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acoustiques plus parfaits leur a été offert; Ainsi le violon a succédé à la vielle et au rebec , la lyre, le luth, le théorbe, la mandoline, ont été remplacés par la guitare , comme le clavecin , l'épinetle, par le piano.

Tout en réformant une quantité àHnstrumens inutiles , on a conservé avec soin tous ceux qui , par la douceur ou le brillant , la gravité ou l'élévation de leurs sons avaient un caractère particulier, et par cette raison occupaient une place essentielle dans l'orchestre. Cette diversité de timbres et de diapasons produit d'agréables contrastes , étend les bornes de l'échelle mélodique, donne de la physionomie au chant, et du mordant et de l'ordre à l'harmonie.

Nous divisons encore les instniniens en deux classes: i.° Ceux qui offrent les moyens d'exécuter un chant et les parties diverses qui forment son harmonie , et qui , pris individuellement , suffisent à l'accompagnement de la voix. Tels sont l'orgue , le piano , la harpe , et même la guitare.

2." Ceux qui ne sauraient fournir une Harmonie complette, sans se prêter un secours mutuel, soit qu'on les emploie dans la symphonie ou à l'accompagnement des voix. Tous les m.s^rw/wew* qui concourent à la formation d'un orchestre sont rangés dans cette catégorie , savoir :

Le violon, La viole , Le violoncelle, La contrebasse, La flûte,

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Le hautbois ) La clarinette , Le cor anglais ,

Le cor de basset ,

La trompette ,

Le cor ,

Le basson ,

Le trombone ,

Les timbales ,

Le triangle ,

Le beffroi ,

Le tambour.

Avant LuUi les instrumens à vent ne faisaient point partie de l'orchestre : on ne reconnaissait alors de parfaite harmonie que dans une réunion de sons homogènes. Les dessus de violon étaient accompagnés par les quintes et les basses de violon. Comme les flûtes , les hautbois, les trompettes devaient être entendus chacun séparément , on imagina de former à ces instrumens des systèmes harmoniques complets pareils en tout à celui du violon. Il y eut donc des dessus , des quintes , des basses , des contrebasses , de hautbois , de flûte , de trompette. Les instrumens de différentes espèces ne jouant jamais ensemble , on donnait un concert de violons , un concert de flûtes , un concert de trompettes.

La réunion des violons aux instrumens à vent , a rendu inutile cette multitude de dérivés. Ceux que l'on n'a pas supprimés , ont acquis dans l'orchestre une parfaite indépendance. Le basson y est considéré comme

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basson , et non comme basse de hautbois. En se débarrassant d'un remplissage qui n'était plus d'aucun secours à cause du volume de son que les contrebasses , les violoncelles , les violes , fournissent dans les régions inférieures , on pensa néanmoins que les marches d'une harmonie rapprochée que l'on confie aux instrument à vent, auraient plus de charme en étant rendues par des sons de même nature. On plaça donc un second d( ssus de flûte , de hautbois , de clarinette , de cor , de trompette , de basson , pour porter la tierce , la quinte ou la sixte , avec son premier. Le trombone seul fut l'objet d'une exception, et par la raison que nous donnerons en son lieu. ( Voyez Trombone. ) On établit qu'il en fallait un ou trois.

Dans les réformes que la nouvelle manière d'écrire et d'exécuter la musique provoqua, la flûte perdit sa quinte et sa basse. La famille du hautbois resta dans son intégrité. La trompette ne conserva que son dessus et sa basse qui est le trom.bone. La clarinette n'était point encore en usage et le cor ne servait qu'à guider une meute.

Après les parties vocales , le quatuor è^instrumena à cordes est la base sur laquelle repose toute rnusique dramatique. Il se compose du premier violon qui joue la partie aiguë du chant ou de l'accompagnement; du second violon , de la viole qui tiennent l'harmonie intermédiaire, et du violoncelle qui exécute la partie de basse conjointement avec la contrebasse.

Les instrumens à vent employés avec art dans Forchestre et se faisant entendre par intervalles, jettent

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des fleurs dans le discours , colorent les motifs avec suavité , ajoutent au pouvoir de l'harmonie en renforçant les bonnes notes, varient les effets parleurs accens pathétiques ou leurs folâtres badinages. Pareils aux bas-reliefs , aux pilastres , aux statues ils ne suffiraient point pour la construction de l'édifice , mais ils servent à l'embellir. {Fig, 27.)

