‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 60 sur 542 · BRAHMS · texte numérisé non relu

BRAHMS

musicale à Edouard Marxsen. La chaude recommandation de Schumann, dans la Neue Zeitschrift fur Musik du 23 oct. 1853, attira l'attention des musiciens, du public et des éditeurs sur le jeune homme qui, dans la suite, parcourut lentement mais sûrement le chemin qui conduit à une gloire artistique durable. Après une activité de plusieurs années comme chef d'orchestre à la cour du prince de Lippe, à Detmold, B. se retira dans sa ville natale, s'adonnant avec zèle à l'étude des maîtres anciens et complétant sérieusement sa culture générale. Il se rendit ensuite, en 1862, à Vienne qui devint sa seconde patrie, car, s'il est vrai qu'il quitta cette ville en 1864 déjà, après y avoir dirigé pendant une année seulement la « Singakademie », il est certain d'autre part qu'il ne se trouva jamais bien ailleurs (Hambourg, Zurich, Baden-Baden, etc.). Il revint aux bords du Danube en 1869 et conduisit (1871 à 1874) les concerts de la Société des amis de la musique (« Gesellschaftskonzerte ») jusqu'au moment où Herbeck, qui avait entre temps donné sa démission de chef d'orchestre de la cour, les reprit; le jeune maître quitta de nouveau Vienne, pour aller habiter non loin de Heidelberg, mais y rentra définitivement vers 1878. B. reçut de l'Université de Cambridge (1877) et de celle de Breslau (1881) le titre de I)r phil. lion. c. ; le gouvernement prussien le nomma en 1886 chevalier (pourvu du droit de vote) de l'ordre « pour le mérite » et membre de l'Académie des Beaux-Arts de Berlin, enfin sa ville natale lui offrit en 1889 la bourgeoisie d'honneur.

C'est le sentiment profond et sincère, se manifestant toujours sous la forme la plus choisie de l'expression, qui classe B. au rang des artistes immortalisés par leurs œuvres. Toutes ses compositions (à l'exception de quelques-unes seulement, dans lesquelles l'emphase et la rudesse exagérée trahissent un talent encore en formation) gagnent à être connues de près et étudiées à fond. Les harmonies en sont riches et nouvelles, ce qui est un obstacle sans doute à la compréhension immédiate des diverses œnvres, mais leur assure du moins un intérêt durable; la rythmique de B. peut être considérée à juste titre comme la continuation directe de celle de Beethoven, pour autant qu'elle s'éloigne de la manière de Schumann (rythme marqué, maintenu pendant toute la durée d'un morceau qui, naturellement, ne peut être que de dimensions restreintes) et recherche de nouveau la variété organique et le raffinement de figuration dans le travail thématique. La syncope dont l'emploi, chez B., était au début quelque peu exagéré, semble se retirer de plus en plus dans les parties secondaires d'accompagnement. C'est de main de maître que B. peint ou mieux crée un état d'àme, et sa riche palette possède plus qu'aucune autre, non seulement les teintes sombres qui sont la caractéristique du grand art «le notre époque, mais aussi les teintes doucement harmonieuses, reflets d'une clarté surnaturelle qui pénètre l'âme jusqu'en

ses plus intimes profondeurs et la remplit à la fois de paix et d'adoration.

Grâce à la recommandation de Schumann, B. fut immédiatement remarqué, mais le grand public ne commença à comprendre son impor tance que lors de l'exécution, en 1868, de son « Requiem allemand » (op. 45). Cette œuvre à la1 fois grandiose et charmante fut une véritable révélation pour tous ceux qui jusqu'alors avaient considéré B. comme un simple chercheur raffiné et subtil. A partir de ce moment, chaque œuvre du maître a été attendue avec intérêt et accueillie avec une joie toujours crois santé. En France et en Belgique B. n'est pas encore connu comme il devrait l'être, cepen dant, grâce aux efforts persévérants de quel ques critiques en vue (H. Imbert et d'autres) les chefs d'orchestre et les virtuoses ont com| mencé ces dernières années à révéler au publi les œuvres les plus remarquables du maître Nous donnerons ici une liste complète des œu vres de B. publiées jusqu'à ce jour (1895), ei laissant naturellement de côté les nombreu arrangements :

