WAGENSEIL
Wach, Karl-Gottfried-Wilhelm, contrebassiste, né à Lôbau (Haute-Lusace) le 16 sept. 1755, m. à Leipzig le 28 janv. 1833; avait élu domicile, en 1777, à Leipzig où il faisait partie de l'orchestre du théâtre, des concerts du Gewandhaus, etc. W. fit aussi quelques tournées de concerts.
Wachsmann, Johann-Jacob, directeur de musique du dôme, maître de musique au séminaire et directeur de sociétés chorales, à Magdebourg, a publié un certain nombre de recueils de chants d'écoles : Praktisclte Singschule, Gesangflbel fur Elementarklassen (1822), Gesangfibelin Ziffern (1827), Vierstimmige Schul- (jescinge (1840), ainsi qu'une Elementarschule fur Pianoforte, des Altargesânge et Choralme- ■lodien zum Magdeburgischen Gesangbuch.
Wachtel, Theodor, ténor renommé, né à Hambourg le 10 mars 1823, m. à Francfort-s/M. le 14 nov. 1893 ; fils d'un loueur de fiacres, dont la mort subite l'obligea à diriger quelque temps les affaires, avec sa mère. Lorsqu'on eut découvert sa voix, il reçut d'abord des leçons de Mlle Grandjean, à Hambourg. Sa carrière scénique très remplie le conduisit successivement à : Schwerin, Dresde, Wùrzbourg, Darmstadt, Hanovre, Cassel, Vienne, Londres, Berlin, Paris. Dans les dernières années de sa vie, W., qui était devenu riche, ne prenait plus aucun engagement de longue durée, mais il donnait des représentations tantôt ici, tantôt là. Il parcourut, en 1871, les Etats-Unis de l'Amérique du Nord et alla, en 1875, jusqu'en Californie. W. était doué d'une voix de ténor lyrique extrêmement puissante et étendue ; ce qui lui manquait d'abord en tant qu'éducation musicale, fut en partie remplacé par la routine, mais W. resta toujours au nombre de ces chanteurs doués d'un bel organe et dont le seul but est de rendre à la perfection des rôles tels que ceux de George Brown, du « Postillon de Lonjumeau » (dans lequel il remporta de véritables triomphes avec les claquements de fouet, souvenirs de la vocation paternelle). La tentative que fit \V. d'ajouter à son répertoire le rôle de Lohengrin (Leipzig, 1876), devait fatalement échouer. — Son fils, Theodor, doué de même d'une belle voix, chanta avec succès sur diverses scènes allemandes ; mais il perdit de bonne heure sa voix et mourut à Dessau, où il était entré dans l'industrie, en janv. 1875.
Waelput, Hendrik, compositeur flamand, né à Gand le 26 oct. 1845, m. dans la même ville le 8 juil. 1885; élève du Conservatoire de Bruxelles, remporta en 1866 le prix de Rome, avec une cantate flamande : Het moud (« La Forêt »). En 1869, il devint déjà directeur du Conservatoire de Bruges, en même temps que chef d'orchestre au théâtre et directeur des Concerts po-
pulaires de cette même ville. Deux ans plus tard, W. transféra son domicile à Dijon, puis, en 1875, à Gand, comme chef d'orchestre du Grand-Théâtre, directeur de concerts, etc. Enfin, en dernier lieu, il fut professeur d'harmonie au Conservatoire d'Anvers. W. est estimé dans son pays comme compositeur; on connaît de lui un certain nombre d'œuvres exécutées ou gravées : quatre symphonies, plusieurs cantates (De zegen der wapens, La pacification de Gand, Memling), une marche solennelle, un grand nombre de romances, etc.
Waelrant, Hubert, compositeur et théoricien belge, né à Tongerloo, dans le Brabant, vers 1517, m. à Anvers le 19 nov. 1595; élève de Willaert, à Venise, vécut plus tard (1547) à Anvers où il fonda une école de musique dans laquelle, au lieu de la solmisation par les hexacordes, il employait un système à sept syllabes ou noms de notes (Bocedisation, Voces belgicae, cf. Bobisations) : bo.. ce., di.. ga.. lo.. ma., ni., (correspondant, quant aux voyelles, avec le do., ré., mi., fa., sol., la., si., d'aujourd'hui, série dont le do et le si ont été sûrement choisis par analogie avec le système de W.). W. s'associa avec Jean Lael pour fonder une maison d'édition de musique. Ses compositions ont été éditées en partie par cette maison, en partie par Phalèse, Tylman Susato et à Venise : motets de cinq à six voix (1557), chansons et madrigaux à cinq voix (1558), Canzoni alla napoletana (trois à quatre voix, 1565) ; on trouve aussi des œuvres dispersées dans les anthologies de l'éditeur belge susnommé.
Wagenseil, 1. Johann-Christoph, né à Nuremberg le 26 nov. 1633, m. à Altdorf le 9 oct. 1708, professeur d'histoire et bibliothécaire ; au teur de : De sacri Rom. lmp. libéra civitate Norimbergensi commentatio. Accedit de Ger maniae phonascorum origine etc. (1697 ; avec une dissertation de 140 pages sur les « Maîtres chanteurs », ainsi que des mélodies de Frauenlob, Mûhlings, Murner et Regenbogen). — 2 Georg-Christopii, compositeur apprécié dans son temps, surtout pour le piano, né à Vienne en 1715, mort dans la même ville le 1er mars 1777 élève de J.-J. Fuchs, fut maître de musique de l'impératrice Marie-Thérèse et, plus tard, com positeur de la chambre et maître des princesses, avec un traitement extraordinaire, à vie, de 1500 11. On a gravé bon nombre de ses œuvres: Suavis artificiose elaboratus concentus musicus conlinens 6 parthias selectas ad clavicembalum compositas (1740), 18 Divertimenti J cembalo (op. 1 à 3), un Divertimento pour deux pianos, et deux autres pour piano, violon et violoncelle (op. 5), dix symphonies pour piano, deux violons et violoncelle (op. 4, 7, 8), six sonates de violon avec piano (op. 6) ; d'autres sont
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•estées manuscrites : trente grandes symphoîies, vingt-sept concertos avec piano, trentesix trios pour deux violons et violoncelle, des norceaux pour piano, quelques morceaux de nusique d'église, etc., ainsi que dix opéras Orfeo, Tito, Alessandro, Siroe, Olimpiade, intigono, Vinceslao, Le cacciatrici amanti, °rometeo assoluto et Uinverno [1740-62, pour tienne]), un oratorio : Gioas et une cantate : II (uadro animato.
Wagner, 1. Gotthàrd, né à Erding en 1679, mtra, en 1700, au couvent de Bénédictins du Tegernsee, où il mourut en 1739 : il a publié une série de recueils de chants religieux pour une roix, avec accompagnement instrumental : Der ^larianische Schwan ( 1710 ) ; Musikalischer Hofgarten (1717), Der musikaliscke Springirunnen (1720), et Das Marianische Immelein 1730). — 2. Georg-Gottfried, né à Mûhlberg le
avr. 1698, suivit les classes de l'école St-Thonas, à Leipzig, sous le cantorat de Kuhnau et, orsque Bach succéda à celui-ci (1722), resta en- ;ore trois ans à Leipzig pour profiter des enseignements de ce dernier. 11 devint, en 1726, canor à Plauen où il mourut en 1760. W. a com- )Osé des concertos et des soli pour violon, des mvertures, des trios, des oratorios, des cantaes, etc. qui furent fort appréciés, mais sont •estes manuscrits. — 3. Johann- Joachim, célèbre facteur d'orgues, à Berlin, au commencenent du xvme s., et dont un certain nombre l'orgues, à Berlin, existent encore. — 4. Johann ;t Michael (frères), facteurs d'orgues renomnés, à Schmiedefeld, près Henneberg, vers le nilieu du siècle dernier. Ils ont construit, entre mtres, les grandes orgues d'Arnheinvqui passent pour avoir coûté 100,000 fl. (47 jeux). — 5.