Instrumental, adj . Qui a rapport aux instrumens, qui s'obtient au moyen des instrumens. Style instrumental , musique instrumentale , concert instrum,ental.

Instrumental (Chant). L'idée musicale, le motif, la mélodie , le chant enfin , car tous ces mot^ sont synonymes, est confié principalement aux voix dans la musique dramatique et au premier violon dans la symphonie. Mais tous les instrumens s'en emparent ensemble ou tour à tour pour laisser reposer le chanteur, remplir les intervalles destinés au jeu de scène ou varier le discours par des solos contrastés. L'on peut dire qu'ils chantent tous puisque dans certains passages les sons du trombone, des timbales , du triangle même arrivent seuls à l'oreille des écoutans.

Il y a donc deux puissances qui concourent également à l'exécution d'une composition lyrique. Les personnages scéniques pour le chant vocal , et l'orchestre pour faire entendre les ouvertures , les airs de danse , les marches, les ritournelles , les bruits de guerre et de chasse, les tempêtes, tout ce qui a rapport à l'imitation pittoresque , les traits aimables ou passionnés

INS. Sof)

Tjiû coupent le récitatif, se mêlent aux airs , aux duos, aux chœurs et tous les effets que le chant instn^metital doit produire. Soit que dans un finale ou un morceau d'action il soutienne lui seul le discours musical , soit que dans une lutte brillante il se joue d'un motif que la voix lui cède pour le reprendre encore.

Le chant vocal exprime les passions. L'action est Teservée au chant instrumentaL

Le personnage trop occupé de ce qu'il fait, de ce qu'il voit , de ce qu'il craint , de ce qu'il souffre , ne peut point nous entretenir des sentimens qui régnent dans son âme. Son discours n'ayant pas de suite ne saurait fournir un chant régulier. Comme il faut pourtant que ce chant existe on ne le composera pas moins en ayant soin d'en confier l'exécution à l'orchestre. Quelques mots échappés à l'acteur indiquent sa peine ou sa satisfaction et ces exclamations fugitives, ces phrases isolées, disposées sur les traits de violon jetteront par intervalles leurs précieuses clartés sur les tableaux de la musique.

Le dialogue vif et pressant d'un finale , le récit d'un combat, un oracle, la lecture d'une lettre doivent être débités sur le ton de la simple déclamation. L'intérêt est tout dans les paroles , il faut donc les présenter avec clarté , et dégagées des ornemens du chant. Les voix déploieront ensuite leur force dramatique et leur douce mélodie quand on passera de l'action aux sentimens (qu'elle a fait naître.

Comme le chant vocal celui des instrumens suit ordinairement le sens des paroles. Il se rencontre pour- 1. 20

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tant des situations qui exigent qu'il le contrarie ouver* tement : on en peut faire la remarque dans Iphigénie en Tauride et Zémire et Azor. Oreste nous dit: le calme rentre dans mon cœur ^ et l'orchestre est toujours agité. Ali prétend que l'orage va cesser et les vents redoublent leur fracas.

Dans les airs mesurés comme dans le récitatif, le allant instrumental prépare les changemens de ton et dispose l'âme aux sensations qu'on veut lui faire éprouver. Si la voix se repose , un ou plusieurs instrumens s'emparent aussitôt du discours musical , deviennent parties principales , trouvent dans les aùti^s un accompagnement, et le motif suivant toujours son cours ne fait que changer d'organe. C'est la flûte mélodieuse, le hautbois, le violon, le violoncelle qui répètent les chants simples ou les brillantes périodes de la voix. En nous retenant sur le même objet l'orchestre supplée au silence du personnage, nous le montre toujours occupé de la même pensée et sert ainsi de complément à son expression. (Fig, 28.)

Les plus beaux effets de l'air A^ A rmide ; plus f observe ces lieux , sont dus au chant instrumental» Dans l'air de la Mélomanie , chanté par Crispin , et les scènes du Maestro di Capella , tout l'intérêt est dans le chant instrumental. Pareil aux démonstrateurs des cabinets de curiosités , l'acteur n'est en scène que pour dire : C'est la flûte^ le hautbois, il violoîiceîlo , il fagot to , iZ/ZrzMiJ que nous allons entendre. Dans l'introduction de l'opéra de Tjodoïsha de M. Kreutzer , l'orchestre forme un tout symphonique par-

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faitement complet, et le chœur : allons, mes belles, suivez-nous , se fait entendre en même temps. Une part des instrumens récite tandis que l'autre accompagne, et les voix forment un groupe séparé, indépen-» dant qui concourt à Teffet général.

