CANTIQUE
qui seul conviendrait, est malheureusement hors d'usage pour des œuvres de forme composite. Il ne reste pas grand' chose, dira-t-on au premier abord, pour la c. elle-même; mais si l'on considère la question de plus près, on verra qu'il existe encore une quantité de grandes œuvres vocales portant à juste titre le non de c. : An die Kûnstler de Schiller, mise er musique par Liszt, le Iriumphlied et le Schick salslied de Brahms, Y Hymne à la Joie, dt Beethoven, servant de dernier mouvemen à la neuvième symphonie, et beaucoup d'autre parmi lesquelles surtout des c. de fêtes. Il es certain que des œuvres telles que les nombreu ses compositions de La Cloche de Schiller son très difficiles à classer; elles n'appartiennent aucune des formes précitées et sont composée d'éléments divers empruntés à chacune d'elle de même que les Passions de Bach sont à fois des oratorios et des cantates, elles sont d scènes, des ballades et des cantates.
Historiquement, le mot Cantata servit, p après l'invention de la monodie accompagn (1600), à désigner un solo de chant assez éten dans .lequel les passages arioso alternent dr matiquement avec les récitatifs. Mais cette a ternance n'avait sans doute aucun rapport av< le 'nom de c. ; elle n'était que le résultat natur de la longueur du morceau et, pendant toute première moitié du xvne s., il serait inutile i chercher à distinguer nettement un air (arù d'une cantate (cantata). Carissimi introdui] le nom de cantata di caméra (c. de chambi par opposition àla cantata di chiesa (c. d'églia qui venait de faire son apparition; mais to deux conservèrent pendant longtemps leur a dre étroit : elles étaient écrites à deux ou trJ voix, au lieu d'une, avec continuo, avai<| comme accompagnement une ou deux parti obligées, mais ne possédaient aucun des trsl caractéristiques de la grande c. moderne p(l chœur et orchestre. Dietrich Buxtehude (m.l 1707) a encore écrit plusieurs cantates à il seule voix. Tandis que la grande c. profanel formait petit à petit comme c. de fête, pour I cérémonies nuptiales, pour des hommages, (I la c. d'église se développait, non pas encl sous son nom mais sous celui de concerto :| glise. J.-S. Bach a intitulé « concertos d'églisp la plupart de ses c. dont le titre n'était pas mé des premiers mots du texte ; il a par là me indiqué le rôle important qu'y jouent instruments. Cf. anthems,vilhancicos.
Cantilène (lat, « cantilena »), c.-à-d. mél de genre vocal. Cf. aussi canzone.
Gantiones (sacrae) (lat. « chants religie ital. canzoni spirituali »), du xve au x syn. de motets.
Cantique (lat. « Canticum »), c.-à-d. chà louanges. Les trois c. dits évangéliques pruntés au Nouveau Testament), les Ca?
majora de l'église catholique romaine, sont Canticum Mariœ (annonciation) : « Magni anima mea » que l'on nomme générale] Magnificat : \e Canticum Zachariae : «E dictus dominus deus Israël», et le Cantx
CANTOR — GAPOUL
Simeonis : «Nunc dimittis seiTum tuum ». — Les Cantica minora, au nombre de sept, sont empruntés à l'Ancien Testament. Tous les cantiques font partie intégrante du chant des psaumes; les psaumes eux-mêmes sont aussi appelles Cantica (Davidis). — Canticum graduum, v. graduel; Canticum canticorum., le Cantique des Cantiques (ail. « das hohe Lied Salomonis »). Cantor (chanteur), nom que l'on donne, en ;Allemagne, au chantre d'une communauté religieuse et, dans les églises principales qui ont Line maîtrise, au maître de chant et directeur lu chœur (maître de chapelle), surtout lorsque •elui-ci est formé par les élèves internes d'un ycée attaché à l'église, comme à l'église Strhomas de Leipzig par exemple. Les maîtrises correspondaient à peu près en France à ce Qu'étaient en Allemagne les chœurs de ces lycées, et le titre de maître de chapelle à celui le « cantor » .
Cantus (lat.; ital. canlo) = chant, mélodie, il'où la partie essentiellement mélodique d'une leuvre, le soprano (au xvie s., le terme de c. emplaco petit à petit celui de Biscantus). Les ontrapuntistes du xve et du xvie s. confiaient >ien la mélodie, la partie principale, au ténor kui exécutait en manière de thème (C. firmus) in motif de choral ou une chanson populaire, jur laquelle les autres voix brodaient des conrepoints figurés (C. figuratus); mais parmi elles-ci, c'était assurément au soprano qu'ils ttribuaient le rôle prépondérant au point de ue mélodique. Au reste, les notes confiées au pnor étaient souvent d'une durée telle que leur uccession ne pouvait plus donner l'idée d'une îélodie, au sens propre du mot.