IlHRISTIAN-SALOMONet JOHANN-GOTTLOB (frères),
célèbres facteurs de pianos, à Dresde, dans le dernier quart du xvnr s. Ils ont construit plus le huit cents pianos, entre autres, en 1774, un ins- ;rument pourvu de trois pédales et qu'ils appelèrent « Clavecin royal », puis, en 1786, un piano à trois claviers. — 6. Karl-Jakob, corniste virtuose, compositeur, chef d'orchestre et théoricien, né à Darmstadt le 22 fév. 1772, m. dans la même ville le 25 nov. 1822; élève de Portmann et de l'abbé Vogler, devint, en 1790, premier cor de l'orchestre de Darmstadt, brilla somme virtuose jusqu'en 1805 et fit de nombreuses tournées de concerts. Il se voua plus tard exclusivement à la composition et à la théorie musicale, pour autant que ses fonctions de chef d'orchestre lui laissaient des loisirs, car il devint, en 1808, concertmeister et plus tard maître de chapelle de la Cour. W. a écrit, pour Darmstadt, cinq opéras (Pigmalion, Der \Zalinartz, Herodes, Nitetis, Chimene), ainsi que quelques cantates dramatiques (le monodrame Adonis, Darmstadt, 1811), et des morceaux de circonstance. On a publié de lui : deux symphonies, quatre ouvertures (Jungfrau von \Orleans, Gotz von Berlichingen, etc.); trois sojnates pour violon ; des trios pour flûte, violon et violoncelle; quarante duos pour cors; des morceaux pour flûte et violon; des séries de
variations pour piano, etc. W. a aussi réédité le Kurzer musikalischer Unterrtckt de Portmann, sous une forme plus vaste : Handbuch zum Unterricht fur die Tonhunst (1808) Ernst-David, né à Dramburg (Poméranie) le 18 févr. 1806, m. à Berlin le 4 mai 1883: fut, en 1827, organiste à Neustettin, puis ensuite encore élève de l'Institut royal de musique d'église (A.- W. Bach) et de l'Ecole de composition dépendant de l'Académie royale de Berlin (Rungenhagen). Il devint, en 1838, cantor de L'église St-Mathieu et, en 1848, organiste de celle de la Trinité, à Berlin ; de plus, il reçut, dix ans plu* tard, le titre de directeur royal de musique. Il a publié : des motets, des psaumes, des lieder,des morceaux pour piano et pour orgue, un recueil de chorals et un écrit : Die musikaliscke Ornamentik (1868); il a aussi composé un oratorio: Johannes der Tàufer. — 8. Wilhklm-Bichard, le plus grand compositeur dramatique du xix** siècle et, sans contredit, l'un des penseurs musicaux les plus énergiques et les plus profonds de tous les temps, tout en étant un poète aux conceptions géniales et grandioses, né à Leipzig le 22 mai 1813, m. à Venise le 13 févr. 1883. fut enseveli à Bayreuth, près de sa villa «Wahnfried». W. perdit son père (qui était greffier de police) à 1 âge de six mois à peine : sa mère épousa peu après, à Dresde, un acteur et poète dramatique, Ludwig Geyer, qui mourut à son tour, en 1820 déjà. W. grandit donc à Dresde où il suivit les classes de l'Ecole de la Croix, et vécut dans un milieu propice au développement de ses talents. Il ne s'occupa d'abord de musique que d'une manière superficielle, car ses goûts l'attiraient davantage vers la poésie ; longtemps il caressa le projet d'écrire une grande tragédie dans la manière de Shakespeare. Mais, lorsque sa mère se fut de nouveau fixée à Leipzig, où sa sœur Rosalie (plus tard Mme Oswald Marbach) avait été engagée au Théâtre municipal, la musique commença à jouer un rôle dans les rêves d'avenir du jeune homme. Celui-ci termina ses études secondaires au Gymnase St-Xicolas, reçut des leçons de piano de l'organiste Gottlieb Mûller et fit, tout en étant inscrit à l'Université eomme étudiant en philosophie, des études sérieuses de contrepoint, sous la direction de Weinli^. Ses premières compositions n'offrent absolument rien de particulier; toutefois elles sont intéressantes pour celui qui connaît le maître par ses dernières œuvres, à cause de certains traits individuels d'ordre mélodique et harmonique. Ce sont : une sonate pour piano (op. 1), une polonaise (op. 2), une fantaisie en fa dièse mineur (manuscrite), un quatuor pour instr. à archel et quatre ouvertures (si bémol min., ré min, ut maj. [avec fugue] et Polonia). L'esquisse d'un opéra : Die Hockzeit ne rencontra pas L'assentiment de Bosalie Wagner, en sort.- que le i«'iine frère abandonna son projel (on a conservé de cette œuvre l'introduction, un chœur el nu sextuor). En 1883, W. écrivit encore, â Wm/bourg, chez son frère Alherl (chanteurel acteur estimé, père de Johanna Jachmann-W. r. ce
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nom]), un opéra : Die Feen (texte d'après : Die Frau als Schlange, de Gozzi), qu'il présenta en vain à la direction du théâtre de Leipzig (représenté en 1888, à Munich). Enfin, en 1834, le jeune musicien entra dans la carrière pratique, comme directeur de musique au Théâtre municipal de Magdebourg; c'est alors qu'il écrivit son deuxième opéra : Das Liebesverbot (d'après « Mesure pour mesure », de Shakespeare), qui fut représenté en 1839 sans grand succès, une « Cantate de nouvelle année » et la musique pour le Berggeist, de Gleich. La troupe d'opéra ayant été dissoute au bout de peu de temps, W., qui avait épousé une actrice : Minna Planer, se mit en quête d'une nouvelle situation et accepta la place de directeur de musique au Théâtre municipal de Kônigsberg. Mais ce théâtre fut fermé déjà avant la fin de l'année, la direction ayant fait faillite.
En automne 1873 encore, W. prit la place de chef d'orchestre au théâtre qui venait de s'ouvrir à Riga, sous la direction de Holtei ; il dirigea, en outre, dans cette ville des Concerts d'abonnement dans lesquels il fit exécuter deux ouvertures (l'ouverture pour Kolumbus d'Apel, et Ride Britannia) de sa composition. En 1839, le jeune artiste, attiré parla grande capitale, partit avec sa femme pour Paris, mais en passant par Londres. Alors commencèrent pour lui des temps difficiles ; il se vit forcé, afin de gagner son pain, de fournir toutes sortes de travaux musicaux de pur métier, il fit des arrangements d'œuvres quelconques pour les éditeurs de musique, écrivit des romances dans le goût du temps, livra des articles à la presse quotidienne, etc. La réduction pour piano de la « Pieine de Chypre », d'Halévy, marqua le terme de ces besognes avilissantes. Le séjour à Paris n'en a pas moins été des plus fructueux pour W., car le musicien avait l'occasion d'étudier ainsi les excellentes productions de l'Opéra et d'entendre l'exécution la plus parfaite des œuvres de ses prédécesseurs, dans le domaine de la composition scénique. Pendant ce premier séjour de trois ans â Paris (1839- 1842), W. avait écrit, en plus des arrangements, etc., une Ouverture pour Faust, achevé Rienzi qu'il avait déjà commencé à Riga, et composé le poème et la musique du Fliegender Hollànder (« Vaisseau fantôme ») dont l'idée lui avait été suggérée par une tempête essuyée au cours de la traversée de Riga à Londres. Rienzi fut accepté à Dresde, et le Vaisseau fantôme, sur la recommandation de Meyerbeer, à Berlin ; W. marchait vers ses premiers triomphes lorsque, en avril 1842, il rentra en Allemagne. Il s'était procuré les moyens de payer son voyage en taisant la réduction pour piano déjà mentionnée et en vendant le livret du « Fliegender Hollânder » à l'Opéra de Paris : la direction de ce lln'àtre fit représenter peu après un arrangement français de l'œuvre, par Paul Foucher, avec musique de Dietsch (Le Vaisseau fantôme).
