VERDI
[jinne œuvre imprimée qui nous soit conservée lui est un volume de madrigaux pour luth, s anges par Adrien Willaert (1586) ; l'édition ginale pour chant est inconnue, à moins elle ne soit identique aux trois volumes de drigaux à quatre voix de 1537 (édition comte, 1566). Viennent ensuite : des madrigaux à q voix (le 2e volume en 1538 ; le premier est inmu, mais doit être contenu dans la collection madrigaux à cinq voix de 1541); Verdelot, la i divina e piu bella musica che se udisse ïmai delli ' presenti madrigali a 6 voci (1541). ne connaît qu'un seul recueil de ses mo- 3 à quatre voix : Philippi Yerdeloti electiones ersorum motetlorum distinctae 4 voc. (1549). r contre, un grand nombre de motets détais ont paru dans les plus célèbres antholo- :s de l'époque (Motetti del frutto et Fior de iitetti, de Gardane; Motetti del fiore de Jacjes Moderne; Magnum opus musicum de I>ntan-Neuber ; Cantiones sélect issimae de (iesstein ; Novum et insigne opus musicum Graphseus ; dans la grande anthologie de >tets d'Attaignant, etc.). V. a écrit une cinième voix pour la Bataille, de Jannequin |ipr. dans la collection de chansons de Susato, 1. X). Enfin on trouve une Messe à quatre voix V., dans Missarum quinque liber primus m 4 voc. (1544), de Hier. Scotto.
/erdi, Giuseppe, le compositeur d'opéras itan le plus en vue de notre époque, né le 9 oct. 13 (non pas 1814) à Roncole, village près de isseto ( Parme ) où son père tenait une aurge. La ville de Busseto lui accorda une urse qui, augmentée par la contribution d'un ne particulier, Barazzi,lui permit d'aller faire n éducation musicale à Milan. Le directeur Conservatoire, Basilj, lui croyait probablent trop peu de talent, car il refusa de l'ad- 3ttre ; V. devint de la sorte élève de Lavigna, « maestro al cembalo » du théâtre de la Scala. >rès avoir écrit sous sa direction de petits orceaux de chant et quelques œuvres orlestrales, V. donna, le 17 nov. 1839, son preier opéra : Oberto, conte di S. Bonifacio léâtre delà Scala), qui, malgré le grand nome de réminiscences de Bellini qu'il renferme, eut un bon accueil. Son deuxième ouvrage : >i giorno di regno (théâtre de la Scala, 1840); fiasco et ne fut donné qu'une seule fois. Par ntre, Nabucodonosor (Nabuco [Nebukadneir\) établit déjà la réputation du jeune maître héâtre de la Scala, 1842 ; Vienne, 1843 ; Paris, 145). Ses succès grandirent avec 1 Lombardi la prima crociata (1843), et Ernani (1844); ndis que parmi : 1 due Foscari (1844), Gioinna d' Arco(\8tô), Alzira (Théâtre San Carlo, Naples, 1845), Attila (Venise, 1846), Macbeth 'lorence, 1847), I masnadien, (Londres, 1847); rusalem (arrangement des « Lombardi » , aris, 1847), Il Corsaro (Trieste, 1848), La bat- ■glxa de Legnano (Rome, 1849), et Sliffelio Meste, 1850), les uns firent un fiasco complet, s autres n'obtinrent qu'un faible succès d'esme et ne purent se maintenir au répertoire, n seul opéra de cet époque : Luisa Miller
(Naples, 1849), fit exception et conserva une certaine vogue. La période brillante de Verdi commence en 1851, avec Rigoletto (Milan), que suivirent, en 1853, Il Trovatore (Théâtre A p. .11... à Rome) et La Traviata (Venise), les trois œuvres les plus populaires du maître. Toutefois, la série des triomphes était close pour longtemps. Les vêpres Siciliennes, écrites en 1855 pour l'Opéra de Paris, furent froid, nui il accueillies ; Simone Boccanegra (Venise, 1857) fit peu d'impression ,• Aroldo (arrangement .lu « Stiffelio », donné à Rimini en 1857) ne sortit pas de Rimini ; le Ballo in maschera (écrit en 1858 pour Naples, mais représenté seulement en 1859 au théâtre Apollo, à Rome) révéla quelques idées plus heureuses et fut' donné en 1861 au Théâtre italien, en traduction française, puis, en 1869, au Théâtre lyrique, à Paris. Puis vinrent : lnno délie nazioni (cantate dramatique, Londres, 1862), La forza del destino (Saint- Pétersbourg, 1862 ; puis, avec de nouveaux numéros, à Milan, 1869 ; Paris, 1876), un nouvel arrangement de Macbeth (Paris, Théâtre lyrique, 1865), et Bon Carlos (Paris, Opéra, 1867). Cette dernière œuvre se distinguait déjà des précédentes par la plus grande envergure des différents numéros de l'opéra et elle fut appréciée en