Cantus durus, mollis, naturalis (lat.); cf. majeur, MINEUR, SOLMISATION et MUTATION.
i Canzone (ital. « chanson »; ail. Kanzone). — 1. }ïom que l'on donnait principalement au xve et jisque dans le courant du xvie s. à un chant proine à plusieurs voix de facture populaire, d'où fs subdivisions en Canzoni ISapoletani, Sici- \ani, Francesi, etc. Les compositions de ce bnre portaient en Allemagne le nom de Lieder, yische deutsche tiedlein, Gassenhàwerlin, etc. es villotes et les villanelles appartiennent i même groupe que la c, avec cette seule difjrence que la structure en est encore plus simi (note contre note, avec peu de mouvement |ms les parties intermédiaires). Parmi les œu- 'es de l'époque de floraison du style polyphoque sévère, ce sont celles du genre des c. qui \ rapprochent le plus de notre goût moderne, trce que d'une part la structure en est netteent accusée et que d'autre part elles présennt des formations périodiques, correspondant la disposition des rimes dans les strophes •néralement à petits vers. Il faut chercher Tonne de la c. dans la chanson populaire; on peut ■quemment observer que le ténor en reparaît "ntique chez différents compositeurs, ce sont ne des mélodies populaires ou en style poûaire arrangées à quatre voix. Des maîtres biles (tel Heinrich Isaak, dans « Inspruck, ich 'ass dich lassen » 1475) ont parfois superposé à
la mélodie contenue dans le ténor une partie de soprano plus belle qui, plus tard, a été prise pour la mélodie principale. Jean de Mûris (xive s) qui rapporte la prédilection de ses contemporains pour la composition de Cantilenae simplement arrangées, nous donne ainsi, sans aucun doute, le premier renseignement sur la c. et son premier nom. Pour' ce qui concerne la c. française, la chanson, v. ce mot. — 2. Dans la musique instrumentale, le nom de c. apparaît pour la première fois dans les œuvres des deux Gabrieli (v. ce nom), pour désigner un morceau instrumental imitant le style vocal (pour orgue : Canzoni alla francese per Vorgano, 1571). On reconnaît l'origine du mot c. jusque dans les œuvres pour orgue auxquelles J.-S. Bach a donné ce titre. Au bout de peu de temps ce même terme fut appliqué aussi à des œuvres pour plusieurs instruments (violons, etc.) et devint même absolument synonyme de sonate (chez Buonamente, 1636; Uccellini, 1649, etc.). La musique instrumentale moderne elle-même n'a pas abandonné les termes Canzone et Canzonnetta (chants sans paroles).
Ganzonetta (ital.), dimin. de canzone, petite chanson.
Gapella, Martianus-Minneus-Felix, poète et savant latin du commencement du ve s. de l'ère chrétienne, à Carthage. Le livre 9 de son Satiricon traite de la musique; Rémi d'Auxerre, (Remigius Altisiodorensis) a écrit un commentaire sur cet ouvrage, reproduit par Gerbert, Scriptores, I. Les deux premiers livres du même Satyricon, intitulés : De nuptiis Philologiœ et Mercurii contiennent des extraits d'Aristide Quintilien (reproduits par Meibom, « Antiquse musiese auctores VII » et dans diverses éditions du Satyricon, entre autres la dernière de F. Kopp, 1836).
Capo (ital.), chef, tête, commencement; da capo (abr. d. c), à partir du commencement, indication de reprise dans un morceau de musique; la répétition se fait jusqu'au mot fine (fin).
Gapocci, Filippo, organiste italien des plus remarquables, né à Rome le 11 mai 1840, fils de Gaetano C, maître de chapelle de St-Jeande-Latran. Il fut nommé en 1875 organiste de la même église et a composé un certain nombre d'œuvres fort recommandables pour orgue.
Gapotasto (ital.), terme de lutherie servant à désigner, dans les instr. à cordes pourvus d'une touche, l'extrémité de cette touche la plus rapprochée de la volute et qui, légèrement surélevée, sert de point d'appui aux cordes. Le c. que l'on appelle parfois en français une barre, est mobile dans quelques instr. à cordes pincées, la guitare surtout ; placé à la hauteur du premier ton par ex., il raccourcit toutes les cordes et l'accord de l'instrument tout entier se trouve aussitôt haussé d'un demi-ton.
Capoul, Josepii-Amédée-Victor, ténor, né à Toulouse le 27 févr. 1839, élève de Moreau- Sainti au Conservatoire de Paris ; fit partie de 1861 à 1872 du personnel de l'Opéra-Comique, puis se fit entendre à New-York, à Lon-
CAPPELLA.