc. ; de la musique de chambre :six duos pour harmonium et piano (op. 8), un quintette pour piano et instar, à archet (op. 14), Sérénade pour piano, orgue, violon et alto (op. 15), une Suite pour piano et violoncelle (op. 16), deux trios avec piano (op. 18, fa maj. ; op. 92, mi mineur), une romance pour piano, orgue et violon (op. 27), une sonate pour piano et violoncelle (op. 32), deux pour piano et violon (op. 75, ré mineur ; op. 102, mi bémol majeur), un quatuor avec piano (op. 41), un septuor pour trompette, deux violons, alto, violoncelle, contrebasse et piano (op. 65), un Caprice- Valse (Wedding-Cake) pour piano et instr. à archet (op. 76), un Caprice sur des airs danois et russes pour flûte, hautbois, clarinette et piano (op. 79), enfin des Romances pour cor (op. 36, fa majeur ; op. 67, mi majeur), pour flûte (op. 37), pour violon (op. 48), pour violoncelle (op. 51) avec piano, et divers morceaux de concerl ; de

la musique pour piano : trois mazurkas (op. 21, 24,66), six études (op. 52), Allegro appas sionato (op. 70), une Suite (op. 90), un Thème varié (op. 97), Souvenir dlsmailia (op. 100), des variations sur un thème de Beethoven ( op. 35, deux pianos à quatre mains), Polonaise (op. 77, id.), Scherzo (op. 87. id.), Caprice arabe (op. 96, id.), et un certain nombre de morceaux à deux et à quatre mains ; de la musique pour orgue : Trois rapsodies sur des cantiques bretons (op. 7 ; la première et la troisième, orchestrées par l'auteur, ont paru comme op. 8), Bénédiction nuptiale (op. 9), Elévation (ou Communion, op. 13), Fantaisie (1857), trois préludes et fugues (op. 99), Fantaisie (op. 101) et trois morceaux (op. 1) pour harmonium ; enfin, de la musique vocale, religieuse et profane : Tantum ergo (op. 5, huit voix et orgue), vingt motets pour chœurs ou soli, plusieurs cantiques, une Scène d'Horace (op. 10, pour soprano et baryton), des chœurs pour voix d'hommes, pour voix de femmes et pour voix mixtes, environ soixante-dix mélodies et duos pour chant et piano, etc. S. a publié, en outre, des paraphrases (Caprice sur des airs de ballet à'Alceste, de Gluck) et des transcriptions pour piano (œuvres de Bach ) ; il prend part à la revision complète des œuvres de Gluck et de Rameau, pour des éditions en cours de publication, et possède, en portefeuille, encore un certain nombre d'œuvres inédites. S. s'est fait connaître aussi dans le domaine de la littérature musicale et il a fourni des articles à nombre de périodiques, articles réunis, en paitie, en un volume: Harmonie et mélodie (1885); l'année suivante, il publia une Note sur les décors de théâtre dans l'antiquité romaine, enfin, plus tard encore, il s'est occupé de philosophie (Problèmes et Mystères, 1894), d'astronomie, etc. ; il a écrit des vers (Rimes familières, un vol.) et une comédie en un acte : La Crampe des écrivains (Alger, Théâtre municipal, 1892). Cf. H. Imbert, Profils de musiciens (1887), Georges Servières,L« musique française moderne (1897) et les brochures de Destranges, Ed. Hippeau, Ch. Malherbe sur les opéras de S.

Sala, Nicola, théoricien renommé et compositeur de l'école napolitaine, né dans un village près de Bénévent en 1701, m. à Naples en 1800; doit avoir été pendant plus de soixante ans professeur au Conservatoire « de' TurchiniB En 1787, il succéda à Cafaro comme directeur. Parmi les musicographes qui se sont occupés de S., les uns placent sa naissance en 1701 et' lui donnent comme maître Alessandro Sca>latti, d'autres le font naître en 1732 et lui donnent comme maîtres Fago et Abos. On peut supposer, avec quelque raison, que deux compositeurs du même nom, peut-être le père et le fils, se sont succédé dans les mêmes fonctions; car on a, sous le nom de Sala, un opéra : Vologeso, qui fut joué en 1737, à Rome, tandis que tous les autres ouvrages de S. datent; d'après 1760 ; ce sont : les opéras Zenobia (1761J et Merope (1760). trois prologues de

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circonstance (1761 et 1763), un oratorio : Giuditta (1780) et un ouvrage sur le contrepoint : Regole ciel contrappunto pratico (1794).

Salaman, Charles - Kenstngton, pianiste, né à Londres le 3 mars 1811 ; maître de musique estimé, a publié des compositions, pour piano et pour chant, et donné des conférences sur l'esthétique et sur l'histoire de la musique.