conséquence ; mais ce fut le cas bien plus encore pour Aida. V. écrivit ce dernier ouvrage en 1871, sur la demande du vice-roi Ismaïl-Pacha, pour l'inauguration de l'Opéra italien au Caire. L'auteur toucha 100,000 francs d'honoraires. Le succès de l'œuvre fut énorme et grandit encore, si possible, à Milan (1872). Depuis lors, Aïda a fait son chemin un peu partout et a été donné à Berlin (1874), Vienne (1875), Paris (1876), Bruxelles (1877), Londres, Leipzig, etc. V. avait, dans Aïda, commencé à céder à l'impulsion du « wagnérisme », mais il ne dépassa guère l'imitation des procédés, des signes extérieurs de cet art. Sa musique est restée, dans Aïda comme dans le Requiem (à la mémoire du poète Alessandro Manzoni, mort en 1873, et donné pour la première fois à Milan, en 1874), de véritable musique d'opéra italien, dans le sens combattu par Wagner, bien que l'instrument ution soit plus corsée et l'harmonie plus riche (grâce à l'emploi plus fréquent des dissonances) que dans les œuvres précédentes. Les ouvrages scéniques les plus récents de V. sont : Otello (Milan, 1887; poème de A. Boïto), et Falstaft (Milan, 1893; comédie lyrique). Toutes ces œuvres sont caractérisées par la recherche de 1' « effet », par les violents contrastes dynamiques et les explosions passionnées de sentiments; elles se différencient en ceci très nettement de celles de Rossini pour qui la mélodie, le bel canto, était presque tout, et, parce fail même, elles se rapprochent de celles de Meyerbeer. Il est bon de remarquer toutefois que, dans la première période de sou activité surtout, V. fut loin de posséder l'habileté technique de ce dernier maître. En plus de ses opéras et de son Requiem, V. a êcril on certain nombre de romances, un nocturne pour trois voix avec flûte obligée, un quatuor pour instr.
VERDONCK — VIADANA
à archet (1873), des œuvres chorales religieuses (1898), etc.
Verdonck, Cornélius, compositeur néerlandais, né à Turnhouten 1564, m. à Anvers le 4 juil. 1625. Un monument lui a été érigea Anvers, dans l'église des Carmélites. Un a conservé de V. des chansons françaises, deux livres de madrigaux à six voix et un de madrigaux à neuf voix, enlin un Magnificat à cinq voix (1585).
Verhulst, Jean-J.-H., compositeur notable et chef d'orchestre distingué, né à La Haye le 19 mars 1816, m. dans la même ville le 17 janv. 1891 ; suivit les classes du Conservatoire de sa ville natale, se développa rapidement par ses études personnelles et joua bientôt à l'orchestre, sous la direction de Ch. Hanssen (fils). Plusieurs prix que lui décerna la société De Toonhunst, pour ses premiers essais de composition, rl'encouragèrent à écrire de nouvelles œuvres, et Mendelssohn prononça sur lui un jugement favorable, lorsque Lùbeck, alors directeur du Conservatoire de la Haye, lui présenta le jeune V. Le projet qu'avait formé ce dernier de continuer ses études sous la direction de Mendelssohn, à Leipzig, fut ajourné par suite du mariage, puis d'une longue absence du maître (1837); V., en route pourLeipzig, resta à Cologne, travailla quelque temps auprès de Joseph Klein (frère de Bernhard Klein), puis revint à La Haye. Mais, en 1838, il accourut à Leipzig et devint, sur la recommandation de Mendelssohn, directeur des concerts de l'Euterpe : il jouit jusqu'en 1842, des avantages d'une vie musicale intense, dont Leipzig était alors le centre, en Allemagne. Après son retour à La Haye, il fut nommé directeur royal de musique de la Cour. Il resta dès lors dans sa patrie et devint successivement, en 1848, directeur de la « Maatschappij toi bevordering van toonkunst » de Rotterdam, en 1860, directeur des concerts de la « Diligentia » à La Haye, et, pendant nombre d'années, directeur à Amsterdam des concerts de la « Maatschappij tôt bevordering van toonkunst », de la société « Félix meritis », des concerts de « Ste-Cécile », tout en conservant, à La Haye, la direction de la « Diligentia ». V. se retira en 1886 dans la vie privée. Il a écrit des symphonies, des ouvertures, des quatuors pour instr. à archet, un grand nombre d'œuvres de musique d'église (entre autres : un Requiem pour chœur d'hommes), des lieder, des chœurs, etc. — Sa tille, Anna, est une excellente pianiste.
