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arrive au si dièse, nous trouverons que ce s/ excède 1'?^; dont il devroit faire l'unisson , et qu'il est avec lui dans le rapport de 53i44i à 524288, rapport quidonnele corama dePythagore : de sorte que, par le calcul précédent, le si dièse devroit excéder Vut de trois conima majeurs ; et^ par celui-ci, il l'excède seulement du comma de Pythagore.
Mais il faut que le même son mi ^ qui fait la quinte de la , serve encore à faire la tierce majeure à^ut ; il faut que le même si dièse ; qui forme la douzième quinte de ce même iit, en fasse aussi l'octave ; et il faut enfin que ces différents accords concourent à constituer le système général sans multiplieï les cordes. Voilà ce qui s'exécute au moyen du tempérament.
Pour cela, i°.on commence parl'/^fdu milieu du clavier, et l'on affoiblit les qualrc premières quintes en montant jusqu'à ce que la quatrième mï fasse la tierce majeure bien juste avec le premier son ut ; ce qu'on appell'j la première preuve. 1°. En continuant d'accorder par quintes, dès qu'on est arrivé sur les dièses, on renforce un peu les quintes, quoique les tierces en souffrent, et, quand on est arrivé au 50/ dièse, on s'arrête : ce sol dièse doit faire avec le mi une tierce majeiu-e juste ou du moins souffrable ; c'est la seconde preuve. S*^. On reprend Vut et l'on accorde les quintes au grave , savoir, /« , si bémol , etc. , foibles d'abord, puis les renforçant par degrés,
TEM ayy
c'est-à-dire affoiblissaiit les sons jusqu'à ce qu'on soit parvenu au re bémol , lequel , pris comme «f dièse, doit se trouver d'accord et faire quinte arec le sol dièse auquel on s'étoit ci-devant arrêté ; c'est la troisième preuve. Les dernières quintes se trouveront un peu fortes , de même que les tierces majeures; c'est ce qui rend les tons majeurs de si bémol et de mi bémol sombres et mêmeim peu durs : mais cette dureté sera supportable si la partition est bien faite; et d'ailleurs ces tierces, par leur situation , sont moins employées que les premières, et ne doivent l'être queparthoix.
Les organistes et les facteurs regardent ce tempérameiit comme le plus parfait que l'on puisse employer; en effet les tons .aturels jouissent par cette métbode de toute la pureté de l'harmonie, et les tons transposés , qui forment des modulations moins fréquentes , offrent de grandes ressources au musicien, quand il a besoin d'expressions plus marquées : car il est bon d'observer, dit M. Rameau, que nous recevons desimpressions différentes des intervalles , à proportion de leurs différentes altérations : par exemple , la tierce majeure , qui nous excite naturellement à la joie, nous imprime jusqu'à des idées de fureur quand elle est trop forte , et la tierce mineure, qui nous porte à la tendresse et à la douceur, nous attriste lorsqu'elle est trop foible.
Les habiles musiciens , continue le même
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auteur, savent profiter à propos de ces différents efftts des intervalles, et font valoir, par l'expression qu'ils en tirent, l'altération qu'on y pourroit condamner.
Mais, dans sa génération harmonique , le inême M. Rameau tient un tout autre langage. II se reproche sa condescendance pour l'usage actuel ; et , détruisant tout ce qu'il avoit établi auparavant , il donne une formule d'onze moyennes proportionnelles entre les deux termes de l'octave , sur laquelle formule il veut qu'on règle toute la succession du système chromatique, de sorte que, ce système résultant de douze semi-tons parfaitement égaux , c'est une nécessité que tous les intervalles semblables qui en seront formés soient aussi parfaitement égaux entre eux.
Pour la pratique, prenez, dit-il, telle touche du clavecin qu'il vous plaira , accordezen d'abord la quinte juste, puis diminuez -la si peu que rien ; procédez ainsi d'ujie quinte à l'autre, toujours en montant, c'est-à-dire du grave à l'aigu, jusqu'à la dernière dont le son aigu aura été le grave de la première ; vous pouvez être certain que le clavecin sera bien d'accord.