Placé au second rang dans un opéra , le chant instrume/ital n'a plus de rival dans les ballets : airs de danse, marches, symphonies . airs d'expression, proverbes musicaux , tempêtes , chasses , etc. , tout est du ressort de l'orchestre et c'est lui qui doit tout exprimer.

On trouvera dans le livre intitulé De l'Opéra en France , un long chapitre sur le chant Instrumental,

Instrumentiste, s. des 2. g. Musicien qui se livre à la culture d'un ou de plusieurs instrumens.

Intense, adj. Les sons intenses sont ceux qui ont le plus de force , qui s'entendent de plus loin 5 ce sont aussi ceux qui, étant rendus par des cordes fort tendues , vibrent par là même plus fortement. Ce mot est latin , ainsi que celui de rérniose qui lui est opposé 5 mais on les a francises dans les écrits de musique théorique.

Intermède , s. m. Pièces de musique et de danse qu'on insérait à l'Opéra , et quelquefois à la comédie , entre les actes d'une grande pièce , pour égayer et reposer en quelque sorte l'esprit du spectateur attristé par le tragique et tendu sur les grands intérêts.

Plusieurs dé ces intermèdes , tels que la Servante Maîtresse , étaient de véritables opéras comiques ou

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bouffons , lesquels coupaient ainsi l'intérêt par un intérêt tout différent , balottaient et tiraillaient pour ainsi dire l'attention du spectateur en sens contraire, et d'une manière très-opposée au bon goût et à la raison. C'est ce qui a fait abandonner tout-à-fait ce genre de pièces , et si l'on joue maintenant la Sentante Maîtresse^ cet intermède tient son rang dans le spectacle comme un autre opéra , et n'est plus intercalé dans les actes d'un drame lyrique comme autrefois.

Intervalle , s. m. L'intervalle est la distance d'un son à un autre, plus grave ou plus aigu; c'est tout l'espace que l'un aurait à parcourir pour arriver à l'unisson de l'autre. La différence qu'il y a de Vinterpalle à V étendue, est que V intervalle est considéré comme indivisé, et l'étendue comme divisée. DahsV intervalle on ne considère que les deux termes ; dans l'étendue on en suppose d'intermédiaires.^

A prendre ce mot dans le sens le plus général, il est évident qu'il y a une infinité à' intervalles ; mais comme en musique , on borne le nombre des sons à ceux qui composent un certain système , on borne aussi par là le nombre des intervalles à ceux que ces sons peuvent former entr'eux ; de sorte qu'en combinant deux à deux tous les sons d'un système quelconque , on aura tous les intervalles possibles dans ce même système ; sur quoi il restera à réduire sous la même espèce tous ceux qui se trouveront égaux.

En mélodie , les intervalles sont successifs; enharmonie 5 ils sont à la fois successifs et simultanés. Suc-

cessifs dans les parties et simultanés par Paccord des parties entr'elles.

Les intervalles simultanés sont divisés en intervalles consonnans et dissonans : les inlervalles consonnans sont la tierce , la quinte , la sixte et Foctave.

Les intervalles dissonans sont la seconde et la septième. La quinte ne pouvant être altérée sans cesser d'être consonnante , on doit regarder la quinte diminuée et la quinte augmentée , comme intervalles dissonans.

La quarte étant un renversement de quinte , devrait être considérée comme consonnance ; mais son effet ne donnant pas comme celui de la quinte une seule et même appréciation du mode où on la pratique, chaque terme de la quarte , soit l'aigu ou le grave , pouvant être considéré comme tonique , fl en résulte que cet intervalle est regardé comme dissonant contre la note de basse, et consonnant entre les parties, et même sur la basse lorsqu'il est accompagné de sixtes , et que la modulation est décidée; ce qui arrive fréquemment dans les cadences harmoniques finales.

Tout intervalle est simple ou redoublé. L'm/^rva//e simple est celui qui est contenu dans les bornes de l'octave. Tout intervalle qui excède cette étendue est redoublé , c'est-à-dire composé d'une ou plusieurs octaves , et de Vintervalle simple dont il est la ré plique.

Les interi^alles simples se divisent encore en directs et en renversés : prenez pour direct un intervalle simple quelconque : son complément ^ à l'octave , est

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toujours le renversement de celui-là , et réciproquement.