Verkùrzung (ail.), diminution (d'un thème).
Verlàngerung ( ail. ) , augmentation ( d'un . thème).
Vermindert (ail.), diminué (intervalle diminué),
Vernier, Jean-Aimé, harpiste et compositeur, né à Paris le 16 août 1769 ; devint en 1795 harpiste à l'Opéra-Comique, passa en 1813 à l'Opéra et prit sa retraite en 1838. Il a publié: des sonates pour harpe seule et avec violon; un quatuor pour harpe, piano, hautbois et cor ; des trios pour harpe, flûte et violoncelle ; des duos pour deux harpes et un grand nombre de
fantaisies, de variations, etc. pour harpe sei Verovio, Simone, imprimeur de musique Rome, de 1586 à 1604 environ, employa le p| mier la gravure sur cuivre pour l'impressf musicale. Ce fut lui, par conséquent, qui in? gura un mode de reproduction depuis lors f| répandu, et qui a refoulé presque entièremj l'invention de Petrucci, c'est-à-dire l'impresM typographique de la musique (v. impressic V. a gravé, entre autres, les toccatas de Men Verschiebung (ail.), nom que les Allemai donnent à la pédale de gauche des pianos dernes, lorsque cette pédale a pour effet de placer légèrement le clavier vers la droite, marteaux ne frappent plus alors qu'une deux cordes, au lieu de trois.
Vesque von Pùttlingen, Johann (connu auj sous le pseudonyme: J. HovEN),né à Op| (Pologne) le 23 juil. 1803, m. à Vienne le 30 1883 ; fils d'un employé au ministère de guerre en Belgique, employé qui prit la fi devant les Français et trouva, avec sa jei femme, un asile dans le château du prince I bomirsky, à Opole. Le père trouva plus ta une place à Vienne et V. lui-même fut desti à la carrière de fonctionnaire , mais il reç une éducation musicale soignée, sous la din tion de Moscheles et de S. Sechter. Il p le grade de DT fur. et devint conseiller impér à la chancellerie d'Etat, tout en étant à la f< pianiste et compositeur estimé (sonates, rc dos, etc., pour piano ; lieder; une grande Mes et six opéras : Turandot (1838), Jeanne a" A [1840], Liebeszauber [Kàtchen vonHeilbron: 1845], Ein Abenteuer Karls 11. [1850], L lus tige Ratli [1852], Lips Tellian [1854]). V. aussi écrit : Das musikalische Autorrei (1865).
