‹ Dictionnaire de musiqueChapitre 26 sur 72 · RE I2(J · texte numérisé non relu

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musiciens , une manière de procéder *dans le dédiant ou contre-point, plutôt par y?^^■'/^fe5 que par quartes ; c'est ce qu'ils appeloient aussi dans leur latin diapentissare. Mûris s'étend fort au long sur les règles convenables pour quinter ou quarter à propos.

QuiJvziÈaiE , s.f. Intervalle de deux octaves. ( Voyez DouBLB-ocrAvr. )

Rans-ues-vachh?. Air célèbre parmi les Suisses et que leurs jeunes bouviers jouent sur la cornemuse en gardant le bétail dans les montagnes. Voyez l'air noté, Planche'N; voyez^ aussi l'article Mustque , où il est fait mention des étranges effets de cet air.

Ravalement. Le clavier ou système à ravalement est celui qui, au lieu de se borner à quatre octaves , comme le clavier ordinaire , s'étend à cinq, ajoutant une quinte au-dessous de Vut d'en-bas , une quarte au - dessus de Vut d' en-haut, et embrassant ainsi cinq octaves entre deux /a. Le mot ravalement vient des facteurs d'orgue et de clavecin , et il n'y a guère que ces instruments sur lesquels on puisse embrasser cinq octaves. Les instruments aigus passent même rarement Vut d'enhaut sans jouer faux , et l'accord des basses ne leur permet point de passer Vut d'en-bas.

conde note de la gamme. Cette note au naturel s'exprime par la lettre D. (Voyez D et Gamme.)

Recherche, s. f. Espèce de prélude ou de fantaisie sur Torgue ou sur le clavecin, dans laquelle le musicien affecte de rechercher et de rassembler les principaux traits d'harmonie et de chant qui viennent d'être exécutés , ou qui vont l'être dans un concert; cela se fait ordinairement sur-le-champ , sans préparation, et demande par conséquent beaucoup d'habileté.

Les Italiens appellent encore recherches ou cadences , ces arbitrii ou points-d'orgue que le chanteur se donne la liberté de faire sur certaines notes de sa partie , suspendant la mesure, parcourant les diverses cordes du mode, et même en sortant quelquefois , selon les idées de son génie et les routes de son gosier, tandis que tout l'accompagnement s'arrête jusqu'à ce qu'il lui plaise de finir.

RÉCIT, s. m. Nom générique de tout ce qui se chante à voix seule : on dit un récit de basse, un récit de haute-contre. Ce mot s'applique même en ce sens aux instruments; on dit im récit de violon, de flûte, de hautbois. En un mot , réciter c'est chanter ou jouer seul une partie quelconque, par opposition au chœur et à la symphonie en général , où plusieurs chantent ou jouent la même partie à l'unisson.

On peut encore appeler récit la partie où

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règne le sujet principal, et dont toutes les autres ne sont que raccompagnemcnt. On a mis dans le Dictionnaire de l'académie françoise : Les récits ne sont point assujettis à la mesure comme les airs. Un récit est souvent un air, et par conséquent mesuré. L'académie auroitelle confondu le récit avec le récitatif?

RÉCITANT , partie. Partie récitante est celle qui se chante par une seule voix, ou se joue par un seul instrument, par opposition aux parties de symphonie et de chœur qui sont exécutées à l'unisson par plusieurs concertants. (Voyez RÉCIT.)

RÉCITATION, s.f. Action de réciter la musique. (Voyez RÉCITER.)

RÉCITATIF, s. m. Discours récité d'un ton musical et harmonieux. C'est une manière de chant qui approche beaucoup de la parole , une déclamation en musique, dans laquelle le musicien doit imiter, autant qu'il est possible, les inflexions de voix du déclamateur. Ce chant est nommé récitatifs parce qu'il s'applique à la narration^ au récit, et qu'on s'en sert dans le dialogue dramatique. On a mis dans le Dictionnaire de l'académie que le récitatif doit être débité : il y a des récitatifs qui doivent être débités , d'autres qui doivent être soutenus.

La perfection du récitatif AéT^enà beaucoup du caractère de la langue ; plus la langue est accentuée et mélodieuse, plus le récitatif est

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naturel et approche du vrai discours ; il n'est que l'accent noté, dans une langue vraiment musicale; mais, dans une langue pesante, sourde et sans accent, le récitatif n'est que du chant , des cris , de la psalmodie ; on n'y reconnoît plus la parole : ainsi le meilleur récitatif e?,t celui où l'on chante le moins. Voilà, ce me semble, le seul vrai principe tiré de la nature de la chose sur lequel on doive se fonder pour juger du récitatif , et comparer celui d'une langue à celui d'une autre.

Chez les Grecs , toute la poésie était en récitatif, parce que, la langue étant mélodieuse, il suffîsoit d'y ajouter la cadence du mètre et la récitation soutenue pour rendre cette récitation tout-à-fait musicale; d'où vient que ceux qui versifîoient appeloient cela chanter : cet usage , passé ridiculement dans les autres langues, fait dire encore aux poètes, je chante, lorsqu'ils ne font aucune sorte de chant. Les Grecs pouvoient chanter en parlant; mais, chez nous, il faut parler ou chanter; on ne sauroit faire à la fois l'un et l'autre. C'est cette distinction même qui nous a rendu le récitatif nécessaire, La musique domine trop dans nos airs, la poésie y est presque oubliée- Nos drames lyriques sont trop chantés pour pouvoir l'être toujours. Un opéra qui ne seroit qu'une suite d'airs ennuieroit presque autant qu'un seul air de la même étendue. Il faut couper et séparer les chants par de la pa-

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rôle ; mais il faut que celte parole soit modifiée par la musique. Les idées doivent changer, mais la langue doit rester la même. Cette langue une fois donnée, en changer dans le cours d'une pièce , seroit vouloir parler moitié françois , moitié allemand. Le passage du discours au chant, et réciproquement, est trop disparate ; il choque à la fois l'oreille et la vraisemblance : deux interlocuteurs doivent parler ou chanter; ils ne sauroient faire alternativement l'un et l'autre. Or le récitatif est le moyen d'union du chant et de la parole; c'est lui qui sépare et distingue les airs, qui repose l'oreille étonnée de celui qui précède , et la dispose à goûter celui qui suit ; enfin , c'est à l'aide du récitatif que ce qui n'est que dialogue, récit, narration dans le drame , peut se rendre sans sortir de la langue donnée , e^ sans déplacer l'éloquence des airs.

On ne mesure point le récitatif en. chantant; cette mesure, qui caractérise les airs, gâterait la déclamation récitative : c'est l'accent, soit grammatical, soit oratoire, qui doit seul diriger la lenteur ou la rapidité des sons, de même que leur élévation ou leur abaissement. Le compositeur, en notant le récitatif sut quelque mesure déterminée, n'a en vue que de fixer la correspondance de la basse - continue et du chant, et d'indiquer à peu près comment on doit marquer la quantité des syllabes,caden-

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