CÉLESTE
Gf,Mba.lo. Mot italien qui signifie clavecin : il dérive de claviuenibalunij premier nom de cet instrument.
Cextov, s. m. ; en italien, centone. On appelle ainsi un oratorio, un opéra composé d'airs de plusieurs maîtres; on lui donne aussi le nom àc pas! iccio, pâté, pastiche^ composition dans laquelle il entre divers ingrédiens.
Les Folles amoureuses ^ la Fausse j4gnès^ le Roi et le Meûniei\ opéras, sont des pastiches ou venions. Les ouvrages de cette sorte sont les v:irtorum de la musique : ou pourrait leur donner le nom de bouquet musical.
Centon vient du grec centron , liabit de divers
morceaux.
Gentoniser, V. n. , terme de plain-chant. C'est composer un chant de traits recueillis et arrangés pour la mélodie qu'on a en vue. Gette manière de composeï^ n'est pas de l'invention des symphoniastes modernes , puisque, selon l'abbé Le Bœuf, saint Grégoire luimême a centonisé,
Ghaconne , s. f. Air de danse très-étendu qui servait de finale à un ballet ou à un opéra. Là chaconne n'est plus en usage sur aucun théâlrci
GhalumeA-U, s. m. Instrument à vent fort ancien^ et le premier peut-être qui ait été inventé. Get instrument pastoral n'était , dans l'origine , qu'un roseau percé de plusieurs trous.
Le chalumeau moderne était une espèce de petit hautbois, que l'on a abandonné à cause de la mauvaise qualité de ses sons.
Les chalumeaux de la musette sont les tuyaux d'ivoire qui s'attachent au corps de cet instrument.
Le la placé entre les lignes ( la clef étant celle de sol) , divise le diapason de la clarinette en deux parts: celle qui est au-dessous de ce point s'appelle chalumeau : celle qui se trouve au-dessus prend le nom de clarinette. Cette distinction vient de ce que les sons graves de la clarinette ayant quelque rapport avec ceux du chalumeau rustique, sont nasards, sourds et désagréables , si l'exécutant ne s'est point appliqué à les corriger au moyen de l'embouchure. Quelquesuns croient que le nom de chalumeau a été donné à la partie basse du diapason de la clarinette, à cause
du petit chalumeau de cuivre placé, dans rintérieur de Finstrument , sur le trou qu'ail faut tenir ouvert pour obtenir le la ci-dessus désigné , et les autres sons qui le suivent à Paigu , lesquels appartiennent tous à l'autre demi-diapason appelé clarinette»
Le mot chalumeau placé sur un trait de clai'inette noté sur la portée , indique que ce trait doit être exécuté à l'octave basse et dans la région du chalumeau» Le mot loco , ou clarinette , fait connaître le moment où l'on doit jouer sans transposition d'octave.
Chanson, s. f. Espèce de petit poème lyrique fort court, qui roule ordinairement sur des sujets agi-éables , auquel on a ajouté un air pour être chanté dans des occasions familières, comme à table, avec ses amis, avec sa maîtresse , et même seul , pour éloigner quelques instans l'ennui si l'on est riche , et pour supporter plus doucement la misère et le travail si Ton est pauvre.
• Le musicien met en musique les couplets du poète y et si l'aii* réussit, d'autres poètes composent de nouveaux vers sur le même mètre, et les ajustèiit ainsi à cet ait" déjà connu.
n est rare que l'air fait pour le pi-emier couplet d'une romance ou d'une chanson puisse se chanter ensuite exactement avec les paroles de ceux qui le suivent. Les vers , quoique parfaitement égaux et sjiiiétHqùès sous le rapport de la mesure et de la lime, n'ont cependant pas lés mêmes césures ni la même distribution des syllabes longues ou brèves. Il faut donc altérer les valeurs des notes, ajouter, supprimer, di- 1- 7
viser, réunir, gagner sur l'une ce que l'autre a fait perdre, pour phraser avec goût, et ne point s'arrêter mal à propos sur une brève > escamoter une longue, ou couper ridiculement les mots , comnie certaines personnes font en disant , dans le troisième couplet de la romance de Zêlie^
O ma Zélie, à l'amant qui t'adore , Donne un rcgiid, un sou — pir, un baiser.
( Voyez Couplet, Prosodier , Romance. ) Chansonnette, s. f. Petite cbanson.
Chant, s. m. Sorte de modification de la voix humaine , par laquelle on forme des sons variés et appréciables. Observons que, pour donner à cette définition toute l'universalité qu'elle doit avoir, il ne faut pas Seulement entendre par sons appréciables ceux qu'on peut assigner par les notes de; notre musique , et rendre par les touches de notre clavier, mais tous ceux dont on peut trouver ou sentir l'unisson , et calculer les intervalles, de quelque manière que ce soit.