Viadana, Ludovico, le célèbre initiateur chant d'église concertant pour un nombre r< treint de voix et basse d'orgue, s'appelait (d près les recherches récentes d'Antonio Paraz recherches dont le résultat fut publié dans « Gazetta musicale » de Milan [1876], puis tirage à part, sous le titre : Delta vila... di L dovico Grossi- V. [1876]) en réalité, de son ne de famille, Grossi, tandis que V. est le nom son lieu de naissance, donc : L. Grossi da C'est à Viadana, près Mantoue, que V. naq\ en 1564 ; il fut maître de chapelle du Dôme Mantoue (1594-1609), puis maître de chape d'église, à Fano, plus tard à Venise et enfin nouveau à Mantoue ; il mourut à Gualtieri 1< mai 1645. On a souvent attribué à V. l'inve tion de la basse chiffrée ou « continuo » (v. mot), mais cette assertion ne paraît guère fo clée (cf. Cavalieri, Cagcini, Péri); V. eut mèi en ce qui concerne l'introduction du « cor nuo » dans la musique d'église, au moins prédécesseur qui, lui-même, ne peut que diffi lement passer pour l'inventeur du système question (Deerino). Les circonstances loca obligeaient souvent à faire chanter un m ceau à quatre ou cinq voix par deux ou tr chanteurs seulement, faute d'artistes en no bre suffisant ; on remplaça alors les part
VIANESI — VICENTIXO
|sti manquaient par l'orgue, ou, dans les maigaux, etc. par la gambe, le luth ou d'autres struments. Ce procédé avait, bien avant l'in- •ntion de la basse chiffrée, donné naissance à îe sorte de réduction au piano : et, vers la fin i xvie siècle, les compositeurs ajoutaient tout ; suite à leurs œuvres, en prévision de cas de genre, une basse continue chiffrée (ainsi, par ;. : Adriano di Bologna, dans ses Concerti clesiastici a 8 v. [1595]). L'innovation de V. insista donc seulement en ceci qu'il écrivit ses imcertos d'église en réalité pour une ou deux Lix seulement, et employa le « continuo » comte soutien harmonique. Il en fit exactement fasage qu'en faisaient, dans un autre domaine, j. s musiciens scéniques florentins. C'est à cela lue se rapporte la remarque qui se trouve sur lusieurs titres de ses œuvres : lnvenzione pmmoda per ogni sorti di cantori e per gii wganisti. La liste des œuvres connues de V. a |é considérablement augmentée par Parazzi ; in connaît à présent de lui : des « canzonette » i quatre voix (1590), des « canzonette » à trois loix (1594); des madrigaux à quatre voix (1591); les madrigaux à six voix (1593) ; des Messes quatre voix ( 1596 et dès lors souvent ) ; leux livres de psaumes de vêpres, à cinq voix 1595, 1604); Falsi bordoni, etc., à cinq voix 1596) : Completorium Romanum 8 v. (deux ivres, 1597, 1606) ; des motets à huit voix (1597); les psaumes et des Magnificat à quatre voix 1598 et dès lors souvent) ; Officium defuncto- 'um (1600) ; des psaumes de vêpres à huit voix 1602); Cento concerti ecclesiastica, 1, 2,3 et 4 )oci con il basso continuo per sonar nell'ortano (vol. I [à la fin une Canzone pour violon, ornetto, deux trombones et basse d'orgue], l602 et dès lors souvent [aussi sous le titre : Qpus musicum sacrorum concentuum, etc., Francfort, 1612]; vol. II, 3607 et dès lors souvent; vol. III [2e édition], 1681; édition complète : Opéra omnia sacrorum concentuum 1, \2et3 vocum cum basso continuo, etc., Franctï'ort, 1620) ; Letanie, de trois à douze voix (2e éd., 1607); Officium ac missœ defunctorum 5 uoc. (1604) ; Lamentationes Hieremiœ 4 par. \voc. (1609) ; Symphonie musicali a 8 v... per hgni sorti distromente, avec basse chiffrée iforgue] (1610) ; Responsoria ad lamentationes iHieremiœ 4 voc. (1609) ; Completorium roma-
\num 4 voc cum basso continuo (1609) ; Sal-
\mia 4 voci pari col basso per Vorgano, brevi, \commodi et ariosi con 2 magnificat (1610) ; \Falsi bordoni a 4 voci, avec Sicut erat, Te \Deum et Salve Regina, 8 voc. (1612) ; 24 Credo \a canto fermo, etc. (1619) ; Missa defunctorum \3voc. (1667). A ceci s'ajoutent encore quelques réimpressions et divers choix d'œuvres extraites des recueils susnommés ; il se peut cependant que quelques-unes des œuvres énuinérées plus haut soient identiques.
