‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 43 sur 542 · BEFFROI · texte numérisé non relu

BEFFROI

nologique des représentations journalières de l'Opéra, depuis 1671 ; Dictionnaire des tragédies, ballets, opéras, pantomimes non représentés à V Académie royale de musique (5 vol.) et enfin une grande Dramaturgie lyrique étrangère, etc. (17 vol.). Cet érudit fit don de sa riche bibliothèque et de toutes les œuvres (manuscrites) citées plus haut à la ville de Paris ; malheureusement ces trésors devinrent la proie des flammes, lors de la destruction de l'hôtelde-ville en 1871, pendant la Commune.

Beffroi, sorte de cloche d'alarme; nom que l'on donne parfois aussi au tamtam.

Beffroy de Reigny, Louis- Abel, (connu sous le pseudonyme Cousin Jaques), né à Laon le 6 nov. 1757, m. à Paris le 18 déc. 1811 ; était un original dont les œuvres scéniques, des plus abstruses, ne réussirent jamais. Il était à la fois poète et musicien. Deux œuvres seulement, ses deux Xicodème (Nicodème dans la lune, 1790 et Xicodème aux enfers, 1791) eurent un certain succès : elles durent même être interdites, parce qu'elles excitaient les démocrates.

Belcke, Friedrich-August, né à Lucka (Altenbourg) le 27 mai 1795, m. en cette ville le 10 déc, 1874; célèbre tromboniste virtuose et compositeur pour son instrument. B. fut de 1815 à 1858 musicien de la chambre du roi à Berlin, puis se retira dans sa Aille natale. — Son frère, Christian-Gottlieb, né à Lucka le 17 juil. 1796, m. en cette ville le 8 juil. 1875; flûtiste renommé. Il fit partie, de 1819 à 1832, de l'orchestre du Ge*wandhaus à Leipzig et après quelques années de repos accepta de nouvelles fonctions à Altenbourg (1834-1 841). Ses concertos de flûte et ses fantaisies sont connues.

Beldomandis, (Beldemandis, Beldemando), Prosdocimus de, professeur de philosophie à Padoue, sa ville natale, vers 1422; auteur d'inlèivssantes études sur la musique proportionnelle, études rééditées par de Coussemaker (Scriptores, III,). B. était non seulement l'adversaire de Marchettus de Padoue en matière d'esthétique musicale, mais encore son contradicteur sur bien des points de pratique musicale.

Béliczay, Julius von, né à Komorn en Hongrie le 10 août 1835, m. à Pesth le 30 avr. 1893; fut d'abord ingénieur puis embrassa plus tard la carrière musicale. B. fut l'élève de Joachim Hoffmann et de Franz Krenn à Vienne; il vécut alternativement à Pressbourg et à Vienne et lut aommé professeur d'harmonie en 1888, à L'Académie nationale de musique àBudapeslh. Citons parmi ses œuvres: trois quatuors pour inslr. à archet, un trio op. 30 (mi b maj.), andanle pour orchestre à cordes op. 25, une sérénade pour inslr. à archet op 36, deux symphon ies. un Are Maria op. 9 pour soprano solo, chœur et orchestre, des morceaux de piano à

à deux e| â quatre mains (études), des lieder,

une Messe (manuscrite) exécutée à diverses reprises, des antiennes, etc. B. publia aussi la première partie d'un traité de composition musicale (1891, en hongrois).

Belin d'.i i.i.i.n). 1. <ii ii.i.\[:mk. ténor de la chapelle du roi. i'i Paiis. \ers 1547; auteur de can-

BELLERMANN

tiques à quatre voix (1560) et de chansons. On trouve un certain nombre de ses œuvres dans les anthologies d'Attaignant, de 1543 et 1544. — 2. Julien, né au Mans vers 1530, célèbre luthiste, publia en 1556 un livre de motets, des chansons et des fantaisies en tablature de luth.

Bella. 1. Domenico dell a, publia à Venise, en 1705, un concerto pour violoncelle et en 1704 douze sonates pour deux violons, violoncelle obligé et clavecin. — 2. Joh.-Léopold, né à St-Nicolas (Haute-Hongrie) en 1843, prêtre et. prébende du dôme de Neusohl; auteur d'œuvres de musique d'église, d'œuvres chorales empreintes de couleur nationale et de quelques morceaux de piano.

Bellasio, Paolo, né à Venise, publia à Venis même, en 1579, un livre de madrigaux et e 1595 des Yilanelle alla Romana; une antholo gie de l'aimée 1568 (Dolci affetti) contient aussi quelques madrigaux de sa composition.