La première représentation de Cola Rienzi, der letzte der Tribunen, eut lieu à Dresde, le
20 oct. 1842. Le succès fut tel que W. se vit forcé de faire retirer la partition du Vaisseau fantôme de Berlin, où elle aurait probablement attendu longtemps encore sa première représentation ; Der fiiegende Hollànder fut représenté en premier lieu à Dresde, le 2 janv. 1843. Sur ces entrefaites, et grâce à l'intervention de son ami, le chef des chœurs Wilhelm Fleischer, W. fut nommé maître de chapelle de la Cour, en remplacement de Rastrelli qui venait de mourir. Le Fliegender Hollànder produisit une impression considérable. Tandis que Rienzi était encore fortement sous l'influence de Meyerbeer et, en général, des traditions de l'Opéra de Paris, le novateur W. surgit du Vaisseau fantôme tout armé pour la lutte. C'est de l'année 1843 que date la formation définitive de partis wagnérien et antiwagnérien. La rupture avec la forme traditionnelle parut d'une manière éclatante au grand jour : un opéra dans lequel la première cantatrice n'avait qu'un seul solo (la « Ballade ») de courte durée, donc pas un seul « air », était quelque chose d'inouï; de plus, la suppression des terminaisons usuelles des « numéros » de l'opéra devait mettre en émoi le monde musical. Quant à la parenté de l'œuvre, dans certains détails, le coloris, etc., avec « Hans Heiling » et le « Vampyre », de Marschner, elle était précisément un bon point aux yeux des amateurs de Dresde. L'idée naissante de l'unification de l'œuvre par le leitmotiv, apparaissant pour la première fois sous une forme tangible, mais sans importunité et sans complications excessives et fatiguant l'esprit (comme dans les « Nibelungen »), cette idée ne pouvait manquer son effet et, sous sa forme d'alors, ne donna naissance à aucun scrupule esthétique. Enfin, la liberté très grande de l'harmonie, l'usage un peu trop réaliste peutêtre des gammes chromatiques devaient forcément saisir l'auditeur impartial, tandis que les hommes du métier, cherchant matière à critiquer, trouvaient là-même la pierre d'achoppement désirée.
W. déploya dès ce moment une activité étonnante ; comme chef d'orchestre, il acquit bientôt une haute renommée par des exécutions magistrales d'œuvres de Gluck. Quelque grande que fut l'opposition, toujours croissante, à ses idées réformatrices, W. n'en continua pas moins à créer, sans jamais se laisser influencer. Le 19 oct. 1845, Tannhàuser, oder der Sangerkrieg auf der Wariburg, fut représenté à Dresde, pour la première fois. W. était déjà occupé alors aux poèmes de Lohengrin, des Maîtres chanteurs, voire même de V Anneau du Nibelung. Parmi les compositions de cette époque, il faut noter en outre : une cantate pour la Fête des chanteurs de Dresde, en 1843; Bas Liebesmahl der Apostel (« La Cène des apôtres », sorte d'oratorio) et la révision de 1' « Iphigénie en Aulide », de Gluck. Enregistrons également un « haut fait » que les Wagnériens aiment à rappeler : l'exécution, en 1846, de la neuvième symphonie de Beethoven, sous la direction du jeune maître. Lors de la translation à Dresde
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des restes de Weber (1844), W. avait non seulement prononcé le discours funèbre, mais composé le poème et la musique d'une Cantate funèbre. L'année 1848 entraîna aussi W. dans le mouvement d'agitation générale; le musicien présenta au ministère un Entwurf eines Nationaltheaters des Konigreichs Sachsen, mais ce projet ne rencontra guère d'écho en haut lieu et ce fut probablement l'une des causes de la participation de W. à la révolte de mai 1849 •dont la répression le força à prendre la fuite. Poursuivi, il se réfugia d'abord auprès de Liszt, à Weimar, puis se rendit à Paris où il fit un court réjour, et à Zurich où il élut domicile pour plusieurs années. Le début de son séjour en Suisse fut occupé par la rédaction de plusieurs écrits importants : Bie Kunst und die Révolution (1849) ; Bas Kunsticerk der Zukunft (1850); Kunst und Klima (1850); Oper und Brama (1851) et Eine Mittheilung an meineFreunde (essai autobiographique et autocritique, 1851). Le texte complet de l'Anneau du Nibelung parut aussi déjà en 1853.
Lohengrin, écrit en 1847, fut représenté pour la première fois le 28 août 1850, à Weimar, par les soins de Liszt qui était devenu l'ami le plus ■dévoué de Wagner et qui, par son influence, avait réussi à faire monter Tannhàuser, en 1853 déjà, sur un grand nombre de scènes allemandes. En 1855, W. fut appelé à Londres pour y diriger, pendant la season, les concerts de la « Société philharmonique ». En 1860, il se rendit à Paris et à Bruxelles, pour y faire de la propagande en faveur de ses œuvres ; il ne trouva, hélas! que des motifs de découragement: trois concerts organisés par lui, dans la «aile Ventadour, lui coûtèrent environ 10,000 francs! La représentation de Tannhàuser, en 1861, à l'Opéra de Paris, bien que donnée sur l'ordre de l'empereur lui-même, se heurta à une vive opposition d'une partie du public parisien, ■en sorte que l'auteur se vit forcé, après la troisième représentation, de retirer son œuvre. ■C'est à l'époque de ce troisième séjour à Paris {1860 à 1861) que fut écrite une nouvelle brochure : Zukunftsmusih. Entre temps, W. avait bénéficié d'une amnistie; il se dirigea donc de Paris directement vers l'Allemagne, passa à darlsruhe puis se rendit à Vienne.
Dans ces deux villes, Tristan et Yseult, qui avait été terminé en 1859, fut admis par les intendants des théâtres; c'est l'œuvre qui marque le début de la troisième période créatrice de Wagner (transformation de la mélodie en « parole chantée » [Sprechsingeri], le genre élevé de récitatif particulier à W. ; transfert à l'orchestre de la partie la plus importante du travail thématique). Dans les deux villes, cependant, l'étude de l'œuvre nouvelle fut différée. En 1862, W. séjourna à Biebrich s/Rh. où, dans la solitude, il s'occupa de la composition des Maîtres chanteurs, interrompue seulement par une tournée de concerts à Prague et à St-Petersbourg puis continuée, en 1863, à Vienne. Enfin, le maître vit subitement s'approcher l'accomplissement de ses projets les plus audacieux,
lorsque, en 1864, le roi Louis II de Bavière, qui venait de monter sur le trône, l'invita à venir à Munich et lui fit présent d'une villa, au bord du lac de Starnberg. Sur la proposition de Wragner, H. de Bûlow, son élevé, lui appelé l'année suivante à Munich, d'abo.rd connu. pianiste de la Cour puis, en 1866, comme directeur de l'Ecole royale de musique qu'on devail réformer d'après les plans du maître, el comme chef d'orchestre du Théâtre de la < îour. ( m sait que Mme de Bulow, Cosima (tille de Lis/t ,, se sépara de son mari en 1869 pour s'unir à W. (qui avait rompu son premier mariage). Tristan und lsolde fut représenté pour la première fois, le 10 juin 1865, à Munich. Peu après, à la suite d'intrigues de la Cour, W. quittait cette ville pour élire domicile à Triebschen, près de Lucerne, où il termina les Maîtres chanteurs et continua ses travaux sur les « Nibelungen ». Le 21 juin 1868, Bie Meis 1er singer von Niirnberg furent enfin représentés, à Munich, pour la première fois. Parler simplement de succès, à propos de la première représentation d'une œuvre nouvelle de W. serait, selon le cours des idées actuelles, presque une hérésie; il s'agit d'un « événement » de la plus haute importance. Il est de fait que chaque nouvelle œuvre du maître, depuis Rienzi, fut une création d'une valeur durable et, si l'on excepte Tristan que la plupart des scènes allemandes ne peuvent représenter, contribua à l'enrichissement du répertoire. Le rêve