‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 486 sur 542 · THOMAS D AQUIN — THOMSON · texte numérisé non relu

THOMAS D AQUIN — THOMSON

piano, ainsi que trois ouvertures (Ouverture de comédie ; Ce que vous voulez ; et Mountain, lake and moorland). — 4. Theodor, musicien qui s'est acquis de grands mérites dans la vie musicale de l'Amérique du Nord, né à Esens, dans la Frise orientale, arriva à l'âge de douze ans déjà à New-York où il fui, en ce qui concerne son éducation musicale, presque entièrement livré à lui-même. Il se fit d'abord connaître à New-York, comme excellent violoniste de quatuor, mais arriva tout à coup à la plus haute situation musicale, lorsqu'il apparut, en 1869, à la tête d'un excellent orchestre qu'il venait de former et donna son premier concert symphonique, dans le nouveau « Steinway-Hall ». Les concerts de l'orchestre Thomas ont fait, pendant six ans, une notable concurrence à ceux que la « Société philharmonique » donnait sous la direction de Bergmann, à 1' « Academy of Music » (salle de l'Opéra); ils ont eu, en outre, une grande importance pour la diffusion de la musique dans les autres villes des Etats-Unis, car T. entreprit à plusieurs reprises des tournées de concerts avec tout son orchestre et à ses propres risques. Forcé en 1877 de dissoudre son orchestre, il fut appelé peu après à diriger la « Société philharmonique », bien que celle-ci eût engagé, depuis une année seulement, L. Damrosch, un chef d'orchestre de valeur. Lorsque T. partit pour Cincinnati, en 1878, afin d'y organiser et d'y diriger le Conservatoire de cette ville, il se fonda à New- York une « Symphony Society » qui, sous la direction de Damrosch fit concurrence à la « Philharmonie ». Cette dernière était même tombée entre des mains si inhabiles que T. dut, pendant la saison 1878- 1880, venir tout exprès de Cincinnati pour sauver la situation, en prenant la direction des concerts. Une année à peine plus tard, T. abandonna la direction du Conservatoire de Cincinnati, pour retourner à New-York comme directeur de la « Société philharmonique ». En 1888 enfin, il licencia son orchestre et accepta la direction du Conservatoire de Chicago. — 5. Arthur-Goring, compositeur anglais de talent, né à Ratton (Sussex) le 21 nov. 1851, m. à Londres (écrasé par un véhicule) le 20 mars 1892 ; ne commença de sérieuses études musicales qu'une fois parvenu à l'âge d'homme. Il fut, de 1875 à 1877, élève d'E. Durand, à Paris, puis étudia pendant trois ans à F « Académie de musique » de Londres (A. Sullivan, Eb. Prout), avec beaucoup de succès. Les plus remarquables compositions de T. sont : un grand anthem pour soprano-solo, chœur et orchestre (1878); une cantate : Les adorateurs du soleil (Norwich, 1881); des opéras : Esmeralda (Londres et Cologne, 1883) et Nadeshda (1885); ainsi que des œuvres vocales ou orchestrales (« Suite de ballet ») de moindres dimensions. — 6. Otto, né à Krippen (Saxe) le 5 oct. 1857; élève de G. Merkel, est, depuis 1890, organiste de l'église St-Paul à Dresde. Excellent organiste et compositeur de talent (chants religieux, op. 1 : élégie pour orgue, etc.).

Thomas d'Aquin (Aquinas), Saint, né à Roccasecca, près Naples, en 1227, m. à l'abbaye cistercienne de Fossanuova, près Terracine, le 7 mars 1274, alors qu'il se rendait au concile de Lyon. T. entra en 1245 dans l'ordre des Dominicains et composa, en 1263, sur le désir du pape Urbain IV, un office pour la communion dans lequel se trouvent la séquence de la Fête-Dieu : Lauda Sion et les hymnes : Pange lingua, Sacra solemnis, Verbum supernum, Adhortor te qui ont perpétué son nom, dans l'histoire de la musique.

Thomas, Ecole St-T., à Leipzig. Le cantorat de l'Ecole St-T. est une situation très en vue du monde musical ; il a été occupé par toute une série de musiciens illustres : Georg Rhaw (1519-1520), Joh. Hermann (1531-1536), puis, se succédant immédiatement : Wolfgang Jùnger (jusqu'en 1540), Ulric Lange (jusqu'en 1549), Wolfg. Figulus [Tœpfer] (jusqu'en 1551), Melchior Heyer (jusqu'en 1564), Valentin Otto (jusqu'en 1594), Seth Calvisius [Kalwitz] (jusqu'en 1615) J.-Herm. Schein (jusqu'en 1630), Tobias Michael [suppléant : Joh. Rosenmùller] (jusqu'en 1657), Seb. Kniipfer (jusqu'en 1676), Johann Schelle (jusqu'en 1701), Joh. Kuhnau (jusqu'en 1722), Joh. -Seb. Bach (jusqu'en 1750), Gottlob Harrer (jusqu'en 1755), Joh.-Fried. Doles (jusqu'en 1789), Joh.-Ad. Hiller (jusqu'en 1800), Aug.-Eberh. Muller (jusqu'en 1810), Joh.-Gottfried Schicht (jusqu'en 1823), Chr.-Th. Weinlig (jusqu'en 1842), Moritz Hauptmann (jusqu'en 1868), E.-Fr. Richter (jusqu'en 1879), Wilhelm Rust (jusqu'en 1892), Gustav Schreck. Le cantor de l'Ecole St-T. es$ le chef du « Thomanerchor » formé d'internes de l'Ecole, il dirige ou surveille les exécutions musicales dans l'église St-Thomas, entre autres celles de motets qui ont lieu le samedi aprèsmidi et jouissent d'une très grande renommée. C'est pour les cérémonies (accompagnées de musique avec orchestre) du dimanche et des jours de fête, que Bach a écrit la plupart de ses cantates.