Vianesi, Auguste -Charles -Léonard- François, né à Leghorn le 2 nov. 1837, fit son éducation en Italie (Pacini et Dôhler), arriva en 1857 à Paris avec des recommandations pour Rossini, devint en 1859 chef d'orchestre du « Dru-
rylane Théâtre », à Londres, dirigea .huis |a suite un grand nombre d'orchestres de théâtres, à New-York, Moscou. Saint-Pétersbourg, puis de nouveau à Londres, à Philadelphie, etc , etc., jusqu'à ce qu'il lut nommé; en 1887, chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.
Viardot, Michelle-Pallim., excellente cantatrice, tille et élève du célèbre Garcia, Bcpur de la Malibran, née à Paris le 18 juil. 1821 : lit. comme enfant, le voyage d'Amérique avec Bes parents, et reçut à Mexico les premières notions de piano, d'un organiste nommé Marcoe Vega. Plus tard elle fut, à Paris, élève de Meysenberg, pour le piano, et de Liszt, pour la composition. En 1837, elle se fit entendre pour la première fois, comme cantatrice, dans un concert de son beau-frère de Bériot, à Bruxelles ; elle remporta un énorme succès et lit, peu après, sa première tournée de concerts à travers l'Allemagne, puis à Paris. Elle lit ses débuts au théâtre, deux ans plus tard, à Londres, dans le rôle de Desdémone ; sa réputation se répandit rapidement et le directeur du Théâtre Italien de Paris, Yiardot, alla lui-même à Londres pour l'entendre, l'engagea puis, en 1841, l'épousa. Viardot abandonna alors la direction du théâtre, pour devenir l'imprésario de sa femme, avec laquelle il entreprit de grandes tournées à travers toute l'Europe (il mourut le 5 mai 1883). Mme Yiardot tut engagée en 1849 â l'Opéra de Paris, pour y créer le rôle de Fidès, dans le « Prophète » de Meyerbeer. Après une tournée de concerts et de représentations, elle créa « Sapho » de Gounod, ainsi que, en 18.7.). le rôle d'Orphée dans l'opéra de Gluck, que l'on avait remonté au Théâtre lyrique (donné cent cinquante fois devant des salles pleines). Elle se retira peu après de la scène et vécut depuis lors à Baden-Baden, et, à partir de 1871, à Paris et à Bougival. Mme V. a reçu une solide éducation musicale et elle est très douée ; elle s'est aussi fait connaître, comme compositeur, par des romances et plusieurs opérettes {Le dernier sorcier, L'Ogre, Trop de femmes, représentées dans sa maison, à Baden-Baden). Elle a. eu outre, arrangé pour chant six mazurkas de Chopin, publié un choix de morceaux classiques de chant avec accompagnement de piano, etc. — Sa fille, Louise Hérittk-V., née à Paria le 14 déc. 1841, fut pendant plusieurs années (jusqu'en 1886), maîtresse de chant au Conservatoire Hoch, à Francfort-s/M.; elle a composé un opéra, Lindoro (Weimar, 1879), une cantate : Das Bacchusfest (Stockholm, issu», un quatuor avec piano, un trio, des lieder, etc. Deux autres filles de Mine V., MmeGHAMBROT-V.e1 M iriannh V., sont d'excellentes cantatrices de concert, et un lils. Paul V., est un violoniste de talenl
(élève de Léonard).
Vicentino,NicoLA, compositeur et théoricien,
né à Vicence en 1511: élève d'Adrien Willaert, à Venise, devint plus tard maître de chapelle de la Cour et maître de musique des proies d'Esté, â Ferrare, vécut plusieurs années dans la maison du cardinal Hippolyte d'Esté, a Rome, où il «ut des disputes Bavantes avec i«-
VICTORIA — VIERDANK.