Chant y appliqué plus particulièrement à notre musique , en est la partie mélodieuse , celle qui résulte de la durée et de la succession des sons-, celle d'où dépend en grande partie l'expression , et à laquelle
tout le reste est subordonné. Les cJiants agréables
frappent d'abord , ils se gravent facilement d^ns U mémoire; mais ils sont souvent j'écueil des composi*. teurs, parce qu'il ne faut que.diji savoir^ pour entasser des accords, et qu'il faut du talent pour imaginer des
■chants gracieux. H y a dans chaque nation des tours de citant triviaux et usés, dans lesquels les mauvais musiciens retombent sans cesse ; il y en a de baroques, dont il ne faut pas se servir , parce que le public les rebute. Inventer des chants nouveaux . appartient à l'homme de ^émey trouver de beaux chants, appartient à l'homme de goût.
Enfin, dans son sens le plus resserré, chant se dit seulement de la musique vocale; et dans celle qui est mêlée de symphonie, on appelle parties de cliant celles qui sont destinées pour les voix.
Chant (l'art du) a pour objet l'exécution de la musique vocale. L'invention des chants , leur disposition à plusieurs parties , appartient exclusivement à la science de la composition.
Chant Ambrosien. Sorte de plain- chant dont Tinvenlion est attribuée h saint Ambroise , archevêque de Milan. Le citant amhrosien est encore en usage dans les églises de cette ville.
Chant Grégorien. Sorte de plain-chant dont l'invention est attribuée à saint Grégoire, et qui a été substitué ou préféré , dans la plupart des églises , au chant ambrosien.
Ces deux chants diffèrent en ce que saint Ambroise avait conservé au chant un rhythme que saint Grégoire lui enleva. La constitution des tons est la même dans ces deux sortes de chant.
Chant en ison, ou Chant égal. On appelle ainsi on chant ou une psalmodie qui ne roule que sur deux
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sons , et ne formé pur conséquent qu'un intervalle; Quelques ordres religieux n'ont, dans leurs églises, d'autre chant que le cjmnt en ison»
Chant sur le livre. Plain- chant ou contrepoint à quatre parties ♦ que les musiciens composent et chantent impromptu sui- nue seule; savoir, le livre de chœur qui est au lutrin, en sorte qu'excepté la partie notée, qu'on met ordinairement au ténor, les musiciens, affectés aux trois autres parties, n'ont que celle-là pour guide , et composent chacun !d lëiir éii chantant.
Chantant. Epithète que l'on donne à certains œuvres de musique dans lesquels l'auteur s'est attaché principalement aux effets de la mélodie. On dira, cdt air est chantant ; celte sonate , ce quatuor sont chan^ tans. Comme il n'existe pas de musique sans chant ^ cette manière de désigner un morceau donne une prévention défavorahle, en faisant présumer que le seul mérite que l'on y rencontre, c'est le chant, et que là partie harmonique a été négligée. Gi^ mot n'esl en usage que parmi les gens du monde et quelques vieux amateurs.
Chanteh, v, a. C'est, dans racceplion la plus générale, former avec la voix des sons variés et appréciables (v'ojez Chint); mais c'est plus communément f^irc diverses inflexions de voix sonores, agréables à l'oreille , par des intervalles admis dans la musique et dans les règles de la modulation.
On citante plus ou moins agréablement, à proportion qu'on a la voix plus ou moins agréable et sonore, roreille plus ou moins juste, l'organe plus ou moins
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flexible , le goût plus ou moins formé , et plus ou moins de pratique de l'art du chant.
Tous les hommes chantent bien ou mal , et il n'y en a point qui , en donnant une suite d'inflexions différentes de la voix, ne chante, parce que, quelque mauvais que soit l'organe , ou quelque peu agréable que soit le chant qu'il forme , l'action qui en résulte alors est toujours un chant.
On chante sans articuler des mots, sans dessein formé , vsans idée fixe , dans une distraction , pour dissiper l'ennui , pour adoucir les fatigues: c'est, de toutes les actions de l'homme , celle qui lui^st la plus familière , et à laquelle une volonté déterminée a le moins de part.
Chanterelle , s. f. Celle des cordes du violon, et des instrumens semblables qui a le son le plus aigu.
Comme les motifs du chant des instrumens se placent le plus souvent dans les hautes régions de leur diapason , et que , par cette raison , le solo de violon ou de violoncelle s'exécute en grande partie sur la corde aiguë, on a donné à cette corde le nom de chanterelle, corde destinée au chant, tandis que les autres semblent être réservées plus particulièrement pour l'accompagnement.
Chanteur, s. m. Homme qui, après avoir reçu de la nature un organe sonore , a su le rendre pro})rc au chant , en se livrant de bonne heure , et avec assiduité, à l'étude de la musique et à la pratique des, exercicçs de la bonne école de chant.