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transition enharmonique (Voyez. Enharmonique. )
Translation. C'est, dans nos vieilles musiques , le transport de la signification d'un point à une note séparée par d'autres notes de ce même point. ( Voyez Point.)
Transposer, v. a. et n. Ce mot a plusieurs sens en musique.
On transpose eu exécutant, lorsqu'on transpose une pièce de musique dans un autre ton que celui où elle est écrite. ( Voyez Transposition.)
On transpose en écrivant lorsqu'on note une pièce de musique dans un autre ton que celui où elle a été composée; ce qui oblige nonseulement à changer la position de toutes les notes dans le même rapport, mais encore à armer la clef différemment selon les règles prescrites à l'article clef transposée.
Enfin l'on transpose en solfiant, lorsque sans avoir égard au nom naturel des notes, on leur en donne de relatifs au ton, au mode dans lequel on chante. (Voyez Solfier.)
Transposition. Changement par lequel on transporte un air ou une pièce de musique d'un ton à un autre.
Comme il n'y a que deux modes dans notre musique, composer en tel ou tel ton n'est autre chose que fixer sur telle ou telle tonique celui des deux modes qu'on a choisi; mais comme l'ordre des sons ne se trouve pas na-
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turellement disposé sur toutes les toniques , comme il devroit l'être pour y pouvoir établir un même mode, on corrige ces différences par le moyen des dièses ou des bémols dont on arme la clef, et qui transportent les deux semi-tons de la place où ils étoient à celle où ils doivent être pour le mode et le ton dont il s'agit. ( Voyez Clef transposée.)
Quand on veut donc transposer dans un ton un air composé dans un autre , il s'agit premièrement d'en élever ou abaisser la tonique et toutes les notes d'un ou de plusieurs degrés, selon le ton que l'on a choisi, puis d'armer la clef comme l'exige l'analogie de ce nouveau ton : tout cela est égal pour les voix, car en appelant toujours ut la tonique du mode majeur, et la celle du mode mineur, elles suivent toutes les affections du mode, sans même y songer. (Voyez Solfier.) Mais ce n'est pas pour un symphoniste une attention légère de jouer dans un ton ce qui est noté dans un autre ; car, quoiqu'il se guide par les notes qu'il a sous les yeux , il faut que ses doigts en sonnent de toutes différentes , et qu'il les altère tout différemment selon la différente manière dont la clef doit être armée pour le ton noté, et pour le ton transposé ; de sorte que souvent il doit faire des dièses où il voit des bémols, et vice versa, etc.
C'est, ce me semble, un grand avantage du système de l'auteur de ce dictionnaire de ren-
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dre la musique notée égiilement propre à tous les tons en changeant une seule lettre; cela fait qu'en quelque ton qu'on transpose , les instruments qui exécutent n'ont d'autre difficulté que celle de jouer la note, sans jamais avoir l'embarras de la transposition. ( Voyez Notes.)
Travailler, f. n. On dit qu'une partie travaille^ quand elle fait beaucoup de notes et de diminutions , tandis que d'autres parties font des tenues et marchent plus posément.
TkeiziÈ3Ie. Intervalle qui forme l'octave de la sixte ou la sixte de l'octave : cet intervalle s'appelle treizième , parce qu'il est formé de douze degrés diatoniques, c'est-à-dire de trei-. ze sons.
Tre^iblement , s. m. Agrément du chant que les Italiens appellent trillo, et qu'on dési-^ gne plus souvent en françois par le mot cadence. (Voyez Cadekce.)
On employoit aussi jadis le terme de trem-^ blement^ en italien trémolo , pour avertir ceux qui jouoient des instruments à archet, de battre plusieurs fois la note du même coup d'archet , comme pour imiter le tremblant de l'orgue. Le nom ni la chose ne sont plus eu usage aujourd'hui.
Triade harmoivique,^./. Ce terme en musique a deux différents sens : dans le calcul , c'est la proportion harmonique ; dans la pratique, c'est l'accord parfait majeur qui résuli
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te de cette même proportion et qui est composé d'un son fondamental , de sa tierce majeure et de sa quinte.
Tiiade^ parce qu'elle est composée de trois termes.
Harmonique , parce qu'elle est dans la proportion harmonique , et qu'elle est la source de toute harmonie.
Trihémitojv. C'est le nom que donnoient les Grecs à l'intervalle que nous appelons tierce mineure ; ils l'appeloient aussi quelquefois hémiditon. (Voyez HÉMi ou Semi.)
