CARILLON
dres (avec Christine Nïlsson) et dans d'autres villes, remportant partout un succès immense.
Cappella (ital.) v. chapelle. Cf. alla brève.
Capriccio (ital., = caprice), nom que l'on donne à une pièce instrumentale sans forme définie, mais dont le rythme est piquant et dont la structure harmonique ou mélodique est pleine d'imprévu et d'originalité. On voit donc que le C. ne diffère en rien du Scherzo; une œuvre telle que le Scherzo en si bémol min. de Chopin pourrait tout aussi bien porter le titre de C.-A c, syn. de ad libitum, indique que l'interprétation du passage en question doit être libre, personnelle.
Capricornus, v. Bogkshorn.
Caraccio, Giovanni, né à Bergame vers 1550 m. à Rome en 1626 : fut d'abord chantre à la cour de Munich, puis maître de chapelle de la cathédrale de Bergame et enfin de l'église Ste- Marie-Majeure, à Rome. On a conservé de lui : 2 livres de magnificats, 5 livres de madrigaux (le troisième a disparu), des psaumes, des canzoni, des Messes de requiem, etc.
Caractère des tonalités. Le c. propre à chaque tonalité n'est point une vaine illusion, mais il ne provient pas, comme on serait tenté de le croire et comme on peut le lire parfois, du tempérament inégal des sons (la gamme d'ut majeur étant censément la plus exactement accordée). Le c. repose sur une impression esthétique dont il faut chercher la cause déterminante en grande partie dans la structure de notre système musical. Celui-ci est basé sur une échelle de sept sons fondamentaux la à sol (A — G) et les deux tonalités qui emploient surtout cette échelle, ut majeur et la mineur, nous paraissent simples et communes parce que nous nous les représentons le plus facilement. Les écarts vers les tons supérieurs (diésés) nous apparaissent comme une gradation, les tonalités sont plus claires, plus brillantes ; les écarts vers les tons inférieurs (bémolisés) comme une détente, les tonalités sont voilées, sombres; l'impression que produisent les premières a un caractère majeur, celle que produisent les secondes un caractère mineur. A cela vient s'ajouter la différence d'effet esthétique des tonalités majeures et des tonalités mineures elles-mêmes, qui prend sa source dans la diversité des principes de leur consonance (v. Harmonie); le mode majeur est lumineux, le mode mineur sombre. Aussi les tonalités majeures diésées ont-elles un éclal renforcé, et les tonalités mineures bémolisées une matité exagérée ; le clairobscur des tonalités majeures bémolisées et la blême clarté îles tonalités mineures diésées sont comme des mélanges des deux impressions primitives. L'impression augmente, dans un sens comme dans l'autre, avec le nombre des altérations que comporte l'armure. L'influence delà hauteur absolue des sons est presque nulle sur le c. des tonalités.
Carafa (de Colobrano), Michele-Enrico, né à Naples le 17 nov. 1787, m. le 26 juil. 1872; second fils du prince de Colobrano, duc d'Alvito, officier de l'armée napolitaine, fui à partir de
1807 adjudant personnel de Murât, avec leque il fit la campagne de Russie. A la chute de Na poléon, C. abandonna la carrière militaire et s voua entièrement à la musique qu'il avait di reste sérieusement cultivée auparavant. Il avai même fait représenter à Naples, en 1802 pui en 1811, de petits opéras. C. écrivit un gran nombre d'opéras pour les théâtres de Naples Milan et Venise, et donna quelques ouvrages a Théâtre Feydeau, à Paris, où il s'établit e 1827. Dix ans plus tard il succéda à LeSueu comme membre de l'Académie et en 184«j comme professeur de composition au Conserva toire. A côté de ses 36 opéras, de quelques caij tates et ballets, C. a écrit un certain nombi d'oeuvres religieuses de grandes dimension (Messe, Requiem, Stabat Mater, Ave verum).
Caramuel de Lobkowitz, Juan, né à Madr le 23 mai 1606, m. à Vigevano (Lombardie), c| il était évêque, le 8 sept. 1682 ; a publié : An nueva de musica, inventada anno de 600 pi S. Grecjorio, desconcertada (!) anno da 10a por Guidon Aretino restituida a su prime perfeccion anno 1620 por Fr. Pedro i Urenna. etc. (1644). Cf. Bobisations.
