‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 474 sur 542 · Tablature italienne de luth · texte numérisé non relu

Tablature italienne de luth

(Isaak, Innsbruck ich muss dich lassen .)

Ces signes sont : un point + pour la brève, un trait | pour la semibrève, un crochet ^ pour la minime, un double crochet pour la semiminime,

un triple crochet pour la fusa, un quadruple crochet pour la semifusa. Les mêmes signes placés au-dessus d'un trait horizontal: ♦ , ^

etc., prenaient la valeur de silences, Au xvie s. déjà, les t. remplacent les crochets, lorsque plusieurs minimes, etc. se suivent immédiatement, par les traits horizontaux communs à plusieurs notes et dont l'usage ne pénétra dans in notation proportionnelle qu'au début du xviir9 s.,

ex. : ZÏÏZZZ ; de plus elles se servaient de la

cl e f g

barre de mesure, en sorte qu'au premier abord leur aspect se rapproche encore plus de notre notation actuelle que celui des anciennes notations proportionnelles. Ce fait est surtout frappant, lorsque, comme cela se pratiquait parfois, la partie mélodique (supérieure) est notée sur une portée de cinq lignes, au moyen de points noirs auxquels on adjoignait les signes de durée (cf. l'ex. l).Un grand nombre d'oeuvres imprimées en t. nous sont parvenues, entre autres de : Virdung, Agricola, Luscinius, Hans Gerle, Arnold Schlick, Jakob Paix, Amerbach, Bernh. Schmid, Woltz, Scheidt, puis les ouvrages en t. de luth de : Hans Judenkonig, Georg Neusiedler, W. Heckel, Ochsenkuhn, etc. La littérature que nous révèlent ces t. est d'un haut intérêt pour l'histoire des débuts de la musique instrumentale artistique ; elle fait l'objet des recherches de plusieurs savants de nos jours, entre autres de O. Chilesotti (v. ce nom). Cf. Kiesevvetter, Die Tabuiaturen der alten Praktiker ; von Wasielewski, Geschichte der Instrumentalmusik im XVI.JaJir. (1878). Les exemples ci-contre donneront une idée d'ensemble des diverses t.

Table d'harmonie (ail. Besonanzboden ; angl. soundboard ou belly), nom que l'on donne à la table de bois qui, dans les instr. à cordes en usage dans la musique artistique, renforce la sonorité des cordes. On sait aujourd'hui qu'une t. d'harmonie n'a point de vibrations transversales et qu'elle ne renforce point le son simplement d'après la loi des vibrations sympathiques (v. ce mot), que, bien au contraire, son but n'est atteint que grâce à l'absence de vibrations transversales, obtenue au moyen de lamelles collées sous la t. et traversant à angle droit les fibres du bois. Les vibrations de la t. d'harmonie sont des vibrations moléculaires dont l'intensité dépend de la force qui les sollicite, tandis que leur période est absolument indépendante de celle de la corde; toutefois, comme chaque vibration de la corde est une nouvelle source de vibrations moléculaires, les variations d'intensité de celles-ci ont la même période que les vibrations de la corde, d'où il ressort que, dans toute sa surface, la t. d'harmonie communique à l'air un nombre de chocs périodiques correspondant exactement au son donné par la corde. C'est ainsi seulement que s'explique le fait qu'une bonne t. d'harmonie renforce également tous les sons, tandis que, si elle vibrait d'après les lois des vibrations sympathiques, elle ne renforcerait que certains sons. Le son

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