Trille ou Tremblemekt. (Voyez Cadence.)
Trimèles. Sorte de nome pour les flûtes dans l'ancienne musique des Grecs.
Trimères. Nome qui s'exécutoit en trois modes consécutifs, savoir^ le phrygien, le dorien, et le lydien. Les uns attribuent l'invention de ce nome composé à Sacadas, Argien, et d'autres à Clouas , Thégéate.
Trio. En italien terzetto. Musique à trois parties principales ou récitantes. Cette espèce de composition passe pour la plus excellente, et doit être aussi la plus régulière de toutes. Outre les règles générales du contre-point, il y en a pour le trio de plus rigoureuses , dont la parfaite observation tend à produire la plus agréable de toutes les harmonies : ces règles découlent toutes de ce principe que , l'accord parfait étant composé de trois sons différents,
il faut dans chaque accord , pour remplir l'harmonie, distribuer ces trois sons, autant qu'il se peut, aux trcws parties du trio. A l'égard des dissonances, comme on ne les doit jamais doubler, et que leur accord est composé de plus de trois sons, c'est encore une plus grande nécessité de les diversifier , et de bien choisir, outre la dissonance, les sons qui doivent par préférence l'accompagner.
De là ces diverses règles de ne passer aucun accord sans y faire entendre la tierce ou la sixte, par conséquent d'éviter de frapper à la fois la quinte et l'octave, ou la quarte et la quinte, de ne pratiquer l'octave qu'avec beaucoup de précaution , et de n'en jamais sonner deux de suite, même entre différentes parties, d'éviter la quarte autant qu'il se peut; car toutes les parties d'un trio, prises deux à deux, doivent former des duo parfaits : de là, en un mot, toutes ces petites règles de détail qu'on pratique même sans les avoir apprises, quand on en sait bien le principe.
Comme toutes ces règles sont incompatibles avec l'unité de mélodie, et qu'on n'entendit jamais trio régulier et harmonieux avoir un chant déterminé et sensible dans l'exécution , il s'ensuit que \etrio rigoureux est un mauvais genre de musique : aussi ces règles si sévères sont-elles depuis long-temps abolies en Italie, où l'on ne reconnoît jamais pour bonne une musique qui ne chante point , quelque ha^-
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iTîonieuse d'ailleurs qu'elle puisse être , et quelque peine qu'elle ait coûtée à composer.
On doit se rappeler ici ce que j'ai dit au mot duo. Ces termes duo et trio s'entendent seulement des parties principales et obligées , et l'on n'y comprend ni les accompagnements ni les remplissages : de sorte qu'une musique à quatre ou cinq parties peut n'être pourtant qu'un trio.
Les François , qui aiment beaucoup la multiplication des parties , attendu qu'ils trouvent plus aisément des accords que des chants , non contents des difficultés du trio ordinaire , ont encore imaginé ce qu'ils appellent doubletrio j dont les parties sont doublées et toutes obligées; ils ont un double trio du sieur Duché, qui passe pour un chef-d'œuvre d'harmonie.
Triple , adj. Genre de mesure dans laquelle les mesures , les temps ou les aliquotes des temps se divisent en trois parties égales.
On peut réduire à deux classes générales ce nombre infini de mesures triples , dont Bononcini, Lorenzo Penna, et Brossard après eux , ont surchargé , l'un son Musico pj-atico , l'autre ses Alberi musicali , et le troisième son Dictionnaire ; ces deux classes sont ^a mesure ternaire ou à trois temps, et la mesure binaire, dont les temps sont divisés en raison sous-triple.
Nos anciens musiciens regardoient la mesure à trois temps comme beaucoup plus excellente que la binaire , et lui donnoient , à cause de
cela , le nom de mode parfait. Nous avons expliqué aux mots Mode , Temps, Prolation , les différents signes dont ils se servoient pour indiquer ces mesures selon les diverses valeurs des notes qui les remplissoient ; mais, quelles que fussent ces notes , dès que la mesure étoit triple ou parfaite, il y avoit toujours une espèce de note qui, même sans point, remplissoit exactement une mesure , et se subdivisoit en trois autres notes égales, une pour chaque temps : ainsi , dans la triple parfaite , la brève ou carrée valoit , non deux , mais trois seraibrèves ou rondes ; et ainsi des autres espèces de mesures triples : il y avoit pourtant un cas d'exception ; c'étoit lorsque cette brève étoit immédiatement précédée ou suivie d'une semibrève; car alors les deux ensemble ne faisant qu'une mesure juste, dont la semi-brève valoit un temps , c'étoit une nécessité que la brève n'en valût que deux , et ainsi des autres mesures.