Carestini, Giovanni, castrat, connu sous nom de Cusanino qu'il avait pris en l'honne de la famille Cusani de Milan, qui l'avait pi tégé au début de sa carrière, alors qu'il étaij peine âgé de douze ans, né à Monte Filatra près Ancône vers 1705, m. dans la même lo( lité vers 1760. Il chanta à Rome, Prague, Ms toue, Londres (de 1733 à 1735 sous la directi de Hsendel, dont les ennemis avaient engs Farinelli), Venise, Berlin et St-Pétersboi (1755-1758).
Carey, Henry, né vers 1690, m. à Londres 4 oct. 1743, fils naturel de Georges Savile, mi quis d'Halifax, compositeur anglais favori] ballades, d'opérettes et de ballad-operas. I publié en 1737 un recueil de cent ballades, S( le titre The musical ceniury. C, comme) prouvé Chrysander (Jahrb. I), est l'auteur d mélodie de God save the king, que Clarck 1822, cherchait à attribuer à John Bull.
Carezzando (ital.), en caressant, en flattai genre de toucher spécial dans le jeu du pi;| (en caressant les touches).
Carezzevole (ital.), en caressant doucemenl
Carillon (ail. Glockenspiel). Les carill étaient autrefois très en faveur ; le genre le j grand se trouve dans les clochers d'églises un certain nombre de petites cloches sont m en mouvement par un mécanisme d'horlog avec un rouleau, comme celui d'un orgu< barbarie ou d'une boîte à musique. C'est Hollande et dans les Pays-Bas qu'ils furei plus répandus et qu'on en trouve encore le ' grand nombre ; l'usage ne s'en implanta en gleterre que tout récemment, mais le mécani du c. y fut notablement perfectionné. Cf. A1 matiques. Les c. de petites dimensions joués au moyen d'un clavier (tels, ceux qui respondent dans d'anciennes orgues à la ré supérieure du clavier), ou au moyen de p marteaux de bois (comme l'étaient, dam
GARISSIMI — CARTER
musiques militaires, les c. portatifs remplacés aujourd'hui par la « lyra » à lames d'acier). L'idée duc. est très ancienne ; il est possible que les Hollandais l'aient empruntée aux Chinois qui l'ayaient réalisée depuis fort longtemps. V. aussi Glogkenspiel et Jeu de timbres.— On donne encore le nom de carillon à des pièces pour piano ou pour orchestre qui doivent imiter l'effet du c. (mélodie à la tierce, avec une note aiguë et une note grave obstinées).
Carissimi, Giacomo, né à Marino (Etats de ■l'Eglise) vers 1604, fut d'abord maître de chapelle de l'église d'Assise puis, à partir de 1628 maître de chapelle de l'église St- Apollinaire de la congrégation allemande, à Rome, où il mourut le 12 janv. 1674. G. est un des compositeurs qui eurent directement le plus d'influence sur le développement du style monodique dont le début du xviie s. avait vu l'apparition; il a prinjcipalement perfectionné le récitatif et donné plus de variété et d'attrait à l'accompagnement instrumental. Il passe aussi pour le créateur de la cantate de chambre, mais cette assertion peut devenir une source de malentendus, d'autant plus que ses cantates sont toutes écrites sur des textes religieux. Malheureusement un grand nombre de ses œuvres ont été égarées, lorsque la bibliothèque de la congrégation allemande fat vendue, par suite de la suppression de l'ordre des Jésuites. Même les œuvres imprimées motets à 2-4 voix, 1664-1667 ; Arie da caméra, 1667) n'existent plus qu'à un très petit nombre l' exemplaires. La Bibliothèque nationale de Paris possède le manuscrit de dix oratorios de C., :elle du Conservatoire de Paris et celle du Briisch Muséum de Londres ont quelques œuvres létachées ; mais la collection la plus riche est •elle d'Aldrich, à la bibliothèque de l'église du uhrist, à Oxford. Un petit traité de C, Ars caniandi, n'existe plus que dans une traduction jillemande, comme appendice à un ouvrage ntitulé Vermehrter Weyweiser (Augsbourg, |ïhez Jak. Knoppmayer, 2e éd. 1692, 3e éd. 1696). Carnicer, Ramon, né près de Lérida (Catalogne) le 24 oct. 1789, m. le 17 mars 1855, fut de 1818 à 1820 chef d'orchestre de l'Opéra italien le Barcelone, en 1827 chef d'orchestre de l'Opéra 'oyal de Madrid et de 1830 à 1854 professeur de imposition au Conservatoire de cette ville, est l'auteur de neuf opéras ; il a écrit un *rand nombre de symphonies, de la musique l'église, des mélodies, etc.
