SYSTEMA
celui qui, correspondant à l'ancienne pratique, se compose de douze degrés équidistants, qui a eu jusqu'à ce jour la préférence.
2. On parle, en outre, d'un s. de théorie d'harmonie, du s. harmonique de Rameau, Tartini, Vallotti, l'abbé Vogler, Kirnberger, Hauptmann, etc. Le but d'un tel s. est de grouper toutes les harmonies possibles sous un certain nombre de chefs dont l'ensemble est facile à saisir, de ramener les nombreuses formations harmoniques à un nombre aussi restreint que possible de formations-types d'où toutes les autres puissent être déduites. Les résultats de ces réductions sont : a) l'identification d'un grand nombre de formes harmoniques qui, basées sur des sons différents, n'en sont pas moins composées de rapports identiques, de telle sorte que l'une n'est que la transposition de l'autre, ex. : ut: mi: sol = fa: la : ut, ut: fa : la = fa : si bémol: ré, etc. Cette remarque est sans doute aussi ancienne que la musique polyphonique elle-même ; les règles de l'art du déchant, au xiie s., n'ont pu être établies en dehors de cette connaissance, b) L'établissement de rapports entre des formes composées des mêmes sons (selon les idées modernes), mais dont l'ordre de superposition ou l'octave varie ; ainsi la l'orme mi: sol: ut1 étant ramenée à ut: mi: sol dont elle est un « renversement ». On attribue généralement l'invention de ce s. des renversements (sistema dei rivolti) à Vallotti ou même à l'abbé Vogler, mais il est beaucoup plus ancien ; Rameau lui donna une forme pratique dans sa « basse fondamentale », mais Zarlino déjà connaissait l'identité des harmonies formées de mêmes sons dans des octaves différentes, de même qu'il considérait l'accord majeur et l'accord mineur comme les deux principes de toute conception harmonique, c) L'interprétation des accords dont la sonorité, tant musicale que physique, a été changée par une altération, un retard ou l'adjonction d'un son, dans le sens des harmonies [naturelles] qui ont subi le changement. Cette déduction est l'une des plus récentes ; le premier, l'auteur de ce dictionnaire, H. Riemann, a formulé cette loi d'après laquelle chaque formation harmonique
DOIT ÊTRE INTERPRÉTÉE DANS LE SENS D'UN ACCORD PARFAIT MAJEUR OU MINEUR, loi qui n'est
du reste en soi pas absolument nouvelle, mais