C'est ainsi que se formoient les temps de la mesure triple .-mais, quant aux subdivisions de ces mêmes temps , elles se faisoient toujours selon la raison sous-double , et je ne connois point d'ancienne musique où les temps soient divisés en raison sous-triple.
Les modernes ont aussi plusieurs mesures à trois temps, de différentes valeurs, dont la plus simple se marque par un trois, et se remplit d'une blanche pointée, faisant une noire
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pour chaque temps; toutes les autres sont des mesures appelées doubles , à cause que leur signe est composé de deux chiffres. ( Voyez Mesuke. )
La seconde espèce de triple est celle qui se rapporte, non au nombre des temps de la mesure, mais à la division de chaque temps en raison sous-triple : cette mesure est, comme je viens de le dire , de moderne invention , et se subdivise en deux espèces , mesure à deux temps , et mesure à trois temps , dont cellesci peuvent êti^e considérées comme des mesures doublement triples ; savoir i". parles trois temps de la mesure , et 2°. par \ei trois parties égales de chaque temps ; les triples de cette dernière espèce s'expriment toutes en mesures doubles.
Voici une récapitulation de toutes les mesures triples en usage aujourd'hui. Celles que j'ai marquées d'une étoile ne sont plus guère usitées.
I. Triples de la première espèce , c'est-à-dire dont la mesure est à trois temps , et chaque temps divisé en raison sous-double.
II. Triples de la deuxième espèce , c'est-àdire dont la mesure est à deux temps , et chaque temps divisé en raison sous-triple.
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Ces deux dernières mesures se battent à quatre temps.
III. Triples composées , c'est-à-dire dont la mesure est à trois temps , et chaque temps encore divisé en trois parties égales.
Toutes ces mesures triples se réduisent encore plus simplement à trois espèces , en ne comptant pour telles que celles qui se battent à trois temps ; savoir , la triple de blanches , qui contient une blanche par temps , et se marque ainsi \-.
La triple de noires , qui contient une Jioire par temps, et se marque ainsi \.
Et la ti-iple de croches , qui contient une croche par temps ou une noire pointée par mesure , et se marque ainsi \.
Voyez au commencement de la planche B des exemples de ces diverses mesures triples.
Triplé , adj. Un intervalle triplé est celui qui est porté à la triple octave. ( Voyez Ik-
TERVALLE. )
Triplum. C'est le nom qu'on donnoit à la partie la plus aiguë dans les commencements du contrepoint.
Trite , s. f. C'étoit, en comptant de l'aigu au grave , comme faisoient les anciens , la troisième corde du tétracorde , c'est-^à-dire la seconde , en comptant du i^rave à l'aigu.
Comme ii y avoit cinq différents tctracordes , il auroit du y avoir autant de trites , mais ce nom n'étoit en usage que dans les trois tétracordes aigus. Pour les deux graves , voyez Parhypate.
Ainsi il y avoit trite liyperboléon , trke diézeugménon , et trite synnéménon, ( Voyez Système , Tétrvcorde.)
Boëce dit que, le système n'étant encore composé que de deux tétracordes conjoints , on donna le nom de trite à la cinquième corde qu'on appeloit aussi paramèse, c'est-à-dire à la seconde corde en montant du second tétracorde ; mais que LycLaon , Samien , ayant inséré une nouvelle corde entre la sixième ou paianète , et la trite , celle - ci garda le seul nom de trite et perdit celui àe parâmes e , qui fut donné à cette nouvelle corde. Ce'u'est pas là tout-à-fait ce que dit Boëce ; mais c'est ainsi qu'il faut l'expliquer pour l'entendre.
Triton. Intervalle dissonant , composé de trois tons , deux majeurs et un mineur , e\ qu'on peut appeler quarte superflue. (Voyez Quarte.) Cet intervalle est égal, sur le clavier, à celui de la fausse -quinte; cependant les rapports numériques n'en sont point égaux, celui du triton n'étant que de 32 à 45 ; ce qui vient de ce qu'aux intervalles égaux de part et d'autre le triton n'a de plus qu'un ton majeur , au lieu de deux semi-tons majeurs qu'a la fausse-quinte, ("(^oyez Fausse-quinte.)