Thomson, César, violoniste virtuose remarquable, né à Liège le 17 mars 1857; reçut les premières leçons de violon de son père, mais entra déjà à l'âge de sept ans au Conservatoire de Liège, où il eut comme maîtres Dupuis et Léonard. En 1873, T. partit pour le Tessin, comme musicien de la chambre du baron de Derwies, à Lugano, où il se maria en 1877. Après avoir travaillé seul pendant plusieurs années et après avoir donné des concerts en Italie, T. devint concertmeister de l'orchestre Bilse, à Berlin. En 1883, il fut nommé troisième professeur de violon au Conservatoire de; Liège, passa plus tard au rang de premier professeur, puis donna sa démission en 1896* T. se rendit alors à Bruxelles où, l'année suivante, il succéda à Ysaye, comme professeur de violon au Conservatoire royal. En outre, T. fait de nombreuses tournées de concerts avec un succès qui ne s'est jamais démenti. La virtuosité étonnante de Thomson, surtout dans les passages en doubles cordes (octaves doig-

THOOFT — ÏIEHSEN

||3es, etc.), lui assure l'admiration de tous ses onfrères.

Thooft, W.-F., né à Amsterdam le 10 juil. 829; élève de Hauptmann et de Bichter, à ^eipzig, est actuellement maître de chapelle de Opéra allemand, à Rotterdam. Il a écrit trois lymphonies; une symphonie avec chœurs \Charles-Quint ; couronnée, 1861); une ouverture pour la Pucelle d'Orléans', une fantaisie |>rchestrale : In Leid und Freud ; des psau- [nés ; deslieder; des sonates pour piano et un ipéra : Aleida von Rolland (1866).

Thorne, Edward -H., né à Grambourne Dorsetshire) le 9 mai 1834; élève de G.Elvey, ;n qualité d'enfant de chœur de la chapelle >t-Georges, à Windsor, devint en 1870 orgaîiste de St-Patrick, plus tard de St-Pierre et naintenant de St-Michel à Londres. T. est un naître d'orgue et de piano très estimé, en mène temps que compositeur notable (services, )saume cxxv pour chœur et orchestre, psaume cl vu pour voix de femmes, préludes pour ory\ie, toccata et fugue, marche de fête, marche unèbre, ouverture; puis, en manuscrit : trios ivec piano, sonates pour violoncelle et pour clarinette, le psaume lvii pour ténor solo, ;hœur et orchestre, etc.) Thorough-bass (angL), basse chiffrée.

Thureau, Hermann, né à Klausthal (Harz) .e 21 mai 1836 ; fit ses études à Goettingue et iu Gonservatoire de Leipzig (Hauptmann), devint en 1863 organiste de la cathédrale d'Eisenach, où il remplit, depuis 1865, les fonctions de directeur de musique et cantor de la Cour, tout en étant maître de musique au Séminaire et directeur de la « Société de musique ». En 1872, T. reçut le titre de « professeur ».

Thûring (Thuringus), Joaghim, candidat en théologie et poeta laureatus, né à Fûrstenberg, dans le Meklembourg, auteur de : Nucleus musicus de modis seu tonis (1622), retravaillé sous le titre : Opusculum bipartitum de primordiis musicis quippe, 1° De tonis sive modis, 2° De componendi regulis (1624).

Tnûrlings, Adolf, fut d'abord curé de la 'paroisse catholique-chrétienne de Kempten î(Bavière), prit le grade de Dr phii, à l'Université de Munich et devint en 1887, professeur de 'théologie à Berne. Sa dissertation doctorale : \Die beiden Tongeschlechler und die neuere vmusikàlische Théorie (1877), est une défense de la conception dualiste de l'harmonie que [l'auteur de ce dictionnaire représente aussi

(Cf. MINEUR, TON, OETTINGEN, etc.). T. a publié,

en outre, un recueil de cantiques ponr les églises catholiques-chrétiennnes.