de jeunesse de Wagner, la composition de la grande tétralogie : Ber Ring des Nibelungen [« L'anneau du Nibelung »] (la trilogie : Bie Walhiire [« La Valkyrie»], Siegfried, Gotterdâmmerung [« Le crépuscule des dieux »], et le prologue : RJieingold [« L'or du Bhin »]) approchait de son accomplissement ; l'admirable mythologie du Nord reprit vie et consistance dans l'esprit du peuple. L'Or du Rhin fut représenté à Munich, pour la première fois, le 22 sept. 1869, et l'impression produite fut telle que le succès de l'immense entreprise que W. méditait depuis longtemps, paraissait désormais assuré. Il s'agissait d'organiser des représentations solennelles (Festspiele) musicales et dramatiques, représentations périodiques mais ne revenant qu'après plusieurs années d'intervalle, institution absolument nationale el destinée à mettre en lumière les chefs d'œuvre de l'art dramatique allemand. En 1871, W. alla s'établir à Bayreuth où il avait choisi un emplacement pour son théâtre national; le jour de la Pentecôte 1872 eut lieu la pose de la première pierre du « Festspielhaus », en présence d'une nombreuse assemblée d'amis (et d'ennemis) delà musique wagnérienne. Une grandiose exécution de la neuvième symphonie de Beethoven, avec un orchestre composé uniquement d'artistes (Hans Richter faisait la partie de timbales), servit de couronnement artistique à cette fête. Enfin, grâce à l'activité infatigable des associations wagnériemes. Les fonda nécessaires a l'entreprise (900,000 Mk.i furenl réunis et, du 13 au 30 août 1876, eurent Lieu, dans Le théâtre
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« provisoire »,les trois premières représentations du cycle complet : Ber Ring des Nibelungen, en présence de l'empereur Guillaume Ier, du roi Louis II et d'une élite d'artistes de toutes les nations. Des flots de brochures et d'articles de journaux, les uns pour, les autres contre l'œuvre nouvelle, parurent à la suite de ces représentations; puis cette effervescence s'est calmée, et les « Nibelungen » ont fait leur entrée successivement dans toutes les grandes villes d'Allemagne (Leipzig, Munich, Vienne, Hambourg, [Schwerin, Weimar], Cologne, Berlin) et à l'étranger. La dernière oeuvre de Wagner (dénommée par l'auteur un « Bùhnenweihfestspiel»), Farsifal, fut encore montée sous la direction du maitre lui-même et représentée, selon le programme établi, en juillet-août 1882 (première représentation : le 26 juil.); les reprises de l'œuvre préparées par lui pour l'été 1883 eurent également lieu, devant un nombreux auditoire, avec le concours des artistes choisis par le maître. Il s'est formé, dans l'été 1883, un « Allgemeiner Richard Wagner-Verein » dont le but unique est d'assurer l'avenir de Bayreuth, soit comme centre de représentations modèles des créations wagnériennes, soit comme propriétaire exclusif de Farsifal. Malheureusement les héritiers de Wagner ont perdu de vue l'idée première, bien plus large, du grand dramaturge qui ne songeait point seulement à ses propres œuvres, et Bayreuth est devenu un théâtre exclusivement voué au culte wagnérien. Le résultat inévitable de cette restriction se manifeste déjà ouvertement par une diminution de l'intérêt général porté au développement de l'entreprise.
Il faut maintenant encore compléter le catalogue des compositions de Wagner, en ajoutant aux œuvres mentionnées : Huldigungsmarsch, Kaisermarsch, FestmarscJi (1876, pour Philadelphie), Siegfried-Idylle, pour orchestre; trois Albumblàller pour piano; quelques jolis lieder, etc. Les écrits du maître ont paru en une édition complète chezE.-W. Fritzsch, à Leipzig (1871 à 1883, dix vol.; 2* éd. 1888; un supplément [1885J renferme en outre : Entwùrfe, Gedanhen, Fragmente; 3e éd. 1898); outre les écrits déjà cités, cette édition renferme encore : Bas Judenthum in der Musik (1850); Bas Wiener Hofoperntheater \1863) ; Ueber Staat und Religion (1864); Deutsche Kunst und deutscJte Politik; Erinnerung an Schnorr von Carolsfeld; Zensuren (compte rendu du « NeuesNovellenbuch » de Riehl, de « Aus dem Tonleben nnserer Zeit » de Hiller, des « Erinnerungen an Mendelssohn » de Devrient; puis des explications sur Bas JudentJium xn der Musik); (Jeber das Dirigieren (1869) ; Erinnerungen an Auber; Beethoven; Ueber die Bestimmung der Oper: Ueber Schauspieler und Scinger; Sendschreiben und kleinere Aufsàtze ; Baireuth (avec six plans du théâtre), ainsi que tous les poèmes des œuvres scéniques et des esquisses et articles pour les « Baireuther-Blàtter». Quelques-uns de ces écrits ont paru en français, entre autres dans : C. Benoit, Musi-
ciens, poètes et philosophes (1887) ; Bix écrits de R. Wagner (avec préface de H. Silèje, 1899), etc. Les poèmes scéniques ont été traduits en français, en tout ou partie, par Victor Wilder, Judith Gautier, le comte de Ghambrun, Brinn' Gaubast et E. Barthélémy, J. d'Offoël, Alfred Ernst, etc., etc. On a publié la correspondance de W. avec Liszt (1887; deux vol.); les lettres de W. à Th. Uhlig, W. Fischer et Ferd. Heine (1888); celles à Auguste Rœckel (éd. franc, par M. Kufferath, 1894) ; d'autres à Eliza Wille (éd. fr. par A. Staps, 1894) ; la correspondance avec M. et M™ Otto Wesendonck [de Zurich] (1898). La littérature wagnérienne a pris des proportions considérables, ainsi que le prouve un simple regard jeté dans les biographies écrites par les musicographes actuels. Nous nous bornerons à mentionner au premier rang les nombreux écrits détachés de Fr. Liszt (v. ce nom), Fr. Mùller (v. ce nom 11.), H. v. Wolzogen (v. ce nom), Rich. Pohl, H. Porges et F. Huefïer, les lexiques wagnériens et les catalogues de Tappert, Emmerich Kastner et Glasenapp [avec H. v.Stein], les biographies de Glasenapp (1876-1877, deux vol. ; 3e éd. entièrement revue, en cours de publication), W, Tappert (1888), R. Pohl (1883), Ad. Jullien (1886), H.-S. Chamberlain (1896), puis encore : Bie Geburt der Tragodie aus dem Geiste der Musik (1872), de Fr. Nietzsche; Le drame musical (1875, deux vol.). d'Ed. Schuré ; Le drame wagnérien, de H.-S.Chamberlain (1892); L'œuvre de W. d'Alfred Ernst (vol.I, L'œuvre poétique, 1893; vol. II> resté inachevé à la mort de l'auteur, paraîtra sous peu) ; Ueber R. Wagner s Faustouvertûre (1860), de H. v. Bùlow; Beethoven, Wagner v Liszt (1874), de Nohl; Bie Harmonik R. Wagner s (1882), deMayrberger;I?n'e/e.R. Wagner s an seine Zeitgenossen (de 1830 à 1883, pas encore complet), de E. Kastner; Katalog einer Wagner-Bibliothek (1882-1895, quatre vol.; jusqu'au numéro 10810!), de N. Oesterlein; le Wagner- Jahrbuch (1886), de Kùrschner ; etc.
Comme compositeur, W. a subi une évolulion dans laquelle nous pouvons distinguer trois phases principales : la période d'apprentissage, dans laquelle l'auteur ne révèle ni originalité positive, ni personnalité nettement accusée (jusqu'à Rienzi inclus.); la période de création libre et naïve, dans laquelle il ne se laissa influencer par aucune considération purement théorique {Le Vaisseau fantôme, Tannhàuser, Lohengrin) ; enfin, la période de réalisation logique et implacable de ses idées réformatrices (Tristan, Les Maîtres chanteurs,. L'Anneau du Nibelung, Farsifal). Il ne faudrait pas conclure de ceci que la musique de la troisième période fût inférieure à celle de la seconde; elle est au contraire, pour ce qui concerne l'intensité d'expression, la richesse harmonique, le caractère rythmique et le raffinement de l'instrumentation, infiniment supérieure aux autres , mais elle a presque entièrement perdu la faculté de produire de l'effet en dehors de la scène, en tant que musique pure. Toutefois, nous devons mettre à part certains.