Bellazzi, Frangesco, né à Venise, élève d G. Gabrieli, publia à Venise, de 1618 à 1628, de psaumes, des motets, des litanies, des faux bourdons, une Messe, des chansons, etc. (po la plupart à huit voix).

Bellère (Bellerus), Jean, de son vrai no Bellaerts, libraire à Anvers, s'associa en 157! avec Pierre Phalèse (fils); ils imprimèrent sur tout des œuvres de compositeurs italiens (jus que vers 1600). — Son fils, Balthasar, transfé le commerce à Douai, après la mort de so: père ; il publia de 1603 à 1605 le catalogue dei œuvres éditées par la maison, catalogue que de| Coussemaker trouva à la bibliothèque de Douai

Bellermann. 1. Johann-Friedrich, né à E: furt le 8 mars 1795, m. à Berlin le 4 févr. 1874 professeur en cette dernière ville depuis 1819 il fut, de 1847 à 1868, directeur du gymnase « zum grauen Kloster ». B. s'est fait un non) comme historiographe musical par ses recher ches précieuses dans le domaine de la musique antique (grecque). Son œuvre capitale : Dm Tonleiter und Musiknoten der Griechen (1847) traite du système musical des Grecs ; deux aul très opuscules : Die Hymnen des Dionysio.l und Mesomedes (1840), Anonymi scriptio d\ musica et Bacchii Senioris introductio, etc\ (1841) étudient les quelques restes d'anciennJ musique grecque notée. — 2. J.-Gottfried-Hein righ, né le 10 mars 1832, fils et élève du précé dent, suivit les cours du gymnase « zum grauei Kloster » puis entra à l'Institut de musique d'él glise et fut pendant longtemps l'élève particuj lier de E.-A. Grell. B. fut nommé en 1853 maîtr< de chant au « graues Kloster », reçut en 18611 titre de « directeur de musique royal » et suc céda à A.-B. Marx, en 1866, comme professeuj de musique à l'Université de Berlin. Il est def puis 1875, membre de l'Académie des Beaux! Arts. Les compositions gravées de B. consisj tent exclusivement en œuvres vocales (motett psaumes, lieder, chœurs, une œuvre choral avec accompagnement d'orchestre: Gesang de Geisler uber den Wassern) ; d'autres œuvre de grandes dimensions (entre autres, un opérc sont restées manuscrites mais ont été en parti

BELLEVILLE-OURY — BEMETZKIEDER

exécutées ;il convient de citer surtout les chœurs d'Ajaoc, du Roi Oedipe et à'Oedipe à Colonne de Sophocle. L'écrit de B. sur la notation proportionnelle, Die Mensuralnoten und Taktzeichen imXV. und XVI Jahrkundert (1858), est une oeuvre de mérite, la première qui permit l'étude de la musique proportionnelle à ceux que l'ignorance de la langue empêchait de lire, dans l'original, les traités des théoriciens latins. Quant à son traité de contrepoint, Der Kontrapunkt (1862 ; 3me éd., 1887), il se fait le défenseur d'un système vieilli, celui du Gradus ad Par- | nassum de J.-J. Fux, système arriéré déjà à l'époque où il parut (1725). Une brochure, Die \ Grosse der musikalischen Intervalle als Grundlage der Harmonie (1873), est une audacieuse tentative d'accord entre son système de contrepoint et l'acoustique moderne. L>'Allg. Miisikalische Zeitung (1868-1874) contient d'intéressantes contributions de B.

Belleville-Oury, Emilie, née à Munich en 1808, m. en cette ville le 22 juil. 1880 ; pianiste remarquable, élève de Czerny, fit de grandes tournées de concerts puis épousa, à Londres, le violoniste Oury. Elle publia des compositions pour piano.

Bell' Haver, Vingenzo, né à Venise vers 1530, élève d'A. Gabrieli ; succéda, en 1556, à son maître comme organiste du second orgue de St-Marc. Il mourut probablement en 1588, car GiuseppeGuarni, son successeur, entra en fonctions le 30 oct. de la même année. B. s'était fait un grand renom comme compositeur de madrigaux dont il parut plusieurs livres (1567-1575) ; on en trouve d'autres dans diverses anthologies.