Thurner, I.Friedrigh-Eugen, excellent hautboïste, né à Mômpelgard (Wurtemberg) le 9 déc. 1785 ; élève de Ramm, à Munich, joua (à côté de ses tournées artistiques) dans les orchestres de Brunswick, Gassel, Francfort-s/lVL (sous la direction de Spohr) et, depuis 1818, à Amsterdam, où il mourut le 21 mars 1827, dans un asile d'aliénés. T. a publié : trois symphonies, une ouverture, quatre concertos pour hautbois, quatre quatuors pour hautbois et trio

d'instr. à archet, des rondos et des divertissements pour hautbois et quatuor d'instr. à archet, un trio pour hautbois et deux cors, dos duos pour hautbois et piano, une sonate pour cor et piano, une sonate et des morceaux pour piano, etc. — 2. Theodor, né à Ruffach (Alsace) en 1806, m. dans la même ville eii juin 1885; excellent organiste et compositeur zélé de musique d'église (trente Messes).

Thurnmayer, v. Aventinus.

Thursby, Emma, excellente cantatrice légère, née à Brooklyn (New-York) le 17 dot. 1857 • m son éducation auprès des maîtres de chant Jul. Meyer et Achille Erani, puis, plus tard, à Milan. chez Lamperti et San Giovanni, et enfin do nouveau en Amérique, auprès de Mme Rudersdorff. T. commença en 1875 sa première tournée de concerts, se fit entendre à Londres en 1878, et s'est aussi fait connaître, à partir de 1830, sur le continent européen.

Tibia (lat.), os antérieur de la jambe et, de là, chez les Romains , nom d'une flûte. Terme adopté généralement plus tard, pour désigner l'instrument que les Grecs appelaient « Aulos » (v. ce mot), sorte de tlûte à bec.

Tibia cuspida (lat. ; ail. Spitzflôte, Spillflôte, Spindelflôte), jeu d'orgue à bouches, ouvert, de 8', 4', 2' et 1'. Il a, de même que le Gemshorn, des tuyaux coniques, mais il est moins mordant que ce dernier. Le tuyau est en êtain ou en métal, rarement en bois. Lorsqu'il s'agit d'un jeu de quinte, les facteurs allemands lui donnent le nom de Spitzquint.

Tichatschek, Joseph-Aloïs, célèbre chanteur scénique, né à Oberwérkelsdorf, en Bohême, le 11 juil. 1807, m. à Dresde le 18 janv. 1886; fils d'un pauvre tisserand, fit son éducation au gymnase de l'abbaye des Bénédictins de Braunau, et partit en 1827 pour Vienne, dans le but d'y étudier la médecine. Il prit cependant bientôt un engagement comme choriste, au théâtre de la « Porte de Carinthie » et, comme sa voix était de plus en plus appréciée, il reçut des leçons régulières de chant de Gicimera. Il gagna ses premiers lauriers comme soliste à Gratz et, après avoir donné, peu après, des représentations à Vienne et à Dresde, il fut engagé en 1837 au Théâtre de la Cour de Dresde. T. lit partie du personnel de ce théâtre jusqu'au moment de sa retraite, en 1872. Parmi les rôles créés par T., notons en premier lieu celui de Tannhâuser; son répertoire comprenait, à côté des premiers rôles de fort ténor, un grand nombre de rôles de ténor léger et même de ténor d'opérette. T. fut l'objet de distinctions de toutes sortes, à l'occasion du 40° anniversaire de sa carrière artistique (1870).

Tieffenbrucker, v. Duiffoprugcar.

Tiehsen, Otto, né à Dantzig le 13 oit. 1817, m. à Berlin le 15 mai 1849; élève de l'Académie royale de musique, à Berlin, très apprécié comme compositeur de lieder. écrivit aussi an h.urieei Gloria à six voix, une cantal.- de Noël pour solo et chœur à six voix, nu Crudtfiœus (a cappella) à six voix et un opéra-comique Annette (1847).

TIERCE — TIERSOÏ

Tierce (lat. tertia; ail. Ter s), 1. Troisième degré de l'ordre diatonique. La t. peut être majeure, mineure, diminuée ou augmentée, ex.:

La t. majeure est d'une importance capitale pour l'étude élémentaire de l'harmonie, car elle est, avec la quinte (v. ce mot), l'un des intervalles fondamentaux qui constituent l'accord majeur et l'accord mineur. Comme l'ont fait remarquer Zarlino déjà, puis Tartini et, plus récemment, surtout M. Hauptmann, l'accord parfaitmineur comporte non pas une t. mineure (ainsi que semble l'indiquer la basse chiffrée) mais, de même que l'accord majeur, une t. majeure, avec la seule différence que celle-ci se compte à partir de la note aiguë comme, du reste, tout l'accord mineur doit être conçu en

ml W[ tant qu'accord descendant : ut J . L'élève H la Y

d'harmonie n'a pas besoin d'encombrer sa mémoire des t. mineures ; il suffît qu'il connaisse parfaitement les majeures. Il apprendra le plus aisément ces dernières, d'une façon mécanique, en retenant bien ceci : que les sons de l'échelle

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