musicien portugais Vicente Lusitano (auteur de lnlrodutlione facilissima e novissima di canto fermo figurato etc., 1553), disputes auxquelles il coupa court lui même et pour cause. V. avait publié un livre de madrigaux à cinq voix, dans lesquels il voulait faire revivre les échelles chromatique et enharmonique des anciens (DelVunico Adriano Villaert discepolo D. Nicola V. madrigali a 5 voci per leorica e per pratica da lui composli al nuovo modo del celebrissimo suo maestro ritrovato, 1546); il avait en outre construit un « Archicembalo » et un « Archiorgano » dans lesquels les sons dérivés (au moyen d'un j> ou d'un j?) des sons naturels étaient nettement différenciés. L'insuccès de sa tentative l'engagea à traiter ce sujet théoriquement, dans un ouvrage intitulé : Lantica musica ridottaallamodernapratica (1555; avec une description de 1' « archicembalo »). Quant à l'orgue enharmonique-chromatique, il le décrivit dans une brochure : Descrizione dell'arciorgano (1561). Zarlino et Doni nient que V. ■ait eu une compréhension réelle de la musique antique. A notre point de vue actuel, l'essai de V. a une double valeur : d'une part, en tant que représentant une idée alors très répandue qu'un retour à la musique antique était le seul vrai remède à l'abus des artifices contrapontiques (idée qui conduisit graduellement à la découverte du style monodique), d'autre part, en tant que rompant les chaînes du genre diatonique pur des modes ecclésiastiques. Le premier successeur de Vicentino, dans le domaine du chromatisme, fut son ancien compagnon d'études chez Willaert : Gyprien de Rore ; puis survint un partisan plus énergique encore et plus conséquent de ce même système, le prince de Venosa (v. Gesualdo).
Victoria, v. Vittoria.
Vidal, Louis-Antoine, musicographe français, né à Rouen le 10juil.l820,m.en 1891; élève, pour le violoncelle, de Franchomme, a publié un intéressant ouvrage sur les instruments à archet, les luthiers, les virtuoses elles compositeurs d'œuvres pour ces instruments, ouvrage intitulé : Les instruments à archet (trois grands volumes in-4°, avec un grand nombre d'illustrations gravées par Frédéric Hillemacher, 1876-1878). Cette œuvre a été écrite avec beaucoup de zèle ; elle est riche en renseignements nouveaux et spécialement d'une grande valeur grâce aux dessins reproduisant des instruments. Y. a publié en outre : La chapelle St- Julien des Ménétriers (1878, extrait du précédent), et La lutlierie et les luthiers (1889).
Vi-de (lat., vois), indication dont on fait usage lorsque l'on pratique dans une œuvre musicale •quelconque une coupure. Vi se place au début, de à la fin de la partie qui peut ou doit être supprimée.
Vielle (Viella), 1. Nom que l'on donnait parfois, au moyen âge, à l'instr. à archet qui porte -en général le nom de viola (esp. vihuela, ail. Fiedel, lat. fidula) et dont le dernier représentant fut la gambe ; toutefois c'est encore de la v. que sont nnturellement issus nos instr. à
archet actuels (v. viole et instruments). - (ail. Drehleier ; ital. lira tedesca, ghironda ribeca, stampella, viola da orbo; angl. hurdj, gurdy ; lat. lyra rustica, lyra pagana). Instr. cordes étrange, d'origine très lointaine, jouis! sant autrefois d'une grande popularité et qu| remplit probablement, du xe au xne s., un vm analogue à celui du piano de nos jours. Ls construction de la v. est aujourd'hui presque exactement la même qu'il y a 900 ans : une table d'harmonie, analogue à celle des instr. à ar-| chet, est tendue de plusieurs cordes dont une (ou deux accordées à l'unisson) peut être rac-j courcie par l'intermédiaire d'un clavier, tandis que les deux autres (ou quatre, accordées deuj à deux à l'unisson) sont indépendantes et ne fournissent qu'un son fixe chacune (une quinte.| au grave, comme dans la musette). Un rouleai colophane et mu par une manivelle fait vibrer, par frottement, toutes les cordes à la fois. La dénomination la plus ancienne que nous connaissions de cet instrument est celle d'oRGAnistrum (xe-xne s.), et nous possédons un traité| du xe s., sur les dimensions et l'adaptation des touches de l'organistrum (cf. Gerbert, Script. 1): d'après ce traité, l'instrument comportait huit touches (l'étendue d'une octave) seulement, tandis que les meilleurs instruments du siècle dernier comportèrent jusqu'à deux octaves chromatiques. Du xne au xve s., environ, la v. portait les noms d'armonie ou de symphonie, corrompu en chifonie, voire même zampugna, sambuca, sambuca rotala ; au xve s., alors qu'elle tomba en désuétude, elle prit ce nom de v. qu'elle a gardé jusqu'à ce jour, en France, nom qui[désignait auparavant un instr. à archet (v. vielle 1). Virdung (1511) considère que la v., qu'il nomme simplement Lyra, n'est pas même digne d'une description quelconque Praetorius (1618) s'exprime à son sujet avec un parfait mépris (« Bawren-oder umblaufende Weiber Leyer »). Par contre, la v. eut en même temps que la musette un regain de popularité au siècle dernier, en France particulièrement ; des virtuoses sur la v. se firent entendre dans les salles de concerts (Laroze, Janot, Bâton, etc.) ; des méthodes de v. furent publiées (Bonin et Corrette) ; les luthiers perfectionnèrent l'instrument à la mode (Bâton sen ; Pierre et Jean Louvet, Delaunay à Paris; Lambert à Nancy; Barge à Toulouse); les compositeurs se mirent à écrire des sonates, des duos, etc. pour v. (Baptiste) et les littérateurs même entonnèrent ses louanges (Terrasson). La v est de nouveau tombée actuellement au rang d'instrument de mendiant et se trouve de plus en plus refoulée par 1' « orgue de Barbarie ».
