‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 507 sur 542 · VIOLE · texte numérisé non relu

VIOLE

plus tard, à Florence, mais que demandes et réponses du dialogue étaient chantées par le chœur, à la manière des madrigaux. — 2. Francisco, élève de Willaert, maître de chapelle d'Alphonse d'Esté, a publié des motets et des madrigaux de Willaert : Musica nova (1558), ainsi que deux livres de madrigaux de sa propre composition (1567-1573). — 3. Alessandro dell a V., v. Alessandro Romano.

Viole, 1. (ail. Bratsche ; ital. viola alla). Nom que l'on donne parfois à l'alto (instrument); v. ce mot 3. — 2. Jeu d'orgue de 8' ou de 4', analogue à la gambe. Les facteurs allemands font aussi usage de la dénomination Quintviola pour désigner un jeu de v. de 2 %'. — 3. A côté des instruments imités du violon (v. ce mot), soit au point de vue des contours extérieurs, soit à celui du nombre et de l'accord des cordes (alto, violoncelle, contrebasse), une ancienne sorte d'instr. à archet resta en usage jusque dans le courant .du siècle passé : les violes proprement dites. C'est par une série de perfectionnements successifs, par la suppression des subdivisions de la touche, par la réduction du nombre des cordes que les luthiers du Tyrol et de Crémone parvinrent à transformer la x. en violon. Mais il est erroné de croire, ainsi qu'on en rencontre souvent encore l'indication, que notre alto n'est rien autre qu'une des anciennes espèces de viole. 11 est vrai que le violon se répandit seul, en premier lieu, en France surtout où le groupe des musiciens de la chambre de Louis XIII porte le nom des Vingt-quatre violons du roi, tandis qu'en Angleterre la v. ne fut reléguée qu'après la restauration de Charles II ; le violon prit simplement, dans le groupe instrumental, la place du «pardessus de viole » (partie aiguë de l'ensemble des v.) et les v. furent maintenues pour les parties d'alto, de ténor et de basse. Plus tard, lorsque l'on commença à construire les types plus grands de v., d'après le modèle du violon, l'alto fit d'abord son apparition, puis le violoncelle (au début du xvme s.) qui n'avait joué jusqu'alors qu'un rôle secondaire comme instrument pour la partie de basse, tandis que la gambe était l'instrument concertant. Petit à petit, la contrebasse, enfin, construite également sur le modèle du violon, prit la place de l'ancien «violone » de la famille des v. Cette famille instrumentale se divisait en deux groupes distincts : les v. qui, de dimensions restreintes se jouaient comme le violon et l'alto de nos jours {viola da braccio, d'où l'allemand Bratsche qui passa de la v. à l'alto [violonalto]) et les v. qui se plaçaient entre les genoux, comme le violoncelle actuel (viola da gamba ou gambe). Toutes les v. différaient essentiellement du violon et des instruments de la même famille, soit parleur forme extérieure, soit par la disposition et le nombre des cordes, soit enfin par le dessin des ouïes. La caisse de résonnance des v. se terminait presque en pointe du côté du manche, les courbes latérales étaienl à pou près semi-circulaires, la partie supérieure de la caisse de résonnance de beau-

coup plus étroite que l'inférieure ; quant aui éclisses, elles étaient notablement plus haute* que celles du violon, mais la table d'harmonie et le dos étaient, par contre, absolument plats] Les ouïes avaient l'aspect de deux croissants placés l'un vis-à-vis de l'autre : ( ) ou ) (. Le nombre des cordes était de six pour toutes le^ espèces de v. (seul le «dessus de viole » était tendu, en France, de cinq cordes, d'où son nom de Quinton ou Quinte), si leur accord offrait une grande analogie avec celui des cordes di luth :

— <sà

JS~

"37" — Alto et taille "sr — Dessus de viole. ++. (ou ténor) de v. ^-

Basse de v.

(gambe)

Les cordes passaient, assez rapprochées les unes des autres, sur une touche divisée en tons; le chevalet n'était que très peu arrondi, en sorte qu'il était à peine possible de jouer sur chacune des cordes intermédiaires isolément, mais que le jeu des accords s'en trouvait singulièrement facilité. La «contrebasse de viole » (violone, contrabasso da viola) était accordée à l'octave grave de la gambe. D'habiles luthiers ont souvent transformé des violes de maîtres en altos, violoncelles ou contrebasses, ce qui a donné naissance à toutes sortes d'idées erronées sur le compte de ces instruments. Pour ce qui concerne l'histoire du développement de la v. avant la formation d'une musique instrumentale artistique (la v. fut l'instr. à archet par excellence de tout le moyen âge, sous les dénominations étymologiquement identiques de Fidel, Fidula, Vielle / Viella], Vitula, Vistula, Vldula, Vi/iuela, voire même Phiala [chez Jean Cotton, 1100] et sous celles, parallèles, de Rubeba, Rebec, Gigue [Giga, Geige]), cf. instruments a archet. — Parmi les nombreuses variantes de la v., il convient de mentionner : les lyres, violes tendues d'un grand nombre de cordes disposées les unes sur les autres, à côté (en manière de bourdons) de la touche ; cf. lyra 2 et baryton 2 ; la viola bastarda, de dimensions un peu plus grandes que la « v. da gamba », pourvue de six à sept cordes et, dans la suite, surtout en Angleterre, d'un nombre égal de cordes supplémentaires, passant sous la touche et le chevalet, accordées à l'unisson des premières et résonnant sympathiquement (cf. violet) ; la viole d'amour (viola d'amore ) , construite d'après les mêmes principes que la précédente, mais de la dimension d'un alto, tendue de sept cordes principales et de sept autres dont l'accord pouvait être changé suivant les circonstances; la v.pomposa,. tenant le milieu entre l'alto et le violoncelle, construite par J.-S. Bach et faisant partie, eM réalité, de la famille des violons modernes.

Page 1