Carolan, v. O'Carolan.
Carole, ancienne ronde française, qui, de nême que toutes les anciennes danses, était •hantée. Le nom de c. s'est conservé en Angleerre pour désigner certains chants de fête, mieligieux mi-profanes, surtout des chants de NToël (Christmas-Carol).
Caron. 1. Firmin, contrapuntiste remarquable lu xv- s., contemporain des Okeghem, Busiois, etc., élève de Binchois et de Dui'ay. Ses euvres sont toutes perdues, à l'exception de jnelques Messes contenues dans un manuscrit les archives delà Chapelle pontificale, et d'une ■lianson à trois voix dont la Bibliothèque natio-
nale de Paris possède le manuscrit. — 2. Rose- Lucile Meuniez, célèbre cantatrice scénique, née à Monerville (Seine-et-Oise) le 17 nov. 1857; fit ses études au Conservatoiie de Paris et fut engagée successivement à la Monnaie de Bruxelles (1882-1885), à l'Opéra de Paris (1885- 1887), et de nouveau à la Monnaie (1887) pour rentrer définitivement à l'Opéra en 1890. Elle a créé entre autres Sigurd et Salammbô deReyer, et Jocelyn de Godard.
Carpani, Giuseppe, né à Briansa (Lombardie) en 1752, m. à Milan le 22 janv. 1825. Il était poète de la cour impériale et se fit connaître surtout par deux ouvrages de littérature musicale : Le Haydine, ovvero Lettere su la vita e le opère del célèbre maestro Giuseppe Haydn (1812) et Le Rossiniane, ossia Lettere musicoteatrali (1824). C. fit représenter plusieurs opéras, à Milan.
Carpentras (ital. il Carpentrasso, de son vrai nom Eleazar Genêt), né à Carpentras (Vaucluse) vers 1475, était en 1515 premier chantre de la Chapelle pontificale dont il devint peu après le directeur. En 1521, C. fut envoyé à Avignon avec mission d'y régler certaines affaires concernant le trône pontifical, il doit y être mort après 1532. C. fit paraître à Avignon; en 1532, chez Jean de Channay un livre de Messes, un de lamentations, un d'hymnes, et un de magnificats, imprimés en notes rondes (!) et sans ligatures (cf. Briard). Quelques-unes de ces œuvres ont été reproduites dans des anthologies de l'époque et un certain nombre de motets du même auteur font partie des Motetti delta cor ona de Petrucci (vol. I et III, 1514 et 1519).
Carré, Louis, né à Olofontaine (Brie) en 1663, m. à Paris le 11 avr. 1711 ; mathématicien, membre de l'Institut, auteur de plusieurs ouvrages sur l'acoutisque.
Carreîio, Teresa, née à Caracas (Venezuela) le 22 déc. 1853, fille d'un haut fonctionnaire, élève de L. Gottschalk, puis de Mathias, à Paris; pianiste contemporaine renommée, elle débuta déjà de 1865 à 1866 en Europe, mais ne réussit à se faire connaître que lorsqu'elle revint en 1889. Mme C. est aussi cantatrice et compositeur (Hymne national de Venezuela) ; elle fut même obligée, comme imprésario d'une troupe d'opéra italien, de tenir momentanément le bâton de chef d'orchestre d'opéra. Mme C. fut pendant quelques années l'épouse du violoniste Sauret ; en 1892, elle s'était fixée à Dresde et avait épousé, en troisièmes noces, le pianiste E. d'Albert, mais elle divorça en 1895 déjà.
Carrodus, John-Tiplady, né à Keighley(Yorkshire) le 20 janv. 1836, m. à Londres le 13 juil. 1895, violoniste virtuose, élève de Molique à Londres et à Stuttgart (1848 à 1853), vécut à Londres à partir de 1854 comme violon solo de l'orchestre de « Covent Garden ». Il remplissait encore ses fonctions la veille de sa mort. C. a publié deux soli et des morceaux de salon pour violon.
Carter, Thomas, né à Dublin vers 1735, m. le 12 oct. 1804; étudia la musique en Italie, fit