‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 449 sur 542 · SILENCE — SILVA · texte numérisé non relu

SILENCE — SILVA

1877). S. a publié aussi une Harmonieund Kompositionslehre (1851).

Silence (ail. Pause; lat. et ital. pausa; angl. rest, silence, tandis que le mot angl. pause signifie point d'orgue), nom que l'on donne à 'arrêt momentané d'une ou de plusieurs paries (vocales ou instrumentales) dans un morceau de musique. La théorie grecque connaissait déjà la valeur du s.; les métriciens grecs livisaient les vers, entre autres, en deux catégories : les vers catalectiques (finissant trop fôt), ayant un silence à la lin, et les vers procaalectiques (commençant trop tard), en ayant an au début. Le signe du s. était, chez les prrecs, un lambda J^ {=■ ktj/u.iu.ot) pour leprotos ïhronos (la brève indivisible, l'unité), puis A deux unités), \ (trois unités), a (quatre unies), et a (cinq unités). La notation neumaique ne paraît avoir possédé aucun signe pour hs s. (?). Quant aux notations primitives des Lnciens troubadours et « Minnesânger », elles lie contiennent généralement pas de signes de [.; il est évident qu'il faut alors compléter la jiotation, d'après le mètre du poème (cf. Rienann, Studien zur Geschichte der Notenchrif't, p. 216 et suiv.). Mais la musique polyhonique ne pouvait se passer de signes poules s., aussi trouvons-nous déjà dans les plus nciens ouvrages sur la musique proportionelle (xne-xnie s.) des signes pour les s. équiva- 3nts à chacune des durées de notes : a) pausa jnga recta, dite plus tard pausa longa imerfecta, valant une longue (binaire);

) pausa longa perfecta ou pausa modi, valant ne longue parfaite; c) pausa, valant une brève t correspondant à une double pause; d) semiausa, valant une semibrève et correspondant notre pause. Lorsqu'apparut la minime, on écida, après quelque hésitation, que le signe mplissant les 2/3 de l'interligne serait équialent à la semibrève et que le signe remplistnt le i/3 de l'interligne correspondrait à la inime. Mais Philippe de Vitry proposa mieux icore et eut l'idée d'asseoir sur la ligne même s silence correspondant à la minime (notre dei-pause); v. e) :

=iT r r 1 -W

es autres signes furent alors imités des signes 3 durée en usage dans la tablature (v. ce mot) : suspirium (notre soupir), valant une semimiime (noire) ; g) semisuspirium (demi-soupir), alant une fusa (croche). Une regrettable conadiction apparut entre les notes et les silices, lors de l'adoption des notes blanches 400); la croche avait un crochet, le demi-sour (son équivalent) en avait deux, etc.

NR NIJ

XR

f^Hr-rj-iSEfa

Mais les crochets des silences de courte durée furent renversés et l'on eut de la sorte la série actuelle des signes de s. Nous noterons maintenant, côte à côte, sur une même portée, les formes modernes et les anciennes (l'ancienne forme du soupir a été maintenue non seulement en France, mais aussi en Angleterre) :

2/i l/i V-2 l/4 lls l /ie etc.

Quant aux s. qui se perpétuent à travers un grand nombre de mesures, on les note le plus souvent au moyen de l'abréviation suivante, ex.:

mais on répartit ces silences en deux ou plusieurs fractions, dès qu'il y a changement de mesure ou de mouvement pendant leur durée, ex.:

5 Alletrro 10

Page 1