Belli. 1. Girolamo, né à Argenta, chantre de la chapelle du duc de Mantoue, publia un livre de motets à six voix (1586), un livre de madrigaux à six voix ( 1587), des motets à huit voix (1589), des motets et des magnificats à dix voix (1594) ; l'anthologie De' floridi virtuosi d'Italia (1586) contient quelques madrigaux à cinq voix du même auteur. — 2. Giulio, né à Longiano vers 1560 ; était vers 1600 maître de chant du chœur d e St-Antoine à Padoue, et remplit ensuite (en 1620 environ) les fonctions de maître de chapelle de la cathédrale à Imola. B. est un compositeur de musique d'église des plus féconds : Messes à cinq voix (1597), Messes à quatre voix (1599), Messes et motets à huit voix (nouv. édition, avec basse chi tirée, 1607), Messes de quatre à huit voix (1608). psaumes à huit voix (1600,1604,1615, les derniers avec « continuo »), des motets à double chœur, des litanies, etc. (1605, 1607), des Concerti ecclesiastici à deux et trois voix avec basse d'orgue (1613 et 1621) et des canzonette à quatre voix (1586 ; 2me éd. 1595). — 3. Domenico, musicien de la cour de Parme, publia : Arie a le 2 coci per sonare con il chitarrone (1616), et Orfeo dolente (1616, cinq intermèdes pour YAminta du Tasse).

Bellin, v. Belin.

Bellini, Vingenzo, célèbre compositeur d'opéras, né à Gatane (Sicile), le 1er nov. 1801, m. à Puteaux, près Paris, le 24 sept. 1835; élève du

Gonservatoire de Naples, sous la direction de Zingarelli, commença par publier des compositions instrumentales et de la musique d'église. Son premier opéra, Adelson e Salvini, fut représenté en 1825 au théâtre du Gonservatoire, l'année suivante, Bianco e Fernando était accueilli si favorablement au théâtre San Carlo, que l'auteur reçut, en 1827, des commandes pour la Scala de Milan. Il écrivit alors 11 Pirata, dont le succès considérable fut encore surpassé par celui de La Straniera (1828), puis, pour Parme, Zaïra, qui fit fiasco ; pour Venise, Montecchi e Capuletti, et, pour Milan, La Sonnambula (La Somnanbule, ail. Die Nachtwandlerin). La critique reprocha à B. la simplicité excessive de ses accompagnements et l'exiguité de forme de ses morceaux de chant ; l'auteur, qui reconnut le bien-fondé de ces reproches, se remit au travail et donna à Milan, en 1831, la Norma, une œuvre plus soigneusement écrite, mieux finie et qui fit fureur, surtout avec la Malibran dans le rôle principal. Béatrice di Tenda eut moins de succès auprès du public. En 1833, B. transféra définitivement son domicile à Paris, où il cueillit, pendant bien peu de temps il est vrai, de nombreux lauriers. Il n'écrivit plus qu'un opéra, 1 Puritani, donné en 1835 aux Italiens. La mort prématurée de B. et les regrets unanimes qu'elle causa, donnèrent naissance à une quantité d'écrits sur l'auteur et ses œuvres. Cf. A. Pougin, Bellini, sa vie, ses œuvres (1868); Florino, Bel- Uni, mem,orie e lettere (1885). — Un frère de Bellini, Carmelo B., né à Gatane en 1802, m. en cette ville le 28 sept. 1884, se fit une modeste réputation comme compositeur de musique d'église.

Bellmann, Karl-Gottfried, né à Schellenberg (Saxe), le 11 août 1760, m. à Dresde, où il était facteur d'instruments, en 1816 ; construisit des pianos dont la renommée fut très grande et fut en même temps virtuose sur le basson.

Belloli. 1. Luigi, né à Gastelfranco (Bologne), le 2 févr. 1770, m. le 17 nov. 1817 ; corniste virtuose, fut nommé, en 1812, professeur de cor au Gonservatoire de Milan, écrivit plusieurs opéras et une méthode de cor posthume. — 2. Agostino, né à Bologne, également corniste virtuose, a publié plusieurs recueils d'études pour cor et fait représenter quatre opéras à Milan, de 1816 à 1823.

Belloni. 1. Giuseppe, compositeur de musique d'église, né à Lodi, publia des Messes à cinq voix (1603), des psaumes à cinq voix (1605), des Messes et des motets à six voix (1606). — 2. Pietro, de Milan, professeur de chant au « Gonservatorio di Sant'Onofrio », à Naples, où il écrivit plusieurs ballets (1801-1804), et publia une méthode de chant (1822). Il professa plus tard à Paris.

Bemetzrieder, théoricien musical, né en Alsace en 1743, entra dans l'ordre des Bénédictins, qu'il ne tarda pas â quitter, pour se rendre à Paris. Diderot s'occupa de B. sans parvenir à lui créer une situation ; B. se rendit, en 1782, à Londres, où sa trace se perd en 1816. Il a publié plusieurs ouvrages théoriques : Levons de rie-

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