Vierdank, Johann, organiste de l'église Ste- Marie, à Stralsund, a publié : Newe Pavanen, Gagliarden, Balletten und Konzerten mit zwei Violinen und einem Violone nebst dem « Basso Continuo » (1641, deux parties ; la 2me partie contenant des «Gapricci», des «Canzone» et des sonates pour deux à cinq instruments), ainsi que : Geistliche Konzerten mit 2, 3 und 4 Stimmen
VIERLING — VIEUXTEMPS
N t hebst dem « Basso Continuo » (2 parties, 1642 1656], 1643).
Vierling, 1. Johann-Gottfried, excellent orléaniste et compositeur, né à Melzels, près Mei- I ningen,le 26 janv. 1750,m. à Smalkalde (Hesse) Ne 22 nov. 1813 ; successeur de son maître, l'or- I tganiste Tischer à Smalkalde, il prit un congé, |afln de pouvoir continuer son éducation auprès I (de Ph.-E. Bach, à Hambourg, et de Kirnberger, ] à Berlin, puis resta ensuite jusqu'à sa mort à son modeste poste. V. a publié ; deux trios et i un quatuor avec piano, six sonates pour piano, lun recueil de chorals à quatre voix avec un ■ court traité de basse chiffrée (1789) ; 12 leichte tlOrgelstùcke (avec un petit traité des interludes let des tables de modulations) ; Versuch einer ïtAnleitung zu Praeludien fur Ungeiibtere m 1794) ; Sammlung leichter Orgelstiicke (1794, |quatre cahiers) ; 48 leichte Orgelstiicke (1795) ; llSammlung 3 stimmiger Orgelstiicke ( 1802) ; uAllgemein fasslicher Unterricht im Gêner alnbass (1805) ; Leichte Chorcdvorspiele (1807, trois n cahiers). D'autres morceaux, ainsi que des œuj vres vocales religieuses (deux séries annuelles U -de cantates d'église), sont restés manuscrits. — 2. Georg, compositeur de renom, né à Frankenthal (Palatinat) le 5 sept. 1820. Son père, Jakob V. (né en 1796, m. en 1867, auteur d'un recueil de chorals pour le Palatinat) était instituteur et organiste ; il reçut de lui sa première éducation, fut quelque temps élève de H. Neeb, pour le piano, à Francfort s/M., de J.-H.-Ch. Rinck, pour l'orgue, à Darmstadt et d'A.-B. Marx, pour la composition (1842-1845), à Berlin. Sur la recommandation de Marx, V. fut nommé, en 1847, organiste de la « Oberkirche » à Francfort s/O. ; il prit la direction de la « Singakademie » et organisa des concerts d'abonnements. De 1852 à 1853, il dirigea la i « Liedertafel » deMayence; mais il élut ensuite j domicile à Berlin où il fonda le « Bach-Verein » qu'il dirigea un certain temps. Il n'en I continua pas moins longtemps encore à se •charger de la direction des concerts d'abonnement de Francfort s/O., en même temps qu'il dirigeait une Société de concerts, à Potsdam. Il fut nommé, en 1859, « directeur royal de musique ». Peu après, V. abandonna toute fonction publique et se voua exclusivement à la composition et à l'enseignement privé. Les œuvres de Vierling appartiennent en majeure partie au domaine de la musique vocale : un grand nombre de lieder, de duos, de chœurs pour voix de femmes, voix d'hommes et voix mixtes, des motets, le psaume C a cappella et le psaume cxxxvn pour ténor solo, chœur et orchestre, Zechhantale et Zur Weinlese pour -chœur et orchestre et les œuvres chorales : Hero und Leander, Der Raub der Sabinerinnen, Alarichs Tod et Konstanlin (op. 64). Ses œuvres instrumentales sont : une symphonie, des ouvertures (Sturm [Shakespeare], Maria Stuart, 1m Frulding, Hermannsschlacht [Kleist]), un Capriccio pour piano et orchestre, un trio avec piano, deux quatuors pour instr. à archet, de grandes fantaisies pour
piano et violoncelle, des morceaux de genre et une grande fantaisie pour piano et violon, des pièces pour piano seul, etc.