WAISSEL — WALCKER
fragments isolés, véritables chefs-d'œuvre de nélodie (le« Preislied » des Maîtres chanteurs ; e « Liebeslied » de la Walkyrie). W. a du reste ibtenu toujours ce qu'il désirait : sa musique ie doit pas agir uniquement par elle-même, nais bien en communion avec le poème et la cène. Ce serait peine perdue que de tenter d'ex- )liquer à celui qui ne veut pas comprendre, oute la grandeur de cette pensée, qui dénote un omplet renoncement aux effets médiocres et aciles, en faveur de l'unité absolue de l'œuvre la fois dramatique et musicale. Reste à saoir, la question est tout autre, si la combinaion de ces facteurs est seule justifiable, si l'acumulation de raisonnements poétiques, de >ensées profondes et d'idées agissant comme le vrais ressorts de l'action n'indique pas une irédominance de la poésie aux dépens de la nusique? Et ne pourrait-on pas, avec autant le raison, opposer au « drame musical » régulant des innovations wagnériennes un opéra l'une forme plus lyrique qui permettrait à la nusique de se développer davantage dans la orme du lied, de l'air, etc.? Le temps seul peut )orter un jugement définitif; mais il l'a déjà ait prévoir, en quelque sorte, puisque les opéas de Mozart, par ex., n'ont eu à souffrir auunement de l'apparition des ouvrages de ■Vagner. Le « Barbier » de Rossini, le « Czar » t « Wildscliùtz » de Lortzing, le « Postillon » l'Adam et nombre d'autres ouvrages appartelant au genre gai sont à peine atteints par la éforme de Wagner, bien que de récentes projetions dans le domaine de l'opéra-comique trésentent des traces visibles de l'influence du aire wagnérien. Les opéras de Gluck euxiiêmes ne sont nullement en contradiction avec es tendances de Wagner, comme ce dernier e démontre du reste lui-même. Seul, le faux tathos du grand-opéra français et italien molerne a reçu le coup mortel, en vue duquel Vagner avait évidemment, préparé les armes 9S plus sûres.^ Cf. musique scénique, musique
•URE, OPÉRA, etc. — 9. JOHANNA (JaCHMANN-W.),
lièce de Richard Wagner et fille de Albert W. né à Leipzig, en 1799, chanteur scénique à lanovre, Wùrzbourg, Bernbourg, etc., puis [uelque temps régisseur d'opéra à Berlin, m. e 31 oct. 1874), remarquable cantatrice scéni- [ne et tragédienne, née dans un village, près ie Hanovre, le 13 oct. 1828, m. à Wùrzbourg e 16 oct. 1894 ; monta comme enfant déjà sur a scène, à Wùrzbourg et à Bernbourg, chanta n 1844 à Dresde (où elle a créé le rôle d'Elisabeth), fut encore, de 1846 à 1848, aux frais de intendance de Dresde, élève de Mme Viardotïarcia, à Paris, puis fut engagée en 1849 à lambourg et en 1850 à Berlin où elle a été, îsqu'en 1862, l'un des principaux membres du >ersonnel de l'Opéra de la Cour (nommée en 853 cantatrice de la chambre). En 1859, W. pousait le conseiller national Jachmann. Après 862, elle fut actrice encore pendant quelques nnées, puis elle se retira de la scène; mais lie prêta son concours, à Bayreuth, en 1872 lans la 9e symphonie) et en 1876 (dans les rô-
les de Schwerlleite et de la première Norne) De 1882 à 1884, M™* J.-W. fut engagée comme professeur de chant dramatique à L'Ecole de musique de Munich, puis elle se voua nniquement à l'enseignement privé. — in. Gkrrit- Anthonie-Alexandre, né -\ Amsterdam le 8 mars 1862, élève de H.-Fr.-R. Branàts-Baus, puis de l'Ecole de musique d'Anvers; directeur du « Antwerpsch Mannenkoor » et de la « Liedertafel » allemande, dans cette même ville. Auteur de : Babylonische Gevangenis (d'après le psaume CXXXVI, pour soli, chœur et orchestre), Lentezang (pour chœur et orchestre), etc.
Waissel (Waisselius), Matthias, joueur de luth à Francfort-s/O., né à Bartenstein, en Prusse ; auteur d'un recueil en tablature de luth : Tabidatura continens cantiones 4, 5 et 6 vocum testudini aptatas ut sunt praeambula, phantasiae, cantiones germanicae, ilalicae, gallicae et latinae, Passamesiae, Gagliardae et Choreae (1573). Un deuxième recueil : Tabulatura oder LautenbucJi aller ley kunstlicher Prœambula, ausserlesener teutscher und polnischer Taentze, Passamezen, etc. (1592), n'est probablement qu'une 2e édition du premier.
Walcker, Eberhard-Friedrich, né à Cannstadt le 3 juil. 1794, m. à Ludwigsbourg le 4 oct. 1872 ; l'un des facteurs d'orgues les plus géniaux et les plus féconds de notre siècle, élèv< de son père qui était lui-même un habile facteur d'orgues à Gannstadt, il s'établit, en 1820, à Ludwigsbourg et se distingua bientôt par différentes améliorations et par des inventions, dont plusieurs de la plus haute importance. L'établissement de W. acquit une réputation universelle. Ce fut surtout l'invention d'une disposition spéciale des tuyaux d'un même jeu sur un même couloir du sommier qui fil grande sensation (1842) et qui amena une véritable révolution dans la construction du sommier de l'instrument (v. orgue); les facteurs d'orgue se rallièrent de plus en plus à l'idée de W., de ne plus construire de sommiers à couloirs portant chacun tous les tuyaux qui répondent à une même touche. — Cinq fils de Walcker : 1 1 1 ;i n i : n 1 1 (né le 10 oct. 1828), Friedrich (né le 17 sept. 1829, m. le 6 déc. 1895), Karl (né le 6 mars 1845), Paul (né le 31 mai 1846), et Eberhard (né le 8 avr. 1850) se sont voués à la construction des orgues. Les deux aînés ont été, pendant vingt ans, les associés de leur père, le troisième entra dans la maison après la mort de ce dernier, el les deux plus jeunes sont aussi occupés actuellement dans la maison. Nous noterons seulement les plus remarquables parmi les nombreuses orgues (déjà 384 jusqu'en 1880) sorties de ces célèbres ateliers: ce sont celles de la cathédrale d'Ulm, avec cent jeux (1856); do Music hall de Boston, quatre-vingt-six jeux ( 1868) de l'église St-Paul à Francfort-s M.,soixantequinze jeux (1833); de la collégiale de Stuttgart, soixante-quatorze jeux (1889); de l'église de St- Pierre, à St-Pétersbourg, soixante-cinq jeux (1840) ; de l'église Si-< Mai. à Reval, soixante-cinq jeux (1842): de L'Eglise votive, à Vienne,
WALDERSEE — WALLNOFER
soixante- un jeux (1878); de l'église St-Pierre, à Hambourg, soixante jeux (1885); puis, jusqu'en 1880 déjà, quarante-huit autres instruments de trente à cinquante-cinq jeux.
Waldersee, Paul, comte de, né à Potsdam le S sept. 1831 ; fut officier dans l'armée prussienne de 1848 à 1871 et, depuis cette époque, se voua entièrement à la musique. Il est l'un des rédacteurs de l'édition complète des œuvres de Beethoven et de Mozart, publiées parla maison Breitkopf et Haertel ; de plus, il publie une excellente Sammlung musikalischer Vortràge.
Waldhorn (ail.), cor de chasse, cor naturel. Walker, 1. John, né à Friern-Barnet en 1732, m. à Londres en 1807; auteur d'un dictionnaire de la prononciation anglaise, fit, dans son ouvrage : The melody of speaking delineated <1787 et plus tard encore), l'ingénieux essai d'indiquer par une sorte de notation les inflexions de la voix parlée. — 2. Joseph-Kaspar, né à Dublin en nov. 1760, employé au département des finances de cette ville, m. à St- Valéry {France) le 12 avr. 1810 ; il s'était retiré à St-Valéry pour raisons de santé. W. a publié: Historical memoirs of the lrish bards... also an historical and descriptive account of the musical instruments lrish... with sélect lrish mélodies (1786).