A. Orchestre : 2 Sérénades (op. 11, rê maj pour grand orch. ; op. 16, la maj., pour pet: orch.) ; 4 symphonies (op. 68, ut min. ; op. 73, r maj. ; op. 90, fa maj. ; op. 98, mi min.) ; varif] fions sur un thème de Haydn (op. 56) ; Ouvei\ ture de Fête académique (op. 80, écrite en m nière de remerciements à l'Université de Bre lau, pour sa nomination de Dr phil. non. c. Ouverture tragique (op. 81). — B. Concertos 2 concertos de piano (op. 15, ré min. ; op. 83 bémol maj.) ; un concerto de violon (op. 77, maj.) ; un double-concerto pour violon et vi loncelle (op. 102, la min.). — C. Chant et o chestre : Ave Maria pour voix de femmes orchestre ou orgue (op. 12) ; Begràbnissgcsaï pour voix d'hommes et instr. à vent (op. 15 Ein deutsches Requiem pour soli, chœurs orchestre (op. 45) : Triumphlied, pour chœui 8 voix et orchestre (op. 55) ; Schicksalslied, po chœur et orchestre (op. 54) ; Gesang der Pc zen, pour chœur à 6 voix et orchestre (op. 8' Rinaldo, pour chœur d'hommes, ténor solo orchestre (op. 50) ; Rhapsodie, pour alto se chœur d'hommes et orchestre (op. 53); Naer> pour chœur et orchestre (op. 82) ; Das Lied V( Herrn von Falkenstein, pour chœur d'homn et orchestre (op. 43, iv). — D. Musique de chv bre : deux sextuors pour instr. à archet (op si bémol maj. ; op. 36, sol maj.) ; deux quintet id. (op. 88, fa maj. ; op. 111, sol maj.) ; un qr tette pour instr. à archet et clarinette (op. 1] trois quatuors pour instr. à archet (op. 51 min. et la min. ; op. 67, si bémol maj.); un qi tette avec piano (op. 34, fa min.) ; trois quatu avec piano (op. 25, sol min.; op. 26, la maj. ; .60, ut min.) ; quatre trios avec piano (op. S maj. [entièrement refondu en 1891] ; op. 40. bémol maj. [avec cor ou violoncelle ad li op. 87, ut maj. ; op, 101, ut min.) ; un trio p piano, clarinette et violoncelle (op. 114) ; 2 nates pour violoncelle (op. 38, mi min. ; op fa maj.); 3 sonates pour violon (op. 18, sol n

BRAMBACH — BRANDES

op. 100, la maj. ; op. 108, ré min.) ; 2 sonates pour clarinette (op. 120, fa min. et mi bémol maj.). — E. Piano : a.) à quatre mains : variations sur un thème de Schumann (op. 23) ; Valses (op. 39) ; Danses hongroises (quatre cahiers) ; * ) à deux mains : trois sonates (op. 1, ut maj. ; op. 2, fa dièze min. ; op. 5, fa min.) ; quatre balades (op. 10); Scherzo (op. 4) ; deux Rhapsodies op. 79) ; pièces pour piano (Capricci et Internez zi, op. 76) : fantaisies (deux cahiers , op. 116) ; Intermezzi (op. 117) ; six pièces pour uano (op. 118), quatre id. (op. 119); des variaions (op. 9 [thème de Schumann], op. 21, op. 24 thème de Haendel], op. 35 [études sur un hème de Paganinij) et des études (sur une tude de Chopin, le Perpetuum mobile de Veber, un Presto de Bach [deux fois], la Chaonne en ré min. de Bach [pour la main gauhe seule) et 5 exercices. — F. Œuvres ghoales: a. religieuses : Geistliches Lied (op. !0, avec orgue) ; Der 23. Psalm (op. 27, pour oix de femmes et orgue); Marienlieder (op. 2); deux motets (op. 29, à cinq voix); deux îotets (op. 74, à quatre voix); trois chœurs our voix de femmes (op. 37) ; trois motets (op. 10, à quatre et à huit voix); b. profanes : op. 31 rois quatuors avec piano) ; op. 42 (trois chœurs six voix) ; op. 62 (sept lieder) ; op. 64 (trois uatuors avec piano) ; op. 92 (quatre quatuors vec piano) ; op. 93 a (six lieder et romances à uatrevoix); op. 93 b (laffellied, à six voix); iebesliederwalzer (op. 52 et 65, avec ace. de iano à quatre mains) ; Zigeuner lieder (op. 103 112, à quatre voix avec piano); op. 105 (a vppella pour chœur mixte) ; op. 17 (quatre lants pour voix de femmes, deux cors et irpe) ; op. 44 (douze lieder et romances pour »ix de femmes et piano ad lib.) ; op. 41 (cinq der pour voix d'hommes) ; Deutsche Fest-und '■I edenkspruche (op. 109, pour double chœur). — »' Duos : op. 20 (trois, pour soprano et alto), 11 ». 28 (quatre, pour alto et baryton), op. 61 ij iiatre, pour soprano et alto), op. 66 (cinq, pour ■î prano et alto), op. 75 {Ballades et romances). H. Lieder : op. 3, 6, 7, 14, 19, 32, 33 (Magellenromanzen), 43, 46, 47, 48, 49, 57, 58,' 59, ' I , 69, 70, 71, 72, 84, 85, 86, 91 (avec viola alta), ï« , 95, 96, 97, 105, 106, 107, 108, 109, des Volksmaderlieder (avec piano) et Mondnacht. — ui«|Orgue : prélude et fugue en la min., fugue en Efll bémol min.