Il n'y a que six espèces ^intervalles simples , dont trois sont comple'mens des trois autres à Foctave j et par conséquent aussi leurs renversés.

Si vous prenez d'abord les moindres intervalles^ vous aurez pour directs la seconde^ la tierce et la quarte ; pour renversés , la septième , la sixte et la quinte. Que ceux-ci soient directs , les autres sont renversés : tout est réciproque.

Uinterpallë se mesure en degrés de l'échelle diatonique , et c'est le nombre de ces degrés qui sert à nommer V intervalle.

Lorsque deux notes sont sur le même degré , il y a unisson'^ lorsqu'elles diffèrent d'un degré, Vintervallè s'appelle seconde ; il s'appelle tierce , quand elles diffèrent de deux ; quarte , quand elles diffèrent de trois ; quinte, quand elles diffèrent de quatre , et ainsi de suite jusqu'à l'octave.

En continuant de la même manière depuis l'octave, on obtiendra la neuvième, la dixième, la onzième, la douzième, la treizième, la quatorzième, et la quinzième , ou double octave. En continuant encore audelà de la double octave , on aurait la seizième , la dixseptième , la dix-huitième , la dix-neuvième , la vingtième, et ainsi de suite dans toute l'étendue du système.

On compte les intervalles du grave à l'aigu, attendu que dans l'harmoGie tout se rapporte à la basse.

Un intervalle peut, en comprenant toujours lé même nombre de degrés , et par conséquent, en con-.

servant toujours les mêmes notes , être de genres trèsdifférens , à raison, soit de sa position dans re'chelle, soit des altérations que peuvent e'prouver les notes qui le composent. [Fig. 18.)

Intonation, s. f. Action d'entonner. U intonation peut être juste ou fausse, trop haute ou trop basse, trop forte ou trop faible, et alors le mot intonation, accompagné d'une épithète, s'entend de la manière d'entonner.

Intrada, s. f. Entrée, introduction. ( /^qyejs Introduction.)

Introduction, s. f. Morceau de musique d'un mouvement grave, composé d'un petit, nombre de phrases, souvent même de quelques mesures ou de quelques accords solennels destinés à annoncer le premier allégro d'une symphonie, d'une ouverture ou de toute autre pièce instrmnentale. L'ouverture à^Iphigénie eii Aulide , et celle de la Flûte Enchani?ée, commencent par une introduction.

Quelques compositeurs dramatiques , donnant plus d'extension et un mouvement plus animé à Yintroduction^ lui ont fait tenir la place de l'ouverture dont elle n'a pourtant ni les formes ni les développemens. L'opéra d'Ariodant s'ouvre par une très-belle introduction.

Lorsque la pièce étale en commençant im grand spectacle , lorsqu'elle débute par quelque pompe triomphale, par l'arrivée d'une foule innombrable, une en-

trée magnifique j quelque sacrifice solennel, quelque cérémonie auguste^ quelque phénomène terrible de la nature , comme un naufrage , une tempête , un tremblement de terre. Tou5 ces objets sont si beaux, que le musicien peut les montrer tout d'un -coup sans les annoncer : ils n'en frapperont que davantage. C'est ainsi que Gluck a supprimé dans Iphigénie en Tauride l'ouverture proprement dite , et y a substitué la représentation du premier événement de la pièce. Sa tragédie débute par le grand tableau du calme , d'une tempête qui lui succède , de la foudre qui éclate, de la mer soulevée qui menace de tout engloutir, de la désolation d'Iphigénie et des prêtresses de Diane , dont les cris plaintifs , les voix touchantes , les prières tendres et animées , contrastent avec les mugissemens des flots, les sifïlemens des vents et le fracas retentissant du tonnerre.

Cette manière de comimencer un opéra par un tableau pittoresque , une scène mêlée de récits et de sentimens , d'action et de passions , est très-brillante. Le morceau de musique composé sur ces élémens divers s'appelle aussi introduction, H y a donc deux sortes d^ introduction ; la première est purement symphonique , nous en avons déjà parlé : c'est l'ébauche d'une ouverture, une pièce dont la brièveté semble être motivée par le désir qu'éprouve le musicien de nous livrer le plutôt possible un objet d'un intérêt plus grand, en nous offrant à la fois les charmes de la poésie et de la musique.