Wallace, William-Vincent, pianiste et compositeur, né à Waterford, en Irlande, le 1er juin 1814, m. au château de Bages (Hte-Garonne) le 12 oct. 1865 ; fit son éducation à Dublin, où il entra comme violoniste à l'orchestre du théâtre et dirigea des concerts d'abonnement. Il dut entreprendre à l'âge de dix-huit ans et pour se remettre d'une grave maladie, de longs voyages; il alla d'abord en Australie, puis dans la Nouvelle-Zélande, aux Indes et parcourut les Amériques en tous sens, donnant partout des concerts avec succès. Il dirigea, en 1841, l'Opéra italien de Mexico, fit de l'Amérique une ou deux visites en Angleterre et en Belgique et revint en 1853 définitivement en Europe, où il vécut tantôt à Londres, tantôt à Paris. W. a écrit, pour Londres, des opéras : Maritana, Mathilde de Hongrie, Lurline, Tlie amber witch, Love' s triumph et The désert flower; en outre, il a publé un grand nombre de brillants morceaux pour piano.
Wallaschek, Bighard, privat-docent à l'Université de Lemberg ; a attiré sur lui l'attention du monde musical par une substantielle Aesthetik der Tonkunst (1886).
Wallenstein, Martin, pianiste et compositeur, né à Francfort-s/M. le 22 juil. 1843, m. dans la même ville le 29 nov. 1896; élève de A. Dreyschock et, à Leipzig, de Hauptmann et de Bietz, se fit connaître dans de nombreuses tournées de concerts comme un pianiste délicat et de bon goût. Il a écrit un concerto pour piano (gravé), une ouverture, un opéra : Das Testament, etc.
Wallerstein, Anton, violoniste et compositeur de danses très apprécié, né à Dresde le 28 sept. 1813, m. à Genève le 26 mars 1892; donna tout enfant déjà des concerts, devint en 1829
membre de la chapelle de la^Cour, à Dresde, vécut, de 1832 à 1841, à Hanovre. Il se retira e suite avec une petite fortune et séjourna d'ï bord à Hanovre, puis dès 1858, à Dresde. W publié environ trois cents morceaux de mus que de danse, puis quelques lieder et des vs riations pour violon et orchestre (op. 2).
Wallis, John, célèbre mathématicien anglai né à Ashford le 23 nov. 1616, professeur d mathématiques à Oxford, m. à Londres le 2 oct. 1693; auteur de : Tractatus elenchticus ac versus Marci Meibomii dialogum de propoi tionibus ( L657) ; Claudii Plolemaei liarmonict rum libri 111 (en grec, 1662; avec une disseï tation supplémentaire : De veterum harmoni ad hodiernam comparata) ; Porphirii in hat monica Ptolemaei commentarius ; Manueli Bryennii harmonica (tous reproduits dans se œuvres complètes : 1699, 3 vol.). Il a fait para: tre en outre un certain nombre de travaux su l'acoustique, dans les « Philosophical Transa( tions » (1672-1698).
Walliser, Christoph- Thomas, né à Stra bourg en 1568, membre de la direction de l'écoh vicaire et directeur de musique de la cathédral de l'église St-Thomas et de l'Université d Strasbourg, ni. le 26 avr. 1648 ; a publié Chorus nubium ex Aristophanis comoedia a aequales composilus et Chori musici novi Eli dramaii sacro-tragico accommodati (1613' des chœurs de quatre à six voix pour la trag comédie : Charikles (1641, pour les étudiants) Catecheticae cantiones odaeque spiritualei hymni et cantica et madrigalia (1611); Sacra modulationes in festum nativitatis Christi, cinq voix (1613) ; Ecclesiodiae, d. i. Kirchengt sànge oder Psalmen Davids, nicht allein un voce, sondern auch mit Instrumenten von 4- Stimmen (1614) ; Ecclesiodiae novae, de quatï à sept voix (1625) ; Herrn Wilhelm Saluste von Bartas Triumph des Glaubens (1627 ainsi que d'un ouvrage théorique : Musicae /
guralis praecepta brevia accessit centuri
exemplorum fugarumque, ut vocant, 2-6 V( cum, etc. (1611).
Wallner, Leopold, né à Kiew (Bussie) le 2 nov. 1847 ; vit depuis 1866 à Bruxelles, où s'est fait estimer comme maître de musique « comme écrivain. Il a écrit : De la Malhês dans la musique (1891).
Wallnôfer, Adolf, né à Vienne le 26 av 1854 ; élève de Waldmùller, Krenn et O. Des soff, pour la composition, et de Bokitansk} pour le chant, possédait d'abord une voix baryton grave, peu puissante, mais d'un timbr sympathique. Il se voua, à Vienne, à la carrièi du concert ; mais, en 1880, sa voix se change en un véritable ténor. W. fut alors engagé a: théâtre municipal d'Olmùtz ; il entra en 188 dans la troupe wagnérienne itinérante de Neu mann et passa de là au Théâtre municipal d Brème. W. s'est fait connaître aussi comme es cellent compositeur de lieder (lieder et ballade* dont un choix a été publié, entre autres, sou le titre de : Wallnôfer- Album) ; il a écrit, en ou tre, deux œuvres chorales avec orchestre : Di
WALMISLEY — WALTER
\\}renzen der Menschheit, et Der Blumen Rahe, ainsi qu'un opéra: Eddyslone (Prague, 389).
Walmisley, 1. Thomas-Forbes, né Londres in 1783, m. dans la même ville le 23 juil. 1866 ; lève de Attwood, devint en 1810 organiste à St-Martin in the Fields », et fut un composiîur de glees habile et estimé. Son fils — 2. Tho- ;as-Attwood W., né à Londres le 21 janv. 1814, m. à Hastings le 17 janv. 1856; élève de on parrain Attwood (dont il prit le nom prore comme nom de baptême), excellent orgaiste et musicien, fut nommé en 1830 organiste l Croydon. Il fit également de sérieuses études iiusicales et scientifiques à Cambridge, où il emplit les fonctions d'organiste dans quatre glises à la fois (en partie comme suppléant). Cn 1836, W. fut nommé professeur de musique Cambridge ; il prit, en 1838, le grade de bacheier, en 1841 celui de magister et, en 1848, celui le docteur en musique. W. a écrit surtout de la nusique d'église (éditée en 1857 par son père), t des œuvres de circonstance (odes d'installaions, etc.); mais il a aussi écrit de la musique ocale profane et il a publié des morceaux de nusique d'église de son maître Attwood (anhems, services, etc.). Ses conférences sur Fhisoire de la musique, avec« illustrations » au pia- 10, ont joui d'une grande renommée.
Walsh, John, remarquable éditeur de musique anglais et l'un des premiers qui imprimé- •ent des partitions gravées sur planches d'étain pewter). Il reçut son privilège en 1724, l'année Même où il publia les anthems de Croft, et nourut en 1766. Vers 1730, W. introduisit l'usage des poinçons pour la frappe des notes, etc., andis qu'auparavant la gravure des notes sur îtain se faisait à la main, au burin (comme la
gravure sur cuivre).
Walter, 1. Ignaz, célèbre ténor et compositeur de vaudevilles, né à Radowitz (Bohême) en 1759, m. à Ratisbonne vers 1830; élève du maître de chapelle Starzer, à Vienne, il chanta à Prague (1783), Mayence (1789) et, dans la troupe Grossmann (1793), à Halle et à Brème. Après
la mort de Grossmann, W. prit lui-même la direction de la troupe avec laquelle il donna des représentations à Francfort-s/M. et à Ratisbonne. W. a écrit une douzaine d'opérettes, pour sa troupe ( Der ausgeprùgelte Teufel,
\25.000 Gulden, Die base Frau, Doktor Faust, etc.), ainsi qu'un certain nombre de Messes,
|une cantate de couronnement pour l'empereur Léopold (1791), un quatuor pour harpe, flûte, violon et violoncelle, etc. Sa femme, Juliane (née Roberts), était une cantatrice distinguée.
