‹ Dictionnaire de musiqueChapitre 35 sur 72 · XV · texte numérisé non relu

XV

2i8 sou

forts , nets , justes , et bien timbrés : une cloche

sonore, une voijc sonore, etc.

SoTTO-voGE, adv. Ce mot italien marque, dans les lieux où il est écrit, qu'il ne faut chanter qu'à demi-voix, ou jouer qu'à demijeu : mezza-forte et mezza-voce signiiieut la même cliose.

Soupir. Silence équivalant à une noire, et qui se marque par un trait courbe approchant de la figure du 7 de chiffre, mais tourné eu sens contraire, en cette sorte <C . (Voyez Silence , Notes. )

Sourdine , s. f. Petit instrument de cuivre ou d'argent qu'on applique au chevalet du violon ou du violoncelle, pour rendre les sons plus sourds et plus foibles, en mterceptant et gênant les vibrations du corps entier de l'instrument. La sourdine^ en affoiblissant les sons, change leur timbre et leur donne un caractère extrêmement attendrissant et triste. Les musiciens françois , qui pensent qu'im jeu doux produit le même effet que la sourdine, et qui n'aiment pas l'embarras de la placer et déplacer, ne s'en servent point; mais on en fait usage avec un grand effet dans tous les orchestres d'Italie, et c'est parce qu'on trouve souvent ce mot sordini écrit dans les symphonies, que j'en ai dû faire un article.

11 y a des sourdines aussi pour les cors de chasse, pour le clavecin, etc.

Sous-DoaiiiîAiiiTE ou Souuo.iiiNANXE. Nom

sou 2 I ()

donné par M. Rameau à la quatrième note du ton, laquelle est par conséquent au même intervalle de la tonique en descendant , qu'est la dominante en montant : cette dénomination vient de l'affinité que cet auteur trouve p; r renversement entre le mode mineur de la son dominante , et le mode majeur de la tonique. (Voy. Harmonie.) Voy. aussi l'article qui suit.

SoUS-aiÉDIATVTEOuSoUMÉDIANTE. C'cSt aUS-

si, dans le vocabulaire de M. Rameau, le nom de la sixième note du ton; mais cette sous-médiante devant être au même intervalle de la tonique en dessous, qu'en est la médiante en dessus, doit faire tierce majeure sous cetie tonique , et par conséquent tierce mineure sur la sous-dominaute, et c'est sur cette analogie que le même M, Rameau établit le principe du mode mineur ; mais il s'ensuivroit de là que le mode majeur d'une tonique , et le mode mineur de sa sous-dominante, devroient avoir une grande affinité; ce qui n'est pas, puisqu'au contraire il est très rare qu'on passe d'un de ces deux modes à l'autre, et que l'échelle presque entière est altérée par une telle modulation. Je puis me tromper dans l'acception des deux mots précédents, n'ayant pas sous les yeux, en écrivant cet article, les écrits de M. Rameau. Peut-être entend-il simplement, par sous-dominante , la note qui est un degré au-dessous de la dominante, et par sous-méçliante, la note qui est un degré au-dessous de

320 SPO

la médiante. Ce qui me tient en suspens entre ces deux sens , et que , dans l'un et dans l'autre , la sous-dominante est la même note^ pour le ton d^ut : mais il n'en seroit pas ainsi de la sous -médiante ; elle seroit la dans le premier sens, et re dans le second. Le lecteur pourra vérifier lequel des deux est celui de M. Rameau- ce qu'il y a de sûr, est que celui que je donne est préférable pour l'usage de la composition.

SoUTEiviR, V. a. pris en se?is neiit. C'est faire exactement durer les sons toute leur valeur sans les laisser éteindre avant la fin, comme font très-souvent les musiciens , et surtout les symphonistes.

Spiccato , adj. Mot italien , lequel écrit sur la musique, indique des sons secs et bien détachés.

Spondaula, s. m. C'étoit, chez les anciens, un joueur de flûte ou autre semblable instrument, qui, pendant qu'on offroit le sacrifice, jouoit à l'oreille du prêtre quelque air convenable pour l'empêcher de rien écouter qui pût le distraire.

Ce mot est formé du grec s-ttoviTiç, libation , et i.VKnz^ flûte,

Spow DÉASME , S. m. C'étoit , dans les plus anciennes musiques grecques, une altération dans le genre harmonique, lorsqu'une corde étoit accidentellement élevée de trois dièses au-dessus de son accord ordinaire: de sorte

STY 221

que le spondtasme étoit précisément le contraire de Vécljse.

Stables, adj. Sons ou cordes stables : c'étoient, outre la corde proslambanomène, les deux extrêmes de chaque tétracorde , desquels extrêmes sonnant ensemble le diatessaron ou la quarte, l'accord ne changeoit jamais, comme faisoit celui des cordes du milieu, qu'on tendoit ou relàclioit suivant les genres, et qu'on appeloit pour cela sons ou cordes mobiles.

Style , s. m. Caractère distinctif de composition ou d'exécution. Ce caractère varie beaucoup selon les pays, le goût des peuples, le génie des auteurs; selon les matières, les lieux, les temps, les sujets, les expressions, etc.

On dit en France le stjle de Lulli, de Rameau, de Mondonville, etc.; en Allemagne, on dit le style de Hasse , de Gluck , de Graum ; en Italie, on dit le stjle de Léo, de Pergolèse, de Jomelli, de Buranello. Le ctjle des musiques d'église n'est pas le même que celui des musiques pour le théâtre ou pour la chambre. Le stjle des composions allemandes est sautillant, coupé , mais harmonieux. Le style des compositions françoises est fade , plat ou dur , mal cadencé, monotone; celui des compositions italiennes est fleuri, piquant, énergique.

Style dramatique ou imitatif, est un style propre à exciter ou peindre les passions : style d'église , est un style sérieux , majestueux , grave • style de motet, où l'artiste affecte de se

montrer tel, estpliî!ùt ciassicjue et savant qu'tnergique ou affectueux : style hyporchéinatique, propre à la joie, au plaisir, à la danse, et plein de mouvements vifs , gais et bien marqués : stfle symphonique ou instrumental. Comme chaque instrument a sa touche , son doigter, son caractère particulier, il a aussi son style. Style mélismatique ou naturel, et qui se présente le premier aux gens qui n'ont point appris : style de fantaisie , peu lié , plein d'idées , libre de toute contrainte : style clioraïque ou dansant,, lequel se divise en autant de branches différentes qu'il y a de caractères dans la danse, etc.

Les anciens avoient aussi leurs styles différents. (Voyez Mode et Mélopée.)

Sujet , s. m. Terme de composition : c'est la partie principale du dessein, l'idée qui sert de fondement à toutes les autres. ( Voyez Desseijv.) Toutes les autres parties ne demandent que de l'art et du travail; celle-ci seule dépend du génie , et c'est en elle que consiste l'invention.

Les principaux sujets en musique produisent des rondeaux , des imitations , des fugues , etc. (Voyez ces mots.) Un compositeur stérile et froid , appès avoir avec peine trouvé quelque mince sujet, ne fait que le retourner, et le promener de modulation en modulation ; mais l'artiste qui a de la chaleur et de l'imagination, sait , sans laisser oublier son sujet , lui donner

Page 1