Cette méthode , que nous propose aujourd'hui ]M. Rameau , avoit déjà été proposée et abandonnée par le fameux Couperin : on la trouve aussi tout au long dans le P. Mersenne , qui en a fait auteur un nommé Galle , et qui a même pris la peine de calculer les onze
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moyennes proportionnelles dont M. Rameau nous donne la formule algébrique.
Malgré l'air scientifique de cette formule, il ne paroît pas que la pratique qui en résulte ait été jusqu'ici goûtée des musiciens ni des facteurs : les premiers ne peuvent se résoudre 4 se priver de l'énergique variété qu'ils trouvent dans les diverses affections des sons qu'occasione le tempérament établi : M. Rameau leur dit en vain qu'ils se trompent , que la variété se trouve dans l'entrelacement des modes ou dans les divers degrés des toniques, et nullement dans l'altération des intervalles; le musicien répond que l'un n'exclut pas l'autre, qu'il ne se tient pas convaincu par une assertion, et que les diverses affections des tons ne sont nullement proportionnelles aux différents degrés de leurs finales : car, disentils , quoiqu'il n'y ait qu'un semi-ton de distance entre la finale de re et celle de mi bémol, comme entre la finale de Ja et celle de si bémol , cependant la même musique nous affectera très-différemment en A la mi re qu'en ^ fa, et en D sol re qu'en E la fa ; et l'oreille attentive du musicien ne s'y trompera jamais , quand même le ton général seroit haussé ou baissé d'un semi-ton et plus : preuve évidente que la variété vient d'ailleurs que de la simple différente élévation de la tonique,
A l'égard des fticteurs , ils trouvent qu'un clavecin accordé de cette manière n'est point
aussi bien d'accord que l'assure M. Rameau : les tierces majeures leur paroisseiit dures et choquantes; et quand on leur dit qu'ils n'ont qu'à se faire à l'altération des tierces comme ils s'ctoient faits ci-devant à celle des quintes , ils répliquent qu'ils ne conçoivent pas comment l'orgue pourra se faire à supprimer les battements qu'on y entend par cette manière de l'accorder, ou comment l'oreille cessera d'en être offensée : puisque, par la nature des consonnances, la quinte peut être plus altérée que la tierce sans choquer l'oreille et sans faire des battements , n'est-il pas convenable de jeter l'altération du côté où elle est le moins choquante, et de laisser plus justes, par préférence, les intervalles qu'on ne peut altérer sans les rendre discordants ?
Le P. Mersenne assuroit qu'on disoit de son temps que les premiers qui pratiquèrent sur le clavier les semi-tons , qu'il appelle feinta ., accordèrent d'abord toutes les quintes à peu près selon l'accord égal proposé par M. Rameau; mais que leur oreille ne pouvant souf- 'frirla discordance des tierces majeures nécessairement trop fortes , ils tempérèrent l'accord en affoiblissant les premières quintes pour baisser les tierces majeures. Il paroît donc que s'accoutumer à cette manière d'accord n'est pas pour une oreille exercée et sensible une habitude aisée à prendre.
Au reste , je ne puis m'empêcher de rappe-
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1er ici ce que j'ai dit au mot Gonsoknance sur la raison du plaisir que les consonnances font à l'oreille , tirée de la simplicité des rapports. Le rapport d'une quinte tempérée, selon la méthode de M. Rameau, est celui-ci
V/'So-f-V/Si;
ce rapport cependant plaît à l'oreille; je demande si c'est par sa simplicité.
Te:mps. Mesure du son , quant à la durée.
Une succession de sons, quelque bien dirigée qu'elle puisse être dans sa marche , dans ses degrés du grave à l'aigu ou de l'aigu au gi'ave, ne produit, pour ainsi dire, que des effets indéterminés : ce sont les durées relatives et proportionnelles de ces mêmes sons qui fixent le vrai caractère d'une musique , et lui donnent sa plus grande énergie. Le tem^js est l'âme du chant; les airs dont la mesure est lente nous attristent naturellement; mais un air gai, vif et bien cadencé , nous excite à la joie , et à peine les pieds peuvent-ils se retenir de danser. Otez la mesure , détruisez la proportion des temps, les mêmes airs que cette proportion vous rendoit agréables, restés sans charme et sans force, deviendront incapables de plaire et d'intéresser. Le temps, au contraire, a sa force en lui-même ; elle dépend de lui seul, et peut subsister sans la diversité de- XV. o-G