!— 2. Georg- Anton, violoniste d'origine allemande, mais élève de R. Kreutzer, à Paris (1785) ,• devint, en 1792, chef d'orchestre d'opéra à Rouen. Il a publié des quatuors pourinstr. à archet, des trios pour deux violons et basse et six sonates pour violon avec basse. — 3. Albert, clarinettiste, né à Coblence, remplit, à partir de 1795, différents emplois à Paris. Il a fait paraître : un morceau pour deux clarinettes, six quatuors pour clarinette et trois instr.
a archet, des variations pour deux clarinettes, ainsi que des morceaux divers pour clarinette, flûte, etc. — 4. August, compositeur, né à Stuttgart en 1821, m. à Bàle le 22 janv. 1896; fut d'abord apprenti confiseur, puis il devint élève de Sechter, à Vienne, et fut, à partir de 1846, directeur de musique à Bâle. W. a composé des lieder, des chœurs pour voix d'hommes, trois quatuors pour instr. à archet, un octette pour instr. à vent, une symphonie, etc. Sa femme (Mm° W.-Strauss) fut une cantatrice de concerts très estimée. — 5. William-Henry, né à Newark (New Jersey) le l«joil. 1825; était, déjà comme petit garçon, organiste à Newark. Il arriva, en 1842, à New- York et y devint organiste à l'église de l'Epiphanie, d'où il passa successivement à l'orgue de quatre autres églises. En dernier lieu (1856), il devint organiste au « Columbia Collège », qui lui conféra, en 1864, le titre de DT mus. hon. c. W. a écrit une quantité de musique d'église (Messes,psauines, Common-Prayer voith ritual Song, anthems, services, etc.). Son fils, George-William, né à New-York le 16 déc. 1851, fut un enfant prodige, puis travailla sous la direction de J.-K. Paine, à Roston, et de S.-P. Warren, à New- York. Il fut nommé, en 1882, docteur en musique par la « Columbia University » de Washington, où il vit depuis 1869. W. est aussi un excellent, organiste. — 6. Joseph, violoniste, né à Neubourg-s/Danube le 30 déc. 1833, m. à Munich le 15 juil. 1875; élève du Conservatoire de Munich et, pendant quelque temps, de de Rériot, à Rruxelles. W. fut membre de l'orchestre de la Cour, à Vienne (1851), puis à Hanovre (1853), et devint en 1859 concertmeister et maître de violon au Conservatoire de Munich. — 7. Renno, frère cadet du précédent, violoniste également, né à Munich le 17 juin 1847; élève du Conservatoire de Munich, fait partie depuis 1863 de la chapelle de la Cour et succéda, en 1875, à son frère, comme concertmeister et maître au Conservatoire. W. s'est fait entendre avec succès dans l'Allemagne du Sud, en Autriche, en Suisse et en Amérique; il jouit de la considération générale soit comme chef de pupitre, soit comme violoniste de quatuor. — 8. Gustav, excellent chanteur (ténor), né à Rilin (Bohème) le 11 fév. 1836 ; il était déjà employé d'une fabrique de sucre à Bilin, lorsque sa voix fut découverte (1853). Après avoir fait son éducation au Conservatoire de Prague, il accepta un premier engagement à Brûnn, puis passa, en 1856, à l'Opéra de la Cour, à Vienne , où il jouissait d'une haute considération comme premier ténor lyrique et comme chanteur de concert. Il a pris sa retraite en 1887. W. était surtout un véritable interprète de lieder. — 9. Karl, né a Kransberg (Taunus) le 27 oct. 1862; il suivit les classes du gymnase réal supérieur, à Limbourg puis, de 1880 à 1882, celles du séminaire d'instituteurs de Montabaur. Il lut, dans ce dernier, l'élève de K.-S. Meister el de P. Schmetz, pour la musique. De 1882 à 188*'., W . fut instituteur à Pfaffenwieabach h jusque* 1887 à Friedrichsthal. En 1888, il acheva ses
WALTER ODINGTON — WALTHER
études à l'Ecole de musique d'église de Ratisbonne, puis devint instituteur, organiste et chef de chœur, à Biebrich-s/Rh. Enfin, en 1893, il trouva une place plus en rapport avec ses aptitudes, en qualité de maître de musique au séminaire de Montabaur. W. a écrit un grand nombre de morceaux pour orgue, entre autres une triple fugue (couronnée), divers motets de trois à six voix. W. possède en outre de riches documents sur l'histoire de la musique, documents tirés des bibliothèques les plus diverses. W. est un collaborateur assidu de la « Musica sacra » de Haberl, et du « Kirchenmusikalisches Jahrbuch » ; il a aussi fourni à diverses reprises des contributions aux « Monatshefte fur Musikgeschichte ».
Walter Odington, v. Odington.
Walther, 1. Johann, l'ami de Luther et l'un des premiers compositeurs de musique d'église protestante, né dans un village près de Cola (?, peut-être Gotha), en Thuringe, en 1496, m. à Torgau en 1570; avait été nommé, en 1524, chantre du chœur du Château et, en 1525, maître de chapelle (maître des chanteurs) du prince électeur de Saxe, à Torgau. Lorsqu'en 1530 cette chapelle fut dissoute, pour des raisons financières, les chanteurs congédiés formèrent une « Association chorale » (pour la musique d'église), société que W. continua à diriger. Le prince électeur accorda, sur l'intervention de Luther, une faible subvention à cette chapelle et W. reçut en outre un poste à l'école municipale. En 1548, W. fut appelé à Dresde, pour y organiser et y diriger la Chapelle de chantres décrétée par le nouveau prince, Maurice de Saxe ; W. resta dans cette ville jusqu'en 1565, puis il retourna à Torgau, avec une pension. Luther avait appelé le musicien, en 1524, à Wittenberg, pour qu'il y travaillât avec lui à la rédaction de la Messe allemande. W. a publié : Geystlich Gesangh-Buchleyn (1524, 1525, et dès lors souvent ; le plus ancien recueil de chants protestants, à quatre voix; réédité récemment, par O. Kade) ; Cantio septem vocum in laudem Dei omnipotentis et Evangelii ejus (1544) ; Magnificat 8 ionorum (1557) ; Ein nevoes chrisliches Lied (1561) ; Ein gar schoner geistlicher und chrisllicher Berghreyen (1561) ; Lob und Preis der himmlischen Kunst Musiha (1564) ; et Bas christlich Kinderlied DT Martin Imthers « Erhalte uns Herr bei Deinern Wort »
mit etlichen lateinischen und deutschen
Sàngen gemehret, etc. (1566). La plupart des recueils de Georg Rhaw, ainsi que la collection de motets de Forster (1540), et les psaumes de Montan-Neuber (1538), contiennent des morceaux de W. — 2. Johann-Jakob, né à Witterda, près Erfurt, en 1650, musicien de la chambre du prince électeur de Saxe (1676), et plus tard (1688) secrétaire italien (probablement pour la correspondance avec Rome) à la Cour électorale de Mayence; auteur de : Scherzi di violino solo avec continuo et avec viole ou luth, ad libitum (1676) ; Hortulus chelicus, uno violino, duobus, tribus et quoAuor subinde d tordis simul sonantibus harmonice modulanti
(1688), ouvrage excessivement curieux dont le dernier (28') numéro est intitulé : Serenate a un coro di violini, organo tremolante, chitarino, piva, due tromboni et timpani, lira tedesca, ed arpa smorzata per un violino solo. W. devait sûrement passer à son époque, pour un sor cier, s'il arrivait à rendre tout cela sur le violon î — 3. Johann-Gottfried, lexicographe musical et excellent contrapuntiste, né à Erfurt le 18 sept. 1684, m. à Weimar le 23 mars 1748; élève de Jakob Adlung, Joh.-Bernh. Bach et Kretschmar, à Erfurt, fut nommé, en 1702, or ganiste de l'église St-Thomas, dans cette der nière ville, puis, en 1707, organiste de la ville de Weimar. Il devint en même temps maître de musique des jeunes ducs et, en 1720, musicien de la Cour. W. était un proche parent de J.