EL Deiters a publié en 1880 une intéressante

actéristique de Brahms ; cf. aussi B. Vo-

Johannes Brahms ; L. Kôhler, Johannes

ahms et les études de H. Imbert et Léonce

snard (Essais de critique musicale III, 1892).

3rambach. 1. K. Joseph, né à Bonn le 14juil.

|3, élève du Conservatoire de Cologne (1851 à

>4), obtint le prix de la fondation Mozart de

incfort et devint alors l'élève particulier de

rd. Hiller, à Cologne. Il fut de 1858 à 1861,

ître au Conservatoire de Cologne, puis à

trio! 'tir de 1861 directeur de musique de la ville

Bonn; en 1869, il abandonna ses fonctions

ie voua dès lors exclusivement à l'enseigne-

<*' it et à la composition. B. s'est fait connaître

surtout par de grandes œuvres chorales : Trost in Tônen, Bas eleusische Fest (avec solosj, Frûhlingshymnus , Morgensehnsucht , pour chœur mixte et. orchestre ; Die Macht des Gesangs, Velleda, Alcestis, Prometheus (couronné en 1880 par la société des ■Chanteurs du Rhin), Columbus (1886) et Loreley (alto solo) pour chœur d'hommes et orchestre. Il a publié en outre un certain nombre d'oeuvres chorales de moindres dimensions : Germanischer Siegesgesang, Das Lied vom Rhein, etc, des lieder avec piano, des duos, un quintette pour instr. à archet, un sextuor avec piano, deux quatuors avec piano, un concerto de piano, une ouverture de concert (Tasso), etc. — 2. Wilhelm, philologue de mérite, né à Bonn le 17 déc. 1841 ; fut nommé en 1866 professeur extraordinaire et, en 1868, professeur ordinaire de philologie à l'Université de Fribourg en Brisgau. Il est depuis 1872, bibliothécaire en' chef de la « Hofund Landesbibliothek » de Carlsruhe. En plus de ses travaux philologiques, B. a publié de précieuses monographies musicales : Das Tonsystem und die Tonarlen des christlichen Abendlandes im Mittelalter, etc. (1881), Die Musiklilteratur des Mittelalters bis zur Blute der Reichenauer Sàngerschule (1883), Hermanni Contracti musica (1884), Die Reichenauer Sàngerschule (1888).

Brambilla. 1. Paolo, né à Milan en 1786, fit représenter quatre opéras-comiques, de 1816 à 1819, à Milan et à Turin et neuf ballets, de 1819 à 1833, à Milan. — 2. Marietta, née à Cassano d'Adda en 1807, m. à Milan le 6 nov. 1875; élève du Conservatoire de sa ville natale, débuta à Londres, en 1827, dans le rôle d'Arsaces de la « Sémiramide » de Rossini. Elle remporta un grand succès et fut pendant nombre d'années l'une des étoiles des théâtres de Londres, Vienne et Paris. B. fut à la fin de sa carrière l'un des professeurs de chant les plus recherchés de Milan ; elle a publié des vocalises, des mélodies, etc.

Brancaccio. Antonio, né àNaples en 1813, m. dans la même ville le 12 févr. 1846 ; élève du Conservatoire de Naples, c'est en cette ville qu'il débuta comme compositeur scénique, avec J Panduri (1843), suivis bientôt de: Il morto ed il vivo ; L'assedio di Constantina ; Il puntiglione ; Lincognita (Doppo 15 anni) ; Un matrimonio in accademia ; La lotta di duje vastase, etc. Trois opéras posthumes sont encore connus, dont l'un, Lilla, fut donné à Venise, en 1848.

Brandeis, Friedrich, pianiste et compositeur, né à Vienne en 1832 ; élève de Fischhof et Czerny pour le piano, et de Rufinatscha pour la composition. Il se rendit en 1848 à New-York, où il occupe une situation importante, comme maître de piano. B. a publié des œuvres pour piano (entre autres une sonate), des mélodies, un andante pour orchestre et une ballade pour chœurs, solos et orchestre.

Brandes, Emma, née dans les environs de Schwerin le 20 janv. 1854 ; pianiste de talent, élève d'Aloys Schmitt et du pianiste de la cour

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