Vieuxtemps, Henri, violoniste illustre, né à Verviers le 20 févr. 1820, m. à Mustapha, en Algérie, le 6 juin 1881 : fils d'un ancien officier, établi à Verviers comme luthier et accordeur de pianos. Il eut bien vite dépassé les limites de l'enseignement que pouvait lui donner son père, et il trouva en la personne d'un nommé Lecloux un maître consciencieux et sûr qui le développa rapidement, à un degré tel que le jeune garçon de neuf ans attira vivement l'attention de de Bériot. Ce dernier s'offrit à lui donner des leçons à titre purement gracieux et l'emmena avec lui à Paris, où il se produisit publiquement, en 1830, avec succès. V. commença en 1833 la vie nomade de virtuose ; il se rendit d'abord à Vienne, où il fit, sous la direction de Sechter, quelques études d'harmonie qu'il continua plus sérieusement, en
1835, auprès de Reicha, à Paris. Ce fut en
1836, en Hollande, qu'il se fit entendre pour la première fois dans ses propres compositions : celles-ci parurent peu après, à Vienne. V. remporta son premier grand succès en 1840, avec son concerto en mi maj. et sa fantaisie en la maj. qu'il joua à Bruxelles, mais qu'il avait écrites auparavant, au cours d'une tournée en Russie ; l'année suivante lui apporta une autre satisfaction : son talent de virtuose fut unanimement reconnu par le public enclin à la critique et blasé de Paris. Il ne lui restait dès lors rien autre à faire qu'à se maintenir à la hauteur de sa réputation. L'empereur Nicolas chercha, en 1846, à le retenir définitivement à St-Pélersbourg, afin qu'il y formât des élèves; mais Y. abandonna au bout de cinq à six ans ses droits à une pension et reprit la série de ses voyages. Ses tournées s'étendirent non seulement en Europe, mais aussi en Turquie et en Amérique (1844, 1857, 1870). Entre temps, il avait son domicile tantôt à Paris, tantôt à Francfort s/M. où il possédait une villa (à Drei-Eichenhain). En 1871, V." accepta le poste de premier professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles, poste qu'il occupa jusqu'en 1873, époque à laquelle il eut une grave attaque de paralysie qui lui prit le côté gauche et le mit dans l'impossibilité absolue de continuer à jouer. Il ne se remit que lentement, ne put reprendre sa carrière de virtuose et n'enseigna plus que quelque temps au Conservatoire de Bruxelles. V. vécut dès lors retiré, la plupart du temps à Paris. Les compositions de V. jouissent d'une haute renommée auprès des violonistes et occupent un rang élevé dans la littérature du violon, ce sont : six grands concertos (mima'}., op. 10 ; fa dièse min., op. L9; Jamaj.,op.25;re min., op. 31; fo min., op. ■>'< le gme est une œuvre posthume) : plusieurs autres concertos de moindres dimensions ; one fantaisie pour violon el orchestre (la maj.) : Fantaisie-caprice avec orchestre : deux fantaisies sur des thèmes slaves (op. 21 : Souvenir de Russie, et op. 27). Introduction et Rondo
VIGOROSO