Ïj introduction de la seconde espèce est faite au

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eonti*aire pour captiver ratlention du spectateur au l^ver du rideau, en lui présentant de magnifiques images, une action déjà liée , et l'expression des sentimens quand il ne s'attend qu'aux récits de Texposition. Ces récits viendront ensuite , et on leur donnera tous les développemens nécessaires pour l'instruire de ce qui s'est passé et de ce que l'on va faire. Il est beau de marquer le début du drame par un morceau d'éclat. Le dessin , la coupe de cette introduction varient selon la situation des personnages , le lieu de la scène , la nature des événemens que l'on prépare ; tantôt c'est un air , un duo , un cbœur ; mais ce cbœur , ce duo , cet air , ont des formes particulières à Vintroduction , et tiennent tous du genre descriptif ou du récit : car il faut nécessairement que les écoutans sachent de quoi il s'agit , et un air consacré entièrement aux passions , ouvrirait mal un opéra , puisqu'on ne connaîtrait point la cause qui les a excitées. Le premier air de Joseph est un heureux mélange de récits et de sentimens. Celui qui ouvre l'opéra de Bion est tout descriptif.

Cette seconde espèce d'introduction que l'on pourrait appeler scénique, n'exclut pas l'ouverture. Eîisa, les deux Lodoïsha , Don Juan , les Noces de Figaro j Bion, Tamerlan j Pierre le Grand, le Calife de Bagdad, le prouvent assez.

Quelques opéras, tels que Richard Cœur de ILtion^ les Bardes , Paul et Virginie, de M. Lesueur, réunissent les deux espèces à' introduction»

Les opéras à' Orphée , Dun Juan , les Noces de Figaro, Elisa , les deux Lodoïska , Médée , les

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gardes y Paul et V^irginie ^ de M. Lesueur; Bion^. Sémiramis^ ont de belles introductions soéniques.

^introduction instrumentale à^Ariodant est la meilleure que puisse fournir notre répertoire.

Invention, s. f. On nomme invention l'art, ou, pour mieux dire , la faculté de trouver des idées. Ce terme indique suffisamment que nous Ifi regardons presque entièrement comme im don de la nature. On ne peut donc point prescrire de règles à ce sujet , mais seulement tracer quelques observations qui peuvent, être utiles.

On distingue deux sortes à! invention; V invention, proprement dite , et V invention par imitation. C'est à la première espèce que s'applique particulièrement ce que nous venons de dire. C'est elle qui crée ces productions neuves et originales qui ne ressemblent à rien de ce (pii les a précédées , et qui servent de modèles à tout ce qui les suit. Elle est le caractère le plus distinctif du génie : elle s'attache aussi bien aux détails qu'à l'ensemble, à la manière qu'au fond; et souvent l'artiste montre autant de génie en traitant une idée commune, qu'en produisant de nouvelles idées.

JJinveîition'^àr imitation consiste à se rapprocher, dans I0 plan, la conduite, les tours et la manière, de quelque autre production déjà connue. Quoique elle paraisse plus facile que l'autre , elle a néanmoins ses écueils et ses difficultés : la principale est le danger que l'on court de tomber dans le plagiat, si l'on n'a pas assez d'imagination, de goût et d'adresse poui»

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enrichir d'accessoires qui nous soient propres , ou dé* naturer habilement le fond dont on veut s'emparer. Une heureuse imitation peut valoir une invention réelle.

L'ouverture de F Opéra "Comique est calquée sur celle du Prisonnier; et Délia Maria s'est imité luimême dans cet œuvre. Presque tous les débutans disposent leurs premières compositions sur des patrons qu'ils choisissent.

Dans un ouvrage musical , il y a le lot de l'inventeur et celui du maître habile qui polit, dessine , ordonne et bâtit un édifice élégant et régulier avec les matériaux précieux , quoique informes , donnés par l'imagination. Les belles mélodies qui précèdent les opéras de la Caravane et de Panurge sont trouvées; elles attendent un harmoniste , un compositeur qui les mette en œuvre pour en faire des ouvertures.

Inversion , s. f. Uinversion consiste à prendre un sujet ou trait quelconque de mélodie^ dans un ordre différent de celui où il est proposé. Cette opération se nomme autrement , imitation inverse, (Fig. 26.)

Il y a quatre sorles à^ inversion.

La première se nomme inversion simple ; elle consiste à renverser tous les intervalles d'un trait de mélodie , de manière que ceux qui sont ascendans dans le sujet, soient descendans dans la réponse, et réciproquement. On ne s'astreint néanmoins pas toujours à conserver les mêmes intervalles. Cette inversion peut

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