-S. Bach, avec lequel il fut fort lié (Bach fut parrain du fils aîné de W.), pendant le séjour de ce dernier à Weimar (1708 à 1714, comme violoniste de la chambre). Plus tard, leur amitié paraît s'être fortement refroidie, car l'article « Bach » est assez brièvement conçu dans le dictionnaire de Walther. Mattheson faisait fort grand cas de W.,il l'appelle « der zweite Pach elbel, wo nicht an der Kunst den ersten », (cà-d. le deuxième Pachelbel, si ce n'est le pre mier quant à l'art). Il est évident que Bach a beaucoup profité de la fréquentation de W.r celui-ci était surtout un maître en l'art de trans crire et de varier les chorals à l'orgue, et il n'a été dépassé en ceci que par Bach lui-même Parmi les compositions de W., on a publié: un concerto pour clavecin, sans accompagnement (1741) ; prélude et fugue (1741) ; et quatre choirais variés (Jesu meine Freude, Meinen Jesum lass ich nicht, Allein Gott in der Hoh' sei Ehr\ et Wie soll ich Dich empfangen). En outre, on a conservé les manuscrits (à la Bibliothèque de Berlin et dans des collections particulières) d'un grand nombre de transcriptions de chorals, de fugues, préludes, toccatas, etc. C'est aussi W. qui est l'auteur du prélude du choral: Gott der Vater wohn' uns bei, paru sous le nom de Bach, dans l'édition Peters (VI, n° 24). Mattheson affirme que W. a arrangé cent dixneuf chorals, dans le style de Pachelbel, et préparé de grands recueils de transcriptions de chorals par d'autres maîtres; cinq recueils ont été conservés en autographes (Bach n'y est que médiocrement représenté). Mais l'œuvre la pluscélèbre de W. est son Musikalisches Lexikon oder Musikalische Bibliothek (1732), la première encyclopédie biographique, bibliographique et technologique de la musique, encyclopédie sur laquelle tous ses successeurs ont basé leurs travaux. La première esquisse de cet ouvrage (soixante-quatre pages seulement), avait déjà paru en 1778, sous le titre : Alte und Neue musikalische Bibliothek oder musikali sel tes Lexikon. Les rectifications et additions recueillies dans la suite par Walther, pour servir à une seconde édition, ont été employées par Gerber, dans la rédaction de son dictionnaire. Le fils de W. — 4. Johann-Christoph, né à Weimar le 8juil. 1715, m. dans la même ville le 25 août 1771,
WAMBAGH — WARNOTS
ut, de 1751 à 1770, directeur de musique et oraniste de la cathédrale d'Ulm. Tl était excelent pianiste et organiste, et a publié, en 1766, rois sonates pour piano. — 5. Johann-Ludolf, tibliothécaire à Gcettingue, m. le 21 mars 1752; l publié : Lexicon diplomaticum, l'un des plus inciens essais de paléographie, avec des transcriptions de la notation neumatique, qui, pour a plupart, sont en parfaite concordance avec •elles que l'on a tentées de nos jours. — 5. J...- L..j docteur en philosophie et en médecine, à 3ayreuth, a publié : Die Elemente der Tonmnst als Wissenschaft (1826), ainsi que : Erciuterungen einiger der verwickelùsten Ausoeichungen nach dem Dominanteqesetz- etc. 1826).
Wambach, Emile-Xavier, compositeur et ioloniste flamand, né à Arlon (Luxembourg) e 26 nov. 1854; élève de son père qui était bassoniste à Anvers, puis de Colyns, au Conservaoire de Bruxelles, et de Benoît, Mertens et Galaerts à celui d'Anvers, est l'un des compositeurs es plus en vue de la jeune école flamande qui se réclame de l'Allemagne. Il s'est fait connaîre, jusqu'à présent, par un poème symphonijue : Aan de boorden van de Schelde ; plusieurs antaisies pour orchestre; des œuvres chômes : Vlaanderland (chœur d'hommes et orchesre), De lente (« Le printemps », pour voix de èmmes et orchestre), Memorare ; un hymne : Sacris solemnis ; une cantate pour l'anniversaire de Rubens ; une cantate pour voix d'enants (avec orchestre); un drame flamand avec musique; deux oratorios {Mozes op den Nyl, Yolande) ; Nalhans Parabel ; un grand nombre de morceaux de musique d'église ; une Messe ; an Te Deum; beaucoup de chœurs; des lieder et des morceaux de piano, etc.
Wangemann, Otto, organiste et musicographe, né à Loitz, sur la Peene, le 9 janv. 1848; fils d'un organiste, travailla dans des ateliers de construction d'orgues àStettin et à Stralsund, puis devint l'élève de G. Flugel, à Stettin, et de Fr. Kiel, à Berlin. Il fut nommé, en 1871, organiste et maître de chant au gymnase de Treptow, puis, à partir de 1878, remplit les mêmes fonctions à Demmin. W. a fait paraître plusieurs ouvrages : Geschichte der Orgel (1879) ; Geschichte des Oratoriums (1880); Leilfaden fur den Singunterricht an Gymnasien ; puis des chants d'école, une Weihnachtsmusik pour soli, chœur et orchestre, ainsi que des morceaux pour piano, etc. En 1879, il dirigeait un journal : Der Organist, mais reprit en 1880, après la mort de A. Hahn, la rédaction de la Tonkunst.
Wanhal (van Hal), Johann-Baptist, compositeur tchèque, né à Neu-Nechanitz le 12 mai 1739, m. à Vienne le 26 août 1813; fils d'un paysan, il fut entièrement autodidacte, puis une comtesse Schaffgotsch l'emmena avec elle à Venise et l'introduisit, comme maître de musique, dans les meilleures familles. Plus tard, W. s'établit de nouveau à Vienne, d'où il revint cependant faire des séjours en Italie. Il souffrit de troubles cérébraux pendant plusieurs an-
nées, mais il se rétablit. W. était très fécond et fut fêté en son temps, jusqu'au jour où des génies, s'imposant à l'attention de la foule, firent pâlir sa renommée (Haydn, Mozart, BeethoN m . W. a publié : douze symphonies pour quatuor d'instr. à archet, deux hautbois et deux cors ; douze quatuors pour instr.à archet; douze trios pour deux violons et violoncelle; des duos p<mr violons; des quatuors (Concerti) pour piano, deux violons et violoncelle; d'autres pour piano, flûte, violon et violoncelle; d'autres encore pour piano, violon, alto et violoncelle; des trios pour piano, violon et violoncelle : cinq sonates pour piano à quatre mains et quatre pour piano à deux mains; six sonates pour violon avec piano; un grand nombre de variations, de fantaisies, de danses et d'autres morceaux pour piano; des fugues, préludes, etc., pour orgue : deux Messes avec orchestre. D'autres œuvres sont restées manuscrites : quatre-vingt-huit symphonies, quatre-vingt-quatorze quatuors pour instr. à archet, vingt-trois Messes, etc.
Wanski, Johann-Nepomuk, violoniste et compositeur, fils de Johann W., à Posen, lequel se rendit populaire comme compositeur de romances polonaises et de mazourkas, mais a du reste aussi écrit des symphonies, des Messes et de la musique de chambre, et mourut dans les premières années de notre siècle. W. naquit peu de jours avant la mort de son père et fit son éducation à Kalisch et à Varsovie ; il voyagea ensuite, pendant longtemps, comme virtuose, et reçut encore quelque temps l'enseignement de Baillot, à Paris. Au cours de l'un de ses nombreux voyages (France, Espagne, Italie, Suisse, etc.), il tomba gravement malade à St-Gall ; sur le conseil de ses médecins, il s'établit à Aix-en-Provence, abandonnant les voyages et se vouant exclusivement à l'enseignement. W. a composé une grande et une petite méthode de violon, une méthode d'alto, un traité d'harmonie, la Gymnastique des doigts et de l'archet, beaucoup d'études, de variations, de fugues, de caprices, un concerti no, des fantaisies, des romances, etc., pour violon.
Waring, William, maître de musique à Londres, a pu]3lié en 1770 : A complète dictionary of music ( anonyme ), qui n'est autre chose qu'une traduction du « Dictionnaire de musique » de Bousseau; la seconde édition (sans date), porte du reste la mention : «Translatai from the original french of Monsr J.-J. Rousseau, by William W. »
Wariamoff, Alexander-Jegorovitch, né en 1801, m. à Moscou en 1851; auteur de romances et de duos qui jouissent d'une grande popularité.
Warnots, Henri, né à Bruxelles le 11 juil. 1832, m. à St-Josse-ten-Noode, près Unix. 'Iles. le 27 févr. 1893 ; élève de son père et du Conservatoire de Bruxelles (1849). débuta, en L856, comme chanteur scénique (ténor léger), à Liège et fut engagé ensuite à Paris (Opéra-Comique), à Strasbourg (où il fit représenter, en 1865, une opérette de sa composition : Une heure de mariage) et à Bruxelles (1867). Mais, en idffi