‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 79 sur 542 · TRAS · texte numérisé non relu

TRAS

Chanot, François, né à Mirecourt en 1787, m. à Brest en 1833, (ils d'un luthier, entra dans la carrière militaire comme ingénieur de la marine, mais fut mis à la retraite en demi-solde et placé sous la surveillance de la police, à l'époque de la Bestauration, pour avoir publié une pasquinade. Tl profita de ses loisirs pour s'occuper de questions d'acoustique et de lutherie et présenta aux Académies des sciences et des beaux-arts un modèle de violon de son invention; le nouvel instrument était à plusieurs points de vue comme un retour aux anciennes formes de la lutherie : échancrures latérales supprimées, pas de cordier, ouïes presque droites dans le même sens que les cordes, table et dos d'une seule pièce dans le sens de la longueur, etc. Les académiciens déclarèrent le violon de C. l'égal des Stradivari et Guarneri {Moniteur universel, 22 août 1817). Tandis que < '.. lui-même était remis en activité par le gouvernement qui l'envoya à Brest, son frère, un luthier parisien, se mit à construire des violons sur le nouveau modèle. Leur succès cependant ne fut que de courte durée et la fabrication dut bien vite cesser.

Chanson (ital. Canzone, CanzoneUa;2i\\. Kanzone). C'est aux chants des trouvères et des troubadours qu'il faut sans doute faire remonter l'origine de la c. française, de même que les canzoni napolitaines et vénitiennes sont sans doute de simples chants de matelots. A l'inverse de l'ancienne canzone (v. ce mot) à plusieurs voix, la c. française actuelle est, comme la canzonetta italienne, généralement pour une voix (avec accompagnement instrumental); son caractère est cependant resté le même, le rythme à la fois naturel et nettement dessiné correspond bien à l'esprit de la nation et la distingue avantageusement de la romance doucereuse et sentimentale à la Loïsa Puget. Lorsque la forme de la c, en quelque sorte épurée, est transportée dans le domaine du grand art, elle prend le nom de lied (v. ce mol), emprunté à l'allemand, ou simplement celui de mélodie.

•Chant. Le c. n'est autre chose que la parole devenue m usique par l'exagération des diverses inllexions de la voix. Plus l'émotion, à laquelle 1er. sert d'expression, est faible, plus celui-ci se rapprochera de la simple parole: tel est le cas dans le parlando, le récitatif et, en général, tous les passages conçus dans un style essentiellement narratif ou descriptif. Au contraire, plus L'émotion est forte,plus la mélodie s'émancipera du mot et de son rythme, plus elle prendra des

formes caractéristiques et purement musicales ainsi dans les jubilations de l'alléluia de l'églist chrétienne primitive, dans les jodler sans pa rôles de certains chants populaires suisses 01 tyroliens, dans le chant artistique fleuri, ornJ et surtout dans les airs d'opéras à fioritures, tt est naturellement impossible d'assigner une l( mite exacte au développement que peuve prendre les éléments musicaux de la parole, vocalisation (inflexions) et le rythme. Bien n'< plus arbitraire que de bannir du c. toute fio: ture, tout ornement; mais il ne faut point 01 blier que leur emploi trop fréquent ou exagé: doit être au point de vue esthétique entièreme réprouvé. L'ornement est la forme la plus ha que revête l'accentuation, il doit être tra comme tel; chez Wagner, qui l'a fort bien co pris, le mélisme caractérise toujours le po culminanL d'une situation. Quant à la questi de savoir si la nouvelle théorie de l'expressi musicale ( v. expression, agogique, phraser, e formulée par H. Biemann dans son ouvr Musikalisclte Dynamik und Agogik (1 porte ses conséquences jusque dans la péda; gie du chant et d'une façon générale dan c. lui-même, il faut sans contredit la résou affirmativement. Il serait par contre tout erroné de transporter purement et simple sur une mélodie chantée les lois établies p la formation des phrases et des motifs et p la fixation de leurs limites dans la musi pure ; bien plus, il est bon de rappeler q matière musicale la distinction entre les riodes, les phrases, les motifs primaires e1| condaires, est chose analogue à la divisio discours en phrases, propositions, mots et labes, que par conséquent, dans le chant, manières analogues de phraser se réalise multanément au moyen de deux méthodes rentes. Il est possible jusqu'à un certain \ d'unifier ces deux manières; il le faut nièn divers endroits de la phrase, — qu'entendr par « faute de prosodie», si cette nécei n'existait pas u? La règle essentielle de toute sodie (v. ce mot) musicale consiste à faire cider, en petit comme en grand, tous les « mets», toutes les accentuations de la mu avec ceux du texte et vice-versa. Quant coupe des phrases et des motifs, le sens di et celui de la phrase font loi dans la mu d'une manière absolue, même s'il en résu conflit des plus aigus avec la structure phrase, au point de vue purement mi Cf. vocal (art), prosodie, diction.

Chant sur le livre (ital. Conlrapuni mente) déchant improvisé par les chantei usage du xme au xvi° s., et consistant ci sorte de contrepoint placé note contre ne dessus (I) d'une mélodie extraite de lj naire. Cf. dèchant et vocal (art).

Chantre, nom que l'on donne en pay çais, soit au chanteur chargé de l'exécut, mélodies liturgiques, dans l'église, soit cun des membres d'une maîtrise ou d'un d'église. Dans le premier cas, le c. ou bi< cute seul la mélodie (église catholique),

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