Salblinger (Salminger), Sigismund, était moine lorsque, en 1527, il arriva de la Bavière à Augsbourg et se joignit à la secte des anabaptistes; mais il renia ses doctrines et resta comme maître d'école à Augsbourg. Son mérite consiste dans la publication de quelques anthologies, contenant des œuvres de compositeurs dont le nom n'apparaît ailleurs que rarement : Seleclissimœ nec non familiarissimœ cantiones ultra centum (aussi avec titre allemand; Augsbourg, chez Kriesstein, 1540) ;Concentus 8, 6, 5 et 4 vocum (Augsbourg, chez Ulhard, 1545) ; Cantiones 7,6 et 5 vocum longe gravissimœ (1545, chez Kriesstein) et Cantiones selectissimœ 4 vocum (1548-1549, deux vol.).

Saldoni, Don Baltasar, un des compositeurs espagnols modernes les plus remarquables, en même temps que professeur de chant très estimé et historien de la musique, né à Barcelone le 4 janv. 1807, m. à Madrid en 1890 ; élève de Andrevi, pendant un stage qu'il fit comme enfant de choeur à «Santa Maria Del Mar », acheva ses études musicales à l'école de musique du couvent de Montserrat, et fut d'abord organiste à « Santa Maria del Mar ». En 1829, il partit pour Madrid et y devint, l'année suivante, maître de chant élémentaire au Conservatoire qui venait d'être fondé ; en 1839, il étudia encore, à Paris, .la méthode d'enseignement du chant au Conservatoire, et devint, en 1840, premier professeur de chant au Conservatoire de Madrid. S. a écrit une histoire de l'Ecole de musique de Montserrat : Resena hislorica de la escolania a colegio de ynusica de la Virgen de Monserrat in Caialuna desde 1456 hasta nuestros dias (1856) et publié des notes biographiques sur divers musiciens espagnols; Effemerides de musicos espagnoles ( 1860). La liste de ses compositions comporte plusieurs opéras italiens, des zarzuelas espagnoles, des Messes, des Stabat. des Miserere, un grand nombre de motets, d'hymnes, de cantiques, de préludes d'orgue, de fugues, d'interludes, etc., une grande symphonie : A mi Patria (pour orchestre, musique militaire et orgue), des morceaux caractéristiques pour orchestre, un Hymne au dieu des arts, un hymne national, des marches militaires, des chœurs de différentes sortes, des mélodies et des morceaux de piano. Il a fait connaître les principes de sa méthode d'enseignement du chant dans une grande « méthode de chant » et dans un recueil de vingt-quatre vocalises.

Sale, François, contrapontiste belge du xvies., devint, en 1589, maître de chapelle (chori magister) d'une princesse autrichienne (Magdalena), à Hall sur l'inn, et, en 1593, chantre de la Chapelle impériale, à Prague (sous Philippe de

Monte). S. a publié un volume de Messes, imprimé aux frais du prince électeur de Bavière, comme premier volume d'un magnifique ouvrage : Patrocinium musices (1589), un livre de motets (1593), trois livres d'introïîs, d'alleluia et de communions, à cinq et six voix (1594- 1596); un motet de Noël à cinq voix, et une Messe composée sur le même ténor que le motet (Messe que l'on trouve aussi reproduite dans Patrocinium musices, de 1598): enfin un livre de prières (1598) aux Saints protecteurs de la Hongrie et de la Bohême (SS. Maria, Wenzel, Adalbert, Veit, Sigismund, Prokop, Stephan).

Salicional (Salcional, Salicet ; souvent, en ail., Weidenpfeife), jeu d'orgue à bouche et ouvert, à perce étroite et d'intonation douce ; le s. est le plus souvent de 8' et de 4', mais se rencontre aussi de 2' et de 16' (pédale). Les tuyaux en sont d'étain et souvent pourvus d'oreillettes. On place fréquemment le s., comme jeu d'écho de la gambe, au troisième clavier.

