‹ Dictionnaire de musiqueChapitre 58 sur 72 · XV. v · texte numérisé non relu

XV. v

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Mais la plus considérable différence de la fausse-quinte et du triton est que celui-ci est une dissonance majeure , que les parties sauvent en s'éloignant, et l'autre une dissonance mineure , que les parties sauvent en s'approchant.

L'accord du triton n'est qu'un renversement de l'accord sensible, dont la dissonance est portée à la basse ; d'où il suit que cet accord ne doit se placer que sur la quatrième note du ton , qu'il doit s'accompagner de seconde et de sixte , et se sauver de la sixte. ( Voyez Sauver. )

V. Cette lettre majuscule sert à indiquer les parties du violon; et quand elle est double W , elle marque que le premier et le second sont à l'unisson.

Valeur des notes. Outre la position des notes, qui en marquent le ton, elles ont toutes qnelque figure déterminée qui en marque la durée ou le temps, c'est-à-dire qui détermine la valeur de la note.

C'est à Jean de Mûris qu'on attribue l'invention de ces figures , vers l'an i33o : car les Grecs n'avoient point d'autre valeur de notes que la quantité des syllabes; ce qui seul prouveroit qu'ils n'avoient pas de musique purement instrumentale. Cependant le P. Meisen-

ne, qui avoit lu les ouvrages de Mûris, assure n'y avoir rien vu qui pût confirmer cette opinion ; et , après en avoir lu moi - même la plus grande partie , je n'ai pas été plus heureux que lui : de plus , l'examen des manuscrits du quatorzième siècle , qui sont à la Bibliothèque du roi , ne porte point à juger que les diverses figures de notes qu'on y trouve fussent de si nouvelle institution : enfin c'est une chose difficile à croire que, durant trois cents ans et plus , qui se sont écoulés entre Gui Arétin et Jean Mûris , la musique ait été totalement privée du rhvthme et de la mesure, qui en font l'âme et le principal agrément.

Quoi qu'il en soit, il est certain queles différentes valeurs des notes sont de fort ancienne invention. J'en trouve, dèsles premiers temps, de cinq sortes de figures , sans compter la ligature et le point ; ces cinq sont, la maxime , la longue , la brève, la semi-brève, et la minime, [PI. D, fig. 8. ) Toutes ces différentes notes sont noires dans le manuscrit de Guillaume de Machault; ce n'est que depuis l'invention de l'imprimerie qu'on s'est avisé de les faire blanches ,et, ajoutant de nouvelles notes, de distinguer les valeurs par la couleur aussibien que par la figure.

Les notes , quoique figurées de même, n'avoient pas toujours la même valeur ; quelquefois la maxime valoit deux longues , ou la longue deux brèves ; quelquefois elle

en vaioit trois ; œla dépendoit du mode. ( Voyez Mode. ) li en étoit de même de la brève par rapport à la semi-brève; et cela dépendoit du temps ( voyez Temps ) ; de même enfin de la semi-brève par rapport à la minime ; et cela dépendoit de la prolation. ( Voyez Pkolatio]^. )

Il y avoit donc longue double , longue parfaîte, longue imparfaite, brève parfaite, brève altérée , semi-brève majeure, et semi-brève mineure ; sept différentes valeurs auxquelles répondent quatre figures seulement, sans compter la maxime ni la minime , notes de plus moderne invention ( fojez ces divers mots). 11 y avoit encore beaucoup d'autres manières de modifier les àïîïéve.n\.es' valeurs de ces notes^ par le point, par la ligature, et par la position de la queue, ( Voyez Ligature , Plique , Point. )

Les figures qu'on ajouta dans la suite à ces cinq ou six premières furent la noire, la crocbe, la double -croche , la triple, et même la quadruple-croche ; ce qui feroit onze figures en tout : mais dès qu'on eut pris l'usage de séparer les mesures par des barres, on abandonna toutes les figures de notes qvii valoient plusieurs mesures, comme la maxime , qui en vaioit huit , la longue , qui en vaioit quatre , et la brève ou carrée, qui en vaioit deux.

La semi -brève ou ronde, qui vaut une mesure entière , est la p!u^ longue valeur de notes

tlemcurc€ en usage, etsnr laquelle on a déterminé les valeurs de toutes les autres notes) et comme la mesure binaire, qui a voit passé longtemps pour moins parfaite que la ternaire ^ prit enfin le dessus et servit de hase à toutes les autres mesures , de même la division sousdouble l'emporta sur la sous-triple qui avoit aussi passé pour plus parfaite ; la ronde ne valut plus quelquefois trois blanches , mais deux seulement ; la blanche , deux noires; la noire, deux croches , et ainsi de suite jusqu'à la quadruple-croche, si ce n'est dans les cas d'exception où la division sous-triple fut conservée et indiquée par le chiffre 3 placé audessus ou au-dessous des notes. ( Voyez Planche 1), figures 8 et 9 , les valeurs et les figures de toutes ces différentes espèces de notes. )

Les ligatures furent aussi abolies en même temps, du moins quant aux changements qu'elles produisoient dans les i>aleiirs des notes ; les queues, de quelque manière qu'elles fussent placées, n'eurent plus qu'un sens fixe et toujours le même; et enfin la signification du point fut aussi toujours bornée à la moitié de la note qui est immédiatement avant lui. Tel est l'état où les figures des notes ont été mises , quant à la valeur , et où elles sont actuellement. Les silences équivalents sont expliqués à l'article Silence.

L'auteur de la Dissertation sur la musique moderne trouve tout cela fort mal imaginé.

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