TOI
m. Le trop grand éloignement des l'oix entre elles , qui leur fait à toutes excéder leur portée, oblige souvent d'en subdiviser plusieurs : c'est ainsi qu'on divise les basses en basses-contre et basses-tailles , les tailles en hautes-tailles et concordants, les dessus en premiers et seconds ; mais dans tout cela on n'aperçoit rien de fixe , rien de réglé sur quelque principe. L'esprit général des compositeurs françois est toujours de forcer les i'oix pour les faire crier plutôt que chanter : c'est pour cela qu'on paroît aujourd'hui se borner aux- basses et hautes-contre qui sont dans les deux extrêmes. A l'égard de la taille , partie si naturelle à l'homme qu'on l'appelle ooix humaine par excellence , elle est déjà bannie de nos opéra , où l'on ne veut rien de naturel; et, par la même raison, elle ne tardera pas à l'être de toute la musique françoise. On distingue encore les voix par beaucoup d'autres différences que celles du grave à l'aigu. Il y a des voix fortes dont les sons sont forts et bruyants ; des voix douces dont les sons sont doux et flûtes ; de grandes voix qid ont beaucoup d'étendue ; de belles voix dont les sons sont pleins , justes et harmonieux : il y a aussi les contraires de tout cela. Il y a des voix dures et pesantes ; il y a des voix flexibles et légères ^ il y en a dont les beaux sons sont également distribués, aux unes dans le haut, à d'autres dans le médium^ à d'autres
366 voi
dans le bas : il y a aussi des voix- égales , qui font sentir le même timbre dans toute leur étendue. C'est au compositeur à tirer parti de chaque voix , parce que son caractère a de plus avantageux. En Italie , où chaque fois qu'on remet au théâtre un opéra, c'est toujours de nouvelle musique, les compositeurs ont toujours grand soin d'approprier tous les rôles aux voix qui les doivent chanter. Mais en Finance où la même musique dure des siècles , il faut que chaque rôle serve toujours à toutes les voix de m^ême espèce; et c'est peut-être une des raisons pourquoi le chant françois , loin d'acquérir aucune perfection , devient de jour en jour plus traînant et plus lourd.
La voix la plus étendue , la plus flexible, la plus douce , la plus harmonieuse qui peut-être ait jamais existé , paroît avoir été celle du chevalier Balthasar Ferri , Pérousin , dans le siècle dernier, chanteur unique et prodigieux^ que s'arrachoient tour à tour les souverains de l'Europe, qui fut comblé de biens et d'honneurs durant sa vie , et dont toutes les muses d'Italie célébrèrent à l'envie les talens et la gloire après sa mort. Tous les écrits faits à la louange de ce musicien célèbre respirent ie ravissement, l'enthousiasme; et l'accord de tous ses contemporains montre qu'un talent si parfait et si rare étoit même au-dessus de l'euxie. Rien , disent-ils , ne peut exprimer l'éclat
voi. 367
de sa l'oix ni les grâces de son chant ; il avoit au plus haut degré tous les caractères de perfection dans tous les genres; il était gai , fier, grave, tendre à sa volonté, et les cœurs se fondoient à son pathétique. Parmi l'infinité de tours de force qu'il faisoit de sa voicc , je n'en citerai qu'un seul : il montoit et redescendoit tout d'une haleine deux octaves pleines par un trille continuel marqué sur tous les degrés chromatiques, avec tant de justesse, quoique sans accompagnement , que si l'on venoit à frapper brusquement cet accompagnement sous la note où il se trouvoit, soit bémol, soit dièse, on sentoit à l'instant l'accord d'une justesse à surprendre tous les auditeurs.
On appelle encore voix les parties vocales et récitantes pour lesquelles une pièce de musique est composée ; ainsi l'on dit un mottet à voix seule, au lieu de dire un mottet en récit ; une cantate à deux ^cix , au lieu de dire une cantate en duo ou en deux parties , etc. ( Voyez Duo, Trio, etc. )
VoLTE, s.f. Sorte d'air à trois temps, propre à une danse de même nom , laquelle est composée de beaucoup de tours et retours , d'où lui est venu le nom de volte : cette danse étoit une espèce de gaillarde , et n'est plus en nsage depuis long-temps.
Volume. Le volume d'une voix est l'étendue ou l'intervalle qui est entre le son le plus aigu
et le son le plus grave qu'elle peut ren dre. Le ^volume des voix les plus ordinaires est d'environ huit à neuf tons ; les plus grandes voix ne passent guère les deux octaves en sons bien justes et hien pleins.
Upinge, Sorte de chanson consacrée à Diane parmi les Grecs, ( Voyez Cha.kso]v. )
Ut. La première des six syllabes de la gamme de l'Arétin, laquelle répond à la lettre C.
Par la méthode des transpositions on appelle toujours ut la tonique des modes majeurs et la médiante des modes mineurs. ( Voyez Gamme , Transposition. )
Les Italiens trouvant cette syllabe iit trop sourde, lui substituent, en solfiant, la syllabe do.
Za. Syllabe par laquelle on distingue, d le plain-chant , le si bémol du si naturel , quel on laisse le nom de si.