Salieri, Antonio, compositeur fécond et génial, excellent maître de chapelle, né à Legnano le 19 août 1750, m. à Vienne le 7 mai 1825 ; était le fils d'un commerçant aisé qui perdit sa fortune et mourut jeune encore. Ce fut son frère, Francesco (violoniste de talent et élève deTartini), qui lui donna les premières leçons de musique, puis un organiste nommé Simoni, à Legnano. A l'âge de quinze ans, plein de talent et doué d'une bonne voix, S. reçut une bourse de l'internat de la Chapelle de l'église St-Marc, à Venise, où le maître de chapelle Pescetti et le ténor Pacini développèrent encore son talent. C'est à ce moment que Gassmann (v. ce nom), auquel il avait été recommandé, le trouva et l'emmena avec lui à Vienne, en 1766. Gassmann lui enseigna la composition et prit soin en outre de sa culture générale. En 1770, S. fit représenter son premier opéra-comique : Le donne lelterate, qui trouva l'assentiment de Gluck (auquel il l'avait fait entendre en particulier), et bientôt après celui du public et de l'empereur. La fortune lui sourit dès cet instant; il écrivit opéra sur opéra et fut nommé, à la mort de Gassmann (1774), compositeur de la chambre et directeur du Théâtre-Italien. Lorsque, sur ces entrefaites, l'étoile de Gluck, qui était dans tout son éclat, le relégua de plus en plus dans l'ombre , l'adroit Italien sut trouver moyen de sauver sa situation; il devint l'élève de Gluck lui-même, s'appropria son style et remplaça ce qui lui manquait de grandeur de conception, par une réelle abondance de mélodies simples et bien venues. Gluck lui-même protégea S. et lui procura l'occasion de se présenter au public parisien qui, déjà alors, .'lait considéré comme l'arbitre du talent. L'opéra de Salieri : Les Danaïdes (dont le livret étail d'abord destiné à Gluck); publié en une nouv. éd. chez Breitkopfet Hsertel, fut joué par L'entremise de Gluck, comme une œuvre de Gluck el de Salieri, et ce n'est qu'à la douzième représentation, lorsque son succès n'était plus douteux, que la vérité fut dévoiler. S. écrivit en-

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core, pour Paris, Les Horaces (1786), et Tarare (1787). Après son retour à Vienne (1788), il remplaça Bonno, en qualité de chef d'orchestre de la Cour, et conserva cet emploi jusqu'au moment où, en 1824, il prit sa retraite. Parmi ses quarante opéras, il faut mentionner surtout : Armida (1771), Semiramide (1784), et les trois opéras déjà mentionnés (« Tarare » devint plus tard célèbre sous le titre de : Axur re dOrmus; « Les Danaïdes », sous celui de : Danao). En dehors du théâtre, S. produisit aussi un grand nombre d'oeuvres ; il a écrit cinq Messes, un Requiem, quatre Te Deum, des cantiques de vêpres, des offertoires, des motets, une Passion et plusieurs oratorios ( Gesu ai limbo, Saut, Bas jiingste Gerickt), des cantates, des airs, des duos et des chœurs, vingt-huit Divertimenti vocali avec piano, des Scherzi armonici (cinquante-cinq canons vocaux de deux à quatre voix), une symphonie, un concerto d'orgue, deux concertos de piano, des morceaux concertants pour flûte et hautbois et pour violon, hautbois et violoncelle, des variations sur les Folies d 'Espagne, des sérénades, de la musique de ballets, etc. Le souvenir de Salieri est malheureusement gâté par les intrigues qu'il ourdit contre Mozart. J.-O.Mosel a donné une biographie de S. (1827). Parmi ses élèves, il convient de nommer au moins Fr. Schubert.

Salimbeni, Félix, célèbre sopraniste, né à Milan vers 1712, mort à Laibach à la fin d'août 1751, chanta d'abord sur des scènes italiennes, puis fit partie, de 1733 à 1737, de la Chapelle de la Cour à Vienne. Il se fit entendre ensuite de nouveau en Italie, puis, de 1743 à 1750, à l'Opéra italien de Berlin, et, de 1750 à 1751, à Dresde. Il était en route pour l'Italie, où il pensait rendre à sa voix un peu de l'éclat qui commençait à lui faire défaut, lorsqu'il mourut, à Laibach.

Salinas, Francisco, érudit musicien espagnol, né à Burgos vers 1512 ; abbé de St-Pancrace, à Bocca Scalegna (Naples), et plus tard professeur de musique à l'Université de Salamanque, m. à Salamanque, en févr. 1590. S. a publié : De musica libri VU, in quibus ejus doctrinœ veritas tant quœ ad harmonium quam quœ ad rhythmum pertinet, juxta sensus ac ralionis judicium ostenditur, etc. (1577).

Sallantin, Antoine, hautboïste distingué, né à Paris en 1754; fit partie, de 1773 à 1813, de l'orchestre de l'Opéra, avec une seule interruption de 1790 à 1792, pendant laquelle il se rendit à Londres pour se perfectionner auprès de Fischer. Il fut en outre, de 1794 à 1813, professeur de hautbois au Conservatoire. S. a publié un concerto de flûte.

Salmo (ital.), psaume.

Salmon, Thomas, Magister artium à Oxford, plus tard recteur à Mepsall (Bedford); paraît avoir été bien peu versé dans l'histoire de la notation musicale, car il proposa dans un Essay to the advancement of music (1672; paru en latin sous le titre : De augenda musica, 1667), comme quelque chose de nouveau, de remplacer sur la portée les notes par les noms alphabétiques des sons. Or, Guy d'Arezzo se

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